Le disparu de Larvik

Jørn Lier Horst · Chapitre 80 sur 89

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Le disparu de Larvik

Chapitre 80

80

 

La route n'était maintenant qu'à une voie. Wisting était la cinquième voiture derrière un camion qui respectait les limitations de vitesse. Il enleva une main du volant et la dirigea vers l'interrupteur qui activait les gyrophares du pare-chocs, mais avant qu'il ait pu les allumer, sa radio émettait un message de la police de la route qui, sur fond de sirènes, appelait le centre des opérations.

Un opérateur répondit tout de suite.

« Je suis derrière une Range Rover blanche qui refuse de s'arrêter pour un contrôle. Sur l'E18 direction sud. On passe Sørlandsporten. Vous avez des équipes qui pourraient nous assister ?

— Attendez », fit l'opérateur.

Plusieurs équipes s'annoncèrent sans avoir été sollicitées, comme c'était généralement le cas quand la radio annonçait une course-poursuite. Wisting était le mieux situé. Selon leur vitesse, il allait croiser Phillip Goldheim et la patrouille dans plus ou moins dix minutes. Largement le temps d'arrêter un camion et de faire un barrage.

L'opérateur donna quelques ordres. Wisting resta avec la main sur le bouton du gyrophare, mais la retira. Il ne pouvait pas se laisser embarquer là-dedans.

Le chauffeur de la voiture de patrouille qui traquait Goldheim annonça sa position. D'autres unités étaient en train de se positionner. La distance entre Wisting et les voitures de la course-poursuite ne cessait de se réduire.

Son téléphone sonna. C'était Horne.

« Course-poursuite de Goldheim, annonça-t-il laconiquement.

— Oui, je sais, répondit Wisting. Je ne vais pas tarder à les croiser.

— Nous avons essayé de faire un contrôle de routine pour voir ce qu'il était allé chercher chez vous à Stavern, mais quand nous lui avons fait signe de se rabattre, il a mis les gaz.

— Est-ce que vous en savez davantage sur ce qu'il a fait là-bas ?

— Non, juste qu'il est revenu à sa voiture avec deux sacs en plastique bourrés à craquer. »

Wisting aperçut des gyrophares au bout de la ligne droite.

« Les voilà. »

Les voitures devant lui s'écartèrent. La Range Rover forçait le passage. L'équipage se rapprochant, il entendit aussi les sirènes. La Range Rover roulait sur la bande jaune du milieu. Wisting ralentit et déboîta. Le souffle des voitures d'en face happa la sienne. Il eut le temps de voir que Goldheim était seul et avait l'air crispé.

« Il faut que je raccroche », l'informa Horne.

La circulation reprit son mouvement normal et Wisting suivit. Les annonces sur la radio se succédaient rapidement. Plusieurs équipes s'annoncèrent. Apparemment, on installait une herse à quelques kilomètres de là.

Wisting écouta avec concentration alors qu'il continuait vers le nord. La patrouille qui menait la course-poursuite annonçait régulièrement la vitesse et les sorties qu'ils dépassaient. Soudain, le policier jura tout haut au milieu d'une phrase.

« Il a fait une sortie de route ! J'ai besoin d'une ambulance », s'exclama-t-il en indiquant la position.

Wisting resserra ses mains sur le volant, il ne pouvait être qu'un auditeur muet des événements.

Les échanges radio se transformèrent en opération de secours. D'après ce qu'il comprenait, la voiture était sur le toit, hors de la route, et Phillip Goldheim était coincé dans l'habitacle. Quand Wisting quitta l'Aust-Agder et entra dans le Telemark, les pompiers l'avaient sorti de l'épave. Son état de santé était donné comme très préoccupant, mais stable. Puis il perdit le signal et ne sut plus rien de ce qui se passait.

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