Le Soleil rouge de l’Assam

Abir Mukherjee · Chapitre 38 sur 38

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Le Soleil rouge de l’Assam

NOTE DE L’AUTEUR: Londres, juillet 2019

NOTE DE L’AUTEUR

Londres, juillet 2019

 

Le Soleil rouge de l’Assam n’est pas le roman que je voulais écrire. Certes, j’avais voulu fournir ma version du mystère classique de la chambre fermée de l’intérieur, cependant, au départ, je n’avais aucune intention d’en situer une partie hors de l’Inde.

Mais finalement les circonstances m’ont laissé peu de choix. Comme beaucoup, j’ai été attristé par la situation où se trouvent la Grande-Bretagne et une grande partie du monde. Des États-Unis à l’Asie en passant par l’Europe, la montée du populisme a vu grandir la colère, l’extrémisme, la peur de l’autre, et l’érosion de la tolérance et du respect humain.

En Grande-Bretagne une grande partie de cette colère a été dirigée contre les immigrants : ceux qui viennent se réfugier sur nos côtes ou qui sont simplement en quête d’une vie meilleure pour leur famille.

Mais ce pays caractérisé par la peur et l’intolérance n’est pas la Grande-Bretagne que je connais et que j’aime, et ce n’est pas celle qui a offert un refuge aux Juifs d’Europe de l’Est entre 1880 et 1914, ou aux Asiatiques fuyant la persécution en Ouganda dans les années 1970. Ce n’est pas non plus celle qui a invité la génération Windrush des Caraïbes ou ceux venus du sous-continent indien comme mon père et ma mère, à venir ici dans les années 1950 contribuer à reconstruire une nation épuisée par la guerre et satisfaire nos besoins en main-d’œuvre et aide de toute sorte : chauffeurs, infirmières, médecins, professeurs, ingénieurs et tant d’autres.

Mais on dirait que chaque pas en avant provoque une réaction brutale : une peur que les choses ne s’aggravent. Or, chaque fois que l’intolérance a levé la tête, des Blackshirts de Mosley au discours des « fleuves de sang » d’Enoch Powell et au National Front des années 1970 la majorité honnête et respectueuse de l’humain s’y est opposée. J’ai l’espoir qu’elle fera de même cette fois.

Et je voulais écrire sur l’espoir. Sur le souvenir de ce que nous sommes en tant que nation, afin que nous puissions tenter de vivre à la hauteur des critères de tolérance, de respect et de fair play qui, je crois, sont encore en nous.

P.S. Les oiseaux se suicident réellement à Jatinga.

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