L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain

Mille parfums de fleurs annoncent que le…

BEAUX JOURS

 

Mille parfums de fleurs annoncent que le miel Sera bientôt porté vers les ruches ardentes; Et plus de cent essaims d’abeilles bourdonnantes De leurs voyages d’or éblouissent le ciel.

 

Mon esprit, travaillez loin des sombres demeures, Devant le beau visage étincelant des jours; Pour qu’en vers lumineux comme les rayons lourds, Vous condensiez l’essence impalpable des heures.

 

LA FENÊTRE

 

Je veux chanter la chambre ouverte à l’alizé; Par sa large fenêtre on peut voir la montagne, Des bois et des vallons, la lointaine campagne, Où chaque arbuste en fleur forme un îlot rosé.

 

On voit aussi la mer, flot calme ou flot brisé, De larges vols d’oiseaux que le vent accompagne, Un horizon plus bleu que celui de l’Espagne, Et les mille splendeurs du couchant embrasé.

 

Dans le ciel exigu qu’encadre la croisée, La nuit sombre et la nuit brillante de rosée Se révèlent soudain dans toute leur fraîcheur.

 

Et dans le rose azur d’une naissante aurore, Je regarde rougir la voile d’un pêcheur, Pâlir la Croix du Sud et mourir les Centaures.