Opération
Opération « Soleil de jade »
Santos les avait déposés sur le quai et Cécile descendit les échelons de
fer, aidée par un marin qui lui fit adroitement gagner une place sur le boudin bâbord avant de réceptionner son sac et d’aider le major à les rejoindre. Le bosco glissa et tomba à l’eau, ce qui fit hurler de rire les deux marins de l’embarcation. Heureusement, la mer était chaude et l’incident ne troubla pas le petit homme brun et trapu qui refusa les mains tendues en grognant comme un vieil ours. Quelques minutes plus tard, ils se dirigeaient vers le Mistral. Cécile s’amusait de voir le bosco trempé rester aussi digne que s’il était en tenue de cérémonie. Rien ne semblait devoir le troubler. Elle osa : — Alors, major, comment est-elle ? — Bonne. Toutefois je vous déconseille d’essayer. — Mon maillot rayé s’avère une copie de ceux de la Belle Époque et
j’espère en effet pouvoir m’en servir sans que ce soit digne d’un Buster
Keaton.
Le bosco essuya ses yeux des larmes engendrées par le sel.
— Je suis ce que l’on nomme à bord un « chat noir » sans que ce soit au
détriment de l’équipage. Depuis bientôt sept ans, chaque fois que je
change de bâtiment il y a des gags…
— C’est paradoxal pour un bosco. Vous me bluffez pourtant en ne montrant
aucun agacement à la suite de cette baignade improvisée. — Au début, je me mettais en colère, j’insultais ceux qui en riaient et j’en
suis même parfois venu aux mains ; à présent j’en ai pris mon parti et je
constate que cela met de l’ambiance.
Le major se montrait d’un abord agréable malgré son air bourru et ses
grognements lorsque ses camarades s’étaient moqués de lui. — Et si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas à me demander,
capitaine.
— Je vous en sais grée, major.
Ils contournèrent le bâtiment dont la porte du radier était baissée sur la
mer. L’eau ne pénétrait pas profondément dans le navire immobile. Lorsque
le patron 38 de l’embarcation l’aligna sur l’entrée béante, il le lança à faible vitesse et releva le moteur. Le canot glissa sur la porte et continua sa course en douceur avant de stopper sur le plancher comme sur une plage de sable. Cécile n’avait pas manqué de saluer le pavillon et sauta sur le sol de bois lorsque l’énorme porte se referma lentement.
— Je n’avais jamais embarqué de cette manière mais c’est judicieux. — Plus simple et rapide que de remplir les ballasts mais ça ne vaut que
pour nous car nous ne pourrions pas le faire avec l’EDAR 39 ou les
CTM 40.
Le major proposa de partager ensemble le verre de l’amitié au carré des
OMS41 afin de souhaiter la bienvenue au capitaine de Milly. Le commandant venant à leur rencontre tempéra son ardeur. — Pas si vite, major, et bienvenue à bord, capitaine. Les bruits de coursives
qui vous précèdent disent que contrairement à notre « chat noir » vous
embarquez de l’action.
— 42 Mes respects, commandant. Moi je lève les bêtes à grandes oreilles
pour nos chasseurs alors que le bosco supporte un chat.
Bien qu’il fasse l’effort de garder son sérieux, Matthieu ne pouvait
empêcher son visage de trahir son amusement. C’est cependant d’une voix neutre qu’il commenta l’allure inhabituelle du bosco dont la TPB dégoulinait encore.
— Je constate que vous avez anticipé sur votre permission d’escale en vous
baignant dans le port. Pensez-vous que l’eau soit suffisamment propre
pour mériter un pavillon bleu ?
— Je demanderai au toubib de réaliser une analyse de pollution tout en
certifiant, pour l’avoir goûtée, qu’elle est plus chaude que ma piscine
tout en n’étant pas aussi limpide, commandant ; par contre le gouverneur
m’a dit qu’il y avait sur l’île de belles plages bien plus propices à la
baignade.
— C’est un bon point pour vous que de vous jeter à l’eau afin de préserver
la santé de l’équipage. Lorsque vous serez changé, prenez note que nous
serons cinq à devoir quitter le bord à 11h30 et que nous ne serons que
deux à rentrer en fin d’après-midi, moi et le capitaine. Prévoyez un
Futura à poste au quai de Santo Antonio à partir de 16 heures. — Bien, commandant.
— Et puis, je suis désolé de vous décevoir mais vous devrez attendre un
peu avant d’accueillir le capitaine dans votre carré. Nous avons un
briefing d’état-major dans une trentaine de minutes. Le temps de
l’installer et le travail commencera.
Dans les coursives et les échappées, ils furent salués sans obséquiosité et
les sourires n’étaient pas feints. Cécile découvrait l’autorité naturelle de Matthieu, jeune commandant qu’à l’évidence les hommes appréciaient ; pas de crispation sur les visages, pas de regards en coin. L’alchimie de l’esprit d’équipage est le résultat du management impulsé par le caractère et la subtilité de son pacha.
Il laissa Cécile aux bons soins d’Agnès, une femme élégante malgré la
rusticité de sa TPB. Ses cheveux blonds et ondulés accentuaient la douceur de son visage. Elle avait une voix chantante tout en ayant une pointe de fermeté qui devait pouvoir s’affirmer dans les inévitables situations d’autorité qu’une responsable RH ne manquait pas de rencontrer dans l’exercice de son commandement.
— Je suis heureuse d’avoir obtenu ce poste à bord du Mistral. La gestion à
terre commençait à me peser.
— C’est ton premier embarquement, Agnès ? — Non. Lorsque mon mari et moi avons décidé de fonder une famille, il a
continué à embarquer et moi j’ai posé le sac à terre afin d’assurer
l’éducation des enfants. La mer, je la voyais en marchant sur le quai
Cronstadt alors que j’arpentais les coursives en béton de la Prémar43 de
Toulon. Depuis que les enfants sont autonomes, c’est à son tour de
s’occuper de la famille. Je pense beaucoup à eux tous et ils savent que
j’apprécie ce sentiment de liberté en vivant ma passion de la mer. Et toi,
Cécile ?
— Moi, je passe de mission en mission depuis que j’ai embarqué au sein de
la DRM. C’est exaltant et plein de surprises.
— Les forces spéciales ce n’est pas mon rayon. Je préfère pouvoir
développer mon côté social sans pour autant être prise pour une gourde. — Et le commandant m’a expliqué que tu vas aussi distribuer des
fournitures scolaires sur l’île.
— Oui, la population de cette minuscule république n’est pas riche et, ce
qui chez nous semble évident, ce dont nous n’avons pas conscience en
prenant un stylo dans un tiroir, en jetant des feuilles de papier à peine
noircies, en abandonnant un cahier dans un coin de bureau, c’est qu’ici
de tels objets usuels et surtout banals sont de véritables trésors. — J’avais oublié qu’en Afrique il y a un abyme entre les plus riches et les
plus pauvres. Ce n’est pourtant pas un sentiment de misère qui émane de
la première impression en débarquant sur Príncipe. C’est pauvre tout en
étant joyeux, un peu comme le dépouillement de mon oncle lorsqu’il vit
en clôture dans sa cellule monastique.
— C’est aussi mon sentiment. Nous avons fait une belle escale à Lomé où
j’ai déjà remis du matériel dans une école pour handicapés. La joie de
vivre n’a rien à voir avec la richesse et l’abondance, elle s’épanouit dans
la solidarité et le bonheur d’être ensemble. Les rires de ces enfants non-
voyants ou devant se déplacer au moyen de fauteuils bricolés m’ont
beaucoup touchée. Ils n’ont pas eu besoin d’un ordre pour chanter, nous
embrasser, nous prendre par la main et nous montrer leurs travaux. En
fait, ils m’ont plus donné que ce qu’ils ont reçu. C’était une belle
leçon… tu veux un thé ?
— Volontiers. Le commandant m’a dit que nous avons un briefing dans
vingt minutes. Nous aurons le loisir de parler plus longuement ensuite. — Je ne sais pas car tu vas avoir beaucoup de travail avec cette mission et
je ne vous accompagnerai pas chez le gouverneur, je vais aller déjeuner
dans l’école que celui-ci m’a désignée. Profite de la douche pendant que
je prépare le thé. Tu me retrouveras dans mon bureau.
Cécile ne se le fit pas répéter deux fois. Elle rangea rapidement ses
affaires et se rafraîchit sous la douche avant d’enfiler sa TPB et de retrouver Agnès. Les deux femmes échangèrent encore sur la vie dans les îles du golfe de Guinée et le contraste saisissant qu’elles offraient avec les mégapoles surpeuplées du continent. Elles arrivèrent pourtant les premières en salle de briefing. Un second-maître terminait de vérifier ses diapos avec Gabriel, le COMOPS du Mistral. — Bonjour, Cécile. Les bruits de coursives qui te précèdent disent que tu es
un maelstrom sous un masque de blonde… à te voir, je n’en crois rien. — Pourtant, tu n’en as pas fini avec la blonde. — Une blonde intelligente c’est antinomique, non ? — Si j’en crois ce que j’entends, un COMOPS intelligent aussi. — Oui, à bord d’autres bâtiments cela peut être vrai mais pas à bord du
Mistral.
— Tu veux un miroir pour te contempler, Narcisse ? — Non, je me sais déjà beau et intelligent. — Très bien, alors le plateau Afrique a-t-il des réponses à mes questions ? — Je ne sais pas si ce que j’ai reçu répond à tes questions. Il y a d’abord
beaucoup d’images pour les enfants sages…
L’entrée du commandant, accompagné de son état-major, mit fin à leur
discussion. Lorsque Cécile se fut présentée, Matthieu fit un point sur les circonstances de la découverte de l’acte de piraterie constaté au sud-ouest de Príncipe et le toubib intervint pour donner des précisions sur l’état de santé de son patient.
— Amado est un homme robuste qui m’a surpris par sa capacité à retrouver
ses forces. Je l’ai opéré sans difficulté tant son corps semblait «
coopérer ». Rien de vital n’a été touché et l’anesthésie est déjà pour lui
un lointain souvenir. D’après son témoignage, ces pirates ne
s’intéressent aux pêcheurs que lorsqu’ils risquent de parler de ce qu’ils
ont remarqué.
Cécile fut immédiatement intéressée.
— Et qu’aurait-il remarqué ?
— Des mouvements insolites de chalutiers chinois non loin des îles
Tinhosas… et, au milieu d’eux, celle d’un plus gros navire, un tanker qui
pourrait bien être le Cabral.
— Intéressant. Quel calibre ont utilisé les pirates ? — Du 5,56 Otan.
— Le calibre 7,62 est plus répandu sur le continent africain.
Gabriel approuva :
— La plupart des groupes capturés possèdent de vieilles kalachnikovs dont
la précision à longue distance est assez nulle. Là, nous sommes face à
des gens utilisant soit des M16 américains, soit des kalachnikovs russes
de type 101 ou 102… soit même notre Famas. Il faudrait pouvoir
analyser les rayures sur la balle pour le déterminer. — Tu as fait passer des macros à Brest ? — Oui. Ils répondront dans la journée. — Du matériel moderne et performant ; nous n’avons pas affaire à de petits
joueurs.
— Qui savent aussi repérer la moindre embarcation et l’intercepter. J’en
profite pour embrayer sur ce que tu dois avoir en tête lorsque tu as
demandé au COM44 de te fournir des images satellitaires de l’ensemble
des côtes sud de l’île ainsi que des Tinhosas. Tu cherches une base pour
tes clients, Cécile ?
— C’est exact. Je suppose en effet qu’ils ont besoin d’un point fixe pour
opérer. La position du bateau de pêche le placerait à proximité des
Tinhosas.
— C’est une hypothèse plausible. Voici les photos.
Gabriel fit projeter lentement une première fois les vues précises du
littoral sud de Príncipe et des îles Tinhosas, que Cécile examina avec attention tout en prenant des notes sur son carnet de travail. — Les Tinhosas sont trop pelées pour cacher quoi que ce soit. Par contre, tu
peux revenir sur la quatrième image ?
La jungle plongeait presque dans la mer dont les gerbes blanches
trahissaient une ligne redoutable de rochers sur lesquels des vagues se brisaient… Une étroite et courte plage apparaissait cependant, ainsi qu’une coulée de boue s’étalant jusqu’au large en se délayant progressivement. — Il y a là un petit fleuve et je constate une mangrove. Par ailleurs, la ligne
de brisants semble plus espacée.
— Bien observé, Cécile.
Gabriel pointa la flèche laser sur le secteur de la photographie.
— Nous ne distinguons aucune construction et toute cette zone est fermée
par une barrière montagneuse comme le montrent les photos suivantes
prises par des plaisanciers accostant à Príncipe par le sud-ouest.
Les vues se succédèrent, confirmant les propos de Gabriel. Le voilier
avait longé la côte en restant à une distance prudente des brisants. Les cartes portugaises ne donnaient que des relevés incomplets, peu à même de permettre d’approcher suffisamment près de la côte. — Comme tu le vois, Cécile, l’accès par la mer ne s’avère pas des plus
faciles. Si pirates il y a, ils ne peuvent-être que des autochtones ayant
une véritable connaissance des hauts fonds et des passes. — Il y a cette crique grise à peu de distance du fleuve, séparée de lui par ce
promontoire rocheux.
— Elle est à… 4267 m de celui-ci et, si j’en juge par l’écume, son accès
demanderait un bon repérage. De plus, si nous pouvons l’atteindre avec
un CTM ou l’EDAR, rien ne dit que la jungle sera praticable. — Des nageurs de combat pourraient contourner le promontoire et
s’infiltrer par le fleuve.
— C’est envisageable. Tu vois, la définition de ces photos est faible et
pourtant je remarque que les falaises côtières montrent de larges failles.
Cette île est volcanique et les ravins perpendiculaires à la mer doivent
compliquer une progression le long du littoral. Le plateau Afrique du
COM de Brest nous démontre son efficacité avec ces images et le Falcon
sera bientôt disponible sur zone. Il nous fera un bon repérage discret à
distance. Il faudrait peut-être aussi pouvoir opérer une première
reconnaissance par l’Alouette…
— Certainement pas. Ce serait risquer de mettre la puce à l’oreille
d’éventuels pirates si notre hypothèse terrestre est avérée. Lors de la
téléconférence d’hier à Libreville, je me suis vue confier le
commandement du renseignement et de la reconnaissance. Un groupe de
reco devrait quitter Hyères cette nuit. Peux-tu transmettre au COS que
nous avons besoin d’un homme parlant le portugais au sein de l’équipe
de renseignement et que celui-ci soit apte à une pénétration par la mer ? — Le portugais ?
— Oui, un commando sourd à ce qui se dit dans son environnement est en
danger.
— Ce sera fait dans les minutes qui suivront ce briefing et le COS attend
certainement plus d’informations pour déterminer les forces spéciales à
mettre en œuvre.
— Les renseignements c’est mon boulot. J’espère seulement que les pirates
s’expriment en portugais ou une langue internationale, ce qui simplifiera
la compréhension de leurs conversations téléphoniques et radio. — Tu ne peux être tout le temps sur le pont et notre bosco parle le
portugais. Il peut assurer dans l’immédiat.
— Ah, non ! Un chat noir risque de générer des parasites en grattant ses
puces et en courant après la souris de l’ordinateur. — Il est volontaire pour veiller les ondes… et un chat ne dort souvent que
d’un œil.
— Bien, j’espère que nous trouverons vite cette base avant que les pirates
ne commettent d’autres attaques.
— Ce qui m’intrigue, Cécile, c’est la drôle d’histoire du commandant que
tu remplaces. C’est peut-être une simple coïncidence mais tout de même,
ces deux affaires sont bien trop proches pour qu’il n’y ait aucune relation
entre elles.
— Tu as des informations pour sa… maladie ? — Le toubib a appelé le Val-de-Grâce. Sa mort n’est qu’une question
d’heures et les soupçons d’un empoisonnement radioactif semblent se
préciser.
— Le thé radioactif de Litvinenko ou d’Arafat ?
— Ce serait effectivement une absorption massive de polonium et de
radium. Mais pourquoi aurait-il été empoisonné et par qui ? — C’est du James Bond cette histoire. Une hypothèse plus plausible serait
de la radioactivité naturelle.
— Ce qui voudrait dire qu’il aurait séjourné assez longtemps dans un lieu
fortement contaminé et peut-être dans cette base supposée. — En lien avec des pirates manipulant des matières radioactives ? Je ne le
pense pas et toi, Matthieu ?
Celui-ci avait écouté attentivement l’échange entre Gabriel et Cécile.
— Je crois que tu as raison. Laissons pour le moment l’affaire du
commandant de côté. Nous avons le Cabral à retrouver et devrons
vérifier s’il est bien piraté car nous n’en avons pas plus la confirmation
par son armateur que par son assureur. Pour la base des pirates, nous
avons deux possibilités : l’une à terre, et pourquoi pas à l’embouchure
du fleuve, l’autre depuis un bateau mère que nous devrons alors repérer
au milieu de ces dizaines de chalutiers chinois qui pillent les ressources
de São Tomé.
— Pourquoi avoir piraté le Cabral ? En le faisant, ils attirent notre attention
sur leurs activités.
— Les deux affaires ne sont pas nécessairement liées. Ce qui a suscité la
demande des autorités de l’île, c’est l’attaque du pêcheur. Le Cabral,
c’est peut-être l’opportunité de ravitailler les Chinois et autres navires
peu scrupuleux sur la provenance du fuel. Pour le repérage de la côte,
l’hélico peut rester dans la bulle de silence des éventuels pirates,
suffisamment loin et en altitude moyenne. Qu’est-ce qu’en pense notre
COMA-VIA45 ?
Didier se gratta la barbe avant de répondre.
— La visibilité est meilleure au petit jour lorsque le vent qui descend des
montagnes est un peu plus fort que l’alizé, ce qui favoriserait notre
discrétion. Cependant l’Alouette est assez bruyante et je doute que nous
puissions vraiment passer inaperçus alors que les vols sont rares dans ces
parages. De plus elle n’est pas armée et trop vulnérable. — C’est la sagesse qui parle. Merci, Didier. Nous restons pour le moment
bien visibles au mouillage et Agnès va distribuer du matériel scolaire
pendant que notre toubib effectuera une analyse de l’air et de l’eau dans
la partie accessible du sud-est de Príncipe. Son équipe médicale réalisera
aussi des vaccinations et consultations. Nous sommes dorénavant
officiellement en mission scientifique et humanitaire. Pour les pirates
nous attendrons ton groupe de reco qui s’infiltrera discrètement avec son
ECUME 46. D’autres choses, Cécile ? — Oui, Matthieu : les photos satellites datent de quand ?
— 47 L’année dernière lorsque le PHM LV Le Hénaff pistait le bateau de «
Sea Shepherd » signalé en bordure des côtes de Príncipe et ayant coupé
son AIS. Le prochain passage utile du satellite se fera à 17h45. — Ce sera parfait. Et quand en aurons-nous leurs analyses ? — Le COM les attend pour 20 heures. Nous avons rendez-vous avec le
gouverneur et ce sera l’occasion de le questionner sur l’accès au sud-
ouest de l’île par la terre.
— Je connais son sentiment à ce sujet : les colons portugais qui ont essayé
de s’y implanter n’ont pas résisté aux moustiques et nous pouvons
constater que son accès est plutôt difficile par la mer tant il y a de
brisants.
— Et par la montagne ?
— Le commandant Robert doit avoir trouvé un passage. — Aujourd’hui il ne parle plus.
— Il nous reste trente minutes avant de rejoindre la terre. Tenue blanche
pour tous ceux qui débarquent. Cet après-midi il y aura des rotations
pour les permissionnaires. Olivier sera présent et leur rappellera
qu’aucun marin ne doit sortir seul.
— Si je peux me permettre, Matthieu ? — Bien sûr.
— Il serait bon que le Falcon de Dakar effectue des reconnaissances autour
des Tinhosas dès qu’il pourra être détourné de son job actuel. — Je m’en charge.
— Une dernière chose, le COS m’a demandé un nom pour cette opération
et j’ai proposé « Soleil de Jade », du nom du ligneur piraté, ce qu’il a
accepté.
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