Le Collier de Saphirs
Chapitre 18
Alexandra s’était répété mentalement la tirade indignée qu’elle avait l’intention d’assener à James au sujet de cet ami qu’il portait en si haute estime. Mais quand il se présenta à La Roseraie, visiblement inquiet, elle oublia toutes ses résolutions et se jeta dans ses bras.
— Je suis vraiment navré, fit-il en la serrant contre lui.
— On ne peut pas dire que tu ne m’as pas mise en garde, répondit-elle en se forçant à sourire.
— J’espérais du fond du cœur que cela marcherait.
— Moi aussi, soupira-t-elle, s’écartant à contrecœur. Merci d’être venu, James. Je ne me sentais vraiment pas le courage d’aller seule au gala.
— Je ne te lâcherai pas d’une semelle, promit-il.
— Je me disais que...
— Oui?
— Tu pourrais peut-être me tenir par la main ?
— Tes désirs sont des ordres. Souhaites-tu me parler du salaud qui t’a laissée tomber ?
— Non, James. Ce n’est pas la peine.
James tint parole. Il ne lâcha pas la main d’Alexandra de toute la soirée. Son contact permit à la jeune femme de trouver la force d’affronter la foule de gens célèbres qui l’attendaient au gala, et elle sentit même son énergie renaître au fil des danses, son corps et celui de James s’harmonisant avec une grâce presque intime.
— James, Alexandra ! Bonsoir !
Au beau milieu d’un slow, la voix d’Hillary leur fit tourner la tête. Alexandra se sentit aussitôt vidée de toute assurance. À quelques pas, sa rivale dansait dans les bras de Robert. Elle trouva néanmoins la force de s’approcher au bras de James pour les saluer. Et miraculeusement, lorsqu’elle prit la parole, sa voix avait un ton enjoué.
— Quelle surprise de te voir ici, Hillary ! s’exclama-t-elle avec un sourire courtois avant de se tourner vers son mari. Bonsoir, Robert.
— Bonsoir, répondit celui-ci, de marbre. Salut, James.
— Je suis ravie que vous ayez enfin pu vous libérer pour ce gala, remarqua Alexandra.
— Nous de même, rétorqua Hillary. C’est un plaisir de vous revoir, James. Pensez-vous toujours rejoindre vos parents sur l’île aux Arcs-en-ciel pour les vacances de Noël?
— Plus que jamais. Je pars pour Paris demain, et notre départ de Nice en bateau est prévu pour mardi.
— C’est merveilleux, murmura Hillary. Et vous, Alexandra ? Serez-vous de la fête ?
— Non. Je n’ai que cinq jours de congé, et je compte bien passer Noël en famille, à Topeka.
— Comme c’est charmant ! N’omettez pas d’embrasser Arthur et Marion de notre part, James, et aussi de rappeler à la princesse Natalie de Castiglia à quel point je suis ravie de ma bague de fiançailles.
Hillary était sûre de sa victoire quand elle reprit avec Robert la route d’Arlington à la fin de la soirée. Son absurde liaison avec Alexandra était terminée. Elle avait gagné, même si Robert, lui, arborait la mine défaite de quelqu’un qui vient de tout perdre. Mais son dépit finirait par se dissiper.
— Robert ?
Perdu dans ses sombres pensées, il mit un temps infini à se tourner vers elle.
— Tu souffres, Robert, et ce n’est pas ce que je veux. Si l’idée de ne plus la voir pendant cinq mois t’est à ce point insupportable, sache que mon père et moi survivrons si tu n’y arrives pas.
— Ce n’est plus un problème.
— Vraiment ?
— Non. Tout est fini entre elle et moi.
— C’était Robert, n’est-ce pas ? interrogea James, le regard noir de colère, en raccompagnant Alexandra vers La Roseraie peu avant minuit.
— Qu’est-ce qui te fait penser une chose pareille ?
— Ne joue pas au plus fin avec moi, Alexandra.
— Cela sautait donc aux yeux à ce point ?
— Disons que je n’ai jamais senti la température d’une main dégringoler aussi vite. Ce petit prodige s’est produit à l’instant précis où tu t’es aperçue de sa présence. Sans parler de tes ongles, qui se sont enfoncés dans ma paume comme s’ils cherchaient à la transpercer...
— Je te demande pardon.
— Tu aurais pu me le dire plus tôt.
— Je craignais que tu ne me désapprouves.
— Etant donné tes sentiments pour Hillary, j’aurais pu en effet m’interroger sur tes motifs.
— Je n’ai pas eu besoin de motifs. Je suis tombée amoureuse de lui, un point c’est tout.
— Et tu l’es toujours.
— Oui, James, je le suis toujours.
James lui fit chauffer du lait pendant qu’elle prenait une douche et enfilait une chemise de nuit. Après l’avoir regardée boire son lait, il l’aida à se mettre au lit et refusa doucement son invitation à l’y rejoindre, conscient qu’elle n’était dictée que par sa solitude et son désespoir.
Dès qu’elle eut sombré dans le sommeil, il repartit pour Inverness, l’esprit agité. Elle lui avait caché son amour pour Robert par crainte de sa réprobation. Mais elle, était-elle en mesure d’approuver l’amour qu’il ressentait pour sa sœur ? Il était sans doute trop tôt. Le moment venu, il saurait bien trouver les mots qu’il fallait pour la rassurer sur la sincérité de ses sentiments. Pour l’heure, et aussi longtemps que Catherine le désirerait, leur passion demeurerait secrète.
Comme promis, il lui téléphona dès son arrivée à Inverness.
— Je te réveille, mon amour ?
— Non, je répétais. Comment s’est passé le gala ?
— Bien. Je suis heureux de savoir qu’Alexandra et toi serez réunies pour Noël. Elle a grand besoin d’être entourée.
Seul le silence lui répondit.
— Catherine... Sais-tu ce dont moi j’ai besoin?
— Non. Si tu me le disais ?
— J’ai besoin de profiter avec toi de chaque minute qui s’écoulera entre mon arrivée chez toi, demain matin, et le moment où je te mettrai dans l’avion pour Topeka, mardi après-midi.
— Mais... Et ton vol ?
— À Paris, il est déjà l’heure du petit déjeuner. Je crois que je vais appeler mes parents pour leur dire que je ne les rejoindrai que mercredi, sur l’île, au lieu de faire le voyage en bateau avec eux depuis Nice.
— Ne crois-tu pas qu’ils seront déçus ?
— Non.
S’ils connaissaient la raison de son retard, songea-t-il avec un vague sourire, ses parents seraient au contraire ravis.
— Joyeux Noël, mon amour, dit James en tendant à Catherine une petite boîte enveloppée d’un très beau papier aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Catherine le déplia soigneusement, sans se douter un instant qu’il était la marque distinctive de la maison Castiglia. Elle laissa échapper un petit cri d’admiration en découvrant à l’intérieur d’un écrin deux saphirs d’une grande pureté montés en boucles d’oreilles, de la couleur exacte de ses yeux.
— James, c’est somptueux...
Le regard de James quitta les boucles d’oreilles pour se noyer dans les prunelles de Catherine, et il vit aussitôt que les recherches dont il avait chargé le joaillier de la maison Castiglia n’avaient pas été vaines : les pierres s’harmonisaient miraculeusement à l’éclat rare de ses yeux.
— Elles sont magnifiques, reprit-elle, le souffle coupé. Merci, James.
Après avoir reposé l’écrin de velours sur la table, elle attrapa le paquet qu’elle avait préparé et le lui tendit.
— Joyeux Noël à toi aussi. Mon cadeau est loin d’être aussi beau que le tien, mais...
James ne fut pas du même avis en dépliant l’écharpe qu’elle avait tricotée de ses mains de virtuose. Ses motifs de couleurs, à la trame extrêmement complexe, représentaient une scène très familière : il reconnut aussitôt Vent de Nuit, glissant sur une mer baignée d’argent par la pleine lune.
— C’est magnifique, murmura-t-il, ébahi.
— Elle te plaît ?
— Bien sûr. En revanche, j’ai l’impression que ces boucles d’oreilles te laissent perplexe. Elles peuvent être échangées. Si tu veux, je les rapporterai à la bijouterie dès demain.
— Non, surtout pas. Simplement, je... Écoute, James, je crois que le moment est venu de te dire certaines choses sur... Alexandra et moi.
— Je t’écoute, dit-il, en la prenant dans ses bras.
— Il faut d’abord que j’aille chercher quelque chose dans ma chambre.
Resté seul dans le salon, James se disait que la version de Catherine concernant l’histoire des sœurs Taylor ne devait pas comporter de grandes surprises. Et pourtant, quand Catherine revint dans le salon et, d’une main tremblante, disposa un éblouissant collier de saphirs autour de l’écrin qui contenait les boucles, il ne put que la regarder d’un air abasourdi. Tous ces joyaux semblaient former une parure, comme s’ils avaient été faits pour être portés ensemble, faits pour Catherine.
— Ce collier a appartenu à ma mère, expliqua-t-elle. Je ne l’ai jamais connue. Elle m’a abandonnée sept jours après ma naissance, avec ce collier. Alexandra n’est pas ma sœur.
Au cours des heures qui suivirent, elle lui exposa en détail les sentiments complexes qui la déchiraient depuis qu’elle connaissait la vérité.
— Je n’ai plus revu mes parents depuis, finit-elle par avouer.
— Ce sera chose faite dans deux jours. T’y sens-tu prête ?
— J’ai un peu peur, mais je suis surtout très impatiente.
— Ils t’adorent, la rassura James. Et Alexandra aussi.
— Je l’espère... Cela dit, je crois qu’il est trop tôt pour dire la vérité à Alexandra.
James hocha la tête en silence. Il savait que cette nouvelle ne changerait rien aux sentiments d’Alexandra pour sa sœur, mais elle était si vulnérable en ce moment qu’elle risquait de l’interpréter comme la perte d’un autre être cher.
— Je suis tellement heureux que tu m’aies fait confiance.
— Tu croyais savoir qui j’étais, et maintenant...
— Je sais qui tu es, Catherine. Je l’ai toujours su. Tu es la femme que j’aime.
— James...
Leurs lèvres se rejoignirent, comme elles devaient le faire bien d’autres fois tout au long de cet après-midi neigeux.
— Demain, j’irai rapporter ces boucles d’oreilles, lui murmura-t-il entre deux baisers.
— Non.
Elle échappa à son étreinte, retira les boucles de leur écrin et les mit.
— Je suis incapable de porter le collier, dit-elle. Mais je ne me séparerai jamais de ces boucles d’oreilles.
— Elles ne me paraissent guère adaptées à la vie de tous les jours, remarqua-t-il avec un petit sourire.
— Tu as raison.
— En revanche, j’ai pensé que tu pourrais peut-être les porter lors de tes récitals.
— Je les porterai à tous mes récitals... et aussi chaque fois que j’aurai envie de t’embrasser et de faire l’amour avec toi, souffla-t-elle en revenant se lover au creux de ses bras. Fais-moi l’amour, James.
— Catherine... Rien ne presse. Nous n’en sommes qu’à nos premiers baisers, et j’ai l’impression que je pourrais passer ma vie entière rien qu’à t’embrasser.
— Nous n’avons que deux jours devant nous, je t’aime et tu m’aimes. Pourquoi ne pas en profiter pour partager tout ce qui peut l’être ?
— Tu as peut-être raison, convint-il, ébloui par la lumière qui habitait ses yeux candides. Mais je ne voudrais surtout pas te faire de mal.
— Comment ton amour pourrait-il me faire du mal ?
Ce fut une révélation complète pour Catherine et aussi pour James, qui n’avait jamais fait l’amour avec une femme qu’il aimait. Us se découvrirent mutuellement avec une joie presque enfantine. Le corps de Catherine vibrait sous la tendre exploration de ses mains et de ses lèvres ; et elle lui donna tout ce qu’elle avait à lui donner, sans rien dissimuler de son corps d’albâtre, sans honte de son désir.
Quand tous deux furent proches de la jouissance, ils se chuchotèrent leur amour encore plus fougueusement, avant de sombrer dans l’extase. Puis ce fut le silence. Pendant un temps infini, ni l’un ni l’autre ne bougea ni ne parla ; ils se contentèrent, le souffle coupé, de se communiquer leur bonheur par des regards émerveillés.
Pendant deux jours et deux nuits, ils s’aimèrent et bâtirent toutes sortes de projets merveilleux. Ils étudièrent étape par étape l’itinéraire de la tournée de Catherine, décidant pour chaque ville du restaurant où ils dîneraient, des visites et des promenades qu’ils feraient main dans la main. Il semblait à Catherine qu’il avait l’intention de la suivre partout, de la retrouver presque chaque semaine ; et quand elle le lui fit remarquer d’un ton espiègle, il jura que c’était effectivement son intention.
— Je pourrais même cesser de travailler, suggéra-t-il, pour me transformer en « groupie » de Catherine Taylor. Cela dit, la seule fois où je t’ai vue jouer, j’ai eu l’impression que ma présence te perturbait.
— C’est vrai.
— Crois-tu que ce serait encore le cas ?
— Je l’ignore. Veux-tu faire l’expérience ?
Elle s’assit au piano et lui joua la Sonate en Ut Majeur de Mozart, qu’elle devait exécuter le soir du Réveillon à San Francisco. En l’écoutant, James prit conscience de la vraie dimension de son extraordinaire talent. Il était en train de se laisser entraîner dans une délicieuse rêverie, quand Catherine cessa tout à coup de jouer et referma le couvercle du clavier.
— On dirait que ma présence continue à te troubler, dit-il.
— Ce ne sera pas le cas dans une salle de concert. Mais je suis ici à jouer, et toi à m’écouter, et j’ai le sentiment que nous avons mieux à faire.
En quittant le piano pour se blottir dans ses bras, Catherine sentit toute l’importance de son geste. Pour la première fois, elle donnait à James la priorité sur sa musique. Ce fut alors qu’elle comprit, avec une aveuglante clarté, que s’il lui fallait choisir entre la musique et lui, elle choisirait... James, pour la vie.
— Je vais acheter des croissants, annonça-t-il le mardi matin vers neuf heures. J’en profite pour étrenner mon écharpe.
Quelques minutes après son départ, le téléphone sonna.
— Allô ? Catherine Taylor ?
— C’est moi-même.
— Bonjour, Catherine. Ici Elliot Archer. Nous nous sommes rencontrés l’été dernier à Inverness.
— Je m’en souviens très bien. Comment allez-vous, Elliot ?
— Je crains d’avoir une très mauvaise nouvelle à vous annoncer. Il y a environ deux heures, une violente explosion s’est produite à bord du bateau qui conduisait les Sterling de Nice à l’île de Castiglia.
— Mon Dieu !
— Elle a sans doute été causée par une fuite dans le système d’alimentation. Quoi qu’il en soit, il est impossible que le moindre passager ait survécu. C’est Robert McAllister qui m’a suggéré de vous appeler avant de prévenir Alexandra, au cas où vous souhaiteriez être à ses côtés quand elle apprendra ce qui est arrivé à James.
— À James ?
— Les corps de Marion et d’Arthur ont déjà été retrouvés. Les plongeurs recherchent toujours celui de James, mais comme je vous l’ai déjà dit, il est impossible qu’il ait survécu.
— James n’était pas à bord, Elliot.
— Robert l’a vu samedi soir, James lui a confirmé qu’il partait le lendemain pour Paris.
— Il est à New York. Son avion pour Nice part cet après-midi.
— En êtes-vous certaine ?
— Oui.
— Grâce au ciel... Dans ce cas, il faut que je le prévienne au plus vite.
— Je m’en charge, Elliot. Il vous rappellera.
— Oh... Merci beaucoup, Catherine. Je suis à mon bureau. Il connaît mes coordonnées.
— James...
— Que se passe-t-il, mon ange ? Pourquoi cette mine lugubre ?
— Tes parents, James. Leur... leur bateau a explosé.
La stupeur figea les traits de l’avocat.
— Ils sont morts, ajouta-t-elle d’une voix blanche. Elliot vient de téléphoner. Il croyait que tu étais avec eux, et voulait que je parte pour Washington afin d’être auprès d’Alexandra quand on lui annoncerait ta disparition. Je suis navrée...
Ses yeux luisaient de larmes, et ceux de James s’embuèrent à leur tour. Depuis combien de temps n’avait-il pas pleuré ? Son premier mouvement fut de résister. Mais à quoi bon retenir ses pleurs devant celle qu’il aimait ?
James attendit plus d’une heure avant de rappeler Elliot. Les deux hommes allèrent droit au fait, gardant pour eux leurs sentiments. Après avoir passé en revue les informations dont Elliot disposait, ils évoquèrent brièvement les dispositions à prendre pour les funérailles officielles, prévues pour l’avant-veille de Noël.
— Je prendrai un avion pour Washington en fin d’après-midi, Elliot. Je vous téléphonerai dès mon arrivée.
— Pourquoi ne pars-tu pas plus tôt ? demanda Catherine après qu’il eut raccroché.
— Parce que je dois te mettre dans l’avion pour Topeka.
— Je t’accompagne à Washington.
— Non.
— Si !
— Non. Tes parents t’attendent.
Cette simple phrase suffit à déclencher en lui une nouvelle explosion de chagrin. Comme il regrettait de n’avoir pas dit à ses parents la vraie raison du report de son départ !
— Il est de la plus haute importance que tu retrouves tes parents, reprit-il d’une voix assourdie par l’émotion. Tu le sais, Catherine.
— Je peux aussi bien les rejoindre d’ici quelques jours. Tu pourrais même venir avec moi à Topeka. Mais en attendant, il n’y a qu’une seule chose qui compte, c’est que je sois près de toi.
— Tu seras toujours près de moi. Tout ce dont j’ai besoin, c’est de pouvoir toujours te joindre. Je t’appellerai chaque soir. C’est tout ce dont j’ai besoin... et je ne veux rien d’autre, ajouta-t-il avec un sourire énigmatique. Rassure-toi, je ne serai pas seul à Washington : Elliot sera là pour me remonter le moral, sans parler de Robert et de Brynne.
— Il y aura aussi Alexandra.
— Elle aussi a grand besoin de rentrer à Topeka.
— Elle ira, mais pas avant la veille de Noël.
Trois heures après avoir fait ses adieux à James, Catherine retrouvait ses parents. Elle ne les avait pas revus depuis le mois de mai, mais leur souvenir restait aussi net dans sa mémoire que si elle les avait quittés la veille. Et cependant, au premier coup d’œil, ils lui parurent changés, presque... usés.
Pouvaient-ils avoir vieilli à ce point en si peu de temps ? En s’approchant, elle comprit qu’il ne s’agissait pas de cela. S’ils paraissaient différents, c’était à cause de l’incertitude qui voilait leurs regards. Sitôt qu’elle l’eut compris, elle courut jusqu’à eux et se jeta dans les bras de Jane, puis dans ceux d’Alexander, gommant d’un seul geste l’abîme qui s’était creusé entre eux depuis le printemps.
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