L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
Contrastes merveilleux de l’immense Paris.
III
A Pierre Lièvre.
Contrastes merveilleux de l’immense Paris.
Quartiers vibrants, tout près de mornes quartiers gris.
Charme tout un matin de suivre les dédales De ces réseaux obscurs qui conduisent aux halles, D’errer dans des faubourgs grouillants où des palais S’élevèrent au temps du joyeux Rabelais, De méditer, songeur, sur la place des Vosges, D’entrevoir les portiers des plus sordides loges, Auprès d’un carrefour où l’âme du truand Revit dans un couplet d’Aristide Bruand; D’évoquer en lisant le nom de vieilles rues Une époque où la Seine eut ses premières crues; O charme, ayant quitté les murs d’un hôpital Qu’à peine a réchauffé le soleil matinal, De songer que du Vieux-Colombier le théâtre Donne «la Nuit des Rois» adorable et folâtre; Qu’en attendant la fin du bel après-midi, On s’en ira s’asseoir sous le ciel attiédi Du Luxembourg, ou bien sur la claire terrasse De «la Paix» d’où l’on voit la foule ivre qui passe.