Nous sommes les sorcières

Guillemette de La Borie · Chapitre 1 sur 39

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Nous sommes les sorcières

Avant-propos

 

Elle habite une cabane solitaire dans une sombre forêt, éternelle contrée des légendes et des enchantements. Cette masure sordide est mieux achalandée que la plus somptueuse clinique de boulevard. On vient consulter la devineresse de trois ou quatre départements à la ronde. Jadis, les clients n’apportaient que des dons en nature très modestes ; aujourd’hui, on la paie grassement en espèces et son crédit augmente de tous ces ruisseaux d’argent. Elle est riche maintenant quoique d’aspect miséreux. Le samedi pourtant elle consent à serrer d’un foulard de tête à carreaux ses trois ou quatre mèches de cheveux. C’est que le samedi, jour de marché au bourg, elle reçoit en son cabinet de consultations établi dans l’arrière-boutique d’un cabaret. Sa clientèle est en majeure partie composée de neurasthènes incurables, car la détresse a toujours rejeté les désespérés vers les forces occultes. Sur eux, sa puissance de suggestion est immense.

Georges Rocal, Vieilles coutumes dévotieuses

et magiques du Périgord

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