Le Collier de Saphirs

Katherine Stone · Chapitre 31 sur 34

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Le Collier de Saphirs

Chapitre 30

 

Robert et Alexandra devinrent mari et femme le jour de Noël, à l’hôpital. Si leurs sœurs et les parents d’Alexandra assistèrent au mariage, James ne vint pas. Naturellement invité, il avait préféré garder ses distances. Après avoir navigué jusqu’au crépuscule, il passa le soir de Noël seul à Inverness. Il navigua de nouveau la journée suivante, puis travailla presque toute la nuit à la rédaction de son rapport, qu’il apporta au bureau d’Elliot le 27 au matin.

— Je ne vous attendais pas si tôt, dit Elliot. Dois-je en conclure qu’Alexandra récupère plus vite que prévu ?

— En effet. Elle quitte l’hôpital aujourd’hui.

— Sa famille est-elle encore auprès d’elle ?

James secoua la tête.

— Ils sont tous repartis hier : ses parents pour Topeka, Catherine pour l’île.

— Pour File... répéta Elliot, rêveur.

James l’observa un long moment en silence.

— Il y a quelque chose entre l’île et vous.

— C’est vrai, admit l’homme de l’ombre, songeant que le moment était sans doute venu de dire la vérité à celui qu’il voyait lui ressembler un peu plus chaque jour. C’est une très vieille histoire, qui remonte à trente-deux ans. À l’époque, j’étais étudiant en philosophie. J’avais obtenu une bourse pour préparer mon doctorat à Oxford et je n’aspirais qu’à mener la vie paisible d’un universitaire. Pendant mes vacances d’été, je me suis rendu sur l’île, où j’ai rencontré Geneviève, la première femme de Gilles de Castiglia. Nous sommes tombés amoureux. Gilles était alors en exil dans le sud de la France. Après l’avoir quitté, Geneviève s’était réfugiée sur l’île parce qu’elle savait justement qu’il ne pourrait l’y suivre.

— Et on lui y a donné asile ?

— Bien sûr. Le prince Alexandre et sa femme Isabelle l’ont accueillie à bras ouverts, tout comme moi. C’est dans ce havre de paix que notre amour est né. Geneviève et moi n’avons passé que trois semaines ensemble, mais elles nous ont suffi pour comprendre que nous étions faits l’un pour l’autre. Nous avons décidé que je rentrerais seul en Angleterre, et que Geneviève viendrait m’y rejoindre dès qu’elle aurait réglé les détails de son divorce avec l’aide du prince Alexandre. Mais très peu de temps après mon départ de nie, elle a découvert qu’elle était enceinte de Gilles. Elle portait l’héritier qu’il voulait à tout prix avoir. Elle a donc choisi de retourner vivre avec lui provisoirement, persuadée qu’il lui rendrait sa liberté après la naissance de l’enfant. J’étais bien naïf à l’époque... Alexandre lui-même a sous-estimé la cruauté de son frère cadet. Mais comment aurait-il pu deviner ? Après tout, Gilles n’avait encore jamais assassiné personne.

— Gilles a assassiné Geneviève ?

— La chose n’a jamais été prouvée, mais cela ne fait aucun doute. Un mois après la naissance d’Alain, Geneviève a été abattue par des tueurs près de Nice, à une trentaine de kilomètres de la villa où elle vivait avec Gilles. Alain se trouvait avec elle à ce moment-là. Je me suis toujours demandé si elle n’avait pas tenté de s’enfuir avec son enfant, incapable de se résoudre à le laisser entre les mains de ce monstre.

— C’est affreux.

Elliot acquiesça d’un air songeur et soutint le regard de James, comme pour lui faire comprendre qu’il était en train de suivre la même pente que lui : futur enseignant, n’était-il pas devenu espion? Tout à coup, il esquissa un sourire et s’efforça de changer de sujet.

— Catherine doit-elle donner un concert sur l’île ?

— Non. Elle s’apprête à épouser Alain de Castiglia.

James s’attendait à voir Elliot réagir, mais le sourire de ce dernier ne fit que s’élargir.

— Voilà qui me paraît assez logique.

— Logique ? répéta James, stupéfait. Qu’entendez-vous par là ?

— Catherine ressemble à s’y méprendre à Isabelle de Castiglia.

— La femme du défunt prince Alexandre ? demanda James, de plus en plus dérouté.

— Oui.

— Je me rappelle vous avoir entendu dire, à Damas, que Gilles avait pu revenir sur l’île parce qu’Alexandre ne laissait aucun héritier. À quelle date son retour a-t-il eu lieu ? Quand Gilles est-il devenu le maître de la principauté ? Le savez-vous ?

— Je sais tout ce qu’il est possible de savoir sur Gilles de Castiglia. Il est devenu prince le 7 janvier 1968. Pourquoi cette question ?

James ne répondit pas immédiatement. L’idée qui venait de lui traverser l’esprit était à la limite du vraisemblable, et pourtant, si elle était fondée...

— Catherine est née la même année, au mois de mai. Sa mère était blonde et avait les yeux bleus comme elle. Elle a expliqué à Jane Taylor, en lui confiant sa fille, qu’elle serait en danger de mort si elle la gardait. Elle a également voulu lui remettre une pochette emplie de pierres précieuses, que Jane a refusée ; en revanche, elle a accepté de prendre un superbe collier de saphirs, à remettre à Catherine le jour de ses vingt et un ans. Sur le coup, Jane a eu l’impression que le père du bébé était mort, et dans la mesure où l’inconnue lui avait demandé de lui donner Alexandra comme second prénom, Jane a supposé que son père s’appelait Alexander ou Alexandre.

Au fur et à mesure que James parlait, l’expression d’Elliot s’altérait progressivement, passant du scepticisme poli au plus vif intérêt. Dès que son ami se fut tu, il prit une petite clé dans sa poche et l’inséra dans la serrure d’un tiroir latéral de son bureau. Il en sortit l’enveloppe de papier bulle fatigué qui recelait les seuls souvenirs matériels de l’amour dont la cruauté de Gilles l’avait brutalement privé : une liasse de lettres et quelques précieux clichés. Il déplia avec soin une grande et belle photographie en couleurs d’Isabelle de Castiglia, parue dans un magazine américain bien des années auparavant.

— Voici Isabelle, déclara-t-il en tendant le cliché à James. Cette photo a été prise dans les jardins du palais de Monaco, à l’occasion du mariage du prince Rainier avec Grâce Kelly.

— C’est exactement Catherine... murmura James, le souffle coupé. Et c’est le collier qu’elle a reçu pour ses vingt et un ans... Bon sang !

— Qu’y a-t-il, James ?

— L’été dernier, pendant qu’elle se produisait à Vienne, ce collier lui a été volé à son hôtel ! Plusieurs autres chambres ont été cambriolées le même soir, mais il s’agissait probablement de détourner les soupçons.

— Qui aurait pu vouloir ce collier ?

— Alain, bien sûr ! Il faut immédiatement prévenir Catherine. Elle est en danger de mort. En tant que fille unique d’Alexandre, n’est-elle pas la seule héritière légitime de File ?

— C’est exact. Mais à notre connaissance, Alexandre et Isabelle de Castiglia n’ont jamais eu d’enfant.

— N’avez-vous pas compris ? Si, Elliot, ils ont bel et bien eu un enfant, mais leur fille — Catherine — est née après la mort d’Alexandre. Isabelle a dû l’abandonner parce qu’elle savait que Gilles chercherait à l’éliminer par tous les moyens.

— Même si ce que vous dites est vrai — et un simple coup de téléphone devrait me permettre de le vérifier —, rien ne prouve qu’Alain connaisse la véritable identité de Catherine.

— Alain sait tout. Catherine m’a dit elle-même qu’elle n’avait aucun secret pour lui. Elle le croit sincère, mais il n’a fait que lui mentir depuis le début. Il sait parfaitement qu’ils sont cousins. Pourquoi ne le lui dit-il pas ?

— À vous croire, c’est un homme extrêmement machiavélique.

— Comme son père ! Auriez-vous oublié qu’Alain est le fils de Gilles de Castiglia, l’assassin de la femme que vous aimiez ? Cela dit, je comprends votre réticence à l’admettre car après tout, Alain est aussi le fils de Geneviève.

— Vous avez peut-être raison, admit Elliot. Mais sachez que je me suis toujours gardé de prendre la moindre décision en ce qui concerne Alain de Castiglia. Je suis volontairement resté à l’écart des investigations dont il a fait l’objet. C’est vrai, j’ai toujours espéré plus ou moins consciemment qu’Alain tenait plus de sa mère que de son père, et je tiens à préciser que les faits n’ont jamais démenti mes espoirs.

— Jusqu’à maintenant.

Elliot resta silencieux. Il se contenta de composer un numéro d’appel international qu’il connaissait par cœur : celui d’Interpol. Après une rapide conversation, suivie d’une courte attente, il griffonna sur un coin de feuille les coordonnées téléphoniques d’un château situé au bord de la Loire.

 

Chaque année, les deux enfants et les cinq petits-enfants de Philippe passaient les vacances de Noël au château. Quand le téléphone sonna, tout ce joli monde était réuni dans la cuisine, aidant Isabelle à préparer le déjeuner.

Philippe répondit à l’appel dans son bureau. Isabelle lui ayant plus d’une fois raconté l’idylle de Geneviève et d’Elliot, il n’eut aucune peine à identifier son interlocuteur. La gravité du ton d’Elliot incita Philippe à se hâter vers la cuisine, où il pénétra avec un sourire discret, pour faire signe à sa femme de le suivre. Ce ne fut qu’à l’approche du bureau qu’il mentionna le nom de celui qui souhaitait lui parler.

— Elliot Archer ? répéta-t-elle, interloquée.

Tant d’années avaient passé ! Combien au juste? La réponse était facile : Elliot lui avait téléphoné à la fin décembre, peu avant la mort d’Alexandre, pour l’assurer de sa sympathie. Elle avait alors failli lui avouer qu’elle était enceinte, et peut-être l’aurait-elle fait si elle avait pu se douter de ce qui l’attendait. Et voici qu’Elliot Archer refaisait tout à coup surface, précisément vingt-deux ans plus tard...

Elle porta l’appareil à son oreille.

— Allô, Elliot ? lâcha-t-elle d’une voix qui tremblait à peine.

— Bonjour, Isabelle. Avant toute chose, j’ai une question à vous poser. Je préfère m’en débarrasser d’emblée. Si la réponse est non, nous parlerons d’autre chose.

— De quoi s’agit-il ?

— J’ai besoin de savoir si Alexandre et vous avez eu une fille.

— Mon Dieu, Elliot ! L’avez-vous retrouvée ? Où est-elle ?

— L’avez-vous confiée à une inconnue dans un hôpital de Kansas City ? Lui avez-vous donné votre collier de saphirs ?

— Oui... oui ! Où est-elle, Elliot? Comment va-t-elle? Dites-le-moi !

— Elle va bien. Elle vous ressemble beaucoup.

— Il faut que je la voie !

— Vous la verrez. Je vous rappelle d’ici une heure.

Après avoir raccroché, Elliot maintint les yeux fixés sur l’appareil pendant de longues secondes avant de les lever vers James.

— Vous aviez raison. Catherine est l’héritière légitime de la principauté. J’avoue ne plus savoir que faire.

— Il faut absolument l’arracher aux griffes d’Alain !

— Pour le moment, nous n’avons rien contre lui. L’affaire du collier volé ne prouve pas grand-chose. J’ajoute qu’épouser une cousine germaine n’est pas un crime, surtout si Alain n’a aucune idée de la parenté qui l’unit à Catherine.

— Il sait tout !

— Rien ne prouve qu’il ait de mauvaises intentions, ni que Catherine soit en danger, et...

Elliot s’interrompit, soudain effleuré par un autre fantôme de l’île, lui aussi resurgi des profondeurs du passé.

— Qu’y a-t-il, Elliot ?

— Je pensais à l’accident d’Alexandra.

— Expliquez-vous !

— J’ai eu l’impression que le lieutenant Baker, au cours d’une interview télévisée, n’écartait pas l’hypothèse d’un sabotage.

— C’est bien naturel : rien n’indique qu’Alexandra ait tenté de freiner ou de dévier la trajectoire de sa voiture.

— Je repense tout a coup a une certaine Monique.

— La jeune femme chargée par les services secrets français de surveiller Alain ? Celle qu’il devait épouser ?

— Oui. C’est curieux, je ne me souviens pas vous avoir parlé d’elle.

— La princesse Natalie m’a tout raconté.

— Vous a-t-elle dit comment elle était morte ?

— C’était un... accident de voiture, répondit James, pris d’un terrible pressentiment.

— Monique était une excellente conductrice, très à l’aise sur les routes sinueuses du sud de la France. On n’a jamais établi clairement ce qui lui avait fait perdre le contrôle de son véhicule. Alain la suivait dans sa voiture et a été témoin de l’accident. D’après lui, elle n’a cherché ni à freiner ni à dévier sa trajectoire avant de basculer dans le vide — comme si elle s’était évanouie au volant. La voiture était complètement détruite. Faute de preuves, la police n’a pu que conclure à un accident.

— Elliot... C’est Catherine — et non Alexandra — qui a répondu au téléphone à La Roseraie ! Son interlocuteur anonyme a fait allusion à une petite fille abandonnée à la naissance. Il pouvait aussi bien s’agir d’elle que de Katie ! C’est aussi Catherine qui conduisait la voiture d’Alexandra ce jour-là... Alain de Castiglia est un assassin ! Après avoir tué Monique, il a essayé de tuer Catherine !

Et Catherine se trouvait en ce moment dans son antre, de l’autre côté de l’Atlantique... Il n’aurait pas dû la laisser repartir. Pourquoi n’avait-il pas osé lui demander une seconde chance ?

— Servez-vous du téléphone de ma secrétaire pour nous réserver deux places sur le Concorde de cet après-midi, lâcha Elliot d’un ton apparemment calme malgré son émotion. Nous atterrirons à Nice à minuit. Dès que ce sera fait, appelez Isabelle et demandez-lui de nous retrouver à l’aéroport, mais sans lui faire part de notre intention de rallier l’île. Je ne voudrais surtout pas qu’elle cherche à s’y rendre avant nous. Depuis deux minutes, Alain est suspect de tentative de meurtre. Cela signifie que je suis en droit de mobiliser une équipe d’agents pour le surveiller. Mais n’oubliez pas, James, qu’il est seulement suspect. Nous n’avons pas l’ombre d’une preuve contre lui. Il restera innocent tant que sa culpabilité n’aura pas été démontrée.

— Je comprends. Mais vous ne tarderez pas à dénicher la preuve dont vous avez besoin : il suffit d’établir qu’Alain de Castiglia se trouvait à Washington le jour de l’accident d’Alexandra.

— Je vais charger mes services de vérifier son emploi du temps. Cela dit, si Alain était bien en Europe ce jour-là, nous nous retrouverons pratiquement à la case départ.

— Ne vous embarrassez pas trop de scrupules avec Alain de Castiglia. Je suis sûr qu’il sait tout. Pouvez-vous me promettre que Catherine ne risque rien ?

— Nous avons des hommes sur l’île, James. Nous allons tout faire pour introduire quelqu’un au palais.

Ce n’était pas une promesse, mais Elliot ne pouvait pas faire plus. Tant que l’enquête sur Alain n’aurait pas abouti, il ne leur restait qu’à prier pour que Catherine soit vigilante.

 

Sur l’insistance douce mais ferme d’Isabelle, qui lui annonça bravement qu’elle reviendrait bientôt avec sa fille, Philippe accepta de rester au château avec ses enfants et ses petits-enfants. En réalité, Isabelle nourrissait des espoirs bien plus modestes. Elle serait déjà ravie de voir sa fille, ne fût-ce que de loin, et si l’occasion lui était donnée de l’approcher d’assez près pour lire un peu de joie dans ses yeux bleus — signe qu’elle avait grandi heureuse —, elle se sentirait comblée. Cependant, si sa raison n’osait espérer davantage, son cœur, lui, s’emballait. Peut-être pourraient-elles se parler, se toucher... Peut-être, à la place de la haine tant redoutée, verrait-elle briller de l’amour dans son regard.

Quand Isabelle retrouva James Sterling vers minuit à l’aéroport de Nice, l’espérance qui gonflait son cœur redoubla. Ce bel inconnu aimait manifestement sa fille. Il allait l’aider à exaucer son vœu le plus cher.

Ce ne fut qu’après avoir pris possession de leurs suites au Bijou, sur l’île, qu’Elliot et James la mirent au fait de la menace potentielle qui pesait sur Catherine. L’ombre de Gilles avait si longtemps plané sur sa vie qu’elle n’eut aucun mal à comprendre ce qui se passait. Isabelle lutta de toutes ses forces pour refouler les vagues de terreur successives qui déferlaient sur son cœur.

L’appel qu’ils attendaient tous avec anxiété arriva enfin. Après avoir raccroché, Elliot se tourna vers James et Isabelle et leur apprit une nouvelle qui les laissa pantois.

— Après avoir passé toute la journée à Versailles, Alain n’a pas quitté sa suite du Ritz de la soirée. Les témoins ne manquent pas. Il n’y a donc aucun doute : le prince n’était pas à Washington le jour de l’accident d’Alexandra.

— Soit, lâcha James d’un ton neutre. Il se peut qu’il ait chargé quelqu’un d’effectuer la sale besogne à sa place. Cela dit, en attendant, nous voilà bien embarrassés... Qu’à cela ne tienne, ajouta-t-il en se levant. Je trouverai bien un moyen.

— Que faites-vous ? Auriez-vous l’intention de vous rendre au palais ?

— Bien sûr, répliqua James.

Après avoir soutenu un instant le regard d’Elliot, il se tourna vers Isabelle, un vague sourire aux lèvres.

— Je vais prévenir Catherine de votre présence. Elle reviendra avec moi.

— James... Merci mille fois !

— Ne vaudrait-il pas mieux attendre encore un peu ? suggéra Elliot, sans grande conviction.

— Dans la mesure où Alain est lavé de tout soupçon, je ne risque plus rien, non ?

— Certes, mais j’ai néanmoins chargé mes hommes de récolter deux ou trois autres renseignements. Je devrais être fixé d’ici une petite heure.

— Vous me mettrez au courant dès mon retour.

— Entendu, admit Elliot avec un demi-sourire. En attendant, restez prudent.

— Je ne risque rien, vous l’avez reconnu vous-même.

 

Après avoir plaqué sur le clavier le dernier accord d’une Polonaise de Chopin, Catherine leva un regard souriant vers le prince. Il se tenait debout près de la haute fenêtre qui surplombait la crique.

— C’était sublime, mon ange.

— Merci, dit-elle en se levant pour le rejoindre. Vous semblez soucieux, Alain. Que se passe-t-il ?

— J’ai quelque chose à vous avouer à mon sujet.

— Je vous écoute.

— J’ai pensé que nous pourrions marcher jusqu’à la caverne, suggéra-t-il. Je vous parlerai en chemin. Que diriez-vous d’y aller maintenant ?

C’est là, en ce lieu où, pendant des siècles, les Castiglia ont entassé leurs trésors volés, que vous allez apprendre la vérité sur le plus grand voleur de l’histoire de l’île.

— Entendu, fit-elle en déposant un furtif baiser sur ses lèvres. Laissez-moi seulement le temps de mettre des chaussures et un chandail. Attendez-moi ici, je reviens tout de suite !

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