Pour un corps à cœur: La Famille Sullivan, New York, tome 2 (French Edition)

Chapitre Dix-Neuf

 

 

Les meilleurs baisers au monde.

Suzanne ne s’était jamais sentie aussi bien. Si vivante. Elle se pinça presque pour s’assurer qu’elle ne vivait pas un autre de ses rêves torrides.

Elle avait pensé que ce serait bon d’embrasser Roman. Mais la réalité se rapprochait plus de « à couper le souffle ». Même ça n’était pas assez fort pour exprimer la manière dont elle se sentait sous ses baisers.

Tout était arrivé si vite. Ils avaient commencé par se crier dessus. Puis il lui avait dit des choses merveilleuses sur la manière dont il la désirait. Puis un baiser était devenu des douzaines sur son visage, son cou et ses épaules. Puis sa robe était tombée… Et il lui avait fait des choses incroyables avec ses mains et sa bouche.

Il l’avait embrassée, touchée avec un désespoir à l’état pur. Elle le désirait tellement. Encore plus avec chaque caresse, chaque baiser. Elle voulait que Roman soit doux. Dur. Qu’il y aille doucement. Et vite.

Elle le voulait de toutes les manières possibles.

— Suzanne, nous ne devrions pas faire ça ici.

Elle n’aurait pas été contre faire l’amour exactement là où ils étaient, mais il avait raison. Ce serait mieux de trouver un endroit plus intime. Une chambre qu’ils n’auraient pas à quitter pendant de longues heures.

— Je connais un endroit, lui dit-elle. Il y a un chalet à côté de la maison de mon père que personne n’utilise.

Elle était sur le point de lui prendre la main et le guider là-bas quand elle se rendit compte tardivement que sa robe était étendue sur le sol. Cela montrait à quel point ses baisers lui avaient fait perdre toute notion du monde réel – elle n’avait pas réalisé qu’elle portait seulement ses sous-vêtements.

— Je devrais peut-être remettre ça d’abord, dit-elle en riant tout en se penchant pour récupérer sa robe.

Elle se sentait grisée, comme si elle ne pouvait plus être triste à nouveau, comme si elle ne pouvait plus jamais s’arrêter de sourire.

Il l’aida silencieusement à remettre sa robe, tenant le tissu pour ne pas le coincer accidentellement dans un de ses talons. Elle aimait la douceur de ses mains quand il remonta la robe sur sa peau nue, puis la referma.

Voulant désespérément l’embrasser à nouveau, elle enveloppa son cou de ses bras, ferma les yeux et se pencha en avant quand elle sentit ses mains fermes sur ses avant-bras.

— Suzanne, arrête.

Sa bouche effleura la sienne quand les mots sortirent. Mais ce ne fut pas tellement ce qu’il lui dit qui l’arrêta, mais plus la manière dont il la toucha. Au cours des dernières minutes, il faisait tout pour l’attirer plus près de lui.

Soudain, elle avait l’impression qu’il essayait de la repousser.

— Non.

Elle ne le laisserait pas recommencer.

— Tu ne vas pas me dire que tout ça est une énorme erreur.

Mais en voyant comme il serrait les dents, elle pouvait deviner précisément ce qu’il était sur le point de dire.

— Je n’aurais jamais dû te parler comme ça. Ni t’embrasser comme ça.

Ses dents se serrèrent avant qu’il puisse les desceller assez pour grogner.

— Je n’aurais pas dû défaire ta robe et te toucher comme ça. Ni avoir été sur le point de me mettre à genoux pour…

Il s’interrompit en jurant.

Plus tôt, quand il s’était éloigné sur la piste de danse, elle avait présumé que ce devait être parce qu’elle n’était pas assez jolie, sexy ou féminine pour lui. Mais maintenant, elle savait que rien de tout ça n’était la véritable raison.

Roman la désirait. Avec une passion profonde à lui en couper le souffle. Et pas parce qu’elle l’avait séduit pour qu’il franchisse les limites professionnelles comme elle l’avait prévu au départ.

L’attirance entre eux, la chaleur était réelle. Inévitable. Indéniable.

— J’ai perdu le contrôle avec toi, sa culpabilité transpirait dans chacun de ses mots.

— J’aime quand tu perds le contrôle.

Comment pouvait-elle lui faire voir qu’ils étaient deux adultes pouvant briser toutes les règles qu’ils voulaient ? Ce n’était pas parce qu’il était entré dans sa vie en tant que son garde du corps que cela voulait dire qu’ils devaient s’en tenir à une relation professionnelle maintenant.

— J’aime t’embrasser. J’aime tout ce que nous avons fait.

Elle n’avait jamais été aussi audacieuse avec un amant auparavant, mais elle voulait qu’il sache.

— J’en veux plus.

Elle ne le laisserait pas reculer maintenant.

— Je veux tout faire. Avec toi. Ce soir.

* * *

Roman se battait vigoureusement avec le désir qui envahissait chacune de ses cellules. Il devait se forcer à faire ce qui était juste, plus que souhaiter continuer à embrasser Suzanne. Il devait arrêter de fantasmer sur le fait de lui retirer sa robe à nouveau pour qu’ils puissent terminer ce qu’ils avaient commencé sous les rayons de la lune et les milliers de branches d’argent.

Mais alors qu’elle était debout en face de lui dans sa robe froissée, les cheveux emmêlés après le passage de ses mains, sa bouche gonflée après ses baisers, elle était… éblouissante. Il la désirait ardemment seulement à la regarder. Et maintenant qu’il savait quelles étaient les sensations dans ses bras. Qu’il connaissait le goût de ses baisers. Qu’il avait entendu ses gémissements de plaisir.

Non. Il ne pouvait pas se laisser entraîner dans cette voie. Il devait garder sa bouche et ses mains pour lui et aller tout avouer à ses frères.

De la douleur se répandit dans sa poitrine en sachant que ce soir serait la dernière soirée qu’il passerait avec elle.

Depuis qu’il était adulte, Roman avait toujours fait ce qu’il fallait, peu importe les difficultés. Mais rien n’avait été aussi dur que de dire :

— Je dois te ramener à l’intérieur et m’assurer que ton père puisse rester avec toi. Et je vais aller voir tes frères.

Elle secoua la tête, assez fort pour que ses longs cheveux ondulent comme si une brise venait de passer sur ses épaules.

— Ne fais pas ça.

— Je le dois.

— Ils vont insister pour que tu démissionnes.

Les nœuds dans ses tripes se resserrèrent.

— Oui.

— Et tu partiras, non ? Tu vas sortir de ma vie aussi vite que tu y es entré. Sans te retourner, comme si rien de ce qui s’est passé entre nous n’avait d’importance ?

— Suzanne.

Il ne pouvait retenir les émotions dans sa voix. Pouvait à peine s’empêcher de la toucher.

— Ça en a. Tu en as.

De l’espoir naquit à nouveau dans ses yeux.

— Alors, reste.

Comme il aimerait pouvoir.

— Nous savons tous les deux que ce n’est pas une bonne idée.

— Tu veux entendre de mauvaises idées ? Les vêtements que je portais, les robes ajustées et les talons. Ce n’est pas moi. Mais au cours des premiers jours, j’ai voulu te séduire, expliqua-t-elle en mimant les guillemets, pour que tu m’embrasses et démissionnes.

Avant qu’il puisse dire quoi que ce soit devant ses aveux – donnant du sens aux réactions de tout le monde devant ses tenues, elle poursuivit :

— Je sais que c’était stupide. Et porter des talons aussi hauts ce n’est pas génial, mais en fait, les robes n’étaient pas si mal. Mais j’étais si en colère devant la manière dont mes frères m’avaient imposé un garde du corps, et comme tu étais déterminé à prendre le boulot, je n’avais rien trouvé de mieux pour m’en sortir. Seulement, maintenant que tu m’as embrassée, je ne veux pas que tu partes. Même avant que tu le fasses je ne le voulais pas. Et je ne crois pas que tu le veuilles non plus, peu importe le nombre de fois où tu as voulu me le laisser croire chaque fois qu’on se rapprochait.

— Suzanne…

Mais elle ne le laissait pas en placer une.

— Tu ne le vois pas, nous ne savons pas encore si nous deux c’est une bonne ou une mauvaise idée. Et si on fait les choses à ta manière, ou à celle de mes frères, et que tu démissionnes ce soir parce qu’on s’est embrassés, nous n’aurons jamais la chance de le découvrir. J’ai passé toute ma vie à écrire des codes et tu sais ce que j’ai appris des milliers de fois ? Si on abandonne dès que quelque chose ne fonctionne pas, jamais ça ne fonctionnera. Je me suis toujours battue pour les choses les plus importantes.

Les yeux de Suzanne scintillèrent dans la nuit.

— Pour les personnes qui comptent le plus.

Les mots venaient à peine de quitter ses lèvres quand elle se retourna et fila à travers la forêt avec sa robe et ses talons hauts pour retourner à la réception.

OceanofPDF.com