Opération

Jean-Marc Bourdet · Chapitre 9 sur 33

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Opération

Opération « Soleil de jade »

 

Santos les avait déposés sur le quai et Cécile descendit les échelons de

fer, aidée par un marin qui lui fit adroitement gagner une place sur le boudin bâbord avant de réceptionner son sac et d’aider le major à les rejoindre. Le bosco glissa et tomba à l’eau, ce qui fit hurler de rire les deux marins de l’embarcation. Heureusement, la mer était chaude et l’incident ne troubla pas le petit homme brun et trapu qui refusa les mains tendues en grognant comme un vieil ours. Quelques minutes plus tard, ils se dirigeaient vers le Mistral. Cécile s’amusait de voir le bosco trempé rester aussi digne que s’il était en tenue de cérémonie. Rien ne semblait devoir le troubler. Elle osa : — Alors, major, comment est-elle ? — Bonne. Toutefois je vous déconseille d’essayer. — Mon maillot rayé s’avère une copie de ceux de la Belle Époque et

j’espère en effet pouvoir m’en servir sans que ce soit digne d’un Buster

Keaton.

Le bosco essuya ses yeux des larmes engendrées par le sel.

— Je suis ce que l’on nomme à bord un « chat noir » sans que ce soit au

détriment de l’équipage. Depuis bientôt sept ans, chaque fois que je

change de bâtiment il y a des gags…

— C’est paradoxal pour un bosco. Vous me bluffez pourtant en ne montrant

aucun agacement à la suite de cette baignade improvisée. — Au début, je me mettais en colère, j’insultais ceux qui en riaient et j’en

suis même parfois venu aux mains ; à présent j’en ai pris mon parti et je

constate que cela met de l’ambiance.

Le major se montrait d’un abord agréable malgré son air bourru et ses

grognements lorsque ses camarades s’étaient moqués de lui. — Et si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas à me demander,

capitaine.

— Je vous en sais grée, major.

Ils contournèrent le bâtiment dont la porte du radier était baissée sur la

mer. L’eau ne pénétrait pas profondément dans le navire immobile. Lorsque

le patron 38 de l’embarcation l’aligna sur l’entrée béante, il le lança à faible vitesse et releva le moteur. Le canot glissa sur la porte et continua sa course en douceur avant de stopper sur le plancher comme sur une plage de sable. Cécile n’avait pas manqué de saluer le pavillon et sauta sur le sol de bois lorsque l’énorme porte se referma lentement.

— Je n’avais jamais embarqué de cette manière mais c’est judicieux. — Plus simple et rapide que de remplir les ballasts mais ça ne vaut que

pour nous car nous ne pourrions pas le faire avec l’EDAR 39 ou les

CTM 40.

Le major proposa de partager ensemble le verre de l’amitié au carré des

OMS41 afin de souhaiter la bienvenue au capitaine de Milly. Le commandant venant à leur rencontre tempéra son ardeur. — Pas si vite, major, et bienvenue à bord, capitaine. Les bruits de coursives

qui vous précèdent disent que contrairement à notre « chat noir » vous

embarquez de l’action.

— 42 Mes respects, commandant. Moi je lève les bêtes à grandes oreilles

pour nos chasseurs alors que le bosco supporte un chat.

Bien qu’il fasse l’effort de garder son sérieux, Matthieu ne pouvait

empêcher son visage de trahir son amusement. C’est cependant d’une voix neutre qu’il commenta l’allure inhabituelle du bosco dont la TPB dégoulinait encore.

— Je constate que vous avez anticipé sur votre permission d’escale en vous

baignant dans le port. Pensez-vous que l’eau soit suffisamment propre

pour mériter un pavillon bleu ?

— Je demanderai au toubib de réaliser une analyse de pollution tout en

certifiant, pour l’avoir goûtée, qu’elle est plus chaude que ma piscine

tout en n’étant pas aussi limpide, commandant ; par contre le gouverneur

m’a dit qu’il y avait sur l’île de belles plages bien plus propices à la

baignade.

— C’est un bon point pour vous que de vous jeter à l’eau afin de préserver

la santé de l’équipage. Lorsque vous serez changé, prenez note que nous

serons cinq à devoir quitter le bord à 11h30 et que nous ne serons que

deux à rentrer en fin d’après-midi, moi et le capitaine. Prévoyez un

Futura à poste au quai de Santo Antonio à partir de 16 heures. — Bien, commandant.

— Et puis, je suis désolé de vous décevoir mais vous devrez attendre un

peu avant d’accueillir le capitaine dans votre carré. Nous avons un

briefing d’état-major dans une trentaine de minutes. Le temps de

l’installer et le travail commencera.

Dans les coursives et les échappées, ils furent salués sans obséquiosité et

les sourires n’étaient pas feints. Cécile découvrait l’autorité naturelle de Matthieu, jeune commandant qu’à l’évidence les hommes appréciaient ; pas de crispation sur les visages, pas de regards en coin. L’alchimie de l’esprit d’équipage est le résultat du management impulsé par le caractère et la subtilité de son pacha.

Il laissa Cécile aux bons soins d’Agnès, une femme élégante malgré la

rusticité de sa TPB. Ses cheveux blonds et ondulés accentuaient la douceur de son visage. Elle avait une voix chantante tout en ayant une pointe de fermeté qui devait pouvoir s’affirmer dans les inévitables situations d’autorité qu’une responsable RH ne manquait pas de rencontrer dans l’exercice de son commandement.

— Je suis heureuse d’avoir obtenu ce poste à bord du Mistral. La gestion à

terre commençait à me peser.

— C’est ton premier embarquement, Agnès ? — Non. Lorsque mon mari et moi avons décidé de fonder une famille, il a

continué à embarquer et moi j’ai posé le sac à terre afin d’assurer

l’éducation des enfants. La mer, je la voyais en marchant sur le quai

Cronstadt alors que j’arpentais les coursives en béton de la Prémar43 de

Toulon. Depuis que les enfants sont autonomes, c’est à son tour de

s’occuper de la famille. Je pense beaucoup à eux tous et ils savent que

j’apprécie ce sentiment de liberté en vivant ma passion de la mer. Et toi,

Cécile ?

— Moi, je passe de mission en mission depuis que j’ai embarqué au sein de

la DRM. C’est exaltant et plein de surprises.

— Les forces spéciales ce n’est pas mon rayon. Je préfère pouvoir

développer mon côté social sans pour autant être prise pour une gourde. — Et le commandant m’a expliqué que tu vas aussi distribuer des

fournitures scolaires sur l’île.

— Oui, la population de cette minuscule république n’est pas riche et, ce

qui chez nous semble évident, ce dont nous n’avons pas conscience en

prenant un stylo dans un tiroir, en jetant des feuilles de papier à peine

noircies, en abandonnant un cahier dans un coin de bureau, c’est qu’ici

de tels objets usuels et surtout banals sont de véritables trésors. — J’avais oublié qu’en Afrique il y a un abyme entre les plus riches et les

plus pauvres. Ce n’est pourtant pas un sentiment de misère qui émane de

la première impression en débarquant sur Príncipe. C’est pauvre tout en

étant joyeux, un peu comme le dépouillement de mon oncle lorsqu’il vit

en clôture dans sa cellule monastique.

— C’est aussi mon sentiment. Nous avons fait une belle escale à Lomé où

j’ai déjà remis du matériel dans une école pour handicapés. La joie de

vivre n’a rien à voir avec la richesse et l’abondance, elle s’épanouit dans

la solidarité et le bonheur d’être ensemble. Les rires de ces enfants non-

voyants ou devant se déplacer au moyen de fauteuils bricolés m’ont

beaucoup touchée. Ils n’ont pas eu besoin d’un ordre pour chanter, nous

embrasser, nous prendre par la main et nous montrer leurs travaux. En

fait, ils m’ont plus donné que ce qu’ils ont reçu. C’était une belle

leçon… tu veux un thé ?

— Volontiers. Le commandant m’a dit que nous avons un briefing dans

vingt minutes. Nous aurons le loisir de parler plus longuement ensuite. — Je ne sais pas car tu vas avoir beaucoup de travail avec cette mission et

je ne vous accompagnerai pas chez le gouverneur, je vais aller déjeuner

dans l’école que celui-ci m’a désignée. Profite de la douche pendant que

je prépare le thé. Tu me retrouveras dans mon bureau.

Cécile ne se le fit pas répéter deux fois. Elle rangea rapidement ses

affaires et se rafraîchit sous la douche avant d’enfiler sa TPB et de retrouver Agnès. Les deux femmes échangèrent encore sur la vie dans les îles du golfe de Guinée et le contraste saisissant qu’elles offraient avec les mégapoles surpeuplées du continent. Elles arrivèrent pourtant les premières en salle de briefing. Un second-maître terminait de vérifier ses diapos avec Gabriel, le COMOPS du Mistral. — Bonjour, Cécile. Les bruits de coursives qui te précèdent disent que tu es

un maelstrom sous un masque de blonde… à te voir, je n’en crois rien. — Pourtant, tu n’en as pas fini avec la blonde. — Une blonde intelligente c’est antinomique, non ? — Si j’en crois ce que j’entends, un COMOPS intelligent aussi. — Oui, à bord d’autres bâtiments cela peut être vrai mais pas à bord du

Mistral.

— Tu veux un miroir pour te contempler, Narcisse ? — Non, je me sais déjà beau et intelligent. — Très bien, alors le plateau Afrique a-t-il des réponses à mes questions ? — Je ne sais pas si ce que j’ai reçu répond à tes questions. Il y a d’abord

beaucoup d’images pour les enfants sages…

L’entrée du commandant, accompagné de son état-major, mit fin à leur

discussion. Lorsque Cécile se fut présentée, Matthieu fit un point sur les circonstances de la découverte de l’acte de piraterie constaté au sud-ouest de Príncipe et le toubib intervint pour donner des précisions sur l’état de santé de son patient.

— Amado est un homme robuste qui m’a surpris par sa capacité à retrouver

ses forces. Je l’ai opéré sans difficulté tant son corps semblait «

coopérer ». Rien de vital n’a été touché et l’anesthésie est déjà pour lui

un lointain souvenir. D’après son témoignage, ces pirates ne

s’intéressent aux pêcheurs que lorsqu’ils risquent de parler de ce qu’ils

ont remarqué.

Cécile fut immédiatement intéressée.

— Et qu’aurait-il remarqué ?

— Des mouvements insolites de chalutiers chinois non loin des îles

Tinhosas… et, au milieu d’eux, celle d’un plus gros navire, un tanker qui

pourrait bien être le Cabral.

— Intéressant. Quel calibre ont utilisé les pirates ? — Du 5,56 Otan.

— Le calibre 7,62 est plus répandu sur le continent africain.

Gabriel approuva :

— La plupart des groupes capturés possèdent de vieilles kalachnikovs dont

la précision à longue distance est assez nulle. Là, nous sommes face à

des gens utilisant soit des M16 américains, soit des kalachnikovs russes

de type 101 ou 102… soit même notre Famas. Il faudrait pouvoir

analyser les rayures sur la balle pour le déterminer. — Tu as fait passer des macros à Brest ? — Oui. Ils répondront dans la journée. — Du matériel moderne et performant ; nous n’avons pas affaire à de petits

joueurs.

— Qui savent aussi repérer la moindre embarcation et l’intercepter. J’en

profite pour embrayer sur ce que tu dois avoir en tête lorsque tu as

demandé au COM44 de te fournir des images satellitaires de l’ensemble

des côtes sud de l’île ainsi que des Tinhosas. Tu cherches une base pour

tes clients, Cécile ?

— C’est exact. Je suppose en effet qu’ils ont besoin d’un point fixe pour

opérer. La position du bateau de pêche le placerait à proximité des

Tinhosas.

— C’est une hypothèse plausible. Voici les photos.

Gabriel fit projeter lentement une première fois les vues précises du

littoral sud de Príncipe et des îles Tinhosas, que Cécile examina avec attention tout en prenant des notes sur son carnet de travail. — Les Tinhosas sont trop pelées pour cacher quoi que ce soit. Par contre, tu

peux revenir sur la quatrième image ?

La jungle plongeait presque dans la mer dont les gerbes blanches

trahissaient une ligne redoutable de rochers sur lesquels des vagues se brisaient… Une étroite et courte plage apparaissait cependant, ainsi qu’une coulée de boue s’étalant jusqu’au large en se délayant progressivement. — Il y a là un petit fleuve et je constate une mangrove. Par ailleurs, la ligne

de brisants semble plus espacée.

— Bien observé, Cécile.

Gabriel pointa la flèche laser sur le secteur de la photographie.

— Nous ne distinguons aucune construction et toute cette zone est fermée

par une barrière montagneuse comme le montrent les photos suivantes

prises par des plaisanciers accostant à Príncipe par le sud-ouest.

Les vues se succédèrent, confirmant les propos de Gabriel. Le voilier

avait longé la côte en restant à une distance prudente des brisants. Les cartes portugaises ne donnaient que des relevés incomplets, peu à même de permettre d’approcher suffisamment près de la côte. — Comme tu le vois, Cécile, l’accès par la mer ne s’avère pas des plus

faciles. Si pirates il y a, ils ne peuvent-être que des autochtones ayant

une véritable connaissance des hauts fonds et des passes. — Il y a cette crique grise à peu de distance du fleuve, séparée de lui par ce

promontoire rocheux.

— Elle est à… 4267 m de celui-ci et, si j’en juge par l’écume, son accès

demanderait un bon repérage. De plus, si nous pouvons l’atteindre avec

un CTM ou l’EDAR, rien ne dit que la jungle sera praticable. — Des nageurs de combat pourraient contourner le promontoire et

s’infiltrer par le fleuve.

— C’est envisageable. Tu vois, la définition de ces photos est faible et

pourtant je remarque que les falaises côtières montrent de larges failles.

Cette île est volcanique et les ravins perpendiculaires à la mer doivent

compliquer une progression le long du littoral. Le plateau Afrique du

COM de Brest nous démontre son efficacité avec ces images et le Falcon

sera bientôt disponible sur zone. Il nous fera un bon repérage discret à

distance. Il faudrait peut-être aussi pouvoir opérer une première

reconnaissance par l’Alouette…

— Certainement pas. Ce serait risquer de mettre la puce à l’oreille

d’éventuels pirates si notre hypothèse terrestre est avérée. Lors de la

téléconférence d’hier à Libreville, je me suis vue confier le

commandement du renseignement et de la reconnaissance. Un groupe de

reco devrait quitter Hyères cette nuit. Peux-tu transmettre au COS que

nous avons besoin d’un homme parlant le portugais au sein de l’équipe

de renseignement et que celui-ci soit apte à une pénétration par la mer ? — Le portugais ?

— Oui, un commando sourd à ce qui se dit dans son environnement est en

danger.

— Ce sera fait dans les minutes qui suivront ce briefing et le COS attend

certainement plus d’informations pour déterminer les forces spéciales à

mettre en œuvre.

— Les renseignements c’est mon boulot. J’espère seulement que les pirates

s’expriment en portugais ou une langue internationale, ce qui simplifiera

la compréhension de leurs conversations téléphoniques et radio. — Tu ne peux être tout le temps sur le pont et notre bosco parle le

portugais. Il peut assurer dans l’immédiat.

— Ah, non ! Un chat noir risque de générer des parasites en grattant ses

puces et en courant après la souris de l’ordinateur. — Il est volontaire pour veiller les ondes… et un chat ne dort souvent que

d’un œil.

— Bien, j’espère que nous trouverons vite cette base avant que les pirates

ne commettent d’autres attaques.

— Ce qui m’intrigue, Cécile, c’est la drôle d’histoire du commandant que

tu remplaces. C’est peut-être une simple coïncidence mais tout de même,

ces deux affaires sont bien trop proches pour qu’il n’y ait aucune relation

entre elles.

— Tu as des informations pour sa… maladie ? — Le toubib a appelé le Val-de-Grâce. Sa mort n’est qu’une question

d’heures et les soupçons d’un empoisonnement radioactif semblent se

préciser.

— Le thé radioactif de Litvinenko ou d’Arafat ?

— Ce serait effectivement une absorption massive de polonium et de

radium. Mais pourquoi aurait-il été empoisonné et par qui ? — C’est du James Bond cette histoire. Une hypothèse plus plausible serait

de la radioactivité naturelle.

— Ce qui voudrait dire qu’il aurait séjourné assez longtemps dans un lieu

fortement contaminé et peut-être dans cette base supposée. — En lien avec des pirates manipulant des matières radioactives ? Je ne le

pense pas et toi, Matthieu ?

Celui-ci avait écouté attentivement l’échange entre Gabriel et Cécile.

— Je crois que tu as raison. Laissons pour le moment l’affaire du

commandant de côté. Nous avons le Cabral à retrouver et devrons

vérifier s’il est bien piraté car nous n’en avons pas plus la confirmation

par son armateur que par son assureur. Pour la base des pirates, nous

avons deux possibilités : l’une à terre, et pourquoi pas à l’embouchure

du fleuve, l’autre depuis un bateau mère que nous devrons alors repérer

au milieu de ces dizaines de chalutiers chinois qui pillent les ressources

de São Tomé.

— Pourquoi avoir piraté le Cabral ? En le faisant, ils attirent notre attention

sur leurs activités.

— Les deux affaires ne sont pas nécessairement liées. Ce qui a suscité la

demande des autorités de l’île, c’est l’attaque du pêcheur. Le Cabral,

c’est peut-être l’opportunité de ravitailler les Chinois et autres navires

peu scrupuleux sur la provenance du fuel. Pour le repérage de la côte,

l’hélico peut rester dans la bulle de silence des éventuels pirates,

suffisamment loin et en altitude moyenne. Qu’est-ce qu’en pense notre

COMA-VIA45 ?

Didier se gratta la barbe avant de répondre.

— La visibilité est meilleure au petit jour lorsque le vent qui descend des

montagnes est un peu plus fort que l’alizé, ce qui favoriserait notre

discrétion. Cependant l’Alouette est assez bruyante et je doute que nous

puissions vraiment passer inaperçus alors que les vols sont rares dans ces

parages. De plus elle n’est pas armée et trop vulnérable. — C’est la sagesse qui parle. Merci, Didier. Nous restons pour le moment

bien visibles au mouillage et Agnès va distribuer du matériel scolaire

pendant que notre toubib effectuera une analyse de l’air et de l’eau dans

la partie accessible du sud-est de Príncipe. Son équipe médicale réalisera

aussi des vaccinations et consultations. Nous sommes dorénavant

officiellement en mission scientifique et humanitaire. Pour les pirates

nous attendrons ton groupe de reco qui s’infiltrera discrètement avec son

ECUME 46. D’autres choses, Cécile ? — Oui, Matthieu : les photos satellites datent de quand ?

— 47 L’année dernière lorsque le PHM LV Le Hénaff pistait le bateau de «

Sea Shepherd » signalé en bordure des côtes de Príncipe et ayant coupé

son AIS. Le prochain passage utile du satellite se fera à 17h45. — Ce sera parfait. Et quand en aurons-nous leurs analyses ? — Le COM les attend pour 20 heures. Nous avons rendez-vous avec le

gouverneur et ce sera l’occasion de le questionner sur l’accès au sud-

ouest de l’île par la terre.

— Je connais son sentiment à ce sujet : les colons portugais qui ont essayé

de s’y implanter n’ont pas résisté aux moustiques et nous pouvons

constater que son accès est plutôt difficile par la mer tant il y a de

brisants.

— Et par la montagne ?

— Le commandant Robert doit avoir trouvé un passage. — Aujourd’hui il ne parle plus.

— Il nous reste trente minutes avant de rejoindre la terre. Tenue blanche

pour tous ceux qui débarquent. Cet après-midi il y aura des rotations

pour les permissionnaires. Olivier sera présent et leur rappellera

qu’aucun marin ne doit sortir seul.

— Si je peux me permettre, Matthieu ? — Bien sûr.

— Il serait bon que le Falcon de Dakar effectue des reconnaissances autour

des Tinhosas dès qu’il pourra être détourné de son job actuel. — Je m’en charge.

— Une dernière chose, le COS m’a demandé un nom pour cette opération

et j’ai proposé « Soleil de Jade », du nom du ligneur piraté, ce qu’il a

accepté.

 

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