Les saisons de Giacomo

Mario Rigoni Stern · Annexe

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Les saisons de Giacomo

Glossaire

 

ADOUA : défaite italienne en Abyssinie (1896).

ALALÀ EIA, EIA, EIA ALALÀ : cri d’ovation et d’exhortation en usage parmi les fascistes.

AS DE BÂTONS : les bâtons (bastoni) sont une des quatre « couleurs » du jeu de cartes le plus répandu en Italie, d’où le jeu de mots donnant son nom à cette escadrille.

AVANT-GARDISTES (avanguardista) : jeunes, membres des organisations paramilitaires fascistes.

BATTISTI Cesare : patriote italien (1875-1916), né à Trente, exécuté dans cette ville par les Autrichiens.

BALILLA : à l’époque fasciste, nom donné aux enfants entre huit et quatorze ans encadrés dans des formations à caractère paramilitaire. D’où l’existence de l’organisation Opera Nazionale Balilla (ONB). Balilla, à l’origine, était le diminutif porté par le jeune garçon qui, en 1746, à Gênes, lança une pierre contre les Autrichiens, lesquels furent alors chassés de cette ville.

BILLARKINDER : la vieille langue du Plateau, le cimbre, est un parler germanique. En allemand enfant se dit en effet kind.

CHARBONNERIE : voir Jeune-Italie.

CIMBRE : l’ancienne langue du Plateau, d’origine nordique. Mais l’identification aux Cimbres de l’histoire, battus par Marius en 101 avant Jésus-Christ, est quelque peu mythique.

CAMARADE / COMPAGNON : correspond à compagno / camerata ; compagno (camarade) est utilisé par les militants de gauche, camerata par les fascistes.

FACCETTA NERA BELL’ABISSINA : (Joli museau noir, belle Abyssinienne…) une des chansons les plus célèbres de l’époque fasciste.

FEDERALE : à l’époque fasciste, chef du parti dans une provincia (département).

FÉDÉRATION : voir federale.

GIL : ensemble des organisations fascistes encadrant la jeunesse.

GIOVINEZZA : hymne fasciste.

GRETA GARBO : le nom de l’actrice permet un jeu de mot sur garbo, forme courante en italien, dont « charme » est un équivalent possible en français.

IRRÉDENTISME : mouvement politique qui, après 1870, considérait comme usurpées les terres « italiennes » encore aux mains de l’Autriche.

JEUNE-ITALIE (Giovine Italia) : association secrète fondée par le leader de l’Unité italienne Mazzini, en 1831. La Carboneria (carbonarisme, Charbonnerie) peut lui être assimilée.

LITER : litre, litron dans la langue locale. D’où le jeu de mots par assonance avec Hitler.

MANIPULE : division de type militaire reprise au système romain par les fascistes.

MARZOTTO : industriel du textile.

MILICE : sous le fascisme, nom donné à un certain nombre de corps de l’administration territoriale, comme les gardes forestiers appelés Milice des forêts. La Milice par excellence était la « Milizia Volontaria per la Sicurezza Nazionale », organisation paramilitaire fasciste fondée en 1923.

OPERA NAZIONALE BALILLA : voir Balilla.

OPERA NAZIONALE DOPOLAVORO : littéralement : Œuvre Nationale après-travail. Le dopolavorista y est inscrit. Il s’agit de l’institution (fasciste) chargée d’organiser les activités récréatives et culturelles des travailleurs, en somme de gérer les loisirs. D’où le jeu de mots de la première page du chapitre 29.

ORTIGARA : montagne du plateau sur lequel s’établirent les Autrichiens dès 1916 et qu’ils ne perdirent définitivement qu’avec la fin de la guerre. Lieu de combats acharnés.

OVRA : police secrète du régime fasciste.

PIAVE : fleuve sur la rive droite duquel les troupes italiennes arrêtèrent leur retraite et résistèrent aux Autrichiens en 1917.

PODESTAT : nom donné au maire, nommé par le pouvoir central, à l’époque fasciste.

PRÉTEUR : magistrat de base.

QUADRUMVIR : personnage important du régime – un des quatre (imitation du latin).

ROSSI : industriel du textile.

SEPTEMBRISTE : le 20 septembre 1870, les troupes italiennes forçaient les défenses papales, mettant fin au pouvoir temporel de l’Église catholique. Les laïques italiens ont toujours considéré cette date comme un point de référence. Le chapitre 3 fait allusion au concordat de 1929.

SETTE COMUNI (dei) : nom donné également au Pian d’Asiago.

SOLE CHE SORGI : hymne fasciste.

STARACE : secrétaire du Parti national fasciste.

STEINER : même étymologie que l’allemand stein (pierre).

TANA : personnage qui apparaît dans le roman précédent, L’Année de la victoire, Éditions Robert Laffont, 1998.

TÖNLE : héros d’un précédent roman de Mario Rigoni Stern, Histoire de Tönle, éditions Verdier, 1988 ; édition 10/18, 1995.

ZEBIO : montagne du plateau, position centrale de la ligne de défense autrichienne.

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Cet ouvrage a été imprimé en janvier 2011 par

CPI FIRMIN-DIDOT

27650 Mesnil-sur-l’Estrée

N° d’édition : 51178/01

N° d’impression : 103093

Dépôt légal : février 2011

 

Imprimé en France

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4e de couverture :

Mario Rigoni Stern

Les saisons de Giacomo

Un homme se penche sur le passé du pays de son enfance. Nous sommes dans le Haut-Adige, après la Deuxième Guerre mondiale, sur cette montagne vénitienne dévastée par d’âpres combats.

Au fil d’une série de flash-back, le narrateur – qui n’est autre que l’auteur – se souvient des années de misère qui avaient déjà suivi la Grande Guerre. De son ami Giacomo, qui exhumait le cuivre des obus et des bombes de 14-18, de l’exil des pères vers la Lorraine ou l’Amérique, de la montée du fascisme… Écologiste avant la lettre, Rigoni Stern chante ici la terre de son pays avec une économie de moyens qui force l’admiration, lyrique et moderne à la fois. La célébration des valeurs éternelles d’une terre de fraternité prend ainsi un caractère universel.

Avec Italo Calvino et Primo Levi, qui furent des amis proches – et qui l’admiraient –, Mario Rigoni Stern (1921-2008) a été l’une des grandes voix de la littérature italienne du e XX siècle. Fidèle à sa région natale, le plateau d’Asiago, en Vénétie, il a conté, tout au long de son œuvre, les charmes et le drame de cette région frontière, lieu de violents combats durant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Frère en littérature d’un Jean Giono, il n’a cessé au fil de ses livres de dénoncer l’horreur des combats pour l’homme comme pour cette nature dont il fut si proche et qu’il a chantée avec un art souverain. De son premier livre, Le Sergent dans la neige, récit de son retour tragique du front russe, à ses derniers écrits, Rigoni Stern est resté l’écrivain dont Primo Levi a pu dire : « On trouve rarement pareille cohérence entre l’homme qui vit et l’homme qui écrit, pareille densité d’écriture. »

Traduit de l’italien par Claude Ambroise et Sabina Zanon Dal Bo.

Photo : Mitch de la série After Yesterday. 2005

©Adrien Missika. Design : Philippe Apeloig

978-2-2211-2398-0

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