Pour un corps à cœur: La Famille Sullivan, New York, tome 2 (French Edition)

Chapitre Vingt

 

Avec tout ce que Suzanne lui avait dit bouillonnant dans sa tête, et dans son cœur, Roman fut plus lent que d’habitude pour la poursuivre à travers les arbres.

— Où vas-tu ?

Il le savait, bien sûr, mais peut-être qu’un miracle arriverait et qu’elle lui donnerait une réponse différente de celle à laquelle il s’attendait.

— Parler avec mes frères avant que tu le fasses.

Elle lui lança un regard d’avertissement par-dessus son épaule.

— Et n’essaie pas de m’arrêter. C’est ma vie, pas la leur, et il est grand temps qu’ils le comprennent tous les trois.

Roman voyait ce qu’elle voulait dire, et il ne pouvait pas la contredire. En même temps, que Suzanne se défende devant sa famille ne changerait rien à ce qu’il devait faire. Elle avait besoin d’un autre garde du corps, quelqu’un de complètement professionnel qui ne serait pas constamment distrait par son attirance ou la jalousie. Quelqu’un qui ferait son travail plutôt que de passer tout son temps à apprendre les rouages de son cœur.

Elle savait exactement où trouver ses frères, deux d’entre eux du moins. Alec et Harry étaient assis sur le bord d’un quai à mi-chemin entre l’auberge en ville et la maison de leur père, une bière à la main. Roman pouvait facilement imaginer les quatre Sullivan ensemble sur le quai au fil des ans.

— Tu as de la chance de les avoir, tu sais.

Cela arrêta Suzanne sur le bord du quai.

— Je le sais.

Elle se tourna vers lui. La lune illumina alors la beauté et l’intelligence bouleversant son monde chaque fois qu’il la regardait.

— Ils se sont toujours occupés de moi, de la même manière que je me suis occupée d’eux. Mais être aimé par quelqu’un ne lui donne pas le droit de te marcher dessus.

Ses paroles l’interpellèrent réellement. Le père de Roman avait toujours dit qu’il poussait Roman à se battre plus, à gagner plus, de jouer pour les plus grosses bourses, parce qu’il l’aimait. Parce qu’il veillait sur son fils. Parce qu’il voulait que son fils ait un meilleur avenir que lui en travaillant à l’usine. Cela avait pris de nombreuses années à Roman pour comprendre que son père n’avait pas menti – c’était le meilleur moyen que Tommy Huson avait pour élever son fils après avoir été élevé par un père ayant toujours parlé avec ses poings. Malheureusement, il s’était avéré que ce que Tommy avait pensé être le meilleur pour son fils avait été le pire. Passer toutes ses soirées d’adolescent dans un ring de boxe n’avait pas rendu Roman heureux. Surtout parce qu’il ne pouvait jamais réparer les dommages causés à l’autre combattant.

Alec les entendit le premier et se tourna vers eux avec le sourire.

— On se demandait où Roman et toi étiez.

Son sourire disparut rapidement toutefois quand il remarqua la robe froissée de Suzanne, ses cheveux en désordre et son expression féroce.

— Il s’est passé quelque chose.

Alec se releva de son perchoir au bout du quai, Harry sauta sur ses pieds à côté de lui.

— Ça va, Suz ?

— Je vais bien.

Quand un de ses talons se coinça entre deux planches, elle les retira. Être pieds nus et malgré ses quinze centimètres de moins que ses frères, elle n’était toutefois pas moins impressionnante quand elle marchait vers eux.

— J’ai demandé à Roman de m’embrasser.

Elle marqua une pause pour marquer le coup.

— Il l’a fait. Et je l’ai embrassé en retour.

Un grognement sauvage sortit de la gorge d’Alec quand il sauta derrière Suzanne pour atteindre Roman. En temps normal, il n’aurait pas laissé son adversaire le prendre au cou, mais il ne méritait pas moins pour avoir fait tout le contraire de ce qu’il aurait dû avec la seule femme sur terre complètement interdite.

Harry et Suzanne se démenaient tous les deux pour faire reculer Alec.

— On t’a embauché pour protéger notre sœur.

Sa fureur résonnait dans la nuit.

— Pas pour profiter d’elle.

— Il n’a pas profité de moi, dit Suzanne en se mettant enfin entre eux, faisant ainsi glisser les doigts de Roman de son cou. Je te l’ai déjà dit. C’est moi qui lui ai demandé de m’embrasser.

Alec devint encore plus en colère.

— C’est ton putain de garde du corps, Suz ! Pas un mec avec qui on a voulu te caser.

— Roman est un garde du corps génial. Je n’en veux pas, et je dois toujours l’admettre. Mais il n’est pas seulement un garde du corps génial. Il est intelligent. Adorable. On peut lui parler de tout. Et…

Elle secoua la tête.

— Je ne vous dois pas d’explications. Aucun de nous deux ne vous en doit. Si nous voulons à nouveau nous embrasser, nous le referons que ça vous plaise ou pas.

Mon Dieu, elle était en feu. Une boule de feu superbe, pour qui Roman n’avait su trouver aucun moyen pour éviter d’y poser la bouche – ou ses mains.

— Non, tu ne le feras pas.

Alec lança un autre regard furieux à Roman.

— Tu es viré, connard. Et si tu te rapproches de ma sœur à nouveau, je te détruirai.

— Alec.

La voix d’Harrisson était forte. Ferme. Aussi ferme que la poussée qu’il donna à son frère pour l’éloigner de Suzanne et Roman.

— Les colères sont trop remontées pour le moment. On devrait laisser les choses redescendre et revenir pour en discuter quand tout le monde sera plus rationnel.

— Je me sens parfaitement rationnelle, insista Suzanne.

Roman aurait aimé pouvoir dire la même chose. Mais pour être franc, il ne s’était plus senti rationnel à la seconde où il avait posé les yeux sur elle.

Elle se détourna de ses frères pour le regarder.

— J’ai conscience que tu es venu ici pour démissionner, et je sais avoir dit que c’est ce que je voulais depuis le début, mais maintenant je veux que tu restes.

— Tu as changé d’idée sur le fait d’avoir un garde du corps ?

— Je me sens en sécurité avec toi. Et comme je viens de le dire, je dois encore réfléchir avant de prendre des décisions définitives.

Elle soutint son regard sous les rayons de la lune.

— Mais je ne veux pas que tu partes. Pas encore.

— Si tu penses que je vais laisser ce mec travailler pour toi…

Elle se retourna d’un coup vers Alec.

— Je ne suis pas venue pour que tu me dises quoi faire ! Je suis venue parce que je vous aime assez pour vous annoncer que j’ai pris ma décision et que vous n’y changerez rien.

Encore une fois, elle revint vers Roman.

— Reste.

Il n’avait jamais rien désiré de plus. Mais ce n’était pas parce qu’il le désirait que ça voulait dire que c’était la bonne chose à faire.

— Tu as besoin de quelqu’un pouvant être parfaitement professionnel.

— Quelqu’un pour qui je ne représente rien de plus qu’un boulot, tu veux dire ?

Merde, quand elle présentait les choses comme ça…

Pourtant, il se força à dire de la voix la plus douce possible.

— Je vais passer des appels demain et je te trouverai…

— Non. C’est toi ou personne. Et tu sais que je ne bluffe pas. Je mangerai et rejetterai n’importe quel autre garde du corps que tu pourras me présenter.

— Qu’est-ce qui se passe ?

Personne n’avait remarqué Drake approcher du quai.

— Je suis venu vous dire que Smith et Valentina vont bientôt partir pour que vous puissiez leur dire au revoir. On dirait que vous êtes sur le point de vous battre.

— Roman et moi on s’est embrassés, informa-t-elle son petit frère. Et maintenant, il pense qu’il doit démissionner, même si nous embrasser ne diminue en rien le fait qu’il est doué pour son travail. Même si je ne suis toujours pas certaine d’avoir besoin d’un garde du corps, c’est le meilleur. Et si nous voulons nous embrasser, nous allons le faire, peu importe ce que toi, Harry ou Alec pensez, dites ou faites.

Drake regarda Suzanne, Roman puis ses frères avant de revenir vers Suzanne.

— J’admets qu’on n’y est pas allé de main morte en embauchant Roman, mais si vous avez franchi une limite…

— Franchis une limite ?

Elle enfonça un doigt dans le torse de Drake.

— Je t’ai soutenu tout le temps avec Rosa. J’aime réellement cette femme, mais même si ce n’était pas le cas, j’aurais pris sur moi et aurais été derrière vous deux. Comment oses-tu remettre en cause ce que je peux ressentir pour Roman ?

Elle ressentait quelque chose pour lui.

Le cœur de Roman se gonfla. Peu importe qu’il sache à quoi s’en tenir, qu’elle soit complètement interdite, et qu’il ne soit jamais avec elle. Cela signifiait quelque chose d’entendre que ses sentiments n’étaient pas à sens unique. Signifiait beaucoup. Parce qu’une femme comme Suzanne ne ressentirait pas quelque chose pour un homme complètement sans valeur, non ?

Personne ne s’était battu pour lui comme elle le faisait ce soir. Personne n’avait fait face à un peloton d’exécution. Ni n’avait remis en question les relations avec sa famille pour lui. Roman aurait aimé qu’elle sache combien ça comptait pour lui. Mais en même temps, il ne se pardonnerait jamais de mettre un écart entre elle et sa famille.

— Je n’en vaux pas le coup, Suzanne. Ne te bats pas pour moi.

— Peut-être que c’est le cas, mais peut-être pas, rétorqua-t-elle. Mais je ne vais pas te laisser sortir de ma vie avant de m’en être assurée. Et, dit-elle en fusillant ses frères du regard, je ne vais laisser aucun de vous trois forcer Roman à partir non plus.

— Suz, dit Harry, ça ne te ressemble pas.

Bien que les tensions fussent plus hautes que jamais, Harry ne criait pas. Roman avait remarqué au cours des deux dernières années que quand le professeur parlait, tout le monde écoutait. Certainement parce qu’il n’élevait jamais la voix. Et aussi parce qu’il était un homme bien à tout point de vue. Quelqu’un qui ne franchissait pas les limites comme l’avait fait Roman ce soir.

— Il est évident qu’Alec a besoin de se calmer avant de rouvrir la bouche et Drake le devrait aussi.

Harry lança des regards sérieux à ses deux frères pour s’assurer qu’ils avaient compris.

— Mais demain matin, Suz, je suis certain que tu comprendras pourquoi Roman doit démissionner et te trouver un autre garde du corps.

— Non, vous devez comprendre quelque chose. Vous devez tous le comprendre. J’en ai fini de jouer le rôle de la pacificatrice. J’en ai fini d’être gentille avec tout le monde en gardant mes pensées, mes désirs et mes espoirs sous contrôle pour m’assurer que tout le monde ait tout ce qu’il veut et reste heureux. Je vais enfin faire des vagues. Et vous allez tous devoir faire avec.

Elle fusilla ses frères du regard.

— Je vous ai pardonné pour avoir embauché Roman dans mon dos. Mais ne me mettez pas au défi cette fois.

Elle passa une main dans ses cheveux et sur sa robe froissée.

— Maintenant que j’ai enfin dit ce que j’aurais dû dire depuis longtemps, je vais retourner au mariage pour aller dire au revoir à Smith et Valentina. Si Roman veut me suivre, bien. Mais pour les autres, vous feriez mieux de garder vos distances.

Sur ce, elle remonta le quai, ralentissant seulement pour récupérer ses chaussures.

Bien sûr que Roman la suivrait. Et pas seulement parce que c’était son travail. En une semaine, elle était devenue la personne la plus importante au monde pour lui. Mais avant, il devait dire certaines choses à ses frères.

— Je vous dois des excuses pour ce que j’ai fait, dit-il d’un ton grave, et je veux que vous sachiez que je ne vous demanderai pas d’argent. Je n’ai jamais voulu que ça arrive.

— Vraiment, tu n’aurais jamais dû embrasser notre sœur, siffla Alec dont la rage n’avait pas diminué. On t’a engagé pour protéger Suzanne, pas pour profiter d’elle.

Roman savait qu’il était en tort – il n’aurait jamais dû toucher Suzanne. C’était aussi simple que ça. Mais il ne pouvait laisser ses frères s’en tirer comme des idiots quand ça la concernait.

— Si vous pensez que quelqu’un pourrait pousser Suzanne à être embrassée contre sa volonté, alors vous ne la connaissez pas aussi bien que vous le pensez. Elle est trop intelligente et trop solide pour qu’on profite d’elle, peu importe à quel point elle est magnifique.

Alec avança vers lui.

— Bien sûr que je sais que Suzanne est intelligente, solide et magnifique. Elle est trop bien pour toi dans tous les sens du terme.

— Oui.

L’assentiment de Roman arrêta Alec un instant. Quelques secondes plus tard, toutefois, il laissa sa colère se déchaîner à nouveau.

— Je sais comment tu es avec les femmes. Je sais comment tu les traites.

— Je te fais la promesse que je ne traiterai jamais Suzanne comme ça.

— Nous demandes-tu de croire que tu vas changer tes habitudes ?

— Non.

— Alors que vas-tu faire ?

— Je vais faire tout ce qu’il faut pour la convaincre de prendre un autre garde du corps et ensuite je sortirai de sa vie. Pour de bon.

Roman avait commencé à rebrousser chemin pour rejoindre Suzanne à la fête quand Drake lui demanda :

— Et si elle ne te laisse pas faire ?

Les tripes de Roman se retournèrent encore plus en secouant la tête, montrant à Drake que ce n’était pas une option. Si c’était nécessaire, il révèlerait son passé à Suzanne, une fois qu’elle l’aurait entendu, elle comprendrait pourquoi il ne pourrait jamais être l’homme de ses rêves. Peu importe à quel point leurs baisers étaient torrides, elle voudrait le fuir sans jamais regarder en arrière.

— Ne vous en faites pas, promit-il à ses frères, elle le fera.

* * *

— Il s’est passé quelque chose avec Suzanne.

Alec fulminait toujours.

— Elle n’a jamais agi comme ça. Ni parlé comme ça.

— Non, c’est vrai, mais ça ne veut pas dire qu’elle n’a pas raison.

Harry semblait pensif.

— Elle a toujours été la pacificatrice. Elle a toujours fait passer tout le monde avant elle pour s’assurer qu’on soit heureux.

— Il faut se rendre à l’évidence, les gars, mentionna Drake, d’après ce que je vois, Roman semble la rendre plutôt heureuse. Assez pour qu’elle ne veuille pas le laisser partir avant de savoir si ça peut marcher entre eux.

Aucun d’eux ne voulait l’entendre, mais ça ne changeait pas les faits.

— Je m’inquiète aussi pour elle, mais vous savez tous les deux que je n’ai jamais aimé le plan d’engager un garde du corps dans son dos.

— C’était le seul moyen de la protéger.

Alec serra les poings.

— Du moins, ça aurait dû être le cas.

— Pour moi, il semble faire du bon travail pour la protéger, remarqua Drake. Tout ce qu’ils ont fait c’est s’embrasser.

— C’est son putain de garde du corps !

La frustration d’Alec bouillonnait toujours.

— Je n’arrive pas à croire que je l’ai choisi pour le boulot. À quoi je pensais ?

Harry passa une main sur sa tête, laissant ses cheveux en bataille.

— Il y a deux choses qui sont claires pour le moment. Elle ne supporterait pas que Roman démissionne – ou soit licencié. Et même si ce n’était pas prévu, elle l’aime bien. Plus qu’elle a aimé un autre homme depuis longtemps.

— Jamais je n’aurais laissé un de vous se mettre entre Rosa et moi, remarqua Drake. Si Suzanne est sérieuse avec Roman, elle ne sera pas différente.

— Mon Dieu.

Alec semblait voir son monde se retourner complètement.

— Tu penses qu’elle est sérieuse à propos de ce connard ?

— Ce connard était ton ami il y a dix minutes, remarqua Drake.

— J’ai envie de réduire quelqu’un en pièces, grogna Alec. Ne me pousse pas trop, petit frère.

— Si tu veux une séance d’entraînement pour faire redescendre la pression, petit vieux, je suis prêt.

Drake fit un pas en avant.

Comme il l’avait fait des dizaines de fois, Harry s’interposa entre eux.

— Vous battre ce soir ne va pas aider Suzanne.

Alec serra et ouvrit les poings plusieurs fois avant de s’éloigner de Drake.

— Je vous jure, s’il lui fait du mal…

— S’il lui fait du mal, on le fera payer, acquiesça Harry. Mais pour le moment, nous devons faire ce qu’elle nous demande – prendre du recul et la laisser vivre sa vie sans intervenir.

— Je ne pourrai jamais oublier son expression quand maman est partie et qu’on a découvert qu’elle ne reviendrait jamais.

Les yeux d’Alec étaient vides en se souvenant du passé.

— Elle a pleuré si longtemps et si fort que ses yeux avaient gonflé au point d’être complètement fermés. Notre nounou l’avait emmenée chez le médecin et j’avais insisté pour aller avec elles. Le docteur avait dit que tout allait bien chez elle et que le gonflement se résorberait le jour suivant. Mais il ne savait pas de quoi il parlait – tout allait mal. Depuis ce jour, j’ai fait la promesse de ne jamais laisser quoi que ce soit la faire pleurer comme ça.

Il regarda ses frères.

— Si Roman la fait pleurer, je ne pourrai pas me contrôler.

Harry récupéra la bière d’Alec et la lui rendit.

— Tu as fait du bon boulot pour prendre soin de Suz. Je pense que le passage à tabac qu’elle vient de nous faire nous prouve qu’elle a appris beaucoup de choses sur la manière dont prendre soin d’elle.

— Elle a fait du bon boulot pour nous épingler au mur, non ? admit Alec à contrecœur.

— Oui, concéda Drake. J’aurais en quelque sorte aimé voir le début du feu d’artifice.

— Quelque chose me dit que tu vas pouvoir te rattraper, parce que si elle et Roman finissent par être ensemble, nous allons devoir trouver un moyen de gérer le fait qu’ils deviennent un couple. Harry donna un coup de coude à Alec.

— Surtout toi.

— Roman a dit qu’il ferait tout pour qu’elle l’oublie.

Alec semblait si plein d’espoir que Drake se sentait un peu désolé pour son frère.

— Je n’ai jamais pensé que Roman était idiot, remarqua Harry. Mais s’il croit qu’elle va le laisser sortir de sa vie, alors il vient de me prouver que j’avais tort. Et vous ne devriez pas faire l’erreur de croire que ça arrivera non plus.

La mâchoire d’Alec se serra.

— La seule idée qu’ils puissent être en couple me rend fou.

— Je suis désolé pour tes futures filles.

Seuls les membres de sa fratrie pouvaient parler à Alec comme ça. Personne d’autre n’aurait le courage.

— Si tu es aussi protecteur avec le fait que ta sœur se lie avec une personne que tu aimes, poursuivit Drake, tu ne laisseras jamais tes propres enfants quitter leur tour d’ivoire.

Alec haussa les épaules à cette idée.

— Voilà une autre bonne raison de ne jamais me marier ou avoir des enfants. Je vous laisse ce côté de la médaille à vous deux. Et à Suz.

Il se renfrogna à nouveau, en pensant de toute évidence à Roman embrassant sa sœur.

Alec prenait de grands airs en disant qu’il resterait célibataire pour toujours, mais quand il en était question, il était complètement dévoué à la famille. Et un jour, Drake n’en avait aucun doute, une femme passerait et changerait la perception d’Alec sur absolument tout, exactement comme Rosa l’avait fait avec lui.

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