L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

Ile ardente du Pacifique

Stevenson ne t’aime pas mieux Que je n’aime ma Dominique,

Ma belle île aux oiseaux heureux.

 

Douce Antille aux bois admirables, Sera-ce sous ton azur clair, Que j’entendrai, du fond des sables, Les grandes lyres de la mer?

 

L’ANSE AUX TORTUES

 

Sur la plage où le flot a des lueurs d’agates Ne glisse plus le vol émouvant des frégates.

Les lézards ne vont plus parmi les mangliers Happer les fourmis d’or qui rôdent aux halliers.

Du croissant safrané vois les cornes pointues.

C’est juillet, mois torride où pondent les tortues.

Veux-tu que nous allions vers le sable luisant De la plage où le flot blanchit le noir brisant?

Là, muets, nous pourrons peut-être, sous la lune, Voir l’immense tortue aborder la lagune, Se traîner sur le sable et longtemps épier Les ombres du rivage et celles du hallier Puis enfouir, afin que l’île les protège, Ses œufs dont la couleur est celle de la neige.