L'Héritière

Jeanne-A Debats · Chapitre 33 sur 34

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L'Héritière

Chapitre 32

 

 

Quand Fred partit enfin, je m’effondrai dans mon canapé. Il était environ trois heures du matin. Je l’avais laissé parler enfin et il m’avait tout raconté, tout ce qu’il savait, ce qui n’était pas grand-chose en définitive. Restait un fait certain : je recommencerai à emmagasiner des fantômes et, à un moment ou l’autre, il faudrait que je m’en délivre, sinon je mourrai. Sauf que vu les circonstances dans lesquelles j’avais pu m’en débarrasser, ça signifiait que je tuerais forcément quelqu’un.

Selon le médium, c’était déjà en soi un miracle que j’ai survécu si longtemps, et surtout, sans assassiner personne au passage. Il l’attribuait à mon « excellente nature », je cite. Moi, je pariais plus sur la sorte d’agoraphobie qui m’avait maintenue recluse la plus grande partie de ma vie : quand on sort peu, on a d’autant moins envie d’éliminer son contemporain. J’ai une foi limitée en « l’excellence » de la nature humaine, la mienne y comprise.

Enfin, tout cela était réconfortant, non ?

Je finis par me résigner à tendre la main vers le téléphone et à appeler Géraud. Je ne m’interrogeai pas une seconde, composant automatiquement le numéro du bureau. J’ignorais où habitait mon oncle. Pour ce que j’en savais, il aurait aussi bien pu vivre au bureau. Mais il existait bien quelque part un endroit où il stockait ses vêtements propres.

Il me répondit aussitôt :

— Ce fouineur n’a pas pu s’empêcher de venir te voir, soupira-t-il.

Je repris ma respiration. Si j’en croyais mes poumons, je l’avais retenue jusque-là.

— Oui. Tu ne penses pas que tu aurais pu me mettre au courant ?

— Au courant de quoi, exactement ?

— De tout ! criai-je lâchant les vannes. (Je me mis à sangloter.) Que mon père n’est pas mon père ! Que je n’aurais pas dû naître ! Que je suis un danger public ! Tout ! Pourquoi te taire si longtemps ? Tu attendais qu’il y ait un accident ?

— Reprenons au début : petit a, rien ne dit que tu ne sois pas la fille de ton père, ta mère ne m’a jamais rien affirmé dans ce sens. Et tu n’es certainement pas la mienne, termina-t-il, très sec.

— Et petit b ? Le fait que je risque de tuer quelqu’un ?

— Ça t’aurait beaucoup aidée de le savoir ?

Je restai sans voix quelques secondes puis repris :

— C’est un argument de mauvaise foi, ça, Géraud. Trouve mieux.

— D’accord, d’accord, soupira-t-il à nouveau. En fait, j’ignorais que ça pouvait donner cela. Je craignais plutôt l’autre versant de la chose… vois-tu ?

— Tu pensais que je m’autoconsumerais un jour ? C’est ça ?

— Oui, souffla-t-il dans le combiné.

— Et voilà pourquoi tu m’as engagée, pas parce que je risquais de mourir de dépression dans la vieille maison ?

— Aussi. Mais tu es également compétente et je le savais, répliqua-t-il plus fermement.

— C’est très gentil, mon oncle, de ne pas me dire que je suis un boulet en puissance ! Mais je crois que…

— Écoute, Agnès, voici ce qui s’est passé et je te jure que je n’en sais pas plus. Quand elle a été enceinte de toi, ta mère m’a appelé, totalement affolée. L’échographie venait de lui révéler que tu étais une fille. Les unions humains-sorciers sont rarement fécondes et elle savait qu’elle risquait de te perdre à la naissance ou avant. Et de plus, elle était sûre à quatre-vingts pour cent qu’elle ne pourrait pas avoir d’autre enfant, puisque Jehan était né deux ans auparavant. À vous deux, vous aviez pulvérisé les probabilités. Donc les chances d’avoir un autre bébé après toi étaient infinitésimales, tu comprends ?

— Et alors ?

— Elle ne supportait pas l’idée de te perdre et m’a supplié de te garder en vie. J’ai accepté. Je suis resté près d’elle toute la grossesse, et quand il y avait une complication, j’intervenais. Les médecins avaient donc le temps de te sauver, d’accord ?

Il avait usé de son pouvoir sur moi, à plusieurs reprises, si je l’écoutais bien.

— Tu m’as fait remonter le temps à chaque incident ?

— Oui.

— Chaque fois, le médecin a pu intervenir ? Combien de fois ? Combien est-ce que ça t’a coûté ?

— Non, ça, ma chérie, je ne te le dirai pas. Ça ne regarde que moi.

Malgré l’inhabituel « ma chérie », le ton était tranchant, je sus qu’il était inutile d’insister. Mais je me recroquevillai de culpabilité sur mon canapé.

— Et donc ? chevrotai-je enfin.

— Et c’est tout. Je ne sais absolument pas si mes interventions t’ont réellement sauvée ou si tu t’en serais tirée toute seule. Et je n’ai jamais eu une raison de penser que tu n’étais pas la fille de Louis.

— Sauf que je n’aurais pas dû survivre à ma naissance et ce fichu don…

— Oui. Sauf ça, admit-il. Est-ce que j’ai répondu à toutes tes questions ?

— Oui, murmurai-je. Je crois.

— Parfait, parce que j’ai du travail et notamment un coup de fil à passer à Richard pour lui demander de mieux tenir ses troupes, gronda-t-il. Pour le reste, je ne suis pas persuadé que tu avais besoin de savoir tout cela ! Maintenant, tu peux passer encore une journée chez toi à y réfléchir, si tu veux, mais lundi je veux te voir au travail, c’est clair ?

Je raccrochai sur un : « Oui, très clair, merci » étranglé.

Il m’avait cueillie comme une fleur avec l’histoire de ma gestation mais fondamentalement, je n’étais pas d’accord avec lui. Je ne croyais aux « mensonges bienfaisants ». J’étais comme ma mère qui préférait une vérité cruelle à une illusion lénifiante. Mais je comprenais pourquoi Géraud voyait les choses autrement. Il avait tant de choses complexes à administrer tous les jours, tant de conflits de pouvoir et d’ego entre les différents clans… Tout ceci devait relever pour lui d’une plus grande facilité de gestion, tout simplement. Selon le principe que ce qu’on ne sait pas ne peut pas nous blesser.

Honnêtement, je ne suis pas sûre que ma vie aurait été améliorée par l’idée de cette double épée de Damoclès pendue au-dessus ma tête, quand il était déjà compliqué de seulement traverser une rue. Mais maintenant, c’était différent, et il aurait pu s’en aviser.

J’étais épuisée au-delà de toute mesure et décidai de mettre à profit l’autorisation. Je filai à l’armoire à pharmacie familiale et dénichai un bon vieux somnifère.

Je dormis encore vingt-quatre heures, je pense.

Le lundi suivant, j’allai à l’Étude. Dans l’escalier, je m’arrêtai délibérément à l’endroit où Jacques était mort. Je soupirai. Inconsciemment, j’espérais trouver son essence là, sur ces marches où je l’avais perdu pour toujours. Pour la première fois de ma vie, j’appelai un fantôme.

Désespérément.

En vain.

Il ne se passa rien. Il n’y avait pas la moindre trace de lui ni de Denis. Même les murs étaient immaculés, Géraud avait veillé à leur nettoyage. Je ne compris pas tout de suite. Ni ma déception, ni cette absence inexplicable. Jusqu’au moment où je compris que si je pouvais sentir les spectres des émotions que Richard et les siens transportaient avec eux, jamais je n’avais croisé un fantôme de garou mort. Pas même au Père-Lachaise. L’esprit de la Meute était immortel, il était pétri de ceux qui la composaient. Les Saint-Blaise avaient accueilli l’âme qui leur appartenait de toute éternité.

Je restai là muette quelques secondes, puis pris une profonde inspiration avant de gravir l’escalier jusqu’au bureau. Je m’installai à ma table, prête à me battre avec n’importe quel arbre généalogique, aurait-il remonté à l’homme des cavernes.

À midi, mon oncle me fit apporter le journal de l’immobilier et je commençai à cercler les petites annonces intéressantes. J’avais encore trois mois devant moi avant le 30 avril. Ils passèrent comme un rêve…

 

***

 

Le réveil sonna minuit et je me réveillai en sursaut. Le Grand Sabbat débutait. Je filai à la douche, m’assommai de whisky et partis dire adieu à Jacques.

Je mis une heure à réaliser la deuxième partie du programme.

Deux heures du matin sonnèrent quand je me présentai devant la grille en fer forgé que je connaissais bien maintenant. Et cette fois, je n’étais pas habillée comme une idiote. Les escarpins de Navarre attendraient sagement mon retour au bureau, le lendemain. J’escaladai vivement les grilles du Père-Lachaise et me réceptionnai sur mes baskets en souplesse, en moins de cinq minutes. J’avais progressé par rapport à l’année précédente. Déjà, j’étais deux fois plus ivre.

Le faire-part en main, je m’orientai sans problème entre les tombes, on avait enterré mon amour non loin de mes parents.

Je titubai à peine en parvenant vers la simple dalle de granit au nom de Jacques. Aucune fleur, seulement un faux livre de bronze offert par l’Amicale des bibliothécaires du vingtième arrondissement. Pas d’épitaphe non plus. Juste sa date de naissance et celle de son décès. Je m’assis sur la pierre blanche piquetée de noir et cherchai quelque chose à dire dans le ciel sans étoile.

Je me tendis, espérant percevoir l’esprit de la Meute dont je savais désormais qu’il était partout autour de moi, peut-être que ce qui était encore Jacques en elle, pourrait me répondre… Mais rien ne vint. Sans doute l’alcool lui opposait-il un barrage à elle aussi. Ou alors cet esprit ne m’était pas accessible, après tout la Meute était bien vivante.

 Je reniflai et pleurai sereinement. Ça au moins, ça avait un sens.

Je ne sais pas combien de temps je restai ainsi à renifler, pas très longtemps sans doute. Puis, je sentis que la barrière d’alcool que j’avais montée contre les fantômes faiblissait dangereusement. Ma vue était plus nette et je sentais les promesses de courbatures dues à l’escalade se faufiler entre mes muscles. Je me relevai, résignée à partir. Ce n’était pas encore cette fois que je pourrais passer sur la tombe de mes parents. Je pris le chemin du retour tandis que des fumerolles étranges sourdaient des tombeaux voisins. J’entendis des rires étouffés et des gémissements et m’apprêtai donc à piquer un sprint hasardeux dans la demi-obscurité.

Quand soudain tout s’arrêta. Les fumées disparurent brusquement et tous les bruits se turent. Un néant doux bien connu tombait sur les environs.

— Navarre ? dis-je d’une toute petite voix.

Mais je sus immédiatement en reprenant ma respiration que ce n’était pas Navarre.

— Et comment se porte ma petite guimauve ? susurra une voix tout contre mon oreille.

Je fis un bond.

— Herfauges !

Puis je fus pliée en deux par la nausée. L’odeur de sucre brûlé était montée d’un coup, insupportable. Avec le whisky, le mélange était… détonnant.

— Lui-même, quel bel esprit de déduction !

Perché sur une sainte à l’auréole bancale, le vamp me fixait avec gourmandise. Il tenta une révérence qui faillit se terminer en chute, mais il atterrit à mes pieds avec désinvolture.

— Qu’est-ce que vous me voulez ? demandai-je sèchement.

— Oh, pas de faux-semblant entre nous, ma jolie, tu sais très bien ce que je veux. Viens ici ! Tu pues toujours aussi atrocement, bien sûr. Je sens que je vais me résigner, cependant.

Je voulus résister mais sa voix avait un tel accent que je ne pus qu’obéir. Une seconde plus tard, j’étais dans ses bras. Il dégageait mon cou couvert par le col roulé de mon pull en murmurant :

— N’aie pas peur, je ne vais pas te boire tout entière. Enfin, pas ce soir. Je vais juste te goûter.

Je tremblais comme une feuille, mes genoux avaient du mal à me porter. Des frissons chauds couraient à l’endroit où son souffle pourtant glacial se condensait sur ma peau. Je sentais sa bouche toute proche et le sourire frémissant qui y jouait. Et mon corps ne pouvait s’empêcher de réagir au charme d’Herfauges, malgré les vagues de nausée qui me secouaient. Il restait là immobile, crocs tout contre ma jugulaire. Mon sang battait follement contre ses lèvres. Il jouissait de ma terreur et du désir que je ne pouvais réprimer.

— Ne t’inquiète pas, répéta-t-il. Tu me dois un œil mais je te dois une vie, après tout…

Je négligeai de remarquer que selon mes propres comptes nous en étions à un partout, balle au centre. Cette disposition d’esprit me convenait fort bien.

— Ttt, ttt, rectifia-t-il en réponse à mes pensées. Tu n’as pas seulement éliminé ce salopard de Denis, tu as aussi sauvé Anne, elle me l’a dit. Du coup, je t’en dois une de plus, n’est-ce pas ?

Merde ! Comment il le sait, ça ?

Puis je rougis en me rappelant les paroles de Navarre, « les vamps ne communiquent en esprit qu’avec ceux qu’ils baisent ou qu’ils sucent ». Pourtant Herfauges ne m’avait pas « sucée » comme disait Navarre… Ou bien si ?

Il sourit finement.

— Bien sûr que si, tu ne te rappelles pas ? Le puits d’angoisse ? Le plafond qui nous tombe sur la tête ? Je serais mort si je m’étais contenté de te protéger. Alors, je t’en ai pris un peu. Juste assez. Mais c’était délicieux. Les sorcières sont toujours délicieuses !

Puis il se pencha et ses canines percèrent ma peau. Très doucement. Je sentis l’épiderme plier sous la pression, puis se déchirer. Je ne criai pas. Ou alors, je gémis. Ç’avait été à peine comme une piqûre avant de se transformer en une étoile brûlante de pur plaisir qui s’épanouit au creux de mon ventre. Il dut me retenir contre lui avant de s’abreuver de moi.

Il me relâcha brusquement en jurant :

— La garce !

Je titubai en arrière, manquant de tomber, et il ne fit rien pour m’en empêcher. Il était trop occupé à cracher ce qu’il m’avait arraché.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Azraël ! Ton sang, c’est du sirop ! C’est infect !

Il cracha encore une fois.

Je reculai encore d’un pas en hoquetant. Mon ventre était secoué de spasmes dont le sens m’était indéchiffrable jusqu’à ce qu’un fou rire dévastateur jaillisse de mes lèvres et que je doive m’asseoir. Je m’asphyxiais tant je riais, mes côtes me lançaient atrocement. Lui vomissait ses tripes, un lourd sang noir, qui ne devait pas m’appartenir entièrement.

— Salope ! éructa-t-il entre deux rejets.

— Oh merde ! Herfie, je n’y suis pour rien moi ! fis-je au milieu de ce qui tournait aux sanglots.

Et soudain, je me mis à pleurer désespérément, de façon aussi ravageuse que l’avait été mon accès de fou rire.

— Je suis désolée, je suis désolée, répétai-je indéfiniment.

Quelque part, tout au fond de moi, une voix sèche me réprimanda pour cette crise manifeste d’hystérie.

Maman, fous-moi la paix, ce n’est pas le jour, je te jure ! dis-je à la voix intérieure sans me soucier du fait que j’avais sûrement perdu la tête.

Il y eut l’équivalent mental d’un soupir.

Ce n’est pas ta mère qui te cause, petite idiote, c’est moi ! Je te causais déjà pendant le combat contre Denis, tu ne te souviens pas ? Putain, je dormais et tout ce que je pouvais faire, c’était te regarder plantée comme une folle avec tes chaussures ridicules !

Herfauges ? D’accord. Eh bien, foutez-moi la paix, je craque si je veux !

Un mouchoir jaillit de l’obscurité.

— OK, reprit-il à voix haute. J’ai horreur de voir pleurer les gens. Mouche-toi.

Je le regardai, ahurie. Il avait bien dû provoquer des torrents de larmes, celui-là ! C’était quoi cet accès de philanthropie ?

— Ça n’a rien à voir, je trouve que ça enlaidit, c’est tout.

Il balaya la question d’un geste nonchalant. La lune sortit soudain des nuages et son visage apparut, mi-partie, ombre et lumière. Ses cheveux légèrement bouclés ondulèrent et il sourit de sa bouche fine, si bien dessinée. Mon sang tachait encore ses lèvres.

— Alors, tu n’avais pas compris que c’était moi qui t’avais avertie pour le féal sur la statue ? Tu es vraiment longue à la détente, ma jolie.

— Oh, ça va, hein ? Comment j’aurais su que vous m’aviez bue ? Pendant que trois tonnes de pierres nous dégringolaient dessus ?

— Crois-moi que si ça n’avait pas été le cas, je ne me serais pas arrêté en si bon chemin, rétorqua-t-il d’un ton gourmand. Salope d’Azraël ! ajouta-t-il avec rage.

Je ne répondis pas.

— Bon, je ferais aussi bien de te ramener chez toi, n’est-ce pas ? Je ne voudrais pas qu’il t’arrive quoi que ce soit de fâcheux, déclara-t-il encore. Pas sans moi.

Il me tendit la main pour m’aider à me relever, je la pris avec hésitation. Il tira d’un coup sec et je me retrouvai à nouveau blottie contre lui.

— Mais ne t’illusionne pas, souffla-t-il contre mon oreille. Un jour Azraël oubliera, ou lèvera la Contrainte, pour rire. Les Instances sont comme ça.

— Et ?

Je m’efforçai de prendre un ton détaché, mais je n’en menais pas large pour autant. Il pouvait encore décider de me tuer, en me tordant le cou par exemple, même s’il devait renoncer à se nourrir de moi. Il me libéra.

— Et ce jour-là, je serai près de toi. Je ne serai jamais loin de toi. N’oublie pas ça.

Je soupirai :

— Pourquoi ? Je ne vous ai rien fait et vous avez tous les Cénacles de France aux trousses. Vous n’avez pas mieux à… ?

— Ça, ma petite guimauve, tu trouveras la réponse toute seule ! m’interrompit-il, jouant avec une mèche égarée dans mon col.

Puis sans prévenir, il me prit dans ses bras et s’envola.

— C’est de la frime, Herfauges, il vous faudra des jours pour vous en remettre ! protestai-je.

Mais mon ton n’était pas très convaincu, je dois l’avouer.

Et je fredonnai :

I am the bones you couldn’t break…

— Que tu dis ! gronda-t-il en me serrant contre lui.

En vol, le parfum de guimauve était presque agréable, suave et consolant.

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