Nom de Code: Bélier (Série Linear Tactical t. 13) (French Edition)
Chapitre 3
Le lendemain, Landon et Ian étaient en route pour Reddington City, la plus grande ville de l’ouest du Wyoming. C’était à peu près la seule ville de l’ouest du Wyoming.
Ils s’y étaient déjà rendus une fois, lui couvert de tarte, pour retrouver Kendrick à la planque où il essayait toujours de cracker le disque dur. Ian n’était pas surpris de voir qu’il était bien plus difficile d’accès que ce que tout le monde aurait cru.
Mosaïque n’était pas du genre à faciliter les choses aux gens.
Il avait eu envie de prendre le disque et de le donner à ses employés pour qu’elle s’en occupe, mais le chef de son équipe technique lui avait assuré que si Kendrick et sa petite amie Neo n’en étaient pas capables, les nerds de Zodiac ne parviendraient pas non plus à le cracker. « Hackers d’élite chapeau blanc », voilà le terme que sa chef d’équipe avait utilisé pour les décrire, dont le ton montrait très clairement l’admiration qu’elle leur portait. Elle avait même plaisanté sur le fait de leur demander un autographe.
Du moins, il pensait qu’elle plaisantait.
Kendrick et Neo continuaient donc leur vaudou informatique. Landon et Ian étaient en route pour aller inspecter un bâtiment dont ils soupçonnaient qu’il servait de vitrine à Mosaïque, et qui possédait sans doute un étage souterrain secret.
Son équipe de techniciens avait passé la nuit à rassembler autant de détails que possible sur le bâtiment Hemingway. Le niveau de sécurité électronique et du personnel était bien trop élevé pour un bâtiment abritant quelques cabinets d’avocats, une entreprise de comptabilité et une agence de voyages.
Aux dernières nouvelles, aucun d’entre eux n’avait besoin de gardes avec des Uzis et des codes électroniques rivalisant avec les bases militaires. Ce qui signifiait que Mosaïque protégeait quelque chose. Ian voulait savoir ce que c’était.
Landon et lui avaient décidé de ne pas attendre. Ils y allaient eux-mêmes. Landon se ferait passer pour un riche homme d’affaires désireux de louer tout un étage de bureaux, pendant que Ian accèderait au niveau caché pour voir ce qu’il pourrait trouver.
Ils auraient dû passer en revue les détails de la mission pour être le plus efficaces possible, mais Landon préférait l’engueuler au sujet des dix-huit heures qu’ils avaient passées à Oak Creek.
Plus précisément, les minutes impliquant Wavy Bollinger.
— Tout ce que je dis, c’est que tu ne l’as pas empêchée de te frapper avec le plateau.
Ian leva les yeux au ciel avec un soupir résigné.
— Tu n’étais pas là. Comment sais-tu qu’elle n’a pas eu l’avantage sur moi ?
Landon ricana.
— C’est une civile sans formation qui pèse vingt kilos toute mouillée, dont la moitié pour son sourire. Je t’ai vu descendre des types entraînés deux fois plus grands qu’elle en combat à mains nues et au subterfuge.
Ian restait focalisé sur sa conduite.
— Elle a peut-être eu de la chance.
Ou peut-être qu’il savait qu’arrêter le plateau aurait signifié qu’il pouvait la blesser. Ou du moins, lui couper le souffle en la projetant contre ce mur.
Ian n’avait pas voulu faire ça.
Mais il n’avait absolument aucune envie de l’expliquer à Landon maintenant. Surtout qu’il ne le comprenait pas lui-même.
Il y avait quelque chose dans le sourire de Wavy.
Il ne comprenait pas pourquoi, mais par pur instinct, son corps avait refusé de mettre son entraînement en application. Et à la seconde où il avait réalisé que c’était elle, il s’était arrêté.
— Peut-être que j’ai voulu me comporter en gentleman, marmonna-t-il enfin.
Landon laissa échapper un soupir.
— En fait, je me sentirais mieux si c’était ça.
— Pourquoi ?
— Mieux vaut être un gentleman qui refuse de blesser une dame que d’être déconcentré à cause de l’adversaire que nous allons affronter.
— Je vais bien, protesta Ian.
— Tu n’as toujours pas digéré toutes les conséquences de ton dernier affrontement avec Mosaïque, et tu le sais.
— Je ne laisserai pas cela m’affecter.
— Ian, tu es mort plusieurs fois, putain. Comment veux-tu que cela ne t’affecte pas aujourd’hui ?
— Ce n’est pas la même chose. Cette partie de Mosaïque est morte. Alors laissons-la de côté.
Landon voulait dire autre chose. Ian le savait. Mais ils n’avaient pas le temps de s’offrir une séance de thérapie. Et Dieu savait qu’il en avait eu un certain nombre au cours des trois dernières années, depuis sa première confrontation avec l’organisation criminelle. Il s’était efforcé de retrouver une certaine stabilité mentale, tout en veillant à ce que personne ne sache qu’il se réveillait en sueur et paniqué presque toutes les nuits.
Landon était inquiet, et pourtant il n’était pas au courant du pire.
— Je me comportais en gentleman, insista Ian. Ou du moins, je n’ai pas voulu être l’enfoiré qui lui aurait fait du mal.
Landon sourit.
— Dans ce cas, laisse-moi t’expliquer les subtilités de la technique connue sous le nom de « lustrer, frotter ». Tu pourrais vouloir t’en servir sur ton amie serveuse.
— Je vais vous la laisser à Sergot et toi. Concentrons-nous sur la mission.
Parce qu’il n’allait certainement pas sortir avec Wavy Bollinger, en dépit de ce qu’il y avait eu entre eux au moment où il l’avait repoussée contre le mur. Il ne savait pas ce qu’il allait faire quand il aurait pénétré son espace personnel.
La prévenir qu’il était dangereux, et qu’elle ferait mieux de ne pas lui sourire comme ça ?
Lui dire que son instinct ne l’avait pas trompée, que Ian n’appartenait pas à Mosaïque, mais qu’il était sans le moindre doute dangereux pour quelqu’un comme elle ?
Se noyer dans ses immenses yeux verts pendant qu’il l’embrassait à en perdre la raison ?
Au lieu de cela, il lui avait donné des conseils pour l’attaquer plus efficacement la prochaine fois. Au final, c’était sans doute la meilleure chose à faire pour eux deux.
Compte tenu de qui il était et de ce qu’il faisait, aucun contact avec une autre personne n’était désinvolte, surtout pas avec une femme. Mais cette appréciation sincère dans les yeux de Wavy, avant qu’elle ne veuille l’assommer, l’avait pris au dépourvu.
Elle n’avait aucune idée de qui était Ian.
Certaines femmes étaient attirées par le pouvoir que lui conférait sa position chez Zodiac. D’autres aimaient savoir qu’elles étaient avec un ancien Navy SEAL. Presque toutes étaient attirées par son compte en banque.
Wavy avait été attirée par le type qui était venu prendre un café dans son restaurant.
Cela n’avait pas d’importance. Il ne se passerait rien.
— Trouvons les infos dont nous avons besoin avant de nous tirer de ce foutu État, dit-il.
— Compris, boss. Mais si on ne peut pas aborder ton passé avec Mosaïque, est-ce qu’on pourrait au moins parler de toi qui souriais ce matin au Diner ?
Ian jeta un regard à Landon.
— Je n’ai pas souri à Wavy ce matin.
Il avait fait très attention à ne pas le faire. D’une part, il n’était pas un type très souriant, et ensuite, il ne voulait pas donner l’impression à quiconque qu’il était ici pour autre chose que les affaires.
Mais, bon sang, c’était difficile de ne pas sourire à Wavy Bollinger. Elle en offrait un à toutes les personnes qu’elle voyait, qu’elle les connaisse bien ou non. Elle plaisantait, mettait les gens à l’aise, comme s’ils étaient chez eux. Tout le monde l’appréciait.
— Tu ne lui as pas souri à elle, insista Landon. Tu as souri quand nous sommes entrés au Frontier et que tu as vu qu’elle travaillait. C’était ce mignon petit sourire qui disait « Oh, mon Dieu, mon crush et son plateau sont ici ».
Landon n’avait pas tort. Ian avait souri. Parce qu’il avait été ravi que Wavy travaille ce matin, et de la voir. Aussi fou que cela pouvait paraître, il y avait quelque chose dans sa présence qui… apaisait une partie de lui.
Elle avait discuté avec eux pendant un long moment, même si elle était un peu gênée à cause de l’incident du plateau.
Elle lui avait apporté une part de tarte. Même si c’était l’heure du petit-déjeuner. Mais quand leurs regards s’étaient croisés, Ian n’avait plus pensé qu’à une seule chose : la sensation de ses doigts sur lui la veille quand elle essuyait la tarte. Et à quel point cela vaudrait la peine de salir d’autres vêtements pour les sentir à nouveau.
— Ouais, ce sourire-là. Tu penses à elle en ce moment, n’est-ce pas ?
Ian refusait de fournir ce genre d’informations à Landon.
— J’aurais dû te virer il y a des années.
— Tu ne peux pas me renvoyer. J’en sais bien trop. Il faudrait que tu me tues.
— On peut arranger ça, répliqua-t-il.
Mais tous deux savaient que Ian ne pouvait pas diriger Zodiac sans lui. Landon, Sergot, certains des autres membres clés de son équipe… il leur confiait sa vie. S’il mourait, sa fortune et la société Zodiac Tactical perdureraient entre leurs mains expertes. Ils étaient sa famille. Ceux en qui il avait confiance par-dessus tout.
La famille n’était pas toujours de sang, et le sang ne faisait pas toujours une famille. Ian avait appris cette leçon à ses dépens.
— Si tu parles à nouveau de Wavy Bollinger ou de mon passé avec Mosaïque, je vais mettre à exécution ma menace de te tirer dans le cul.
Landon lui envoya un baiser comme lui seul pouvait se permettre de le faire, mais redevint sérieux alors qu’ils se rapprochaient du bâtiment Hemingway.
— Tu es sûr que notre plan est une bonne idée ? Tu as entendu les nerds nous dire que les gadgets électroniques qu’ils nous ont donnés pourraient ne pas fonctionner, n’est-ce pas ?
— Oui, les cinq mille fois où ils l’ont dit. Ian avait conscience que c’était risqué, mais à ce stade, il ne voulait négliger aucune piste qui pourrait leur donner l’avantage sur Mosaïque.
Kendrick et Neo avaient découvert que ce bâtiment, avec son énorme bunker souterrain, avait des liens avec l’organisation. Ils devaient agir rapidement s’ils voulaient des détails.
— Je suis toujours d’avis que tu devrais me laisser descendre dans la partie souterraine pendant que toi tu joues le mec intéressé.
— Je peux le faire. Je n’enverrai pas quelqu’un à qui je tiens dans une situation où il pourrait être capturé par ces criminels.
Même si l’idée de pénétrer dans un réseau de pièces souterraines sans fenêtre le crispait déjà totalement.
— Tu ne peux pas protéger tout le monde à chaque instant, répondit Landon. Ce n’est pas en t’exposant à des risques plus élevés que tu pourras t’assurer que tout le monde est plus en sécurité. Ce serait comme s’immoler par le feu pour garder tout le monde au chaud, ce genre de trucs.
Ian secoua la tête. Ce n’était pas négociable.
— Ils détiennent Bronwyn. Je ne prendrai pas le risque qu’ils s’en prennent à toi aussi.
Landon ne protesta pas davantage. Il était son ami, et Ian lui faisait confiance pour le protéger. Mais au final, c’était lui le patron, et il ne cèderait pas sur ce point.
— De plus, ajouta-t-il, au vu de mon passif avec Mosaïque, je suis bien trop reconnaissable.
— Comme tu veux. Si tu te fais tuer, ce sera sympa d’entendre « Landon Black, PDG de Zodiac Tactical ».
Ian passa devant le bâtiment. Il était plutôt banal en apparence, rien qui attirait l’attention.
Landon poussa un énorme soupir.
— Rien qu’une fois, j’aimerais que quelqu’un affiche un panneau « Les méchants traînent ici », histoire qu’on sache qu’on est au bon endroit.
Ian se gara à l’arrière du bâtiment, près de la porte, et ils sortirent.
— Tu fais ton truc avec les gens, et je vais voir si je peux nous obtenir des informations.
Landon avait un don avec les gens. Il était doué pour les lire, pour leur parler, leur donner ce dont ils avaient besoin, de sorte qu’ils lui fassent confiance. Il n’aurait aucun mal à se faire passer pour un riche snob désireux de louer la moitié du bâtiment, et qui s’attendait à ce que tout le monde lui prête attention pendant qu’il faisait le tour des installations.
Ils placèrent leurs oreillettes et les testèrent. Ian allait jouer l’assistant de Landon, il ferait profil bas et s’éclipserait à l’heure convenue.
— Prêt, dit-il. Enfin, je vais pouvoir être le boss pendant un temps. Comme il se doit.
— Dans tes rêves.
Ils n’avaient pas parcouru plus de trois mètres à l’intérieur qu’un agent de sécurité les rejoignait et leur demandait de passer à travers un détecteur de métaux. Son équipe technique les avait préparés à cela, ils ne portaient donc pas d’armes, du moins pas en métal. Ils avaient tous deux des fléchettes tranquillisantes capables d’assommer un tango pendant quelques heures.
Et ils étaient tous deux capables de tuer l’agent à mains nues avant qu’il n’ait l’occasion de dégainer son arme.
Ils passèrent, et Ian garda la tête plongée dans la tablette électronique qu’il portait pour assurer sa couverture pendant que Landon, à sa manière, faisait du charme à la réceptionniste. Ils patientèrent pendant que le représentant du service de location de l’immeuble les rejoignait dans le hall.
— Monsieur Ashton-Phelps, dit le type en se précipitant pour serrer la main de Landon. C’est très agréable de vous rencontrer en personne. Je suis vraiment ravi que vous ayez pu venir cet après-midi.
Ashton-Phelps ? Ian leva les yeux au ciel tout en gardant la tête baissée. Voilà pourquoi on ne devait jamais laisser Landon choisir sa propre fausse identité.
— Mon nom est Gregory Simmons, poursuivit l’homme. Je vais vous faire visiter les lieux aujourd’hui et répondre à toutes vos questions. Dirigeons-nous par ici vers l’ascenseur.
Landon lui coupa la parole.
— Je suppose qu’il y a une sorte d’ascenseur secondaire ou d’escalier que je pourrais emprunter ? Je ne prendrais pas l’ascenseur commun avec tout le monde si j’installe mon entreprise dans ce bâtiment.
Ian réprima un rire. Landon se comportait comme un cheik à Dubaï, pas un homme d’affaires du fin fond du Wyoming. Mais cela semblait fonctionner avec Simmons.
— Oui, monsieur, dit le jeune homme, passablement impressionné. Il y a deux escaliers, un à chaque extrémité du bâtiment, et il y a effectivement un ascenseur privé dans un hall secondaire.
Landon hocha la tête.
— Alors c’est celui que j’utiliserai.
C’était ce qu’il leur fallait. C’était cet ascenseur qui menait au sous-sol. Il n’était pas certain que Simmons était au courant des activités qui se déroulaient sous ce bâtiment, mais cela n’avait pas d’importance.
Son équipe passait actuellement en revue toutes les personnes qui avaient mis le pied dans cet endroit au cours des six derniers mois. Ils verraient bien si cela les mènerait à des informations utiles.
La seule partie de la sécurité que l’équipe des nerds n’avait pas été en mesure de pirater à distance était l’ascenseur privé lui-même. Si quelqu’un entrait sans carte, des alarmes se déclencheraient. Mais une fois à l’intérieur, ils pourraient contourner le système.
Et Landon venait de leur obtenir un accès sans même l’avoir demandé.
Ian serra les dents quand ils entrèrent dans la cabine, et Simmons mit en route l’ascenseur avec sa carte magnétique. Dès qu’il se mit en marche, il fit semblant de recevoir un mail sur sa tablette.
— Monsieur Ashton-Phelps, dit-il. J’ai reçu un message au sujet de cette situation urgente à Dubaï.
Puisque Landon jouait la carte de l’exagération, autant s’y mettre aussi. Cela l’aidait à ne plus penser aux parois de métal qui menaçaient de se refermer sur lui.
— Bon sang, Struthers, je vous ai dit de vous en occuper.
— Oui, monsieur. Je vais le faire, monsieur. Je ne devrais sans doute pas le faire ici, devant… d’autres personnes.
Ian se détourna légèrement de Simmons.
— Exact, dit Landon. Redescendez dans le hall et ne remontez pas tant que ce n’est pas réglé. Je ne veux plus avoir à gérer ça.
Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, et Landon et Simmons en sortirent. Ian hocha la tête.
— Vous ne pourrez pas reprendre cet ascenseur pour remonter, vous devrez utiliser les ascenseurs normaux près du hall.
— Oui, monsieur, répondit-il.
Simmons appréciait. Il aimait ne pas être le plus bas dans la hiérarchie. Cela convenait à Ian, du moment qu’il le laissait seul dans l’ascenseur.
Il ignora la panique qui semblait vouloir l’engloutir et sortit le cordon du lecteur spécialisé de sa tablette, puis le brancha au système de contrôle informatisé de l’ascenseur. C’était le premier obstacle, et toute la mission était vouée à l’échec si les nerds n’arrivaient pas à faire aller l’ascenseur là où ils en avaient besoin sans activer l’alarme.
Mais cela fonctionna. Il passa le rez-de-chaussée et descendit vers un niveau qui n’était pas sur le clavier de l’ascenseur. Ian demeura sur le côté lorsque les portes s’ouvrirent, réprimant son besoin de sortir le plus vite possible, des pistolets tranquillisants dans les deux mains, sachant qu’il y aurait des gardes.
S’il ne parvenait pas à les neutraliser avant qu’ils ne donnent l’alerte, il serait un homme mort.
Il sortit de l’ascenseur au moment où les portes commençaient à se refermer, quand un observateur aurait conclu qu’il n’y avait personne. Deux gardes étaient présents. Ian élimina le plus proche de lui avec un coup de pied circulaire rapide. Au moment où il sortait de la rotation, il fit voler la fléchette tranquillisante dans sa main gauche vers le garde numéro deux. Deux secondes plus tard, il tombait au sol. Il revint ensuite au premier garde et lui injecta le tranquillisant à son tour, même si son coup de pied l’avait déjà assommé.
Ils resteraient inconscients quelques heures. Si Ian et Landon restaient plus longtemps, ils auraient des ennuis bien plus gros que de simples gardes.
Il les laissa là où ils étaient : il ne voulait pas perdre un temps précieux à les tirer dans un autre endroit. Non pas qu’il y ait beaucoup de choix. Le couloir était long et étroit avec plusieurs portes.
— Landon, j’y suis, annonça-t-il, même si son ami ne pouvait pas répondre. J’ai descendu deux gardes.
Ian pointa la tablette sur chacune des portes pour envoyer le visuel à l’équipe technique. Ils ne pouvaient pas lui parler, mais seulement lui envoyer des messages sur la tablette.
L’un d’entre eux apparut quelques secondes plus tard. C’est la troisième porte qui offre le plus grand potentiel d’informations. Les instructions sur la manière de contourner la serrure électronique arrivèrent moins d’une minute plus tard. Il y avait une bonne raison pour laquelle il payait son équipe de technicien le double du salaire normal.
Ian suivit leurs instructions, et quelques secondes plus tard, il entrait. Il regarda tout autour de lui. Les nerds avaient eu raison. C’était bien ça. C’était ce dont ils avaient besoin. Ce qu’ils espéraient. Il prit la tablette et la tourna de sorte que la caméra capture les différents ordinateurs et écrans. Nul doute à ses yeux que son équipe était au bord de l’orgasme en voyant le matériel de pointe qui l’entouraient.
Ils l’envoyèrent vers la console d’ordinateur dans le coin sud-est de la pièce. Ce n’était pas celle qu’il aurait choisie : elle semblait plus modeste que les autres. Mais ce n’était pas lui l’expert.
Ian entendait Landon bavarder avec Simmons à l’étage, donc tout allait bien, mais ils n’avaient pas beaucoup de temps. Les nerds lui dirent quoi taper, et il s’exécuta. Des données commencèrent à s’afficher sur les écrans dans toute la pièce.
Impossible de télécharger. Enregistrez manuellement.
Il posa la tablette de manière à ce que la caméra capte le plus d’informations possible, sortit son téléphone et se mit aussi à enregistrer avec. Une fois qu’il aurait récupéré les images, l’équipe les analyserait.
En espérant qu’elles leur fournissent ce qu’il fallait pour faire tomber Mosaïque.
Il n’enregistrait que depuis quinze secondes quand la voix de Landon lui parvint dans son oreillette.
— Ian, tu m’entends ? Sors maintenant.
— Il me faut plus de t…
— Tout de suite, putain.
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