L'ombre d'un secret

Virginie Saint-Martin · Chapitre 17 sur 35

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L'ombre d'un secret

Chapitre 16

Paris, 30 juillet 1944

— Je vous dis que les pleurs du nourrisson de votre domestique me gênent pendant mon sommeil, monsieur Chemtov ! s’égosillait la voisine, rouge comme une tomate.

— Madame Berthaux, il est 9 heures du matin et vous commencez déjà votre journée en vociférant ! un peu de tolérance, c’est une petite fille d’à peine dix jours !

— Une bâtarde, oui ! Elle aurait dû mourir à la naissance !

— Ça suffit ! Vous n’êtes qu’une misérable femme qui ne pensez qu’à vous-même. Vous êtes lamentable et vous me répugnez, Mme Berthaux. Hors de ma vue, rentrez chez vous et ne venez plus jamais nous importuner, espèce de vieille sorcière frustrée !

Alphonsine et Sarah Chemtov, qui avaient assisté à la scène, restèrent plantées dans l’entrée de l’appartement, muettes comme des carpes.

— Il fallait bien lui clouer le bec une bonne fois pour toutes, à cette dinde ! s’exclama Ruben Chemtov en refermant la porte. Elle m’a coupé dans la lecture de mon conte préféré, cette inculte ! Bon, où en étions-nous, mon Hortense ? À oui, lorsque le petit garçon découvre des pièces d’or dans la grotte… dit-il calmement en se rasseyant auprès du bébé qui écoutait sa voix avec ses grands yeux ouverts, ronds comme des billes.

— Depuis que nous sommes mariés, je n’ai jamais vu mon époux se mettre dans un état pareil ! chuchota Mme Chemtov à l’oreille d’Alphonsine. Un vrai lion qui défend son territoire !

Elles retournèrent à la cuisine vaquer à leurs occupations. Vers 11 heures, ils eurent la visite de Joseph, l’ancien fiancé de Zofia, qui passait régulièrement, puis ce fut au tour de Mme Morel. Ces allées et venues réconfortaient le couple, car c’étaient de précieux liens avec l’extérieur. Depuis plus de quatre ans qu’ils n’étaient pas sortis, ce fil social était primordial. M. Chemtov recevait parfois un confrère avec qui il avait gardé contact, quant à son épouse, elle avait deux fidèles amies qui venaient de temps à autre lui remonter le moral.

À l’heure de la sieste, Alphonsine alla rejoindre sa fille qu’elle avait installée entre deux oreillers dans son grand lit. M. et Mme Chemtov quant à eux se lovèrent confortablement sur le canapé du salon et écoutèrent en sourdine Les Quatre Saisons de Vivaldi. Les températures en ce milieu de mois de juillet étaient déjà élevées et les persiennes, par précaution toujours fermées, filtraient délicieusement les rayons du soleil éclatant. Depuis qu’Hortense avait pointé le bout de son nez, une agréable langueur quotidienne planait dans l’appartement. S’il n’y avait pas eu cette damnée occupation nazie, on aurait pu dire que la vie s’écoulait paisiblement.

À 15 h 30, des coups frappés avec force sur la porte d’entrée firent sursauter tout le monde. La petite Hortense, brutalement réveillée, se mit à hurler. Ses cris perçants provoquèrent encore plus de stress. Alphonsine tenta de la calmer, mais rien n’y fit.

— Gestapo, ouvrez !

Le couple se leva d’un bond. Pétrifiés, M. et Mme Chemtov restèrent tétanisés sur place. Alphonsine surgit dans le salon, totalement paniqué. Les coups redoublèrent.

— Gestapo, ouvrez cette porte, immédiatement !

— Prenez l’escalier de service, vite, fuyez, dépêchez-vous ! leur lança Alphonsine, tremblante. Je vais essayer de les retenir.

Les malheureux se précipitèrent vers la cuisine. Alphonsine, son bébé hurlant contre sa poitrine, entrebâilla lentement la porte d’entrée. Elle fut violemment projetée contre le mur.

— Faites taire ce moutard, beugla un individu habillé de noir.

— Où sont ces parasites de youpins ? brailla un autre.

— De qui parlez-vous ? rétorqua Alphonsine, épouvantée.

— Des propriétaires de l’appartement ! Ne faites pas la maligne !

— Ce sont ces loques que vous cherchez, chef ?

Sarah et Ruben Chemtov, encadrés par deux hommes armés, n’avaient pu prendre la fuite. Ils avaient été interceptés dès qu’ils avaient franchi le seuil de porte de service de la cuisine. Tout avait été minutieusement calculé pour une arrestation sans faille.

— Vous n’avez pas le droit ! Nous sommes des citoyens français ! se défendit M. Chemtov.

— À entendre ton accent, si t’es français, moi, j’suis africain ! se moqua narquoisement l’un des hommes.

— Nos papiers sont en règle ! Regardez, ils sont là, sur la commode…

— Je ne m’abaisserai pas à vérifier. Nous savons qu’ils sont faux ! Embarquez-moi ça !

Mme Chemtov, qui était en tenue d’intérieur, bien consciente que leur tenir tête ne servirait à rien, s’adressa à leur chef :

— Vous permettez au moins que nous nous habillions correctement ? Je ne peux quitter mon domicile dans cette tenue.

— Active-toi la morue, on n’a pas que ça à faire ! Tu crois que tu vas à un défilé de mode ?

Son époux l’enlaça par les épaules. Le couple sortit sans résistance sur le palier. Alphonsine, désemparée, cherchait désespérément à négocier avec les brutes qui étaient face à elle. En vain. Mme Morel, qui venait d’arriver, tenta, elle aussi, de prendre la défense des Chemtov en se mettant en travers du chemin des hommes de la Gestapo.

— Vous êtes des monstres, hurla Alphonsine qui ne savait plus quoi faire.

Les habitants de l’immeuble, qui avaient entendu les cris, se précipitèrent à leur tour. La scène était déchirante. Mme Chemtov, vêtue de son peignoir japonais, descendit l’escalier le plus dignement qu’elle put. M. Chemtov, pantoufles aux pieds, l’imita.

— Mais faites taire ce môme ! asséna le chef de la bande.

Mme Morel arracha Hortense des bras d’Alphonsine et courut la mettre en sécurité dans sa loge. Elle ressortit aussitôt.

— Avez-vous un mandat ? s’écria-t-elle.

— Un quoi ? répondit un petit gros à moustache qui éclata de rire.

— Laissez, madame Morel, ne vous donnez pas cette peine. Vous ne tirerez rien de ces gens-là, lui dit posément Ruben Chemtov.

— Comme cela fait du bien de sentir la chaleur du soleil sur sa peau. Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas eu cette sensation, murmura Sarah Chemtov en arrivant dans la cour.

Elle essayait de se raccrocher à ce qu’elle pouvait.

— Ne leur faites pas de mal, implora Alphonsine en pleurs et en s’agenouillant devant celui qui commandait. Ils ne vous ont rien fait. Ce sont d’honnêtes gens. S’il vous plaît ! Laissez-les partir, pitié…

— Arrête tes simagrées ou on t’embarque aussi ! cracha-t-il à sa face avec véhémence.

— Relevez-vous, ma chère enfant. Inutile de vous abaisser, ces collabos ne céderont pas. Ce sont des lâches… Messieurs, un jour prochain, vous n’oserez plus vous regarder dans une glace. Vous serez rejetés comme des traîtres que vous êtes par toute la nation française. Vous payerez pour les crimes que vous avez commis. Celui-ci en est un ! Vous n’êtes qu’une bande de salauds ! se rebella l’ancien combattant du quatrième.

— La ferme, vieux croulant ! Rentrez tous chez vous, menaça un des membres du triste commando. Ne m’obligez pas à descendre l’un d’entre vous ! menaça-t-il en tirant en l’air.

Apeurés, tous, à l’exception d’Alphonsine, de Mme Morel et de l’ancien combattant, s’exécutèrent. Deux Citroën noires garées devant l’immeuble attendaient. On poussa le couple sans ménagement sur la banquette arrière de l’une d’elles.

— Où les emmenez-vous ? s’époumona Alphonsine, en un cri déchirant.

Elle n’obtint aucune réponse et, lorsque la portière se referma sur eux, elle s’agrippa de toutes ses forces à une des vitres arrière qui était entrouverte. Sarah Chemtov lui prit les mains :

— Prenez soin de vous. Nous vous avons toujours aimée, Alphonsine. Battez-vous, vous êtes une femme libre !

La voiture démarra et Alphonsine eut juste le temps d’apercevoir M. Chemtov lui faire un signe d’adieu. Quatre miliciens restés sur place remontèrent au domicile du couple. Mme Morel les suivit en les insultant copieusement. Elle reçut un coup de crosse de fusil dans le ventre. L’ancien combattant qui l’accompagnait l’aida à se relever. Alphonsine, effondrée, s’engouffra dans la loge de la gardienne pour aller s’occuper de sa fille. Pendant plus d’une heure, les hommes de la Gestapo retournèrent l’appartement de fond en comble. Sous le regard écœuré de la concierge et de l’ancien combattant, ils s’emparèrent des objets de valeur. Deux d’entre eux dévalisèrent la garde-robe de Sarah Chemtov et lui dérobèrent ses parfums. Leurs femmes allaient être satisfaites : ce soir, ils ne rentreraient pas les mains vides.

Alphonsine remonta chez les Chemtov lorsque les pillards furent partis. Sa fille s’était endormie. Elle la posa sur son lit et fit le tour de toutes les pièces. Tout avait été fouillé. La vaisselle avait été cassée, les étagères de livres, renversées, et les armoires, entièrement vidées de leur contenu.

— Ils n’ont pas pris les tickets de rationnement et nous ont laissé la nourriture, déclara-t-elle laconiquement.

— Oui, c’est déjà ça… ajouta l’ancien combattant. Ces salopards ne l’emporteront pas au paradis. J’en ai reconnu un, c’est un des responsables de la Carlingue.

La Carlingue, située rue Lauriston dans le seizième arrondissement, était tristement célèbre pour être l’une des principales officines de la Gestapo française.

— Ce collabo a été révoqué en 1936 de la police et condamné pour corruption. C’est un traître sans scrupule prêt à tout pour s’enrichir, ajouta le vieil homme. Puis-je faire quelque chose pour vous, Alphonsine ?

— Merci, monsieur Maury, vous en avez déjà assez fait par votre courage en leur tenant tête, lui dit-elle en pleurant.

— Voulez-vous que j’appelle Julien ? proposa la gardienne, démunie.

— Oui, madame Morel, je vous remercie… je suis anéantie, gémit-elle en s’écroulant au sol. Où les ont-ils emmenés ?

Aucun d’entre eux n’avait malheureusement la réponse.

— Je sais qui les a dénoncés, déclara soudain la concierge en s’accroupissant auprès d’Alphonsine. C’est cette punaise de Mme Berthaux.

À peine avait-elle fini sa phrase qu’elle alla tambouriner à la porte de la voisine. Son mari ouvrit.

— Où est votre salope de femme ?

— Mais… mais… que se passe-t-il ?

— Où est-elle ? répéta la concierge. Sortez de votre trou à rat, vipère infâme. Je vous ai vue partir ce matin comme une furie et, lorsque vous êtes revenue, vous affichiez une mine réjouie ! cria-t-elle afin que son épouse entende.

— Oui, je suis allée me plaindre, et alors ? rétorqua dédaigneusement celle-ci en apparaissant dans l’embrasure de la porte.

— Odette, tu n’as pas fait ça ? Pour l’amour du ciel, dis-moi que tu ne l’as pas fait !

Sentant le vent tourner en sa défaveur, sa femme mentit en prétextant que les pleurs du bébé la dérangeaient. En réalité, il était évident qu’elle avait lâchement dénoncé M. et Mme Chemtov auprès de la Gestapo.

— J’ai épousé un monstre ! s’écria subitement son mari.

— Oh ! ça suffit, chiffe molle. Il fallait bien que cela cesse, persifla cette dernière.

La concierge, ulcérée par l’attitude de cette grosse femme arrogante, l’attira brutalement sur le palier. Mme Berthaux perdit l’équilibre et s’affala de tout son long sur le sol. La gardienne, hors d’elle et dont la force se décupla sous la colère, l’agrippa par les cheveux, la traîna au niveau des marches et la fit descendre comme un vulgaire sac de pommes de terre jusqu’au rez-de-chaussée. Le corps flasque de la voisine qui retombait lourdement sur chacune des marches provoquait un son sourd et compact qui résonnait dans toute la cage d’escalier. Une fois dans la cour, Mme Morel l’entraîna en direction des poubelles puis, de rage, lui enfonça la tête dans l’une d’elles.

— Là est votre véritable place, Odette Berthaux !

Sonnée, cette dernière se releva en chancelant. Son visage et ses épaules étaient souillés par les détritus et son maquillage outrancier avait lamentablement coulé le long de ses joues. Elle ne ressemblait à rien. Son mari se planta devant elle.

— Odette, j’aurais dû te le dire depuis longtemps : tu as dix minutes pour faire tes valises et déguerpir hors de ma vue. Mon avocat te contactera, lui dit-il froidement.

— Et bien, j’en connais une qui va avoir de sacrés bleus aux fesses ! ironisa M. Maury en soutenant le regard de la dénonciatrice.

— Bon débarras. Allez au diable, Judas. Ne revenez plus jamais à cette adresse, sinon vous aurez affaire à moi, menaça la concierge.

Faustine, qui elle aussi avait suivi, n’avait pas perdu une miette de ce qui venait de se produire. Elle qui avait été martyrisée par sa patronne pendant des années se sentit soudain légère comme une plume. Enfin, elle allait pouvoir vivre paisiblement sans qu’une sadique soit sur son dos toute la journée.

— Les mauvaises femmes de votre espèce sont toujours punies un jour ou l’autre, bien fait pour vous ! lança-t-elle à son ancienne tortionnaire avant de remonter auprès de M. Berthaux.

Une semaine s’était écoulée depuis l’arrestation du couple. Ironie du sort, vingt-quatre heures seulement après le drame, les Alliés étant pratiquement arrivés aux portes de Paris. Les soldats du Reich avaient commencé à évacuer progressivement la capitale. Alphonsine était d’une infinie tristesse car, à huit jours près, Sarah et Ruben Chemtov auraient pu échapper à la milice. Dès le lendemain de la tragédie, M. Maury, en utilisant ses connaissances, avait réussi à obtenir des informations. Les malheureux avaient été envoyés au camp de rassemblement et de transit de Drancy situé en banlieue parisienne. C’était un lieu destiné aux Juifs de France, en vue d’y être déportés vers l’Allemagne. Lorsqu’Alphonsine apprit cette effroyable nouvelle, elle s’effondra de nouveau.

La très dévouée Mme Morel l’avait aidée à effacer les traces du passage de la Gestapo. Alphonsine, qui avait retrouvé le candélabre à sept branches et la mezouzah négligemment jetés au sol, les avait respectueusement placés sur le manteau en marbre de la cheminée du salon. Lorsque le couple rentrerait, ils seraient heureux de les revoir. Depuis leur départ, elle tournait en rond comme un lion en cage et ne pouvait s’empêcher de ressasser les images du tragique moment où on les avait emmenés de force : Mme Chemtov, vêtue d’un simple peignoir, son époux chaussé de pantoufles descendant tous deux dignement l’escalier sous le regard de leurs voisins impuissants. Pas une minute ne s’écoulait sans qu’elle songe à eux. Où étaient-ils ? Étaient-ils bien traités au moins ?

Les rumeurs les plus folles circulaient à propos du camp où ils étaient retenus. Certains déclaraient que c’était l’antichambre de la mort où régnait une atmosphère de terreur et que tous ceux qui transitaient dans ce lieu ne revenaient jamais. Alphonsine n’osait y croire et priait pour qu’il s’agisse de ragots infondés.

Dans l’après-midi du 10 août, Julien, qui logeait avec elle depuis le drame pour ne pas la laisser seule, fit une entrée fracassante pour lui annoncer que les Francs-tireurs et partisans venaient de placarder dans toute la ville un appel : « En avant pour la bataille de Paris ». Alphonsine frémit. Qu’allait-il se passer ? Comment des Parisiens non armés pouvaient-ils repousser l’envahisseur ?

Les premiers à se soulever furent les cheminots qui votèrent la grève générale. Puis, ce fut au tour des employés du métro et, dans la foulée, les postiers et les métallurgistes suivirent le mouvement. Le 17 août, plus aucun service public n’était assuré. Seul le téléphone fonctionnait encore, car les Allemands avaient habilement réussi à garder la main sur les centrales téléphoniques. Contre toute attente, la police, celle-là même qui avait orchestré la rafle du Vélodrome d’Hiver, s’était jointe aux grévistes. Ce retournement de veste de la maréchaussée en avait choqué plus d’un, mais l’heure n’était pas aux règlements de comptes : il fallait tous s’unir pour agir.

Dans la foulée, le 18 août, Henri Tanguy, dit « Rol-Tanguy », un membre dirigeant communiste de la Résistance, avait officiellement lancé l’appel à la mobilisation générale. Le 19 août au matin, plus de deux mille policiers en civil munis de leur arme de service s’étaient emparés de la préfecture. Les Parisiens pouvaient à nouveau admirer le drapeau tricolore flotter en haut d’un des symboles de la République française. En milieu d’après-midi, le gouverneur militaire de Paris, le général von Choltitz, ordonna une contre-attaque pour reprendre le bâtiment mais, assaillis par les résistants, les Allemands se replièrent très vite. La population exultait.

À partir du 20 août, les habitants à leur tour répondirent présents. En moins d’une semaine, ils avaient réussi l’exploit d’ériger au point stratégique des rues six cents barricades. Partout dans la capitale, hommes, femmes et enfants avaient abattu des arbres, déplacé des sacs de sable et arraché des pavés pour bloquer les forces ennemies. Alphonsine et tous les occupants de l’immeuble avaient eux aussi retroussé leurs manches pour participer à ce formidable effort collectif. Dans la même semaine, l’Hôtel de Ville fut repris aux nazis et le buste de Pétain, aussitôt retiré. Le 22 août, les résistants, qui entre-temps avaient réquisitionné les imprimeries, distribuèrent triomphalement le journal Le Parisien libéré avec, en gros titre, « La victoire de Paris est en marche » !

Le commandant Hohenburg, qui avait assisté, impuissant, à tous ces épisodes, ne savait plus où donner de la tête. Tout était fichu. L’heure était venue pour les Allemands de déguerpir. Mais avant, il lui fallait impérativement brûler tous les documents compromettants et effacer toutes les traces de son passage. Au milieu de cette pagaille interne, il avait du mal à supporter les ordres contradictoires hurlés par ses sous-officiers et les pleurs incessants de sa secrétaire. Il perdait patience. Comment les Allemands, ce peuple courageux et fier, en étaient-ils arrivés là ? Comment Hitler avait-il pu se tromper à ce point ? Le calendrier affichait la date du 23 août 1944. Il n’avait plus le choix : demain, il serait obligé de fuir lui aussi pour rejoindre au plus vite Berlin.

Hitler avait certainement un plan B.

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