L'imitation de Jésus-Christ / Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre
CHAPITRE XVII. De la vie religieuse.
beaucoup plus grands. Ce qui vous rend si susceptible, ce n'est pas le zèle du
prochain, mais un amour-propre difficile, irritable, ombrageux. Tournez vos
regards sur vous-même, et voyez si vos frères n'ont rien à souffrir de vous?
La vraie piété est douce et patiente, parce qu'elle éclaire sur ce que l'on est.
Celui qui se sent faible, et qui en gémit, ne se choque pas aisément des
faiblesses des autres; il sait que nous avons tous besoin de support,
d'indulgence et de miséricorde; il excuse, il compatit, il pardonne, et conserve
ainsi la paix au dedans de soi et au dehors la charité.
CHAPITRE XVII.
De la vie religieuse.
1. Il faut que vous appreniez à vous briser en beaucoup de
choses, si vous voulez conserver la paix et la concorde avec les autres.
Ce n'est pas peu de chose de vivre dans un monastère ou dans
une congrégation, de n'y être jamais une occasion de plainte, et d'y persévérer fidèlement jusqu'à la mort.
Heureux celui qui, après une vie sainte, y a heureusement
consommé sa course!
Si vous voulez être affermi et croître dans la vertu, regardez-vous
comme exilé et comme étranger sur la terre.
Il faut, pour l'amour de Jésus-Christ, devenir insensé selon le
monde, si vous voulez vivre en religieux.
2. L'habit et la tonsure servent peu: c'est le changement des
mœurs et la mortification entière des passions qui font le vrai religieux.
Celui qui cherche autre chose que Dieu seul et le salut de son
âme, ne trouvera que tribulation et douleur.