Toungouska

Laurent Carstens · Chapitre 35 sur 54

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Toungouska

Chapitre 34

Krasnoïarsk, Bureau de la cellule antiterroriste, 7 juillet 2011, 19 h 23.

 

— Alors, Zaytsev ? Qu’est-ce que vous avez de si important à me communiquer pour m’obliger à quitter de toute urgence ma réunion hebdomadaire ? fulmina Baskovitch en entrant dans la pièce.

L’officier ne l’avouerait jamais à son subalterne, mais il était soulagé : l’appel lui avait permis de filer avant que le Gouverneur ne lui passe un nouveau savon pour leur manque flagrant de résultats dans l’enquête sur les autonomistes évenks. Le commandant ôta son manteau, puis le suspendit à la patère dissimulée derrière la porte. Au passage, il jeta un coup d’œil au miroir placé dessous. Agacé par une mèche rebelle que le vent avait soulevée, il la lissa aussitôt avec nervosité.

— Écoutez cela, se borna à répondre son adjoint. Je crois qu’il y a enfin du mouvement chez Korotaïev.

Zaytsev, assis devant un vaste bureau métallique où s’empilaient divers appareils électroniques, lui tendit un casque audio. Le commandant s’en saisit, le plaça sur ses oreilles et prêta intérêt aux conversations enregistrées. Reposant les écouteurs, sa question fusa :

— Deux coups de fil en quelques heures… De quel avion parlent-ils ?

Zaytsev haussa les épaules en prenant un air désolé.

— Mais vous foutez quoi ? Faites des recherches, bon sang ! Je veux savoir ce qu’il se passe. Je me fiche de l’heure qu’il sera : dès que vous aurez du nouveau, prévenez-moi sur-le-champ. Cette fois, on le tient, cet enfoiré. Une cargaison de diamants égarée... Ben voyons, sur ce coup-là, on est très loin des meubles ! Avec des pierres précieuses, c’est facile de financer beaucoup de choses, y compris des autonomistes…

Zaytsev eut beau lui aussi vouloir y croire, il ne put s’empêcher de faire état de ses doutes :

— Vous pensez vraiment qu’il est derrière ces Évenks ? Lui ? Du trafic de diamants, c’est possible, mais du terrorisme… Il n’a pas le prof…

— Je me contrefiche de ce que vous pensez, rétorqua sèchement Baskovitch sans le laisser finir. On va aller au bout de cette enquête. Peut-être que ce n’est pas lui, mais peut-être que si. Peut-être qu’un autre membre de son organisation le double pour le compte de ces autonomistes. Je m’en fous royalement. Tout ce que je sais, pour l’instant, c’est qu’un avion a disparu et qu’il avait à son bord assez de diamants pour mener toutes sortes d’opérations. Alors bougez-vous et trouvez-moi de quel appareil il s’agit ! Il n’a pas pu s’évanouir dans la nature sans laisser des traces.

Et dire qu’il avait failli demander à ses hommes d’arrêter les investigations sur ce type ! Après des mois de purgatoire, la chance semblait avoir enfin tourné à son avantage. Il en souriait sans s’en rendre compte. Alors qu’il s’apprêtait à congédier Zaytsev, il eut une autre idée :

— Oh ! Et débrouillez-vous pour identifier les complices à partir des numéros de téléphone, ordonna-t-il. Tigre... C’est quoi, ce surnom ? Chez moi, ça sonne comme celui d’un membre important de son organisation !

 

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