Manifestes du surréalisme

André Breton · Chapitre 38 sur 45

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Manifestes du surréalisme

Avant, Après

 

 

Préoccupé de la morale, c’est-à-dire du sens de la vie, et non de l’observance des lois humaines, André Breton, par son amour de la vie exacte et de l’aventure, redonne son sens propre au mot « religion ».

 

Robert Desnos.

« Intentions. »

 

Cher ami, mon admiration pour vous ne dépend pas d’un soulèvement perpétuel de vos « vertus » et de vos torts.

 

Georges Ribemont-Dessaignes.

« Variétés. »

 

– 228 –

Mon cher Breton, il se peut que je ne rentre jamais en France. Ce soir j’ai insulté tout ce que vous pouvez insulter. Je suis tué. Le sang me coule par les yeux, les narines et la bouche. Ne m’abandonnez pas. Défendez-moi.

 

Georges Limbour.

21 juillet 1924.

 

Arrive Paris merci.

 

Limbour.

23 juillet 1924.

 

… Je sais exactement ce que je te dois et je sais aussi que ce sont les quelques notions que tu m’as apprises au cours de nos conversations qui m’ont permis d’aboutir à ces constatations. Nous suivons des chemins bien parallèles. Je voudrais que tu croies sincèrement que mon amitié pour toi n’est pas une question de sourire.

 

Jacques Baron.

1929.

 

Je suis parmi les amis d’André Breton en fonction de la confiance qu’il me porte. Mais ce n’est pas une confiance. Personne ne l’a. C’est une grâce. Je vous la souhaite. C’est la grâce que je vous souhaite.

 

Roger Vitrac.

Le Journal du Peuple.

 

– 229 –

Et la dernière vanité de ce fantôme sera de puer éternel-lement parmi les puanteurs du paradis promis à la prochaine et sûre conversion du faisan André Breton.

 

Robert Desnos.

Un cadavre, 1930.

 

Le deuxième manifeste du surréaliste n’est pas une révé-lation, mais c’est une réussite.

 

On ne fait pas mieux dans le genre hypocrite, faux frère, pelotard, sacristain, et pour tout dire : flic et curé.

 

Georges Ribemont-Dessaignes.

Un cadavre.

 

Cela me fera plaisir de le voir saigner du nez.

 

Georges Limbour.

Décembre 1929.

 

– 230 –

C’était l’intègre Breton, le farouche révolutionnaire, le sévère moraliste.

 

Eh oui, un joli coco !

 

Esthète de basse-cour, cet animal à sang-froid n’a jamais apporté en toutes choses que la plus noire confusion.

 

Jacques Baron.

Un cadavre.

 

Quant à ses idées, je ne crois pas que personne les ait jamais prises au sérieux, sauf quelques critiques complai-sants qu’il flagornait, quelques potaches sur le retour, et quelques femmes en couches en mal de monstres.

 

Roger Vitrac.

Un cadavre.

 

– 231 –

Décidés à user, voire à abuser en toute occasion de l’autorité que donne la pratique consciente et systématique de l’expression écrite ou autre, solidaires en tous points d’André Breton et résolus à faire passer en application les conclusions qui s’imposent à la lecture du SECOND MANIFESTE DU SURRÉALISME, les soussignés, qui ne se font aucune illusion sur la portée des revues « artistiques et littéraires », ont décidé d’apporter leur concours à une publica-tion périodique qui, sous le titre :

 

LE SURRÉALISME

AU SERVICE DE LA RÉVOLUTION

 

non seulement leur permettra de répondre d’une façon actuelle à la canaille qui fait métier de penser, mais préparera le détourne-ment définitif des forces intellectuelles aujourd’hui vivantes au profit de la fatalité révolutionnaire.

 

MAXIME ALEXANDRE,

ARAGON,

JOË BOUSQUET,

LUIS BUÑUEL,

RENÉ CHAR,

RENÉ CREVEL,

SALVADOR DALI,

PAUL ÉLUARD,

MAX ERNST,

MARCEL FOURRIER,

CAMILLE GŒMANS,

PAUL NOUGÉ,

BENJAMIN PÉRET,

 

– 232 –

FRANCIS PONGE,

MARCO RISTITCH,

GEORGES SADOUL,

YVES TANGUY,

ANDRÉ THIRION,

TRISTAN TZARA,

ALBERT VALENTIN.

 

1930

 

– 233 –