L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointain
Retrouver la saine odeur
Des fleurs de montagne
Et te parler cœur à cœur,
O Muse, ô Compagne!
CHANSON DE L’OISEAU MORT
J’avais sept oiseaux dans la cage d’or: Six couleur de pourpre, aux becs de turquoise; Le dernier plus sombre et couleur d’ardoise.
Et ce pauvre oiseau de tristesse est mort.
Depuis qu’il est mort dans la claire cage, Mon cœur aime moins les autres oiseaux.
Il manque au concert la flûte sauvage, L’esprit des grands bois et des grands roseaux.
Ceux qui sont restés chantent les prairies, La colline en fleur et le verger bleu; Mais l’oiseau défunt chantait, comme un dieu, L’air inviolé des forêts fleuries.
Toujours son beau chant montait gravement, Puis s’éparpillait en roulades hautes; Il pleurait l’azur en poignantes notes Où je retrouvais mon propre tourment.
Au soleil couchant il battit de l’aile.
Je n’entendrai plus la divine voix.
Ah! te voilà morte, ô lyre fidèle, Morte en ta prison, loin de tes grands bois!
CHANSON D’UN SOIR ÉTOILÉ
Veux-tu que nous sortions ce soir?
Les étoiles sont merveilleuses; Les Pléiades dans le noir
Allument leurs douces veilleuses.
La grande Ourse, ainsi qu’un beau char, Nous invite à de grands voyages.
Une fleur s’ouvre quelque part; Le vent balance les feuillages.
Sortons, nous marcherons sans bruit; Et nos âmes iront en songe
Vers les îles d’or de la nuit Oublier que le temps nous ronge.
Bientôt, par ordre de la mort, Nous serons froids et sans envie.
Respirons, respirons encor
La bonne haleine de la vie.