Witch War: Article 3 : On ne se montre pas (French Edition)
21. Chapitre 21
C H A P I T R E 2 1
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SIXTINE
« RDV au Kiddy. Seule. »
J e ne vois que deux personnes susceptibles de m’envoyer une telle invitation par SMS au beau milieu de la nuit : Elinor ou Neeve. Or, il me semble improbable qu’Eli m’adresse autre chose qu’un regard assassin, et Neeve a disparu. Qui, alors ?
Le meilleur moyen de le savoir, c’est de m’y rendre. Qu’est-ce que je risque, après tout ? Juste une déception de plus…
Et puis, peu importe de qui il s’agit, ça me changera les idées. Je ne tiens plus en place au manoir, à attendre des nouvelles qui ne viendront plus. Même la présence de mes parents ne suffit plus à apaiser le tourment de ma solitude. Ni celle de Drake qui m’étourdit à peine plus de quelques heures d’affilée.
C’est décidé, je vais boire un verre.
J’emprunte la voiture de mon père, il n’en a de toute façon plus l’utilité, et roule à grande vitesse vers le centre-ville de Fallen Creek. Malgré la pénombre et la faible lueur des phares, le paysage défile devant mes yeux. C’était chez nous, ici. Avant… Avant toute cette machination orchestrée par mon oncle ! Tout était si paisible, peut-être même un peu trop, mais finalement, ça n’était pas plus mal. Comment a-t-il pu foutre un tel bordel ? Pour préserver une lignée vouée à s’adapter à son environnement pour subsister ? Pourquoi lutte-t-il avec autant de véhémence contre l’évolution ?
L’horrible visage de lord Raven se fige devant mes yeux, son rictus machiavélique, ses iris luisants de malveillance. Il voulait me buter ! Moi, sa propre nièce ! Et si c’était lui qui me tendait un piège ? Ce serait aussi bien. Je pourrais enfin lui régler son compte et lui faire bouffer ses grimoires de magie perfide. Avec un peu de chance, il finirait par s’étouffer avec.
Je gare la bagnole à l’arrache sur le trottoir, juste devant le Kiddy, et si quelqu’un ose s’en plaindre ou la rayer, je lui arrache la tête. Je descends, claque la portière et m’engouffre dans le bar. Et là, au milieu de quelques rares fêtards, le regard noyé dans son verre, se tient celle qui m’a donné rendez-vous : Neeve. Je vacille sous le choc. Son cocktail est déjà bien entamé, pourtant, elle conserve une expression grave, même lorsqu’elle m’aperçoit.
— Cache ta joie, je lui balance, décontenancée par son absence de réaction.
Moi qui m’inquiétais pour son sort, je la découvre bien vivante et surtout… odorante ! Son penchant pour les loups ne m’avait pas échappé, mais de là à devenir une louve elle-même, y a un monde !
Alors, finalement, Eli a réussi son coup ! La colère me submerge telle une éruption. Le sang dans mes veines s’embrase, mais… c’est Neeve. C’est mon amie. Elle a l’air d’aller bien et une petite voix me souffle que c’est ce que je veux par-dessus tout. Malgré le soudain soulagement qui m’étreint à le savoir, je lâche :
— Et sinon, tu peux pas signer tes textos ? J’me suis fait des films pas possibles, là !
— Ah oui, tiens ! Merde, j’ai zappé ! bafouille-t-elle en riant, avant de reprendre aussitôt son sérieux. Je suis désolée, Sixt. Je me doutais que tu n’accueillerais pas la nouvelle en sautillant, mais…
— Mais quoi ? Tu voulais me faire savoir que tu t’étais bien foutue de ma gueule ? Meilleures amies, mon cul ! Moi qui croyais que tu étais là pour moi, je me suis bien plantée !
— Ma nature ne change rien à notre amitié. Je suis là pour toi, sinon pourquoi t’aurais-je donné rendez-vous ?
Parce que je dois la remercier, en plus ?
— Pourquoi t’es partie ? Tu ne te plaisais pas au manoir ? Je m’imaginais qu’entre Nancy, moi et le Magic Blood, tu avais trouvé un équilibre perdu bien avant tout ce bordel, et je me suis bien fourvoyée.
— C’est pas ça… souffle-t-elle. C’était sympa, mais…
Elle s’interrompt au beau milieu de sa phrase, cherchant manifestement les mots justes pour exprimer sa pensée.
— Je ne voulais pas mourir, chuchote-t-elle.
— Pourquoi ? Qu’est-ce que ça peut faire de mourir si tu subsistes malgré tout ? On n’était pas assez bien pour toi, c’est ça ?
Neeve me regarde, un air triste sur son visage, puis s’envoie cul sec la fin de son verre, avant d’en commander un autre, vraisemblablement pour se donner du courage. Si ça avait eu un quelconque effet sur moi, j’aurais probablement fait pareil, mais à l’exception du goût du sang, c’est à peine si je distingue encore ce que j’avale.
C’était tellement mieux avant… Même si je ne l’admettrai pas devant Neeve. Lorsque nous passions nos nuits à cette table à débattre de choses et d’autres sans nous soucier du lendemain. Lorsque nous étions toutes les trois réunies autour de verres trop alcoolisés que nous enchaînions avant de rentrer en titubant au loft, parfois accompagnées. Enfin, Neeve surtout.
Cette légèreté me manque.
Neeve me manque. Et Eli… mais je chasse cette idée.
Elle pose sa main sur la mienne pour me ramener à notre conversation et plonge ses prunelles dans les miennes.
— Je serai toujours ton amie, Sixt.
— De toute façon, t’étais naze en vampire, murmuré-je en souriant.
— Tu parles ! T’étais jalouse de mon style, ça crevait les yeux !
— Jalouse ?
OK, peut-être un peu, mais sans la perf, alors…
Elle saisit mon autre main et la presse, redonnant un élan de sérieux à la conversation.
— Je ne voulais pas mourir. Enfin, maintenant, c’est sûr que je vais y rester un jour, mais… pas de cette façon, Sixt. Je veux vivre. Je veux respirer, manger ce que je veux, ne pas être une menace pour ma famille, et je… J’ai encore des choses à régler avec Lenny et… les cousins.
— Lenny ? répété-je, dubitative.
— Je sais que ce n’est pas évident, dit comme ça.
— Non, clairement, confirmé-je. T’as passé presque la moitié de ta vie à l’éviter ! Je n’ai jamais vu de rupture plus déchirante que la vôtre, d’ailleurs.
— Justement. Je crois que le moment est venu d’arrêter de tergiverser.
— Tu dois choisir, c’est ça ?
Elle hoche la tête en s’enfilant une autre gorgée, puis elle soupire.
— Pourquoi ne pas les choisir tous les trois ?
Elle en crache son cocktail.
— Merde, Sixt ! Dis pas ce genre de chose quand j’ai la bouche pleine.
— Arrête de me tendre des perches, Neeve, je peux aussi rebondir sur celle-ci.
Sa mâchoire s’en décroche presque. Puis elle éclate de rire, et je l’imite. Que ça fait du bien de la retrouver… Peut-être que même louve, je ne l’ai pas perdue, après tout.
— Tu ignores la difficulté d’un polyamour, lance-t-elle, l’œil mutin. C’est du sport, t’sais ! Et les cousins sont…
— Insatiables ?
Un sourire se forme sur ses lèvres.
— Ouais…
Pas difficile de deviner où ses souvenirs l’emportent. Mon amie est incorrigible.
— Je les aime beaucoup, dit-elle. Ils sont fabuleux. Ils voulaient me sauver ce jour-là et…
— Pour la mission de sauvetage, on repassera. Je te rappelle que j’ai dû intervenir, car vous alliez finir trop grillés et racornis comme des vieux Magic Marshmallows !
— Sixt !
— OK, je me tais, lâché-je en levant les bras. Et donc, tu optes pour les beaux gosses ou la porte de prison ?
— T’es dure avec Lennox ! OK, il ne sourit pas souvent et peut parfois sembler dépressif, mais…
Et elle s’interrompt, et son visage se pare d’une expression radieuse, avant de s’empourprer. Elle paraît si heureuse d’avoir retrouvé son chemin après une longue errance dans la pénombre… En un sens, ça me fait plaisir pour elle, même si elle empeste, et que, pour moi, ça signe une éternité sans elle. Une pointe acérée s’enfonce dans ce qu’il me reste de cœur.
— Je comprends, déclaré-je. Je suis contente d’avoir Drake.
— Drake, répète Neeve en serrant les dents.
Ben quoi ? J’ai bien conscience qu’elle ne l’a jamais franchement apprécié, mais est-ce suffisant pour m’en détourner ? Elle, elle peut se taper son amour d’enfance entre deux coups d’un soir et moi, je ne peux pas me faire le premier sexy vampire qui passe ?
— Quoi, Drake ? Ça se voit que tu n’as jamais fait de galipettes avec lui pour avoir l’air aussi coincée en l’évoquant. Sinon, tu mouillerais rien que d’y penser !
— Les vampires mouillent, je savais pas ! s’exclame-t-elle le plus sérieusement du monde avant de laisser ses lèvres s’étirer malicieusement.
— T’es débile, m’esclaffé-je.
Neeve finit son verre et propose :
— Ça te dit qu’on aille faire un tour ?
— Bonne idée, ce bar est sur le déclin. Comment ça se fait d’ailleurs qu’il y ait si peu de gens au Kiddy, ce soir ?
— C’est parce qu’on n’est plus là pour mettre l’ambiance !
Probablement. À moins que les descentes régulières de vampires pour alimenter nos traques aient fait fuir les plus téméraires et que les fêtards préfèrent à présent se terrer dans leurs caves plutôt que de s’aventurer loin de chez eux.
Nous quittons le pub pour la rue où se promènent malgré tout quelques humains. Ça me fait plaisir de voir ça. Nous n’aurons pas à nous rendre dans le Maryland pour chercher du sang neuf lors de notre prochaine chasse.
Neeve et moi nous dirigeons machinalement vers notre loft, comme nous l’avons fait des centaines de fois avant ce soir. Sauf que dorénavant, je ne ressens plus la fraîcheur de la nuit ni l’ivresse des soirées réussies. Même si je n’aspire qu’à profiter de l’instant, je ne parviens plus à occulter le fait que quelque chose s’est brisé. Bien sûr, j’ai Drake, mais Neeve s’éloigne et Eli est déjà hors d’atteinte. Notre trio pétillant n’est plus qu’un souvenir qui s’estompe peu à peu à mesure que s’accroissent nos différences. Les astres peuvent-ils véritablement s’opposer dans la guerre qui s’annonce ?
Je me fige soudain. J’ai ressenti quelque chose. Une sorte de frôlement magique qui aurait échappé à n’importe qui d’autre. Un sorcier se terre non loin, j’en suis certaine. Qu’est-ce qu’il fout là ? Pourquoi se dissimuler ?
Neeve a surpris ma réaction épidermique et semble mal à l’aise. L’évidence me frappe. Elle m’a trahie !
— Neeve, qu’est-ce que tu as fait ?
Avant qu’elle n’ait pu prononcer le moindre mot, j’érige un dôme protecteur autour de moi. Neeve écarquille les yeux, ébahie.
— Ne le prends pas comme ça, Sixt. C’est pour ton bien.
— Pour mon bien ? Qu’est-ce que tu sais de ce qui est bien pour moi ? Tu n’es même pas capable de le savoir pour toi !
— J’étais obligée, tente-t-elle de se justifier.
— De quoi ? Tu m’as abandonnée et maintenant, tu veux te débarrasser de moi ?
— Jamais ! Tu es mon amie, je veux t’épargner le pire.
— Le pire, c’est d’avoir été abandonnée par ma meilleure amie après avoir perdu Eli !
Dans ma tête, c’est la confusion. Alors que je devrais lui en vouloir de m’avoir trahie et vendue à son fan club de cabots et de sorciers en tout genre, je n’ai qu’une obsession : la ramener auprès de moi.
— Reviens avec moi, Neeve. S’il te plaît…
Pour un peu, je la supplierais.
— Je te transformerai une nouvelle fois. Et nous pourrons achever ce que nous avons commencé, cette réforme des vampires, cet élan de tolérance entre les espèces, le Magic Blood…
— Je ne peux pas… se désole-t-elle d’une voix étouffée par l’émotion.
— Tu seras mieux avec moi qu’avec ces traîtres ! Tu le sais aussi bien que moi !
Au moment où je finis ma phrase, Drake atterrit devant Neeve comme s’il venait de sauter depuis le toit. Il la saisit à la gorge et la soulève sans effort.
— Hors de question qu’elle revienne ! rage-t-il en plongeant son regard rougeoyant dans le mien.
Neeve se débat au bout de son bras en déployant toute sa force de louve sans parvenir à lui échapper.
Il va la tuer !
Je ne peux m’y résigner même si la contradiction s’est emparée de mon être et que je ne sais plus vraiment à qui ni à quoi prêter allégeance. Je refuse de choisir entre Neeve et Drake, alors qu’il est évident que ces deux-là sont irréconciliables et ne pourront appartenir à ma vie de manière simultanée.
D’un geste de la main, je tente de lui faire relâcher son étreinte meurtrière, mais mon geste demeure sans effet. Pourquoi mes dons de sorcière n’agissent-ils pas sur lui comme sur les autres ? J’ai beau me concentrer pour le repousser, ses doigts restent cramponnés à la gorge de Neeve qui suffoque tout en battant des pieds dans le vide.
Pourquoi Drake réagit-il avec autant de violence ? Même s’il n’a jamais porté Neeve dans son cœur, il semblait heureux pour moi quand nous nous sommes retrouvées. Il a toujours fait les efforts nécessaires pour une cohabitation sereine malgré ses convictions d’un autre âge. Alors, pourquoi ce revirement radical ?
Je m’interpose plus franchement et parviens, dans un élan désespéré, à extirper Neeve des mains de mon compagnon qui me fixe, hors de lui, prêt à réitérer son offensive contre mon amie.
— Drake, arrête ! supplié-je cette fois pour de bon, incapable de lui imposer ma volonté. Pourquoi fais-tu cela ?
— Je ne supporte plus de la voir graviter autour de toi.
— Pourquoi ? me contenté-je de répéter en sanglotant malgré mon désir de ne rien laisser paraître de la torture qui me broie les entrailles.
— T’as toujours pas compris ? lâche-t-il avant de planter son regard perçant dans le mien. Alors il est temps que tu saches qui est ton vrai maître.
Qu’est-ce qu’il raconte ? Il n’y a jamais eu de maître et que je sache, c’est moi qui ai vaincu le jour, pas lui, et ce en dépit de ses siècles d’expérience !
— Parce que malgré ta puissance, Sixtine…
La manière qu’il a de prononcer mon nom me fait frissonner. Il n’est plus l’amant attentionné et passionné que je connais. Son ton n’est plus seulement bestial, il devient impérieux et violent. Possessif.
— Je demeure plus fort que toi !
— Comment ? Même Elyris a abdiqué ! Ta reine !
— Elyris n’a pas abdiqué, me corrige-t-il. Elle est certes plus âgée que moi, mais je dispose d’une emprise sur toi dont elle n’a jamais pu se prévaloir.
Une emprise ?
Ses mots me font trembler de plus belle, la peur qui s’insinue en moi galope le long de mon échine. Se pourrait-il qu’il me contrôle comme il le ferait avec une marionnette ? Pourquoi serait-il le seul à exercer ce pouvoir, dans ce cas ? Pourquoi est-il capable de s’affranchir de ma puissance et de m’imposer sa volonté ? Pourquoi m’a-t-il laissée croire le contraire ? Et surtout, pourquoi ne le démontre-t-il que maintenant ?
— Non seulement je dispose de siècles d’expériences, ma colombe, mais l’essentiel tient en quelques mots : je suis ton créateur.
Et ? Ce simple fait suffit-il à m’asservir pour le reste de mon existence ? Dois-je me résigner et accepter qu’il abuse de ce pouvoir pour m’imposer sa volonté et me séparer de la seule amie qu’il me reste ?
Jamais. Jamais je ne me soumettrai à lui ou à quiconque !
Je me redresse et m’apprête à m’élancer, mais avant que je n’aie esquissé le moindre geste, il se place face à moi et saisit mes poignets avec tant de fermeté qu’il manque de les briser. Son regard enflammé me fixe, me toise, me fait ployer. Au fond de ses prunelles se révèle son emprise. J’ai à peine le temps de la cerner qu’elle s’exerce sur moi comme un revers violent.
D’un coup, Drake se détourne. Neeve lui a sauté dessus et s’est accrochée à son cou. Dans son sang, je sens les reliquats du mien pulser. Elle est encore un peu comme moi malgré tous ces changements, ce qui lui confère une rapidité exceptionnelle. Déchaînée, elle laboure le visage de Drake de ses ongles acérés – dorénavant devenus des griffes – en rugissant telle une bête fauve.
— Sixt, c’est lui qui a tué Robin ! C’est lui ! me crie-t-elle. Assassin ! Tu n’es qu’un meurtrier sanguinaire !
Une émotion désagréable entrave soudain ma gorge. Drake enserre de nouveau celle de Neeve et y presse ses pouces pour l’étouffer. Les yeux vont lui sortir des orbites s’il ne cesse pas !
Robin…
Son regard boréal filtre devant mes yeux et m’éloigne quelques secondes du tumulte de cette lutte jouée d’avance. Lui ne m’avait rien promis, mais il ne me contraignait pas non plus. Il m’aimait. Il m’avait assuré ce que j’avais de plus cher : mon libre arbitre.
Oublie-le…
Bien que cette voix dans ma tête ne soit pas la mienne.
Oublie ce qu’il t’a dit !
D’où proviennent ces ordres ? Jamais je n’oublierai Robin ! Jamais !
Ne lutte plus, ma colombe. Tu es à moi, à présent !
J’ai beau m’accrocher de toutes mes forces aux quelques souvenirs qu’il me reste de Robin, ils s’estompent peu à peu. Je les vois se dissiper, soufflés par une tempête véhémente. Je m’y agrippe, mes yeux arrimés à ceux de mon loup, verts comme l’espoir qui m’habite. D’un coup, le vent balaie mes songes. Je le fixe encore… Qu’est-ce que je fixe déjà ?
Tiens, j’ai eu une absence ou quoi ? Qu’est-ce que je fous ?
Je reviens soudain à moi quand un fracas assourdissant me révèle qu’en chutant, Neeve a éclaté l’abribus.
Mon amie est en difficulté.
Je fonds sur Drake pour porter secours à Neeve, mais d’un coup imparable, il nous projette simultanément en arrière. Si sa puissance tient à notre généalogie, tous les pouvoirs cumulés de vampire et de louve de Neeve n’y feront rien. Si moi je suis soumise à Drake du simple fait d’être née de sa volonté, elle est en partie le fruit de la mienne et c’est moi qui assure sur elle un ascendant.
En toute logique, Drake aussi.
Même en associant nos aptitudes et nos dons, les dés sont jetés : nous ne sommes pas de taille à lutter…
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