L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

Je connus un jardin en mai

II

 

Je connus un jardin en mai

Où j’ai cueilli souvent les roses, Les roses des amours moroses, Ce doux jardin est-il fermé?

 

A l’église de la Sorbonne

Dort le tombeau de Richelieu; A Cluny, lorsque l’air est bleu, Nous allions revoir la Licorne.

 

Est-ce bien moi, par ce soir-ci, Est-ce bien moi qui me promène De la Concorde au pont Sully, En regardant couler la Seine.

 

Est-ce bien moi qui suis ici, A l’heure où la lune se lève, Villon ne venait-il aussi

Refléter en ces eaux son rêve.

 

Mieux que les Montmartrois fleuris, Que l’Etoile, immense poème, Pour te bien comprendre, Paris, C’est le vieux quai Conti que j’aime.

 

Ils ont tant dit et tant écrit Qu’ils feraient mentir ta devise, Que la revoir, sans contredit, Est une chose bien exquise.

 

Qu’ils sont beaux sous les claires nuits Les mille feux de la Concorde!

Ah! beau Paris, chante et reluis, O toi qui de gloire débordes.