L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
Paris, si je pouvais rester toute une…
III
Paris, si je pouvais rester toute une année Dans tes murs, il serait bien moindre, le plaisir; Mais hélas, la saison est presque terminée.
Je t’aime d’autant plus qu’il faut bientôt partir.
C’est demain que je dois te quitter, bon hôtel, Et quand je m’en irai, ton aspect sera tel Qu’il fut au jour joyeux de ma bonne arrivée.
La chambre où j’ai vécu sera vite occupée.
Nul ne regrettera mon départ sur la mer; Et le nouveau venu (quelque sage au front fier) Ignorera toujours qu’une âme fut bercée Dans le lit noir au chant des vers de l’_Odyssée_.
Les rideaux laisseront pénétrer le soleil.
Le clair retour d’avril sera doux et vermeil Et la bonne servante aux paupières jaunies Oubliera le «petit monsieur» des colonies.
ONZIÈME CHANT