L'Héritière
Postface
Le roman que vous venez de finir, L’Héritière, outre le fait qu’il est passionnant et se lit d’une traite, est aussi une première dans les littératures de genre publiées en France : il est, à ma connaissance, le premier roman écrit par un auteur français dans le genre que l’on pourrait appeler « fantastique urbain », tentative de traduction du genre qui se développe depuis quelques années dans le monde anglo-saxon, l’urban fantasy, genre auquel nous pouvons aussi rattacher certaines productions de la bit-lit et de la paranormal romance. Ce courant littéraire se caractérise par l’utilisation du vaste corpus folklorique traditionnel, particulièrement bien sauvegardé et toujours très vivant en Angleterre, et dans lequel les auteurs anglais ont, souvent avec talent et imagination, su puiser : cela donne des œuvres très originales, dans lesquelles se mêlent créatures surnaturelles ou magiques de toutes sortes dans un environnement urbain contemporain (le plus souvent la ville de Londres, par exemple chez Neil Gaiman, Ben Aaronovitch ou Kate Griffin). On retrouve le même genre développé par des auteurs américains, avec l’ajout des légendes indiennes ou africaines, dans des métropoles comme New York, Atlanta ou La Nouvelle-Orléans (je pense, entre autres, à des écrivains comme Ilona Andrews, Kelly Gay, Kate Richardson, Jim Butcher ou Richelle Mead). Certains sont d’ailleurs aux marges du steampunk en plongeant dans un passé réinventé (Gail Carriger ou Larry Correia). Curieusement, nos auteurs nationaux, s’ils avaient su utiliser notre propre fonds légendaire, tout aussi riche, pour nous donner des textes fantastiques souvent magnifiques (comment ne pas citer l’immense Claude Seignolle), centrés souvent autour de la geste de Bretagne ou des « bêtes » qui ont tant effrayé (Jean-Luc Marcastel et son traitement du loup-garou), se sont cantonnés, en matière de fantastique urbain, au passé, de préférence le e XIX siècle avec Paris, bien entendu, comme ville d’élection (Raphaël Albert ou Hervé Jubert). La Ville Lumière chassait-elle, par son éclat, les Êtres de la Nuit et les auteurs les accompagnant ?
La question pouvait légitimement se poser jusqu’à ce que Jeanne-A Debats brise la malédiction avec ce livre ! Certes, son premier roman mettant en scène Navarre, Métaphysique du vampire, se déroulait à Paris et au Brésil, en particulier dans les favelas de Rio de Janeiro, environnement de jungle urbaine si il en est, mais, même si des déités vaudou intervenaient, je le qualifierai de roman de vampires classique, ce qui n’a rien de péjoratif sous ma plume, bien au contraire, d’autant plus qu’il était très réussi. Mais il ne présentait pas les éléments que nous trouvons dans celui-ci, les protagonistes trouvant leurs racines dans un corpus spécifiquement hexagonal. Autour de Navarre et Herfauges, vampires, nous faisons la connaissance d’Agnès, fille de sorcière, de Jacques et d’un certain nombre de loups-garous et nous retrouvons l’intrigant Géraud, un éternel. Ces quatre personnages ou groupes de personnages puisent leurs racines dans une mythologie qui, mis à part le cas des vampires, a beaucoup plus marqué et/ou intrigué notre société française que celle d’autres pays.
À tout seigneur tout honneur ! Examinons d’abord Navarre, Comte de Navarre-Monfort de Bussy-Saxe-Savoie, et Herfauges, parent direct par sa mère, Dame Bathilde, de la Deuxième Race des Rois de France, les Carolingiens, et tous les vampires qui les entourent. La croyance aux vampires, sous une forme ou sous une autre, est répandue dans le monde entier depuis les époques les plus reculées. Il ne semble pas que les larvae (qui pouvaient en particulier sucer le sang des enfants au berceau) ou les striges romaines aient survécu à la chute de Rome et au Bas Moyen Âge. J. Gordon Melton, dans son énorme volume sur les vampires, cite deux cas au XIVe siècle en France dans lesquels on aurait planté un pieu dans les cadavres pour les empêcher de revenir et de continuer à nuire aux vivants mais il me semble qu’il s’agit d’une mauvaise attribution géographique, au moins pour l’un d’entre eux. Il existe nombre d’esprits et de créatures malfaisants dans les campagnes françaises à ces époques mais les seuls qui semblent véritablement poser problème dans ce contexte, ce sont les mâcheurs, ces cadavres inhumés qui produisent un bruit effrayant de mastication et qui, non contents de dévorer leurs linceuls, pouvaient aussi « provoquer des décès en dévorant quelque chose » ou « attirer en dévorant », comme le précise Claude Lecouteux. À partir de la fin du XIVe siècle, de nombreux cas seront rapportés un peu partout en Europe et, en 1679, paraîtra sur le sujet un traité devenu un classique, le De Masticatione mortuorum de Philipp Rohr, suivi d’un autre tout aussi classique portant le même titre auquel a été rajouté in tumulis, par Michael Ranft en 1725. Comme le souligne Antoine Faivre, c’est en France que le vampire fait son entrée officielle dans les gazettes et, contrairement aux vampires littéraires, les vampires historiques, ceux sur lesquels on va enquêter à l’époque et dont on va déterrer les cadavres, sont de pauvres paysans habitant des villages misérables de régions reculées. Les « stryges de Hongrie » apparaissent donc dans un article du Mercure Galant de mai 1693, suçant le sang de leurs victimes. Mais il faudra attendre 1732 pour qu’un article paru dans Le Glaneur, présentant le rapport d’enquête militaire de l’armée autrichienne en Serbie, près de la frontière turque, donne le coup d’envoi. À partir de là, les journaux en toutes langues vont parler de vampires, les élites intellectuelles se passionneront pour le sujet, culminant avec la parution de l’ouvrage de Dom Calmet en 1746, Dissertations sur les apparitions des anges, des démons et des esprits et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie. Étant l’un des esprits brillants de son temps, d’une grande érudition, Dom Calmet influencera le monde intellectuel et son livre sera traduit en plusieurs langues et réédité à de nombreuses reprises. Il suscitera des discussions passionnées jusque chez les Encyclopédistes (Rousseau et Diderot s’opposeront à ce sujet) et, bien entendu, le grand Voltaire, avec son sarcasme habituel, notera dans son Dictionnaire philosophique (1760) que les financiers « qui sucèrent en plein jour le sang du peuple » étaient les vrais vampires de Londres et de Paris – comme quoi rien ne change vraiment… Et en 1763, les vampires feront leur entrée dans la zoologie grâce à Buffon qui nommera ainsi une espèce de chauve-souris suceuse de sang sud-américaine dans son Histoire naturelle générale et particulière, démontrant ainsi la notoriété de ceux-ci. Les vampires quitteront ensuite notre monde pour rejoindre, avec le succès que l’on sait, celui de la littérature.
L’Héritière nous fait rencontrer le personnage attachant d’Agnès, jeune fille descendante d’une longue lignée de sorcières. Le choix par Jeanne-A Debats de son pouvoir – distinguer, sentir et ressentir les fantômes et communiquer avec eux – est très représentatif de ce que l’on reprochait aux sorcières, à savoir commercer avec les esprits et les démons. Comme l’ont montré les nombreux travaux sur la sorcellerie, dont ceux de Margaret Murray, les femmes ont été largement prédominantes en tant que victimes des procès de sorcellerie (l’évaluation de leur nombre varie de plusieurs dizaines de milliers à plusieurs millions). Et si ceux-ci ont ravagé toute l’Europe, unissant dans une même peur panique catholiques et protestants, là aussi notre pays a montré des spécificités : d’une part les procès ont commencé assez tôt – que l’on se souvienne du procès de Jeanne d’Arc, bien entendu politique mais le choix des accusations est révélateur –, ont pris de l’ampleur à partir des années 1580 et se sont poursuivis jusque fort tard, 1691 au Parlement de Paris et 1694 au Parlement de Rouen. D’autre part, cédant à ce besoin très français de tout théoriser, beaucoup des grands traités de droit faisant autorité à travers l’Europe ont été rédigés par des juristes français, souvent éminents. Comme le souligne avec délectation le Révérend Montague Summers, l’un de ces érudits excentriques comme seule l’Angleterre sait en produire – il a été qualifié de dernier esprit médiéval au e XX siècle, ses nombreux écrits sur la sorcellerie, les vampires et les loups-garous en témoignent –, Jean Bodin, esprit et juriste illustre de son temps, donnera à ses pairs pour les aider dans leur travail De la démonomanie des sorciers en 1580, qui deviendra l’un des manuels les plus lus, sinon le plus lu. Il ne faut pas oublier non plus Nicolas Rémy, Henri Boguet, Pierre le Loyer ou Pierre de Lancre, faisant tous partie de l’élite intellectuelle de leur époque, tous fins lettrés, tous juges éminents. Tous dénonceront le rôle maléfique des femmes, souvent sorcières de mère en fille de génération en génération, femmes à la fois faibles de par leur « nature » et redoutables par leurs pouvoirs. C’est en quelque sorte la dualité de personnalité que nous trouvons chez Agnès.
Nous pouvons maintenant aborder une autre spécificité typiquement française : le loup-garou ! Jeanne-A Debats les introduit dans son roman où ils se sont partagé une partie des territoires parisiens, réintroduisant la nature sauvage dans l’espace urbain, ce qui est inacceptable dans la psyché collective française. En effet le loup, depuis les débuts de notre histoire, suscite une peur panique, qui continue de nos jours – il suffit de voir l’hystérie qui entoure chaque apparition de loup et chaque brebis tuée par l’un de ces animaux pour se nourrir –, contrairement à d’autres pays comme la Russie, la Pologne et l’Espagne qui ont compté et comptent toujours de nombreuses meutes de loups. La différence de traitement entre nos pays tient sans doute à l’histoire : la France est un pays de vieux peuplement (n’oublions pas qu’elle a été le pays le plus peuplé d’Europe hors Russie jusqu’au début du e XIX siècle, Napoléon s’en souvenait fort bien !) qui s’est construit à partir du Bas Moyen Âge au travers du défrichage des forêts autour des monastères, ceux-ci attirant des paysans qui, au fur et à mesure de l’agrandissement des familles, déboisaient un peu plus. Bourgs et hameaux se développaient mais peu de grandes villes par rapport à la population car le vieux fond paysan et terrien a perduré en France jusqu’à la Première Guerre mondiale : il faut avoir des terres et les exploiter, c’est cela la vraie richesse. Cela explique pourquoi notre pays a 33 000 communes, chiffre énorme par rapport à ses voisins. Notre pays est un pays domestiqué – on a d’ailleurs parlé de la France comme d’un grand jardin où même les forêts sont souvent le résultat d’un replantage – et où l’idée de nature sauvage fait peur. Le loup en a été le symbole et ce, depuis les débuts : les Grecs racontaient la terrifiante transformation de Lycaon, les Romains procédaient chaque année aux Lupercales (le nom est significatif) qui permettaient, entre autres, de purifier la ville, d’en écarter les loups et de prévenir ainsi les épidémies dont celles de lycanthropie. Contrairement à la croyance aux larvae, sans doute parce que les loups étaient plus nombreux que celles-ci, la croyance en la transformation possible d’un homme en loup perdurera à travers les siècles. L’un des plus beaux textes du Moyen Âge le montre : je veux parler du lai du Bisclavret, de Marie de France, écrit dans les années 1160-1170, qui nous raconte l’histoire de ce malheureux baron se transformant régulièrement en loup et dont la femme cache les habits afin de se débarrasser de lui, le condamnant à rester loup… Mais fort heureusement pour lui, le roi le recueillera, comprendra ce qui lui est arrivé et lui permettra de récupérer ses habits. Les premiers procès en France commenceront dès les années 1500 (trois hommes seront brûlés pour s’être transformés en loups et avoir tué des moutons) puis viendront les procès les plus célèbres et les plus retentissants à travers toute l’Europe dont le plus fameux de tous, celui de Gilles Garnier en 1573 à Dôle, sans parler de celui de Jean Grenier en 1603 à Bordeaux, dont Pierre de Lancre, qui était allé le voir en prison, a laissé un portrait aussi détaillé que saisissant. Jean de Nynaud, un médecin français, écrira l’ouvrage de référence sur le sujet en 1615 : De la lycanthropie, transformation et extase des sorciers. La terreur dans les campagnes se poursuivra ensuite avec cette autre particularité bien française : les apparitions de « bêtes » tueuses et souvent anthropophages, le plus souvent assimilées à des loups particulièrement sauvages (mais on évoque aussi des hommes…), par vagues, comme la « Bête d’Évreux » (1633-1634), la « Bête de l’Auxerrois » (1731-1734), la plus célèbre de toutes étant la « Bête du Gévaudan » (1764-1765) qui connaîtra une gloire mondiale. Mais viendront ensuite la « Bête du Vivarais » (1809-1816) ou la « Bête de Tendu-Mosnay » (Indre, 1878). Fort heureusement les « bêtes », depuis un siècle, se contentent de tuer les moutons comme la « Bête du Cézallier » (1946) ou la fameuse « Bête des Vosges » (1977). Il est à noter que les derniers cas de loup-garou per se en France auraient eu lieu en 1925 en Alsace et en 1930 à Bourg-la-Reine ! Et il ne faut pas croire que les loups-garous ont totalement disparu car des cas sont encore rapportés de nos jours comme celui de possession lycanthropique de William Ramsey en Angleterre, en 1983, sur lequel Ed et Lorraine Warren ont enquêté avant de faire exorciser le pauvre homme, ou plus récemment encore, dans les années 1990, le loup-garou de Bray Road dans le Wisconsin…
Nous trouvons donc dans L’Héritière, exprimée tout au long du roman, cette opposition entre la nature sauvage, inacceptable, et la nature domestiquée, seule acceptable pour notre esprit. À travers les yeux et le ressenti d’Agnès cette dichotomie s’exprime pleinement : au début du livre, elle découvre, effarée, que des meutes de loups-garous se partagent une partie du territoire parisien. Non seulement les loups sont dans la ville, dans Paris, vieille peur moyenâgeuse, mais en plus, loin d’être des solitaires, ils se regroupent ce qui les rend encore plus dangereux. Il s’agit d’une autre peur venant des siècles passés, Simon Goulart, le théologien protestant, parlait déjà des meutes de loups-garous qui battaient les campagnes au XVIe siècle… Et le loup est un animal qui, même en groupe, ne bâtit pas pour l’avenir mais qui vit dans l’instant présent, cherchant uniquement sa pitance du jour, contrairement aux vampires qui, eux, un peu sur le modèle des insectes sociaux (Gail Carriger va jusqu’à parler de « ruche » pour désigner leur organisation dans ses romans), construisent pour l’avenir en amassant des richesses qu’ils se transmettent à eux-mêmes de génération en génération (grâce à des notaires comme Géraud) et vivent selon des relations sociales extrêmement codifiées, où chacun connaît sa place et travaille pour le bien de la « reine » (ici le vampire au sommet de la pyramide de son clan/cénacle). Nous retrouvons la même opposition en politique : les loups-garous ont été francs-maçons, révolutionnaires, socialistes et communards, fidèles à leur nature populaire (paysans et artisans), contrairement aux vampires qui sont les plus souvent issus de la vieille noblesse et hommes d’Ancien Régime, conservateurs par nature. Cependant, au long du roman, Jeanne-A Debats fait finement évoluer le cours des choses, évolution que je résumerai d’une formule aussi sardonique que lapidaire : « le génie français, universel par définition, s’est imposé une fois de plus ! » Grâce à Géraud, homme d’ordre si il en est (voir l’état de son bureau), qui leur a donné quelques bonnes leçons de discipline, les loups se sont transformés, assagis, et sont passés à l’état acceptable de chiens, donc d’animaux domestiques… La preuve en est qu’à la fin du livre ils saluent respectueusement, chapeau ou casquette bas, Agnès qu’ils protègent – et je ne parle pas de sa relation avec Jacques… –, pendant que les vampires les traitent de « cabots ». La France et Paris restent des territoires policés.
J’aborderai maintenant brièvement une autre passion française, celle des immortels ! À travers le personnage de Géraud, cet « éternel » qui souffre de la malédiction d’une vie toujours prolongée, une malédiction qui lui vient de l’utilisation de ses pouvoirs quel qu’en soit le but, bon ou mauvais. Il est d’ailleurs significatif que Géraud, qui avait reconnu être juif dans la nouvelle « Lance », ait fait la connaissance de la Meute Saint-Blaise à Paris en 1290, année de l’expulsion des Juifs d’Angleterre. Et, bien entendu, il nous fait irrésistiblement penser à un autre Juif célèbre, Ahasvérus qui se nomme aussi Isaac Laquedem, le Juif errant, autre connaissance de Navarre (« Ovogenèse du vampire »). Or la légende du Juif errant remonte à 1252, quand Mathieu Paris raconta dans son Historia Major la rencontre et le déjeuner entre l’archevêque de Grande-Arménie et un proto Isaac, Joseph dit Cartaphilus. À partir de là, Ahasvérus sera rencontré tout au long du Moyen Âge, entre autres à Beauvais en 1614 (curieusement étaient parus en 1609 les Discours du véritable Juif errant…). Il continuera d’être un personnage important de la littérature de colportage avant qu’Alexandre Dumas et Eugène Sue ne lui confèrent une renommée tout aussi immortelle que lui. Il ne faut pas oublier non plus un autre immortel bien français, j’ai nommé Nicolas Flamel, le libraire et alchimiste parisien, celui que Leo Larguier surnomma « le faiseur d’or », le seul à avoir accompli avec succès le Grand Œuvre et donc obtenu la pierre philosophale, ce qui explique pourquoi lui et son épouse, Dame Pernelle, ont été vus en Turquie au XVIIe siècle d’après le voyageur Paul Lucas. Et comment ne pas mentionner le comte de Saint-Germain qui fut la coqueluche de la Cour de Louis XV et du roi lui-même, déchaînant les passions, puis ensuite celles de la cour de Louis XVI. On l’aurait d’ailleurs vu en 1790 à Paris puis encore en 1815. Sans parler de sa réapparition dans le Paris de 1972 quand, sous le nom et les traits de Richard Chanfray, il deviendra à nouveau, de manière éphémère, le favori des salons et des émissions de télévision, ainsi que le compagnon de Dalida, avant son suicide à Saint-Tropez en 1983. Géraud et sa très longue vie sont donc parfaitement à leur place dans le Paris d’aujourd’hui.
Enfin, pour en terminer, j’aimerais aussi attirer l’attention du lecteur sur l’utilisation par Jeanne-A Debats d’un autre folklore bien français, celui développé dans romans et films autour du personnage du truand ou du voyou généreux, au code d’honneur qu’il respecte, qu’il soit marseillais, parisien ou montalbanais. Développé depuis le e XVIII siècle avec Cartouche, puis au e e XIX siècle avec Rocambole et au XX avec Arsène Lupin par exemple, incarné au cinéma dans d’innombrables films, en particulier sous les traits de Jean Gabin, Lino Ventura ou Jean-Paul Belmondo, qui d’autre est Navarre qu’un homme de bonne naissance devenu un mauvais garçon au grand cœur (qu’il essaye de bien cacher sous ses dehors de frappe), emblématique du voyou sympathique que nous aimons bien en France, ce qui lui permet de pouvoir s’exclamer, dans une situation dramatique : « C’est curieux, chez les mages, ce besoin de faire des phrases »…
L’Héritière est donc, comme je viens d’essayer de le montrer, un roman puisant aux sources de l’imaginaire national dans des domaines bien précis, imprégné de cet « esprit » très français qui en fait à la fois tout son charme et le premier de son genre dans notre pays. J’espère que Jeanne-A Debats continuera, au travers de ses romans et de ses nouvelles, à développer cet univers de fantastique urbain parisien unique.
Jean-Luc Rivera
OceanofPDF.com
Également disponible :
« Lance », in anthologie Lancelot
Lancelot est le plus grand des chevaliers de la Table ronde mais aussi celui dont le destin est le
plus tragique lorsqu’il trahit Arthur, son roi, en tombant amoureux de Guenièvre.
Loyal, pur et traître, il ne cesse de nous interroger depuis des siècles, se réinventant à chaque
époque.
Neuf auteurs confirmés de l’imaginaire se sont emparés de sa figure pour lui inventer de nouvelles
aventures, donnant un éclairage nouveau à ce personnage résolument moderne. Neuf éclats de son
âme. Et un peu de la nôtre.
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Ouvrage publié sous la direction de Charlotte Volper
Actusf
Les Trois Souhaits
34 avenue des Bernardines 73000 Chambéry
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ISBN : 978-2-36629-319-7 EAN : 9782366293197
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