Le Collier de Saphirs

Katherine Stone · Chapitre 7 sur 34

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Le Collier de Saphirs

Chapitre 6

 

 

En apercevant le quart de queue Steinway qui trônait dans le salon d’Alexandra, James se décida à rompre le silence qui les accompagnait depuis leur sortie de son bureau.

— C’est nouveau, remarqua-t-il.

— J’ai pensé qu’il serait plus simple pour Cat d’avoir un piano à domicile. Cela lui évitera de devoir marcher jusqu’à Juilliard chaque fois que l’envie de jouer la démangera.

Alexandra connaissait sa sœur : elle était fort capable de traverser Manhattan à pied en pleine nuit pour trouver un piano, sans se soucier du danger.

— À mon avis, reprit-elle, les murs de cet immeuble sont assez épais pour qu’elle puisse jouer à n’importe quelle heure sans déranger personne. Cela dit, tu pourrais peut-être m’aider à m’en assurer un de ces jours en jouant quelque chose, pendant que j’irai frapper chez mes voisins sous un quelconque prétexte.

— Bien sûr... C’est très gentil de ta part d’avoir pensé à lui faire installer ce piano.

Alexandra haussa les épaules et s’approcha de l’instrument. Elle fit courir ses longs doigts sur sa surface polie, puis sur les touches d’ivoire et d’ébène.

— Je n’ai pas toujours été aussi gentille avec elle, avoua-t-elle, les yeux baissés sur le clavier.

— Je sais qu’elle compte beaucoup pour toi.

— Oui.

— Raconte-moi, Alexandra.

Il lui tendit la main, mais la jeune femme, au lieu de le rejoindre, s’assit devant le piano. La dureté du banc sur lequel Catherine aimait à passer tant d’heures la surprit. Après avoir poussé un soupir, elle entreprit de lui conter l’histoire des sœurs Taylor, à partir du triste jour où elles avaient été présentées l’une à l’autre. Sans la moindre complaisance, elle lui avoua ses mauvaises pensées et les remords qui encombraient sa mémoire.

— Cat était parfaite. Toujours calme, toujours souriante, elle avait quelque chose de tellement noble... On aurait dit une princesse ! Elle ne pleurait jamais.

— Ce n’est pas possible, objecta James en l’interrompant pour la première fois d’une voix douce. Tous les bébés pleurent.

— Pas Catherine. Je t’assure, James, qu’elle ne pleurait jamais, murmura-t-elle, nouant convulsivement les doigts de ses deux mains. Et pourtant, crois-moi, ce n’est pas faute d’avoir essayé...

— En lui disant que tu la détestais ? Elle était beaucoup trop jeune pour comprendre, Alexandra.

— Un jour, j’ai essayé de lui faire mal, physiquement, pour lui arracher des larmes. Avec le recul, je crois que je cherchais désespérément à me prouver qu’elle n’était pas parfaite.

— Comment t’y es-tu prise ? demanda James, effrayé par le voile qui venait d’assombrir les prunelles de sa compagne. Dis-le moi, Alexandra.

— Je l’ai pincée. Pas assez fort pour laisser des traces, mais cela aurait dû suffire à faire pleurer une enfant de deux ans. Mais Cat n’a pas bronché. Elle s’est contentée de lever les yeux vers moi, et ils n’exprimaient rien d’autre que la surprise et... le pardon.

Incapable de regarder James en face après ce terrible aveu, Alexandra garda les yeux rivés sur ses mains nouées. Son cœur battait très vite. S’il partait, elle n’entendrait probablement pas le bruit de ses pas sur l’épaisse moquette.

— C’est tout ? lâcha-t-il à mi-voix.

— N’est-ce pas assez ? répliqua-t-elle, redressant le menton. N’est-ce pas une belle preuve de cruauté ?

— Je n’y vois que la preuve d’une jalousie très courante chez les enfants, et le plus souvent bénigne. Il faudra que tu trouves mieux, Alexandra, pour me convaincre que tu étais une petite fille sadique.

— Il n’y a rien d’autre. Ensuite, je me suis contentée de l’ignorer.

— En a-t-elle souffert ?

— J’en doute. Pourquoi en aurait-elle souffert ? Sa musique et l’amour de nos parents suffisaient amplement à la combler de bonheur.

— Bien. Donc, à une certaine époque, tu as été jalouse de ta sœur. Toi aussi, ne l’oublie pas, tu n’étais qu’une enfant. Tout cela est très naturel. Je dirai même que j’ai l’impression qu’il s’agit d’une vieille histoire, enterrée depuis longtemps. Quand tu me parles de Catherine, il n’y a ni haine ni jalousie dans ta voix. J’y sens plutôt de la fierté et... une forte dose d’affection.

— Je suis fière de ma sœur, c’est vrai, et j’ai beaucoup d’affection pour elle... bien que nous nous connaissions très peu.

— Ce qui veut dire qu’à un certain moment, quelque chose vous a rapprochées.

— Si l’on veut.

— Quoi donc ?

— Demande plutôt qui. C’est Hillary Samantha Ballinger qui a tout fait basculer.

— Tiens, tiens...

— À mon arrivée à l’Académie Ballinger, Hillary a décrété haut et fort que je n’étais digne ni d’elle ni de son école.

— Je vois.

Depuis son mariage avec Robert, Hillary avait appris à dissimuler son dédain. Mais James n’avait aucune peine à l’imaginer en adolescente hautaine et arrogante, incapable de contenir le mépris teinté d’envie qu’elle éprouvait pour une fille du Kansas à la flamboyante beauté.

— Je n’ai pas trouvé grâce aux yeux d’Hillary. Mais ses amis, eux, m’ont jugée tout à fait acceptable, y compris son petit ami en titre.

— Tu lui as soufflé son petit ami ?

— Il est venu à moi de son plein gré, je dirais même : avec enthousiasme.

— As-tu été satisfaite de ses services ?

— Pas vraiment. Avant moi, il s’était entiché d’Hillary, ce qui suffisait à prouver à quel point son goût était douteux.

— C’était donc un simple jeu.

— Non. C’était la guerre.

Alexandra lui conta ce qui s’était produit en ce fameux après-midi d’avril, devant le stade de polo.

— Hillary t’a traitée de « petite traînée » ? répéta James, éberlué.

— Oui. Et c’est alors que Cat a volé à mon secours.

— Qu’as-tu fait ?

— J’ai serré dans mes bras ma petite sœur, ce que j’avais refusé de faire depuis dix ans, et nous sommes rentrées chez nous.

James sourit.

— Que dirais-tu si je te serrais dans mes bras, moi aussi ? suggéra-t-il en s’avançant.

Elle se lova contre lui, soulagée de sentir qu’il voulait encore d’elle malgré ses aveux. James l’enlaça et déposa des baisers sur son front et ses tempes.

— C’est dans ces circonstances que ta sœur et toi vous êtes réconciliées ?

— Je ne sais pas, soupira Alexandra. Disons qu’un embryon d’affection est né entre nous ce jour-là. Six semaines plus tard, je m’installais à New York et, depuis, nous avons passé très peu de temps ensemble — si ce n’est pour Noël et pendant les vacances. Chaque fois que nous nous retrouvions, nos vies respectives avaient tellement évolué que nous avions à peine le temps d’assimiler tous ces changements. Au cours de ces huit années, Cat est devenue une femme. Quant à moi...

— Tu es devenue une vedette. Ta sœur est peut-être un peu intimidée.

— Je ne vois pas pourquoi elle le serait. D’ores et déjà, sa réussite est plus éclatante que la mienne.

— Comment peux-tu dire une chose pareille ?

— C’est la pure vérité ! Mon succès est certes plus visible, mais je crois t’avoir déjà parlé des grands concours qu’elle a remportés, de sa prochaine tournée de concerts, de son album... Elle a mille fois plus de mérite que moi; mais cela dit, tu as sans doute raison sur un point : il se peut que ma célébrité ait gêné nos relations. Quand je retourne à Topeka, une foule de gens défilent à la maison pour me voir. Et chaque fois que je suis allée rendre visite à Cat à Oberlin, ses camarades de classe passaient leur temps à se bousculer à la porte de sa chambre pour me faire signer des autographes.

— Tandis qu’à New York, les vedettes jouissent d’un certain anonymat... Est-ce pour cela que tu attends beaucoup de sa venue ?

— C’est surtout parce que pour la première fois, j’ai l’impression qu’elle et moi avons le même âge. Entre deux enfants, six ans de différence c’est énorme. À présent, nous sommes toutes les deux adultes, loin de notre famille, à nous battre pour réussir chacune dans notre domaine. Je sais bien que je passerai le plus clair de mon temps à Washington, à cause du tournage de Pennsylvania Avenue, mais j’espère que nous ferons le maximum pour nous voir le plus souvent possible. Le dimanche, je pourrais sauter dans un avion pour venir déjeuner avec elle à New York, au Plaza ou ailleurs ; et de son côté, elle pourrait venir passer certains week-ends à La Roseraie. Evidemment, conclut-elle en haussant les épaules, tout cela n’est peut-être rien d’autre qu’un vœu pieux.

— En tout cas, ta sœur le partage visiblement.

— Ce n’est pas sûr. Cat est obligée de venir passer six mois à New York, et il est logique qu’elle profite de mon appartement vide pendant son séjour. C’est tout.

— Elle aura vraiment vingt et un ans samedi ?

— Oui.

— Comptes-tu lui rendre visite à Oberlin ?

— Non, répondit Alexandra, une ombre de tristesse dans le regard. Mes parents, eux, y vont. Mais quand j’ai proposé à ma mère de les rejoindre pour le dîner, j’ai eu l’impression très nette que ma présence n’était pas souhaitée... Cela dit, je ne voudrais pas sombrer dans la paranoïa.

— Méfions-nous des interprétations hâtives. Si tu veux, nous pourrions sortir tous les deux samedi soir, pour célébrer à notre manière, en tête à tête, l’anniversaire de ta sœur. Par ailleurs, ajouta-t-il en l’embrassant sur le bout du nez, j’ai bien envie d’annuler ce dîner de demain avec Robert et Hillary.

— Vraiment ?

— Oui. Tu m’as beaucoup manqué, chérie.

— Toi aussi.

— N’est-ce pas toi qui as fait tout à l’heure allusion à une fusion-acquisition ? À moins qu’il ne s’agisse d’une prise de contrôle en douceur ?

Tandis que James l’entraînait vers la chambre où, elle le savait, ses mains expertes n’allaient pas tarder à courir sur son corps pour la déshabiller lentement, Alexandra comprit que si James lui avait tant manqué, ce n’était pas seulement pour leur passion physique, mais aussi pour la merveilleuse complicité qui les unissait. Leur amitié s’était encore renforcée au cours des dernières heures. James l’avait écoutée ; il l’avait comprise et il avait toujours foi en elle. Peut-être, un jour, parviendrait-il à lui insuffler cette foi. Quand ils eurent franchi le seuil de la chambre, il se tourna vers elle, la prit par les hanches et attendit, le cœur battant, de voir naître et s’épanouir au fond des yeux d’Alexandra la flamme de désir qu’il connaissait si bien. Mais la jeune femme se contenta de froncer les sourcils d’un air anxieux.

— Que se passe-t-il ?

— Robert est un excellent ami à toi, n’est-ce pas ?

— Oui.

— Une sorte de frère ?

— Je crois.

— Il devait bien y avoir une certaine rivalité entre vous à l’époque où Hillary est entrée en scène, non ?

— Non, fit James avec un rire sensuel. Robert et moi n’avons jamais été rivaux en quoi que ce soit. Nous sommes sortis lui premier, moi deuxième de notre promotion à Harvard, mais même ces trois années de compétition acharnée n’ont pas réussi à entamer notre amitié.

— Je m’étonne que tu aies pu supporter d’être devancé.

— Robert méritait la première place. Que sais-tu de lui au juste, si ce n’est qu’il est marié à Hillary ?

— Pas grand-chose. On parle beaucoup de lui à Washington, c’est un fait. Mais à cause d’Hillary, j’ai toujours fait la sourde oreille quand quelqu’un mentionnait son nom. Je sais cependant que, de l’avis général, il sera un jour Président des Etats-Unis.

— C’est vrai.

— Ce qui veut dire, je suppose, que je devrais m’informer à son sujet? fit-elle avec un sourire malicieux. Tu as peut-être raison... Qui pourrait m’en parler mieux que toi ?

Alexandra l’embrassa voluptueusement et quitta ses bras. Elle alla s’asseoir au bord du lit, et, vrillant sur James le regard avide d’un enfant qui attend son histoire préférée, elle murmura :

— Je t’écoute.

James s’installa dans un fauteuil, face au lit.

— Robert est né au fin fond de la Virginie rurale. Son père les a quittés quand il avait deux ans, six mois avant la naissance de sa sœur Brynne. Sa mère étant extrêmement pauvre, il a dû travailler dès son plus jeune âge pour l’aider. Du coup, malgré son intelligence, il a obtenu au lycée des notes trop médiocres pour lui permettre d’obtenir une bourse universitaire. C’est ce qui l’a poussé à s’engager dans l’armée.

— Pourquoi n’a-t-il pas cherché un emploi civil, le temps de réunir une somme suffisante pour financer ses études ?

— Robert a trente-huit ans, quatre de plus que moi, et ces quatre ans ont fait toute la différence. Quand il a terminé ses études secondaires, on était en pleine guerre du Vietnam. En ce temps-là, un jeune homme de dix-huit ans en bonne santé et non inscrit à l’université avait toutes les chances d’être mobilisé. Il a devancé l’appel. Sa solde lui permettait de fournir un revenu modeste, mais stable, à sa mère et à sa sœur. Quand il a été envoyé au Vietnam, il s’est même mis à gagner un peu plus grâce aux primes de combat.

— Au Vietnam ?

Alexandra était trop jeune pour avoir connu la guerre, pour se souvenir vraiment des souffrances et des terribles divisions qu’elle avait suscitées. Elle ne représentait guère à ses yeux qu’un kaléidoscope d’images confuses. Les grands studios d’Hollywood s’intéressaient depuis peu à cette sombre époque, mais leur vision des choses était plus politique qu’historique. Ce dont elle était sûre, c’était que la guerre avait transformé la vie de tous ceux qui avaient combattu au Vietnam.

— Il a connu le front ?

— C’était un soldat, Alexandra, soupira James. Oui, Robert s’est battu. Il est passé sans transition de la lutte pour la survie en Virginie aux pires horreurs de la guerre. Mais lui-même ne parle jamais ni de son enfance, ni du Vietnam. Tout ce que je sais de sa jeunesse, je le tiens de Brynne. Pour ce qui est de la guerre, je dois me fier aux articles écrits sur lui.

— Et que disent-ils ?

— Ils parlent de ses nombreuses décorations, bien sûr, mais surtout, ils attestent de son sens inné du commandement et de sa grande bravoure, dont ont maintes fois témoigné ses hommes.

— Robert est donc un héros de guerre ?

— Oui, même s’il est le premier à rejeter une telle étiquette. À son retour du Vietnam, sa mère était morte, et Brynne venait d’obtenir une bourse d’études à l’université de Virginie. Lui aussi s’y est inscrit, grâce à l’armée. Après avoir facilement obtenu sa licence, il a poursuivi ses études à Harvard avec le succès que tu sais. Il aurait pu faire carrière dans n’importe quelle entreprise privée, mais il avait opté pour le service public dès le début de ses études. Une fois diplômé, il a trouvé un poste dans les services du procureur de la République, à Richmond. Il s’y est tellement distingué qu’il serait devenu très vite procureur, si d’importants responsables politiques locaux n’étaient pas venus le trouver avec une offre autrement plus alléchante : ils voulaient que Robert se présente aux élections sénatoriales afin de court-circuiter la candidature de leur principal adversaire.

— Et il a si bien réussi son début de carrière que tout le monde le voit déjà Président. Cela dit, tu ne m’as toujours pas dit un mot sur l’épisode le plus suspect de sa biographie.

— De quoi veux-tu parler ?

— J’aimerais savoir comment ce fils modèle, par ailleurs grand patriote, héros de guerre, brillant commis de l’État et politicien de génie, a fait pour s’enticher de cette espèce de mégère.

James éclata de rire.

— Robert a rencontré Hillary à Dallas, en allant discuter de sa candidature au Sénat avec son père, Sam Ballinger.

— Et l’ex-gouverneur du Texas lui a promis de soutenir sa candidature au Sénat, voire à la Maison-Blanche, s’il acceptait d’épouser sa fille, n’est-ce pas ? Sam devait se douter qu’aucun homme normalement constitué ne voudrait épouser Hillary sans une petite compensation. Tout l’argent qu’il tire du pétrole n’aurait sans doute pas suffi pour...

— Ce n’est pas tout à fait cela. Robert McAllister n’a rien d’une marionnette. Hillary lui a plu, il a décidé de l’épouser.

— Et elle ? Hillary n’a jamais eu beaucoup d’attirance pour les citoyens de basse extraction comme lui... ou moi. Cela dit, la perspective d’accéder aux cercles les plus fermés de l’élite de Washington — sans parler de la Maison-Blanche — a dû l’inciter à mettre un peu d’eau dans son vin.

— Peut-être a-t-elle simplement senti que Robert était un homme exceptionnel.

Alexandra laissa échapper un soupir.

— Tu as beaucoup de respect pour lui, n’est-ce pas ?

— Oui.

— Et pour Hillary ?

— Hillary est sa femme.

Alexandra soupira de nouveau. Elle savait ce qu’il lui restait à faire. L’idée lui faisait peur, mais la présence de James lui rendrait certainement l’épreuve plus supportable.

— Je crois, fit-elle à mi-voix, que nous devrions accepter son invitation à dîner.

— Tu en es sûre ?

— À condition qu’Hillary accepte... Ce n’est pas un hasard si je n’ai jamais croisé les McAllister, moi qui vis à Washington depuis trois ans.

— Robert ne sait pas que sa femme et toi vous connaissez, j’en suis certain. Il m’en aurait parlé.

— Peut-être. Mais Hillary, elle, est bien placée pour le savoir. Laissons-lui une chance d’annuler ce dîner. Si cette invitation tient toujours demain matin, nous irons.

— Marché conclu, acquiesça James en quittant son fauteuil.

Il la rejoignit, l’aida à se lever et l’enlaça.

— Tu as bien réfléchi ?

— Oui, répondit-elle, une lueur de malice dans le regard. Évidemment, je ne pourrai pas voter pour Robert aux prochaines élections présidentielles, mais...

— Pourquoi ?

— Il a commis la même faute de goût — fatale — que l’ancien petit ami d’Hillary. Pour un futur Président, une telle erreur de jugement est plutôt inquiétante.

— Je vois, murmura James en l’attirant à lui. Ce n’est pas un hasard si les enfants n’ont pas le droit de vote, Alexandra. Pour voter, il faut être adulte.

— Et je ne le suis pas ? ronronna-t-elle entre deux baisers, tandis que les doigts de James défaisaient le premier bouton de son corsage.

— Je me pose la question. Pour en avoir le cœur net, je propose que nous nous livrions sur-le-champ à une activité strictement réservée aux adultes.

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