Passion
Chapitre 28
Susannah ouvrit la fermeture à glissière de son sac noir. Chaque fois qu'elle devait repartir, elle remerciait mentalement l'employé de chez Hawkes chargé des voyages qui lui avait conseillé de réduire ses bagages. Il n'avait pas été facile de choisir les vêtements dont elle aurait besoin pendant un an, mais elle s'était dit qu'elle pourrait toujours en acheter sur place.
Elle roula un T-shirt qu'elle glissa dans le sac. C'était un truc appris d'une Américaine rencontrée à Shanghai : de cette façon, les vêtements étaient moins froissés. Elle sourit. Jamais elle n'aurait pensé prendre autant de plaisir à voyager ainsi d'un pays à l'autre.
Elle glissa dans une enveloppe ses derniers rouleaux de pellicule, faits ici et à Hong Kong, en se demandant combien les autres en consommaient. À Tokyo, elle en avait beaucoup gaspillé, craignant de rater le cliché idéal à cause de sa nervosité et du manque de confiance en elle. Et puis, le quatrième soir, elle était allée dîner chez un couple japonais — sur les conseils d'un cadre de chez Hawkes, qui les avait rencontrés à New York. Le couple avait quatre filles, âgées de deux à sept ans. Les petites filles, même si elles ne parlaient pas anglais, avaient immédiatement charmé Susannah. Elle avait apporté son appareil, et les avait laissées lui toucher les cheveux, essayer ses lunettes de soleil ou examiner le contenu de son sac. Après le repas, elle avait demandé aux parents la permission de les prendre en photo. Puis elle avait oublié sa nervosité et laissé son intuition la diriger. À la fin de la soirée, elle avait pris près d’une cinquantaine de clichés qui, elle le savait, avaient capturé leur beauté et leur innocence. Elle ne pouvait voir les tirages — il était convenu d’avance que les rouleaux de pellicule seraient envoyés au fur et à mesure à la Hawkes Corporation —, mais elle sentait que c’étaient les meilleurs qu’elle ait jamais pris.
Comme c’est drôle, songea-t-elle en refermant son sac et en regardant autour d’elle pour vérifier qu'elle n’avait rien oublié. Elle avait combattu son instinct pendant si longtemps. Elle avait toujours tenté de contrôler les choses, d’agir rationnellement, de n’écouter que sa tête. Mais, récemment, elle n’avait plus suivi que son cœur. Toute sa vie avait changé, et elle avec. Ou bien était-ce le contraire ? Participer au concours du Forum comme elle l’avait fait ne relevait pas exactement de la logique, se dit-elle. Pas plus que de tomber amoureuse d’Evan.
Mais elle se hâta de chasser ce souvenir, tellement il était douloureux. Pendant toute la durée du vol vers le Japon, elle n’avait cessé de l’imaginer au moment où il recevrait sa lettre, un jour ou deux après son départ. Il avait dû être scandalisé, en repensant avec quelle passion ils avaient fait l’amour la veille, avec quelle tendresse ils s’étaient séparés le matin. Elle avait trahi sa confiance, et il lui en voudrait mortellement.
Elle poussa un grand soupir. Evan. Elle revit son visage, son sourire triste pendant leurs derniers moments ensemble. Il fallait l’oublier. Pinçant les lèvres, elle jeta son sac sur l’épaule et quitta la pièce, se contraignant à ne penser qu’à sa prochaine destination. La veille au soir, elle avait brusquement décidé de quitter Hong Kong avec quatre jours d’avance. La ville n’avait plus rien à lui offrir. La Thaïlande promettait d’être fascinante, et il se pouvait qu’elle ait envie d’y passer un peu plus de temps.
Elle se dirigea vers la réception de l’hôtel pour régler sa note.
— Toujours impossible de la joindre à son hôtel, Mr. Hawkes, dit Marianne.
— Bon Dieu, s'exclama Cameron, il n’y a donc pas moyen de communiquer avec nos photographes ? Nous les payons pour faire le tour du monde, et ils sont injoignables !
— Je suis désolée. Je ne crois pas que l’hôtel ait un fax, mais nous pourrions peut-être envoyer un télégramme.
— Elle l’aura à temps ?
Cameron jeta un coup d’œil à son calendrier. Bon sang de bonsoir, pensa-t-il, comment pouvais-je savoir que toute cette histoire de lait pour bébés allait s’aggraver ? Il était pourtant certain que l’affaire ne ferait pas long feu. Et voilà que la campagne de presse s’amplifiait ; il y avait même eu des manifestations devant le siège de la Hawkes Corporation. Il n’avait absolument pas besoin que quelqu’un lié à sa compagnie mette les pieds au beau milieu de ce bourbier.
— Je pense que oui, dit Marianne. Nous ne sommes que mardi, et Miss Holland ne doit partir pour la Thaïlande que jeudi.
— Très bien, lança Cameron sans chercher à dissimuler son agacement. Envoyez-le immédiatement, et assurez-vous qu’elle ne mettra pas les pieds là-bas.
— Tout va bien, chéri. Maman va revenir tout de suite.
Susannah sourit au bébé qui s’accrochait à son cou. Depuis trois jours, elle n’était qu’une observatrice dans ce camp de réfugiés, suivant ce qui se passait et prenant des photos. Mais aujourd’hui, la mère de Daniel était en retard, et la femme qui s'occupait de lui devant aller chercher ses propres enfants, Susannah lui avait proposé de se charger du bébé. Maintenant qu'il était dans ses bras, elle fut stupéfaite de constater à quel point c’était une sensation merveilleuse. Daniel se mit à geindre, et elle marcha de long en large dans la pièce, le berçant doucement, comme elle l’avait vu faire aux autres femmes. Tu n'y connais rien, se dit-elle en voyant qu'il s'apaisait, mais ça marche.
Dès qu'il fut endormi, elle s’assit et l'installa sur ses genoux. Quel superbe petit garçon, songea-t-elle, en caressant sa peau, ses petits doigts si bien formés. Dès son arrivée en Thaïlande, tout le monde lui avait parlé de la mère de Daniel. Vous vous connaissez ? lui avait-on demandé, comme si tous les Américains étaient apparentés. Les femmes de la nursery avaient évoqué avec enthousiasme Kailey Davids et la campagne de lettres qui provoquait tant de remous dans la presse anglaise. Pourtant Kailey était rarement là ; elle était passée en coup de vent une fois ou deux, mais était repartie dès qu’elle avait vu Susannah et son appareil.
La jeune femme contempla le bébé, frappée de constater qu’il avait l’air parfaitement asiatique, sans aucune trace de métissage. Elle songea à la mère de Daniel. Kailey Davids était exactement le genre de femme que Susannah avait toujours rêvé d’être : forte, efficace, dévouée. Ce n’était pas quelqu’un qui aurait pu mentir à l’homme qu’elle aimait, ou feindre d’être une autre pour remporter un concours.
Elle avait été intriguée par l’acharnement de Kailey à fuir les photographes. Par la suite, toutefois, Susannah avait réussi à la photographier sans qu’elle s’en rende compte. Kailey avait croisé devant la nursery un Eurasien fort beau, tous deux s’étaient embrassés; le couple était d’une telle grâce que la jeune femme n’avait pu s’empêcher de sortir son appareil. Elle s’était pourtant juré que plus jamais elle n’agirait ainsi, mais ça avait été plus fort qu’elle ! Par la suite Susannah avait appris que l’homme n’était autre que le docteur Jean-Paul Lassier, dont Kailey partageait la vie.
Peu après, elle avait également découvert que Kailey avait lancé une campagne retentissante contre la nouvelle formule pour bébés de la Hawkes Corporation.
Enfin, tout cela ne la concernait pas, même si c’était en contradiction avec les activités charitables de la compagnie. Cameron s’était montré très aimable envers elle, mais certains détails indiquaient que ses pratiques commerciales laissaient pour le moins à désirer.
Daniel soupira dans son sommeil. Il était tellement adorable ! Susannah ne pouvait détacher ses yeux du bébé, et se mit à fredonner. Ne connaissant aucune berceuse, elle se lança dans une suite décousue de vieux succès de Rodgers et Hammerstein. C’était un peu absurde, mais il parut aimer cela, et sourit faiblement avant de se rendormir tout à fait.
Hors d'haleine, Kailey jeta un coup d’œil dans la nursery. Elle savait qu’elle était en retard, mais elle ne s’attendait pas à trouver Susannah Holland en train de bercer Daniel. Elle avait fait en sorte de l’éviter, de rester hors de portée de son appareil photo, d’autant plus qu’elle savait qu’elle travaillait pour la Hawkes Corporation. Et pourtant la jeune femme était là, patiente, sereine, comme s’il s’agissait de son propre fils.
Je ne peux quand même pas rester là toute la journée, se dit Kailey, qui entra dans le petit bâtiment.
— Merci de vous être occupée de lui, Miss Holland. J’espère qu’il ne vous a pas causé trop de soucis.
Elle prit Daniel dans ses bras et s’apprêtait à repartir, mais Susannah n’avait aucune intention de la laisser faire. Elles étaient enfin seules, et peut-être pourrait-elle essayer d’en savoir un peu plus sur Kailey.
— Non, non, en fait, j’ai adoré cela, c’est un enfant merveilleux.
— Merci.
Kailey lui sourit et sortit, mais, à sa grande consternation, Susannah l’accompagna vers le centre médical.
— Il ne vous ressemble guère, dit la jeune femme — se rendant compte aussitôt que c’était une remarque particulièrement stupide.
Pourtant Kailey ne parut pas s’en offenser.
— En fait, je l’ai adopté. Ses parents ont été tués par les Khmers rouges.
— C’est abominable ! s'écria Susannah, horrifiée.
Kailey lui raconta à la suite de quelles péripéties tous ces
Cambodgiens se retrouvaient dans les camps de réfugiés thaïlandais. Ce qui l’amena à évoquer la situation actuelle, sans chercher à dissimuler son amertume. Elle décrivit avec colère la fausse campagne de promotion lancée par la Hawkes Corporation.
Susannah fut stupéfaite. C’était bien pire que ce qu’elle croyait savoir.
— Est-ce que Cameron Hawkes est au courant ? Il n’a pas l’air d’être le type d’homme à laisser se produire ce genre de chose.
Cette fois, Kailey prit soin de dissimuler son émotion.
— Oh, il le sait parfaitement ! Il a reçu près de dix mille lettres qui lui étaient personnellement adressées, sans compter les nombreux articles parus dans la presse le mois dernier.
Susannah fut scandalisée. Qui était donc ce Cameron Hawkes ? Elle se souvint des mises en garde d’Evan, de sa répugnance chaque fois qu'il croisait son beau-père. Il avait raison, en définitive. Quelle idiote je suis, songea-t-elle. J'étais si préoccupée par le concours que je n’ai même pas su voir ce qui se passait !
Kailey comprit, en voyant la réaction de Susannah, qu'elle n’était au courant de rien. Elle eut le vague sentiment qu’il fallait la protéger, et s’efforça de la ménager.
— Écoutez-moi, Miss Holland...
— Susannah, s’il vous plaît...
— D’accord, Susannah. Cameron Hawkes s’est montré très aimable envers vous, j’en suis sûre, mais soyez prudente. C’est un homme très dangereux, croyez-moi. Les gens qui l’entourent risquent toujours d’en souffrir.
Je me demande comment elle en sait autant sur lui, se dit Susannah, qui écoutait avec la plus vive attention. Elle ne mettait nullement en doute ce que Kailey lui racontait : c’était trop proche de l’opinion d'Evan. Si tout cela est vrai, songea la jeune femme, il faut que je tire parti de ma présence, et que j’enregistre ce qui se passe. Il y avait au moins une chose qu’elle pouvait faire sur-le-champ : envoyer ses rouleaux de pellicule à Olivia.
Kailey fut stupéfaite de constater qu’elle parlait de Cameron avec tant de franchise, mais c’était plus fort qu’elle, elle ne pouvait supporter l’idée de voir souffrir une jeune femme aussi belle et intelligente que Susannah. Je suis folle de lui confier tout cela, se dit-elle. Cela fait des années que je dissimule la vérité à tout le monde, et voilà que je vide mon sac — et devant une photographe travaillant pour Cameron, en plus !
— Susannah, venez donc dîner avec Jean-Paul et moi. Il aura beaucoup de choses à vous raconter sur la situation ici — à dire vrai, sur tout ce qui se passe là où vous allez.
— J’en serai ravie ! s’exclama Susannah, rayonnante. Je reverrai Daniel ! Vous savez, ajouta-t-elle, les yeux brillants, je n’avais jamais tenu dans mes bras un enfant aussi petit.
Kailey se sentit bizarrement émue. Il y avait chez cette jeune femme quelque chose qui lui rappelait..., elle ne savait pas exactement quoi.
— Le labo m’a demandé de vous remettre ça, Miss Hawkes.
— Merci, Ricky.
Olivia prit l'enveloppe que le coursier venait de déposer sur son bureau, curieuse de voir ce que Susannah Holland lui envoyait dans un paquet portant la mention « Confidentiel » : en règle générale, les photographes de chez Hawkes se bornaient à expédier leur film à la compagnie. Mais deux responsables publicitaires de la Hawkes s'étaient rendus en Thaïlande et avaient eu l'occasion de rencontrer Susannah, qui leur avait confié directement ses rouleaux de pellicule, en précisant que quatre d'entre eux devaient être transmis à la fille de Cameron — laquelle les avait immédiatement fait porter au labo.
Elle se hâta de sortir les épreuves. Les clichés montraient des mères avec leurs enfants, malades, souffrant d'inanition, le regard plein de souffrance. Certaines nourrissaient leurs bébés au biberon — sans doute avec la formule Hawkes vendue sous le label Butterfly, et mêlée à l'eau impure qu'on trouvait sur place. C'était à vous briser le cœur. Une des photos paraissait presque déplacée : celle d'une Américaine très jolie embrassant un homme de grande taille, aux cheveux noirs, qui tournait le dos à l’appareil. Il y avait entre eux un amour évident. Mais les autres ne montraient que trop les interminables souffrances des réfugiés du camp.
Olivia ne perdit pas de temps. Clichés en main, elle se précipita vers le bureau de son père, et fit comprendre à Marianne qu'elle devait le voir sur-le-champ. Il était en train de lire des papiers, et parut mécontent de la voir arriver. Elle ne perdit pas de temps en excuses.
— Papa, regarde ça, dit-elle en posant les épreuves devant lui avant qu'il ait le temps de protester. Ce sont les photos prises par Susannah dans le camp de réfugiés en Thaïlande. C'est notre lait qui rend les enfants malades. Regarde, regarde...
— Olivia, grands dieux ! commença-t-il, exaspéré. S'il faut que je jette encore un coup d'œil à...
Puis son regard se porta sur les photos, et il s'arrêta net. Olivia fut stupéfaite : il les contemplait fixement, et son visage était couleur de cendre. Enfin, pensa-t-elle. Enfin, quelque chose le touche.
— Il faut tout arrêter, dit-elle.
Son père semblait chercher sa respiration. L’espace d'un instant, elle crut qu’il se sentait mal, que peut-être il avait une attaque.
— Papa, ça va ? demanda-t-elle, anxieuse, en posant une main sur son épaule.
— Je vais tout à fait bien, répondit-il d’une voix douce.
Il parut reprendre le contrôle de lui-même, et se redressa dans son fauteuil.
— Il n’est pas question que j’entende un mot de plus sur cette histoire. Laisse-moi ça — je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi c’est toi qui les as reçues. Et souviens-toi : ce ne sont pas tes affaires. La conversation est terminée.
Olivia le regarda fixement. Elle avait cru un instant qu’il était ému par la détresse de ces gens. Mais, en fait, cela n’avait aucune importance à ses yeux.
— Je ne te comprends pas ! hurla-t-elle. On dirait que rien ne t’intéresse, ni ce que tu fais ni les souffrances que tu imposes aux gens. C’est mauvais pour eux, c’est mauvais pour la compagnie, et rien ne semble compter pour toi.
— Le jour où j’aurai besoin de tes conseils, je te le ferai savoir, dit Cameron d’un ton froid.
— Mais tu en as besoin ! Tu affectes la vie des gens, ce n’est pas seulement une question d’argent. Les enjeux sont autrement importants !
— Olivia, tu me fais perdre mon temps. Si seulement tu te consacrais à quelque chose de vraiment intéressant, tu pourrais peut-être te faire des amis de ton âge, et cesser de me harceler.
Olivia blêmit, accablée par sa cruauté. Mais son père s’était remis au travail, et sembla ne rien remarquer.
Elle se dirigea vers la porte. Elle avait pourtant l’habitude qu’il la traite de la sorte; et pas seulement au bureau ! Elle se souvint de l’époque où, toute petite, elle l’attendait pendant des heures, les vendredis soir, près de la porte de leur demeure de Bedford. Et, quand il rentrait, il passait en hâte à côté d’elle, sans paraître la remarquer.
Quand il daignait s’intéresser à elle, les choses n’étaient guère différentes. Elle se souvint de cette horrible soirée où sa mère avait été trop malade pour l’accompagner à cet énorme banquet au Plaza. Elle avait seize ans, et elle était seule, au centre de l'estrade, tandis que son père arpentait méthodiquement la salle. Il ne lui avait adressé la parole que pour la prévenir que la voiture attendait. Elle se souvenait encore de son embarras : Papa, je suis désolée. Je ne trouvais rien à dire à ces gens. Et de ce qu'il avait répondu, en regardant ailleurs : Ça n’a aucune importance. Elle avait pensé que c’était pour la consoler, mais maintenant elle comprenait : cela n'avait aucune importance, en effet. Elle l’indifférait parfaitement. Comment avait-elle pu être si longtemps aveugle ?
Elle sortit de la pièce et s’enferma dans son bureau. C’était simple, en fait : elle perdait son temps. Il n’avait jamais été, et ne serait jamais, le père dont elle avait besoin. Elle aurait dû mener une vie indépendante, comme les filles de son âge. Sans doute pourrait-elle trouver un emploi ailleurs. Peut-être même reprendre des études ? Elle quitterait enfin la maison, elle aurait un foyer bien à elle.
Elle se sentit soulagée de ces décisions, mais elle aurait aimé pouvoir en discuter avec quelqu'un. Sa mère devait être chez elle. Elle tendit la main vers le téléphone, souleva le combiné, puis le reposa. Tish serait furieuse, et elle aurait raison. Elle était désormais sobre, seule, elle vivait sa vie sans Cameron. Pourquoi sa fille se manifestait-elle seulement maintenant, après tant d’indifférence ?
Olivia frémit en pensant à toutes les occasions au cours desquelles elle avait secrètement pris le parti de son père contre sa mère. Quelle sotte je suis, pensa-t-elle. Je vais essayer de me racheter auprès d’elle. Et je vais faire quelque chose moi-même.
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