L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

Quand nous quittâmes Saint-Nazaire Sur un vapeur…

LE RETOUR

 

LE DÉPART

 

Quand nous quittâmes Saint-Nazaire Sur un vapeur plein d’étrangers, Des cris d’adieu dans la lumière Montèrent vers les passagers.

 

Et ce fut comme un vent d’automne Sur un paysage en émoi;

Les adieux n’étaient pas pour moi, Car je ne connaissais personne.

 

Mais cependant comme un enfant Je sentis à mes yeux des larmes; O France, le cœur se fend

De quitter ton ciel plein de charmes!

 

LE CŒUR DU POÈTE

 

A Jean-Louis Vaudoyer.

 

Cœur de poète, ainsi que le cœur de la mer, Vous gardez en secret d’incroyables merveilles, De splendides beautés invisibles, pareilles Aux trésors inconnus de son grand gouffre amer.

 

Quelquefois l’océan fait rouler sur le sable Arraché des palais de jaspe un joyau vert; Et parfois de toi monte un admirable vers, Faible écho de ton grand cantique inépuisable.

 

Mais les plus beaux trésors dorment sous les flots bleus, Cachant aux yeux humains leur lumineuse fête; Et ton chant le plus pur dort dans ton cœur, poète, Dans ton cœur malheureux, dans ton cœur merveilleux.