Les écrivements
Vingt
« Je répéterai pas ce que j’ai déjà dit, OK, Mamie ? Si tu t’en souviens pas tu me le demanderas. Mais là ça recommence de l’endroit qu’on avait laissé, quand Réal est en amour par-dessus la tête de tout le monde parce qu’il est dans l’espace.
Alors Réal il vit le parfait bonheur avec sa petite étoile. Ils se couchent à la même heure le soir et le matin ils boivent du jus d’orange. Réal il le sait que l’éternité c’est plusieurs années mais ça le dérange pas parce qu’il a trouvé son amoureuse de toujours, celle avec qui il va se rendre jusqu’à l’infini.
Sauf qu’un jour il y a un malheur qui arrive, comme quand Charlot a fait pipi dans son lit et qu’il a pleuré pour pas que je le dise aux autres. Le malheur c’est que Réal il se met à tousser, et puis il est pas capable d’arrêter de tousser. C’est comme s’il se noyait sans eau. Il avait oublié qu’il avait juste une bonbonne d’air, et là elle est presque vide. Alors il faut qu’il choisisse entre laisser son étoile derrière et revenir sur la Terre, ou se laisser mourir collé sur son étoile. Je sais pas pourquoi, mais il choisit de rentrer sur la Terre. Moi à sa place je me serais laissée mourir, mais c’est pas mon histoire, c’est la sienne.
Ça fait que Réal est revenu chez lui. Tous ses amis et sa maman sont vraiment très très très contents de le revoir, mais lui il est trop triste pour faire la fête. Il s’ennuie de son étoile. Souvent la nuit il reste debout pour regarder dans le ciel mais il la trouve pas parce qu’elle est trop petite. Il passe huit ans comme ça, tout seul dans sa chambre à être triste.
Mais un jour, il y a une énorme tempête qui tombe sur sa ville, avec de la pluie comme il y en a jamais eu, des gouttes grosses comme des ballounes, et puis tout le monde panique. Dans sa chambre, Réal il entend les gens crier dans la rue. Ils ont peur de se faire frapper par les grosses gouttes et de se noyer. Alors il regarde par la fenêtre et il voit tout le monde qui panique, alors il sort dehors pour les sauver. Pendant qu’il était dans l’espace, son corps s’est transformé et maintenant il est capable d’aller super vite. Alors il arrête toutes les gouttes d’eau avant qu’elles touchent aux gens, et il va les porter dans le fleuve.
Et tout le monde dans la rue ils crient “C’est Super-Parapluie ! C’est Super-Parapluie !” et pour la première fois en huit ans, Réal est heureux.
Et puis là c’est écrit “à suivre” parce que je veux aller donner un bec à Charlot avant qu’il parte pour son baseball. »
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