Nom de Code: Bélier (Série Linear Tactical t. 13) (French Edition)

Chapitre 8

 

 

Wavy s’était dit que renverser de la tarte sur Ian DeRose, puis lui essuyer l’entrejambe, était la chose la plus embarrassante qu’elle aurait pu faire devant lui. Elle avait pensé la même chose quand elle l’avait attaqué avec le plateau. Et une dernière fois encore, quand il avait dû dégrafer son soutien-gorge attaché par l’épingle à nourrice, lui prouvant par là même qu’elle n’était pas suffisamment adulte pour se souvenir de s’acheter des sous-vêtements quand elle en avait besoin.

En fait, elle s’était sentie encore plus idiote en essayant simplement de faire quelque chose de gentil pour lui.

Elle ne pouvait pas dire qu’il s’était montré grossier en acceptant la tarte. Il l’avait prise, l’avait remerciée… avant de lui fermer rapidement la porte au nez. Ce n’était pas impoli, mais pas non plus la reconnaissance d’une quelconque proximité entre eux.

Il n’y avait plus trace de l’homme qui s’était si délicatement occupé de ses pieds. Ou qui, dans cette petite grotte, s’était débattu contre un démon qu’elle n’avait pas vu.

Ian avait des choses plus importantes en tête. Wavy en avait conscience. Bon sang, les tirs qui les avaient visés le prouvaient. Mais elle s’était quand même sentie idiote quand il lui avait fermé la porte au nez. Elle avait eu envie de pleurer, mais elle s’était efforcée de se contenir et avait fait ce qu’elle faisait toujours à la place.

Elle avait peint.

Son studio au-dessus du magasin de jardinage ne pouvait pas être qualifié d’appartement, loin s’en faut. C’était un grand espace, ce qui était génial, mais il n’était pas classifié en zone résidentielle. Il y avait un évier dans un coin, et elle avait installé un lit de camp de l’autre côté, ainsi que des toilettes à peine fonctionnelles, séparées du reste de la pièce par une simple paroi.

Le chef des pompiers lui avait expliqué que personne n’était autorisé à vivre ici, aussi n’en faisait-elle pas son adresse permanente. C’était pourtant là qu’elle passait presque tout son temps lorsqu’elle ne travaillait pas. Légalement, elle vivait toujours avec sa mère. Ce qui était encore plus pathétique que de vivre dans un bâtiment interdit aux humains.

Wavy ne pouvait pas dire qu’elle aimait cet espace : l’éclairage n’était pas très bon, il faisait chaud en été et froid en hiver, mais il lui permettait au moins de faire ce qu’elle aimait, et qu’elle allait faire maintenant.

Elle prit une nouvelle toile qu’elle posa sur le chevalet. Elle essayait de ne pas penser au minuscule tableau qu’elle avait laissé pour Ian dans la boîte avec la tarte. Il faisait à peu près la même taille qu’un post-it. Elle l’avait peint pour lui un peu plus tôt dans la journée, et elle avait eu envie de le lui offrir.

Elle aimait les couleurs, et il avait besoin d’en avoir plus dans sa vie. En revanche, ce dont il ne semblait pas avoir besoin, c’était d’elle dans sa vie. Voilà ce qui lui avait fait mal quand il lui avait fermé la porte au nez sans un mot gentil.

Elle observa la toile blanche devant elle. Elle savait qu’elle aurait dû s’entraîner à peindre des pièces plus classiques. Des choses qui pourraient lui permettre de gagner de l’argent et de vivre de son art un jour. Mais aujourd’hui, elle voulait davantage de couleurs.

Elle prit ses peintures et se mit au travail. Au départ, ses coups de pinceau étaient timides, avec des couleurs plutôt douces. Mais ça n’allait pas. Ce n’était pas ce qu’elle voulait.

Elle attrapa ses rouges, ses violets, et accentua ses coups de pinceau. Au diable la douceur dans les couleurs et les gestes.

Wavy était furieuse.

Elle ne se mettait pas souvent en colère, mais à cet instant, elle ne voyait rien d’autre, et elle était incapable de peindre autre chose.

Ian DeRose se permettait de lui claquer la porte au nez alors qu’elle se montrait gentille ? Parfait. C’était son choix.

Cette peinture était la sienne. Au moins, elle ne faisait de mal à personne.

Sa mère l’appela, elle le sut à la sonnerie. Mais elle l’ignora. Lexi l’appela ensuite, et elle ne répondit pas non plus. Cela n’arrivait pas souvent, mais elle ne voulait parler à personne pour le moment.

D’autres couleurs profondes tournoyèrent sur la toile, recouvrant les pastels avec lesquels elle avait commencé.

Rapidement, elle se rendit compte qu’elle était aussi en colère contre elle-même. Ian n’avait rien fait de mal, pourquoi fallait-il qu’elle soit si bouleversée ? Pourquoi se souciait-elle de ce qu’il faisait ? Il ne lui devait rien.

Mais que ce soit logique ou non, ses émotions bouillonnaient à cause de lui. Elle comprit que l’explosion d’un bleu profond qu’elle avait créée au centre de la toile était Ian, sa froideur. Son contrôle. Puis tous les traits qui dansaient autour de lui représentaient les émotions qu’elle semblait incapable de contenir auprès de lui.

Wavy ne savait pas combien de temps elle avait passé sur sa toile. Assez longtemps pour avoir les bras lourds, et que ses coups de pinceau se fassent moins audacieux, moins furieux.

Des coups frappés à la porte l’obligèrent finalement à se détourner de son œuvre. Elle regarda par l’une des petites fenêtres. L’après-midi touchait déjà à sa fin.

— J’arrive ! cria-t-elle.

Ce devait être un de ses frères, ou… En fait, c’était forcément un de ses frères. En dehors de sa mère et de Lexi, ils étaient les seuls à connaître cet endroit. Et ni maman ni Lexi ne frapperaient comme un chimpanzé fou.

Encore un coup. Bon sang. Wavy ouvrit la porte d’un coup sec.

— Mais pourquoi est-ce que tu…

Ian.

Il était légèrement en sueur, et il avait un début d’œil au beurre noir. Il tenait le petit tableau qu’elle avait glissé dans la boîte à tarte.

— Qu’est-ce que c’est ? lui demanda-t-il.

Elle voulut le lui arracher de la main, mais il le retira trop vite.

— Rien. Donne-le-moi.

— Non. Dis-moi ce que c’est.

— À quoi est-ce que ça ressemble, abruti ? C’est un tableau. J’ai dû le glisser accidentellement dans la boîte. Ça arrive.

Cela valait mieux que de lui avouer qu’elle avait pensé qu’il avait besoin de plus de couleurs dans sa vie.

— Merci de me l’avoir rapporté.

Elle tendit la main pour qu’il le lui rende, mais il n’en fit rien. Elle tenta de fermer la porte.

Il la retint avec sa main.

— Je suis désolé, Wavy.

— Tu ne me dois pas d’excuses. Tu ne me dois rien, DeRose. Je ne sais pas comment tu m’as trouvée ici, mais merci d’être passé.

Elle voulut refermer la porte. Encore une fois, il la bloqua.

— Je peux entrer ?

— Pourquoi ? Ce n’est pas nécessaire. Je comprends. Tu n’es pas là pour moi. Tu es ici pour le travail. Tu es ici pour arrêter Mosaïque.

Il parut surpris.

— Quoi ? demanda-t-elle. Tu croyais que je n’avais pas compris ?

— En gros, tu viens de dire exactement ce que je ne cesse de me répéter depuis trente-six heures.

— Génial. Alors si on le dit tous les deux, c’est que ça doit être doublement vrai. Merci d’avoir ramené le petit tableau. J’espère que tu as apprécié la tarte.

Son bras ne bougeait pas de la porte, et il la maintenait ouverte avec une facilité remarquable compte tenu de l’effort considérable qu’elle faisait pour essayer de la fermer.

— Wavy, je suis désolé. Tu as fait quelque chose de gentil pour moi, et j’ai agi comme un con.

Elle poussa un soupir.

— Tu n’as pas agi comme un con. Tu t’es montré poli. Tu n’as rien fait de mal.

— J’ai fait quelque chose de mal, et nous le savons tous les deux. À vrai, dire, même Landon le sait, ajouta Ian en levant la main pour toucher son œil avec précaution. Lui et moi avons passé les deux dernières heures sur le ring d’entraînement. Ton frère et Zac Mackay ont pris un malin plaisir à nous voir nous battre.

Wavy cessa de repousser la porte.

— Vous vous êtes battus ?

Il haussa les épaules.

— On s’entraînait. Il y a une différence. Nous devions évacuer un peu de notre stress. Rien ne va plus depuis la dernière fois que je t’ai vue. Nous n’avons cessé de subir des contretemps avec Mosaïque.

Il était stressé. Il prenait ce truc avec Mosaïque très au sérieux. Qui était-elle pour être contrariée qu’il ne veuille pas passer du temps avec elle alors qu’il avait tant d’autres choses importantes à faire ?

— Écoute, dit-elle avant de soupirer. Vraiment, c’est bon. Il n’y a pas de mal. J’espère que tu as aimé la tarte.

— Landon a refusé de m’en laisser, répondit Ian d’un air penaud. Il a dit que je ne la méritais pas après la manière dont je t’ai traitée.

— Ouah. Pas de tarte. Quelle punition sévère.

Elle ne pouvait pas rester en colère, ce n’était pas dans son ADN. Elle s’écarta de la porte et lui fit signe d’entrer avec son pinceau.

— J’ai fait disparaître le sourire de ton visage. C’était un coup bas. Sourire, c’est ton état naturel. Et t’avoir pris ça…

Il avança de quelques pas, passant ses doigts dans son épaisse tignasse qui resta dressée sur sa tête, avant de se tourner vers elle avec un haussement d’épaules.

— Je ne suis pas doué pour la douceur. Je ne suis pas doué avec les choses fragiles. Landon est génial pour ça.

Elle pointa le bout de son pinceau vers lui, retrouvant une partie de sa chaleur.

— Doux et fragile, ce n’est pas la même chose.

Il acquiesça.

— Tu as raison. Ce n’est pas la même chose. Et tu n’es pas fragile, tu l’as déjà prouvé. Mais tu es douce.

— Je ne vais pas m’excuser pour ça.

— Jamais je ne voudrais que tu le fasses.

— J’aime rire, sourire, vivre. Ma vie est remplie de couleurs.

Il fit un pas vers elle.

— Je le sais. Je l’ai su dès l’instant où tu as essayé de m’assommer avec ce plateau.

Il avança encore, et instinctivement, elle recula. Pas parce qu’il l’effrayait, mais parce que… elle ne savait pas pourquoi.

Parce que sa présence près d’elle était irrésistible. Elle ne savait pas ce qu’il y avait chez lui. Toute sa vie, elle avait côtoyé des mâles alpha, mais Ian DeRose était différent. Ce qu’elle ressentait pour lui était différent.

Il était temps de remettre cette conversation sur le droit chemin.

— Merci pour les excuses. J’apprécie. Mais je sais que tu n’es pas ici à cause de moi. Tu as des choses plus importantes en tête.

Merde, il avança encore d’un pas. Wavy était partagée entre le besoin de reculer pour se protéger, et celui de le toucher, de lui faire ressentir la douceur. La couleur.

— Je ne suis peut-être pas ici à Oak Creek à cause de toi, murmura-t-il, mais si je suis dans ce bâtiment en ce moment-même, c’est pour toi.

— Pourquoi ?

Le besoin de le toucher l’emporta. Les doigts de Wavy remontèrent le long du bras de Ian, sur ses muscles tendus.

— Pourquoi es-tu là, Ian ?

— Parce que je ne peux pas rester loin de toi. Parce que je ne veux pas rester loin de toi. Parce que je veux t’inviter à sortir. Parce qu’il fallait que je sache si tu es aussi douce que tu en as l’air.

Son bras s’enroula autour de la taille de la jeune femme, et il l’attira plus près. Sans brusquerie. Si elle avait fait un pas en arrière, il l’aurait laissée partir.

Mais ce n’était absolument pas ce qu’elle avait envie de faire. Elle voulait le toucher, pas seulement pour qui ressente son contact, mais parce qu’elle voulait sentir le sien.

Son baiser ne fut pas doux. Manifestement, il avait combattu toute la journée : contre des méchants, des amis, lui-même… et il avait atteint la limite de son contrôle. Mais c’était ce qui rendait le baiser encore plus attirant.

Wavy passa les bras autour de son cou, le pinceau toujours serré dans son poing tandis qu’il la plaquait contre lui. Le baiser s’intensifia : c’était chaud, c’était brut, c’était sincère. Tout ce que cet homme était.

— Tu l’es, lui dit-il quand ses lèvres se détachèrent enfin de celles de la jeune femme quelques secondes plus tard.

Ils étaient tous les deux essoufflés.

— Je suis quoi ?

Elle n’arrivait pas à se rappeler son propre nom, et encore moins de ce dont ils avaient parlé avant que les lèvres de Ian ne se posent sur les siennes.

— Tu es aussi douce que tu en as l’air, Wavy Bollinger. Ça ne devrait pas me surprendre. Ça ne me surprend pas.

— Oh.

Elle voulut trouver quelque chose de plus profond à dire, mais en vain.

Il recula un peu, laissant glisser ses doigts le long de ses bras, et jeta un coup d’œil autour de lui. Manifestement, il essayait de ralentir un peu le rythme.

— Je veux sortir avec toi. C’est pour ça que je suis venu ici. Pour m’excuser et me faire pardonner avec un dîner. Bientôt. Si tu veux bien me laisser faire.

— Tu n’as pas à faire ça.

— J’en ai envie.

Wavy ne comptait pas contester, puisque c’était ce qu’elle voulait aussi.

— Alors oui, je vais sortir avec toi un de ces jours.

Il sourit, et elle ne put s’empêcher de sourire à son tour.

— Alors, c’est ton atelier. Tu vis ici aussi ?

— La plupart du temps, dit-elle, mais n’en parle pas au capitaine des pompiers. On n’est pas en zone résidentielle.

— Ça te dérange si je regarde ?

Wavy n’allait pas mentir, cela la rendait nerveuse. Quatre-vingts pour cent de l’espace était occupé par ses peintures. S’il faisait un commentaire négatif, cela la blesserait. Mais d’un signe de tête, elle lui donna l’autorisation. Elle avait besoin de prouver, sans doute à tous les deux, qu’elle avait dit vrai en affirmant qu’elle était douce mais pas fragile.

Les pièces qu’elle avait présentées à l’agent artistique qui l’avait rejetée étaient toujours sorties, les plus en vue. Ian les regarda en premier, les étudiant pendant un long moment.

— Je ne suis pas vraiment un expert en art. Tu aimes peindre des natures mortes comme celle-ci ? Des paysages ?

Non, elle n’aimait pas ça. Ils l’ennuyaient, mais elle savait aussi que c’était sans doute le meilleur moyen pour elle de gagner sa vie en tant qu’artiste.

— C’est ce que j’ai appris à faire et à privilégier à l’école d’art. En général, c’est ce qu’il y a de plus viable d’un point de vue commercial.

Il hocha la tête.

— C’est compréhensible. C’est ce que tu veux ? Gagner ta vie en tant qu’artiste ? J’ai remarqué que tu n’as pas vraiment évoqué ton art les dernières fois que nous avons parlé.

— J’aimerais gagner ma vie avec mon art plutôt qu’en étant serveuse, bien sûr.

Profitant que son attention était concentrée ailleurs, elle fit pivoter le chevalet sur lequel elle était en train de travailler avec son pied. Ainsi, il serait moins susceptible de voir le travail en cours du jour.

— Mais je n’ai pas l’impression que cela va se produire.

— Mais ces tableaux ne t’excitent pas, dit-il en pointant les deux devant lui.

— Honnêtement ? répondit-elle avec un haussement d’épaules. Non, pas vraiment.

— Sur quoi travaillais-tu quand j’ai frappé à la porte ? Tu as mis du temps à répondre, comme si tu étais prise par ce que tu faisais, et que ça t’agaçait d’être interrompue. En plus, tu as de nouveau ton arc-en-ciel.

— Mon arc-en-ciel ?

Il s’approcha et remonta son poignet, de sorte qu’elle voie le motif de peinture.

— Tu en as un aussi sur la joue. Double arc-en-ciel.

— Ouais, parfois je me salis.

— Vas-tu me montrer ce que tu as peint aujourd’hui ?

S’il n’aimait pas ses natures mortes, il n’allait sûrement pas apprécier ses œuvres abstraites.

— Si tu veux. Tant que tu promets de ne pas rire.

— C’est promis.

Ses yeux bruns brûlaient d’un éclat sincère.

Elle se dirigea vers son chevalet et fit tourner sa masse de couleurs pour qu’il puisse la voir. « Masse » était vraiment la seule manière de décrire son travail. Des oranges et des rouges, quelques violets, avec une touche de bleu et du vert.

Il garda le silence, les yeux rivés sur la peinture.

— Je ne sais pas pourquoi je peins comme ça, finit-elle par dire, vu qu’il ne décrochait pas un mot.

Elle devait quand même lui accorder qu’il n’avait même pas eu un rictus.

— Moi, je sais, répondit-il, fixant la toile. C’est toi. Sur une toile. C’est éclatant, vivant. Passionné.

— Eh bien, le seul agent artistique à qui je l’ai montré pensait que jamais les gens ne voudraient l’acheter. Que c’était bidon.

— Alors cet agent artistique était un idiot, répondit Ian. Je préfèrerais mille fois l’acheter plutôt que le paysage le mieux exécuté.

Il se rapprocha de la toile qu’il étudiait toujours.

— Tu étais en colère. Ça se voit au choix des couleurs.

— Ouais, avoua-t-elle, j’étais plutôt en colère quand j’ai commencé cette toile.

Il observa les violets et les verts, qu’il frôla de ses doigts.

— Tu étais blessée, aussi.

À présent, c’était lui qu’elle fixait.

Il la voyait, elle, dans la peinture. En quelques secondes, il avait vu au-delà de l’aspect flou, et compris ce que la toile représentait vraiment : elle. C’était déconcertant. C’était… ce qui la rendait nerveuse au sujet de Ian. Il en voyait trop.

Il se tourna face à elle.

— Je n’aime pas me dire que tu es en colère ou blessée, mais je ne peux pas mentir. J’aime savoir que je fais naître une telle passion en toi.

Impossible de ne pas voir la chaleur dans ses yeux. Quel genre de couleurs choisirait-elle si elle était surprise en train de lui faire l’amour ? La langue de Wavy effleura ses lèvres, et les yeux de Ian se posèrent sur sa bouche.

Il ne fallait pas être un génie pour voir qu’il pensait à la même chose. Il fit un pas de plus et tendit la main vers elle.

Mais alors, son téléphone sonna. Ian garda les yeux rivés sur elle en portant l’appareil à son oreille.

— Mieux vaudrait pour toi que tu sois sur le point de me dire que c’est la fin du monde. Sinon, je raccroche tout de suite, putain.

Wavy n’entendait pas ce qui se disait à l’autre bout du fil, mais elle savait sans le moindre doute qu’il parlait à Landon. Il détourna son regard d’elle en écoutant son ami. Peut-être que c’était vraiment la fin du monde.

— D’accord. J’arrive tout de suite.

Il raccrocha.

— Que s’est-il passé ? demanda Wavy.

— Kendrick et Neo ont finalement réussi à avancer avec le disque dur sur lequel ils travaillaient dans l’affaire Mosaïque, mais il y a une urgence. Il y a une réunion de tous les hommes disponibles chez Linear Tactical.

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