Pour un corps à cœur: La Famille Sullivan, New York, tome 2 (French Edition)

Extrait de Retour aux sources

(Spin-off de la Famille Sullivan de New York, Un été au lac, tome 1)

© 2022 Bella Andre / Oak Press, LLC

Des meilleurs amis. Un amour de jeunesse. Des amants passionnés. Il était une fois où Sarah Bartow et Calvin Vaugh étaient tout l’un pour l’autre. Jusqu’à ce qu’un grand rêve – et une grande tragédie – les sépare.

Dix ans après s’être dit au revoir, ils se retrouvent enfin à Summer Lake dans les Adirondacks… Et les étincelles entre eux sont plus vives que jamais. Bientôt, un baiser devient bien plus. Plus que seulement faire l’amour à s’en couper le souffle, c’est aussi la résurgence d’émotions profondes et vraies ne pouvant être niées.

Calvin refuse de laisser les ambitions et les désastres les ayant séparés dix ans plus tôt les déchirer cette fois. Pas quand il est persuadé que Sarah est son grand et unique amour. Il l’a laissée partir une fois. Il ne commettra plus cette erreur. Même si ça signifie mettre en péril son cœur et le moindre morceau de son âme, pour lui montrer qu’ils sont faits pour être ensemble maintenant… Et à jamais.

* * *

— Tu te souviens qu’on avait l’habitude de plonger dans le lac après les matchs de football ? demanda Sarah les pieds dans l’eau en lui tenant la main. On était fous.

— Les enfants le font toujours, tu sais.

Il faisait noir et il pouvait à peine voir l’éclair blanc de son sourire.

— Tu rigoles. Est-ce que tu plonges avec eux parfois ?

— Après chaque match.

Il aurait pu jurer qu’il y avait des vibrations entre leurs mains, un désir inavoué d’aller plus loin dans leurs souvenirs communs.

— Viens au match vendredi. Saute dans le lac avec nous.

— Pas question.

— Poule mouillée ?

— Plutôt assez âgée pour savoir à quoi m’en tenir. En fait…

Elle essaya de le tirer hors de l’eau.

— Mes pieds me disent qu’ils ont appris la leçon.

Mais au lieu de sortir, il l’attira plus loin et elle cria de surprise.

— Calvin ! Qu’est-ce que tu fais ?

Il lui aurait dit s’il l’avait su, s’il avait la moindre idée de ce dans quoi il essayait de l’embarquer, mais avant de pouvoir répondre, de grosses gouttes d’eau commencèrent à tomber sur eux. Quelques instants plus tard, le ciel laissa tomber des trombes d’eau, comme lors du déluge.

— Il y a un hangar à bateaux ici, dit-il en la tirant sur la plage.

Soixante secondes plus tard, ils étaient à l’abri de la tempête, à couvert dans le petit hangar avec une faible ampoule suspendue au plafond. La pluie se déchaînait sur le lac sombre et le vent s’en donnait à cœur joie.

Elle retira ses cheveux de ses yeux.

— Oh, mon Dieu, on est trempés.

Ses vêtements lui collaient à la peau, son pull fin et mouillé ainsi que son jean ajusté laissait peu de place à l’imagination. Trop peu pour sa tranquillité d’esprit.

— Ce n’est pas du tout ce que j’avais prévu pour le reste de la soirée.

— C’était bien, Sarah. Très bien.

Elle frissonnait et il regarda autour de lui dans le hangar, et trouva ce qu’il cherchait dans un coin.

— Voilà, dit-il en l’enveloppant d’une serviette.

— Merci.

Elle le serra contre elle.

— Il n’y en a pas une autre ?

— Non.

— Celle-ci est assez grande pour qu’on la partage.

Il n’y avait rien qu’il désirait plus que de se retrouver là, sous la même serviette, l’un contre l’autre, son cœur battant contre le sien.

— Ce n’est sûrement pas une bonne idée.

— Tu es mouillé. Le vent souffle. Ce n’est pas une bonne idée.

En effet, il ne pouvait pas le nier.

Ni se mentir.

Il se rapprocha, et elle souleva les coins de la serviette pour le laisser entrer. Il réprima à peine un gémissement quand elle referma ses bras sur lui pour les envelopper tous les deux dans la serviette. Elle était grande, mais il l’était plus qu’elle. La tête de Sarah tombait parfaitement sur son épaule. Comme elle l’avait toujours fait.

— Ça va mieux ?

Il pouvait sentir son souffle contre sa peau, et se réchauffer au contact de son corps près du sien. Il put à peine prononcer un mot, qui aurait pu être une vérité tout comme un mensonge.

— Oui.

Puis elle le regarda, un élan de désir traversa ses traits, si ardent, si profond, si élémentaire qu’il maudit les conséquences.

— Sais-tu combien j’ai envie de t’embrasser ? demanda-t-il. Ici. Maintenant. Seulement un baiser pour savoir enfin si c’est aussi doux qu’avant. Si doux que je n’aie jamais pu trouver quelque chose s’en approchant. Comme toi.

C’était la seule voie de sortie qu’il pouvait lui offrir, la chance de sortir d’ici et de retourner dans la maison de sa mère donnant sur le lac. Mais au lieu de fuir, elle baissa les yeux vers sa bouche, le pouls dans son cou s’accéléra.

— Seulement un baiser, reprit-elle dans un soupir.

Avant qu’il puisse l’embrasser, elle avait les mains dans ses cheveux et posait sa bouche sur la sienne. Douce. Chaude. Adorable.

Parfaite.

Toutes ces années à rester loin de l’alcool pour ne pas prendre le risque de tomber dans les travers de son père, mais la bouche de Sarah était bien plus addictive que tout ce qu’il avait connu.

Elle était un grand risque, ce fut la seule pensée saine restant dans sa tête, mais ce n’était pas du bon sens. Elle était tout ce qu’il avait voulu, depuis si longtemps il avait besoin de la seule femme ayant réellement compté pour lui.

Il prit sa tête entre ses mains et fit l’amour à sa bouche, mordillant sa lèvre inférieure, en goûtant les commissures avec le bout de sa langue. Retirant temporairement sa bouche de la sienne, il fit pleuvoir des baisers sur sa mâchoire, puis dans le creux de son cou, là où son pouls battait si sauvagement pour lui.

Elle haleta de plaisir, sa poitrine montait et descendait contre son torse, et une décennie de maîtrise de lui éclata en mille morceaux pendant qu’il l’embrassait.

— Sarah, chérie, murmura-t-il contre sa peau. On doit partir d’ici. On doit aller dans un endroit où personne ne pourra nous surprendre.

— Calvin ?

Son nom était une douce question sur ses lèvres, mais quand il retira ses cheveux de son visage et qu’il croisa son regard, plutôt que d’y voir du désir, il vit de la panique.

— Oh, non.

Elle s’éloigna un peu de lui, mais ils étaient si emmêlés sous la serviette qu’elle ne pouvait pas réellement le faire.

— Je n’aurais pas dû faire ça.

— Tu crois que je ne sais pas ?

Ses yeux s’écarquillèrent devant ses paroles et au contact de sa main sur son menton, quand il lui releva la tête pour la forcer à croiser son regard pour voir la véritable nature de ses sentiments sur son visage. Il savait qu’il aurait dû arrêter quand il avait senti sa vulnérabilité dans la manière dont ses lèvres tremblaient sous les siennes. Quand il ne pouvait pas se permettre de lui donner son cœur à nouveau en sachant qu’elle quitterait le lac bientôt.

— Mais crois-tu réellement qu’on peut arrêter ?

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