L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
A la Jeune Italienne
Rien qu’à te voir mon cœur se sent jeune et joyeux.
Le soleil du bonheur éclaire toutes choses.
Ton regard est plus bleu que le ciel le plus bleu Et tes lèvres n’ont rien à désirer des roses.
Dans une île amoureuse et vibrante d’oiseaux, Tu semblerais, au bord d’une aurore élargie, Une naïade allant chanter au bord des eaux, Tu fais songer au ciel de la mythologie.
Tu fais aussi songer à ce beau paradis Dont les élus verront les splendeurs éternelles, Tu n’as jamais marché dans les chemins maudits; Il ne te manque rien, mon ange, que les ailes!
CHANSON D’HIVER
Que veux-tu que cela me fasse Qu’il soit mort le printemps?
Mon bel ange aux yeux éclatants, N’as-tu pas pris sa place?
Grâce à toi tout me semble Avril Bien que ce soit Décembre, Qu’ils sont souples, tes cheveux d’ambre, Qu’il est fin, ton profil.
Ton souffle est une source pure.
Ton cœur est un ruisseau;
Et comme un ardent arbrisseau Tu fleures la verdure.
Ton corps fut moulé par les dieux Qui sculptent la jeunesse.
Qu’elle est suave, ta caresse!
Qu’ils sont profonds, tes yeux!
Tes odeurs sont plus ingénues Que celles du jasmin.
De plus belles fleurs sous la main Je n’en ai jamais eues.
Jamais les roses les plus belles N’enivrent le jardin
Comme enivrent mon cœur soudain Les lys de tes bras frêles.
Quand tu parles, je me tais, Et j’écoute, lointaines,
Chanter les voix des fontaines Qui sont dans les forêts.
Je n’ai plus que quelques semaines A chérir tes doux yeux.
(Soyez longs, ô jours bienheureux, Où je bois son haleine!)
Quand nous nous ferons nos adieux, Ce sera l’heure amère,
Alors, ce sera sur la terre
Avril délicieux.