Le disparu de Larvik

Jørn Lier Horst · Chapitre 7 sur 89

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Le disparu de Larvik

Chapitre 7

7

 

 

Wisting attendit que Hammer soit sorti de la voiture avant de traverser la rue. Il avait à peine eu le temps de noter la présence de Line à la terrasse de la Paix dorée que l'homme de la table voisine se levait. Il baissa sa casquette sur son visage, écarta une poussette et quitta le café d'un pas vif.

Son visage était caché, mais sa taille, son âge et sa carrure étroite correspondaient au signalement d'Aron Heisel. Il avait dû repérer qu'ils étaient policiers à leur attitude générale. Leur air inquisiteur les trahissait, en tout cas auprès des gens qui étaient sur leurs gardes.

« Eh ! cria Wisting en emboîtant le pas à l'homme qui leur avait tourné le dos. Attendez un peu ! »

L'homme accéléra la cadence et se dirigea vers une moto garée avec un casque sur le guidon. Quand Wisting l'appela de nouveau, il changea d'avis et s'enfuit dans l'autre direction.

« Arrêtez-vous ! cria-t-il en allongeant le pas. Police ! »

Les témoins les plus proches se retournèrent et le dévisagèrent. L'homme jeta un bref coup d'œil derrière lui, poussa des enfants qui gênaient son passage et continua de courir.

Wisting se précipita à sa suite. Sa chemise sortit de son pantalon.

L'homme courut sur Dronningens gate et prit la première à droite. Il avait déjà disparu dans la foule quand le policier tourna le coin. Il pensait l'avoir perdu quand il aperçut sa casquette et son tee-shirt blanc. Il se fraya un chemin jusqu'à lui. L'homme fendait la foule composée de familles avec des enfants en bas âge. Trébuchant sur un petit vélo, il tomba, mais se releva aussitôt.

À l'angle suivant, il prit à droite et s'élança vers le port avant de couper brusquement à gauche et de détaler à travers une aire de jeux. Wisting gagnait du terrain, à la baraque à gaufres il put lui empoigner le bras, mais l'homme tira si fort qu'il le projeta tête la première dans un lampadaire. Il sentit un élancement, du sang qui coulait sur sa joue. L'homme poursuivit sa fuite sur le port.

Sans que Wisting voie d'où il arrivait, Nils Hammer déboucha soudain sur le côté, il se jeta sur l'homme et le renversa, le faisant basculer dans la mer. Hammer faillit tomber à l'eau aussi, mais retrouva l'équilibre et resta sur la terre ferme.

Sur la terrasse du restaurant le plus proche, plusieurs clients se levèrent pour voir ce qui se passait. Un instant, on aurait dit que l'homme allait partir à la nage, mais il secoua finalement la tête d'un air découragé et attrapa sa casquette qui flottait à la surface. Trois brasses le ramenèrent au bord, où Wisting et Hammer le hissèrent hors de l'eau.

« Aron Heisel ? » vérifia Wisting.

L'homme fit un signe de tête, mais resta penché en avant, les mains sur les genoux. L'eau ruisselait.

« Pourquoi vous êtes-vous enfui ? » voulut savoir Hammer.

Aron Heisel respira péniblement et poussa un profond soupir, mais ne répondit pas.

« Il faut que nous parlions de Jens Hummel et de son taxi, expliqua Wisting.

— Il s'est retrouvé là, c'est tout, fit l'homme d'un ton las. Je ne sais rien de plus. Il s'est juste retrouvé là. »

Un véhicule de patrouille arrivait. Hammer lui fit signe de venir et les badauds s'écartèrent.

« Amenez-le au commissariat et trouvez-lui des vêtements secs.

— Je n'ai rien fait de mal, protesta Heisel.

— Ça peut se discuter. » Wisting se prit le côté de la tête. Sa rencontre avec le réverbère lui avait laissé ce qui était déjà une belle bosse.

L'un des policiers en tenue ouvrit les portes arrière du fourgon cellulaire et y mena Aron Heisel.

« Qu'il reste donc un peu en garde à vue », commenta Hammer.

Wisting acquiesça. Si l'attente avant une déposition profitait à quelqu'un, c'était à celui qui posait les questions, pas à celui qui devait y répondre.

« Je voudrais retourner à la grange, annonça-t-il en observant les policiers qui refermaient le fourgon sur Aron Heisel. De toute façon, je pense que la voiture pourra nous apporter davantage de réponses que lui, là. »

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