Pour un corps à cœur: La Famille Sullivan, New York, tome 2 (French Edition)
Chapitre Trente-Et-Un
Alors c’est ça avoir une grande famille.
Roman ne prit pas la peine de retenir son sourire alors que Suzanne et Alec débattaient sur un film récent.
— Le message sous-jacent sur l’humanité c’est ce qui le rend génial, insista Suzanne.
— Il n’y a pas de message sous-jacent, seulement de l’action tout le temps, contrecarra Alec. C’est ça qui le rend génial.
La table à manger de Roman était recouverte de pizzas et de pâtes du restaurant de Jerry. Chaque chaise était occupée par un membre de la famille de Suzanne, déjeunant tout en parlant les uns avec les autres. Son téléphone n’arrêtait pas de sonner depuis une demi-heure, mais pas avec des appels anonymes. Un par un, tous ses cousins, ses tantes, ses oncles ayant entendu parler de l’incendie dans son appartement appelaient pour s’assurer qu’elle allait bien.
Elle avait à peine mangé une part de pizza qu’elle posa à nouveau sa nourriture pour prendre l’appel de sa tante Mary, une femme adorable de soixante-dix ans, que Roman avait rencontrée au mariage. Suzanne lui avait dit que Mary avait élevé huit enfants seule à San Francisco après le décès de son mari quand il avait le début de la quarantaine, ce qui l’impressionnait. Les Sullivan étaient des forces de la nature. Il n’arrivait pas à croire qu’il avait la chance de faire partie de ce cercle, sans parler d’être dans le cœur de Suzanne.
— J’aurais dû faire une téléconférence avec la famille pour tout expliquer d’un coup, plaisanta Suzanne une fois qu’elle eut posé son téléphone.
— Si ça ne t’ennuie pas de nous le réexpliquer, pointa Harry, je suis certain qu’on apprécierait tous. J’étais si soulagé que tu n’aies pas été blessée aujourd’hui que je n’ai pas tout compris de ta première explication.
— Laisse-moi manger cette dernière bouchée d’abord.
Les joues de Suzanne de gonflèrent comme celles d’un écureuil quand elle inhala la pizza que Jerry avait renommée en l’honneur de Roman.
— La meilleure pizza au monde.
Elle sourit à Roman.
— Tu devrais recevoir une récompense pour avoir créé cette combinaison.
Le baiser qu’elle lui donna était la meilleure récompense qu’il aurait pu demander.
— Il est temps d’en venir aux explications, Suz, grogna presque Alec.
Par respect pour son ami, Roman se retint de sourire cette fois. Drake, Rosa et Calvin toutefois ne prirent pas cette peine. Et Suzanne ne retint pas ses yeux de se lever vers le ciel devant l’irritation de son frère.
— Pour résumé, dit-elle, un des cofondateurs de CP Systems était en colère par rapport à mes progrès sur le nouveau produit de sécurité numérique sur lequel je travaille depuis un moment. Même s’ils étaient loin de pouvoir le lancer, il espérait que s’il pouvait me distraire assez avec des attaques sur mon téléphone et mes serveurs, je perdrais le rythme. Mais quand ça n’a pas fonctionné et qu’il s’est rendu compte que j’étais partie pour le mariage, il a décidé de pousser plus loin en changeant la puce de mon système d’automatisation de la maison.
Elle fit une grimace.
— La nouvelle puce aurait non seulement contrôlé les températures, les lumières et Internet, elle aurait pu aussi entrer dans mon téléphone et n’importe quel ordinateur connecté au réseau Wi-Fi de mon appartement. Son associé, Craig, a arrêté la production de la nouvelle puce l’an dernier pour cause de problèmes concernant la vie privée, mais il s’avère que Patrick en a gardé quelques-unes au cas où.
— Le connard essayait de lui voler son code.
Bien que Roman eût juré il y a longtemps de ne pas utiliser ses poings sauf en cas de nécessité absolue, il ne pouvait s’empêcher de regretter que le gars ne se soit pas débattu plutôt que de se coucher tout de suite. Frapper son joli minois aurait été extrêmement satisfaisant.
— Aurait-il réellement pu faire ça ? demanda Rosa.
— Pas complètement, bien qu’il aurait pu avoir accès à assez de messages entre moi et mon équipe de développement pour trouver notre méthodologie. Mais la puce a brûlé avant qu’il puisse avoir accès à quoi que ce soit.
— Dieu merci, tu n’étais pas à la maison, dit William en devenant pâle, songeant à sa fille coincée dans les flammes.
— Tout va bien, papa. Personne n’a été blessé, et heureusement, il n’y aura plus d’appels anonymes et d’attaques sur mes serveurs.
Elle regarda tout le monde autour de la table.
— Merci. Pas seulement pour être là aujourd’hui, mais pour l’avoir toujours été. Même quand j’ai essayé de vous repousser, vous ne m’avez jamais quitté. Jamais abandonnée.
Elle se tourna vers Roman.
— Surtout toi.
— Quand tu aimes quelqu’un, répondit-il doucement, tu restes. Peu importe ce qu’il se passe.
Et quand tout le monde se leva pour serrer Suzanne et Roman dans leurs bras, il comprit enfin. C’est à ça que ressemble une famille aimante.
* * *
Deux heures plus tard, Suzanne referma la porte derrière Alec et la verrouilla fermement.
— J’ai cru qu’ils ne partiraient jamais.
Elle entra dans la cuisine où Roman remplissait le lave-vaisselle. Il s’avérait que cette grande famille très liée n’était pas seulement super, elle était aussi peu soignée.
— Il avait peur qu’à l’instant où on serait seuls tous les deux, je te saute dessus.
Elle ferma le lave-vaisselle avec la jambe, puis elle se saisit des boutons de la chemise de Roman pour les défaire rapidement un par un.
— Il avait raison.
Roman ne perdit pas de temps pour retirer les vêtements de Suzanne tout en l’embrassant directement. Elle avait un goût doux et épicé, si délicieux qu’il avait hâte de lui refaire l’amour. Encore et encore.
Bien sûr, c’est à cet instant que son téléphone et son ordinateur sonnèrent avec des appels entrants.
La soulevant dans ses bras, il se dirigea vers l’escalier. Elle avait déjà eu assez d’appels et de réunions pour la journée. Il y en aurait d’autres bien assez tôt, et elle continuerait de prospérer en travaillant dans la technologie. Mais pour le reste de la journée – et de la nuit – Roman était déterminé à offrir une pause à Suzanne, dont elle avait si désespérément besoin.
Heureusement, son lit n’était pas loin… Et il était très heureux de la garder loin du travail par tous les moyens nécessaires.
S’arrêtant juste assez longtemps pour retirer ses vêtements, Roman eut bientôt Suzanne étendue nue, excitée et belle à couper le souffle sous lui.
— Tu as été trop gentille avec ce connard aujourd’hui.
Il laissa courir ses mains sur ses hanches, sur sa taille et ses seins jusqu’à ce qu’il tienne son visage entre ses mains.
— C’est une des milliers de raisons pour lesquelles je t’aime.
— Des milliers ?
Elle se tourna pour déposer un baiser dans sa paume avant de le taquiner.
— Moi qui pensais qu’il ne pouvait pas y en avoir plus d’une douzaine.
— Je t’aimais déjà d’une douzaine de façons quand j’ai quitté la galerie le soir où tes frères nous ont présentés. Quand tu m’as mis à la porte de ton appartement ce soir-là, j’en étais arrivé à une centaine.
— Waouh.
Elle se mordit la lèvre et il dut se pencher pour lécher l’endroit laissé humide une fois libéré de ses dents.
— C’est la première chose à laquelle j’ai pensé en te voyant la première fois. Et je me suis demandé pourquoi mes frères t’avaient caché pendant si longtemps.
— Alec m’aurait gardé caché pour toujours s’il n’avait pas été aussi inquiet pour toi.
— Je ne l’admettrai jamais à mes frères, mais je suis heureuse qu’ils aient agi derrière mon dos pour t’embaucher.
Elle se moqua doucement d’elle-même.
— Une part de moi est reconnaissante que Patrick ait perdu un boulon. Parce que s’il ne l’avait pas fait, je ne t’aurais jamais trouvé.
— Si, tu l’aurais fait. Et je t’aurais trouvé aussi. Parce que j’étais destiné à tomber amoureux de toi.
Roman laissait toutes les couches de sa carapace tomber, il retirait tous les murs érigés autour de son cœur.
— J’étais destiné à t’aimer Suzanne.
— Et moi à t’aimer en retour.
Ses yeux étaient si pleins d’un amour inconditionnel quand elle murmura :
— Maintenant et à jamais.
Ses lèvres étaient douces et chaudes quand ils se rencontrèrent pour un doux baiser. Qui se transforma rapidement en quelque chose de torride quand leurs langues glissèrent l’une contre l’autre et que Suzanne enveloppa Roman de ses bras et de ses jambes. Il aimait l’entendre gémir de plaisir quand ils plongeaient plus profondément dans le baiser et qu’il laissait courir ses mains sur ses courbes, puis quand il suivait le chemin qu’elles avaient tracé avec sa bouche. Une fois, deux fois, trois fois, il se laissa se repaître de sa chair humide entre ses jambes avant de mettre rapidement un préservatif et remonter sur elle pour sentir toute la longueur de son corps nu contre le sien.
Suzanne haleta quand il la remplit, ses halètements se transformèrent en un gémissement quand il alla de plus en plus vite, plus fort et plus profondément, jusqu’à ce que son orgasme les renverse tous les deux et devienne aussi le sien.
— Je t’aime, murmura-t-il contre ses lèvres.
Il ne se lasserait jamais de le lui dire, ne cesserait jamais de l’aimer. Et il serait à jamais reconnaissant d’avoir signé le contrat pour la protéger.
Elle n’avait pas besoin de garde du corps. Mais elle avait besoin d’amour.
Son amour.
Pour toujours.
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