Manifestes du surréalisme
Chapitre 17
Par un magnifique après-midi de septembre, deux hommes devisaient dans un parc, d’amour naturellement puisqu’on était en septembre, à la fin d’une de ces journées de poussière qui prêtent aux femmes de si minuscules bijoux, que leurs servantes ont grand tort le lendemain de jeter par la fenêtre, en se servant pour les décrocher d’un de ces ins-truments de musique dont le son m’a toujours été si particu-lièrement à cœur et que l’on appelle brosses.
Il y a plusieurs sortes de brosses, parmi lesquelles je ci-terai pour être incomplet la brosse à cheveux et la brosse à reluire. Il y a aussi le soleil et le gant de crin mais ce ne sont pas des brosses à proprement parler.
Les deux hommes se promenaient donc dans le parc en fumant de longs cigares qui bien qu’en partie consumés, me-suraient encore, l’un un mètre dix, l’autre un mètre trente-cinq. Expliquez cela comme vous pourrez quand je vous au-rai dit qu’ils les avaient allumés en même temps. Le plus jeune, celui dont la cendre était une femme blonde qu’il apercevait très bien en baissant les yeux, et qui faisait montre d’une exaltation inouïe, donnait le bras au second dont la cendre, une femme brune, était déjà tombée.
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