Opération

Jean-Marc Bourdet · Chapitre 8 sur 33

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Opération

Príncipe

 

Le Fennec survolait à basse altitude les eaux du golfe du Biafra séparant

le Gabon de Príncipe, aussi grises que le ciel alors que la température extérieure dépassait les 30°. Après la moiteur lourde de l’étuve continentale, Cécile appréciait la climatisation de l’appareil qui filait vers le nord-nord-ouest.

— Excusez-moi, lieutenant, nous n’allons pas directement sur Príncipe ? — Non, nous allons d’abord observer la situation autour du terminal Celba. — Qui se trouve ?

— À une vingtaine de nautiques de la Guinée Équatoriale. — Hors de leurs eaux territoriales. — Peut-être bien que oui, peut-être bien que non… — Ce qui signifie ?

— Que la Guinée se fiche de nos 12 nautiques réglementaires. Le terminal

leur appartient et ils entendent faire respecter leur autorité sur cette zone

contestée par le Gabon.

— C’est loin ?

— 60 nautiques, nous y serons dans une trentaine de minutes. Nous

survolerons d’abord Corisco, qui a été l’égale de Gorée pour le trafic

d’esclaves. Il y a un aéroport international inutilisé et l’île est là aussi

revendiquée par le Gabon.

— La Guinée semble puissante dans le golfe. — Elle a les moyens de se faire respecter, capitaine, et l’arbre aux palabres

n’a pas encore rendu son verdict.

— De la piraterie ?

— Jamais trop près de la Guinée Équatoriale dont les militaires ne

s’embarrassent pas de scrupules. Les quelques tentatives de piraterie

dans leur zone d’influence ont avorté dans le sang… — Pourquoi passer là ?

— Juste pour observer ce qui se passe et faire quelques clichés «

touristiques ».

— Officiellement ?

— Oui. Pour les autorités, nous assurons ainsi une surveillance très visible

qui, jusque-là, a dissuadé les pirates potentiels de s’attaquer à cette partie

de la côte. Avec les Guinéens c’est donnant donnant. Ils nous laissent

survoler leur territoire, acceptent notre École navale régionale et

apprécient que nous assurions la surveillance du sud, ce qui leur permet

de concentrer leur marine autour de Malabo, face à un Nigéria turbulent

et dangereux pour leur sécurité.

L’hélicoptère survolait les eaux territoriales guinéennes. Le lieutenant

renseigna la tour de contrôle sur leur destination et demanda l’autorisation de faire le tour de l’île, ce qui fut accepté. Ils firent quelques dizaines de clichés au téléobjectif de tout ce qui apparaissait au milieu de la dense végétation… Les maisons y étaient rares, les bateaux aussi et seules de longues pirogues manœuvrées par des noirs fendaient la surface des eaux. Les belles plages de sable fin ne portaient aucune empreinte humaine. — Il n’y a pas grand monde sur cette île, lieutenant ? — Et pourtant, ce fut l’île de l’amour tant les femmes noires étaient belles.

Aujourd’hui, il n’y a que des métis, ce qui prouve que ce commerce-là

marchait aussi très bien.

— Vous semblez la connaître et l’aiguilleur du ciel vous a appelé par votre

prénom. Vous y êtes déjà allé ?

— Oui. Pour voir si les femmes sont toujours aussi belles. — Et alors ?

— Plus que jamais. Si je dois quitter l’armée de l’air, je me marierai et

m’installerai à Corisco où je vivrai d’amour, d’eau fraîche et de sorties

en ULM.

— J’espère que vous m’inviterez à la noce. — Je pensais justement vous demander en mariage, c’est le plus sûr moyen

de ne pas oublier de vous adresser un faire-part. — J’y réfléchirai…

— Génial. Et qu’allez-vous faire à Príncipe, ma mie ? — La même chose que vous : du tourisme. Il paraît que les hommes sont

beaux comme des Dieux et, si je dois quitter la Marine, je me marierai et

m’installerai à Príncipe.

— Je crois que la chance vient de me quitter. Pas facile pour un lieutenant

de tomber amoureux d’une capitaine avec un casque sur la tête et de le

hurler dans un micro.

La bonne humeur régna durant tout le vol. Une heure plus tard, l’île de

Príncipe se dessina sur l’horizon. Contrairement à Corisco, sa côte recelait peu de plages de sable et le relief en était tourmenté. De gros pics de basalte sombre émergeaient d’une jungle détrempée, luisante sous l’éclat du soleil. Seuls quelques rares nuages s’accrochaient encore sur ces montagnes de lave, durcie depuis des millénaires. Cécile ne put réfréner une admiration pourtant tempérée par cet inquiétant relief, fruit d’une activité volcanique intense.

— Quelle splendeur ! dire que j’ignorais son existence autrement que

comme un point sur une carte. Vous pouvez en faire le tour ? — Vous verrez ça avec nos collègues de l’aéro. Pour le moment, nous

sommes à l’heure sur le timing et je distingue le Mistral à trois heures. — Il est au mouillage.

— Affirmatif ! Je le contacte pour confirmer notre identification et nous

nous poserons sur l’aérodrome.

— Vous n’appontez pas ?

— Je ne suis pas habilité à le faire, même si c’est une manœuvre simple en

apparence.

— Le Mistral a sorti un Futura, accosté à ce qui est le seul quai de ce

pseudo port miniature.

— Je suppose que c’est celui de la nounou qui doit vous attendre sur le

tarmac.

— C’est ce qui est prévu.

Les communications avec le PHA37 et la tour de contrôle interrompirent

la conversation. Cécile admira la petite ville de Santo Antonio, tournée vers sa baie. Une route servait de digue et un fleuve longeait la ville avant de se jeter dans l’Atlantique. Quelques embarcations se balançaient mollement près du quai désert. Elle imagina les caravelles portugaises découvrant ce havre de paix après des semaines de navigation. De l’eau douce et du bois à profusion ; l’absence totale d’habitants ; rien qui puisse venir troubler l’installation d’une poignée de colons. La cité possédait le charme désuet d’une petite ville de province exempte d’immeubles. La démesure des métropoles du continent frappait les voyageurs découvrant l’Afrique. Ici, rien de tout cela ; quelques rares voitures, motos et vélos, des rues à peine asphaltées se terminant en pistes de terre brune, des maisons basses colorées et une église pimpante au clocher surmonté d’une girouette et curieusement d’un coq… Ces terres de bout du monde méritaient d’être laissées en paix. L’aérodrome, séparé de la ville par la savane ne comportait qu’une seule longue piste. Le lieutenant posa le Fennec près du bâtiment principal surmonté de sa tour bardée d’antennes.

— C’est la première fois que nous assistons à un acte de piraterie dans cette

zone, capitaine. Qu’est-ce qu’ils cherchent ? Il n’y a pas de trafic assez

important et aucune plate-forme pétrolière…

— Vous vous posez la même question que moi, lieutenant : qu’est-ce qu’ils

font là ?

Tout en retrouvant l’humidité et la chaleur, Cécile et l’équipage du

Fennec furent pris en charge par un sous-officier santoméen en treillis qui contrôla leur identité, salua et les guida vers la sortie. Une jeep antédiluvienne attendait. Un civil s’adossait à elle en fumant un cigarillo tout en bavardant avec un major de la Marine en TPB. Cécile se dirigea vers eux tout en détaillant le vieil homme appuyé plus que de raison sur une canne, le dos légèrement voûté. Avec son visage hâlé et ridé comme un vieux parchemin, ses cheveux longs et blancs coiffés d’un panama usé par les décennies, sa chemisette ocre jaune recouvrant un pantalon noir impeccable et chaussé de bottines de toile beige, il aurait pu arriver tout droit d’un coup d’État mené par Bob Denard, le mercenaire légendaire du néocolonialisme français. Le major lui laissa l’honneur de la saluer le premier.

— Capitão de Milly ?

— Si ! Doutor Santos Mendes ?

— O próprio.

Cécile ne s’attendait pas à découvrir un homme d’un âge canonique tout

en ayant des yeux bleu-nuit particulièrement vifs. Santos, éduqué par des parents de la haute bourgeoisie lisboète, prit délicatement la main de Cécile et s’inclina en un baisemain qui lui arracha une très légère grimace de douleur. Elle sourit de tant de courtoisie tout en l’aidant à se redresser. Quittant la langue portugaise, le vieil homme poursuivit en français : — Je suis le gouverneur de l’île et le président m’a demandé de le

représenter. Je pense que vous êtes pressée de rejoindre votre navire qui

vient d’arriver.

— C’est de mon devoir, Monsieur le Gouverneur. Je dois cependant vous

transmettre les salutations de mon ambassadeur. — Nous entretenons des liens amicaux et je ne doute pas de votre désir d’en

faire autant, capitão. Pour plus de commodité, appelez-moi simplement

docteur.

— C’est mon souhait le plus cher, docteur.

— Pour le déjeuner vous serez mon hôte ainsi que le commandant du

Mistral et votre médecin. C’est un honneur d’accueillir des officiers de

Marine français en charge d’aider mon pays et, lorsque vous exprimerez

le souhait de résider à terre, je vous offrirai avec plaisir l’hospitalité de

ma roça.

— Votre roça ?

— Mon domaine agricole.

— Je vous en remercie. La piraterie cause trop de dégâts dans le fond du

golfe sans qu’elle ne s’étende à un pays aussi hospitalier que le vôtre. — Nous vivons dans une insouciance désarmée qui fait de nous des proies

faciles. Votre présence, celle de votre bâtiment et de votre aviation

arrivent à point nommé alors que les moyens militaires promis depuis

des lustres par le Portugal tardent à se concrétiser.

Un employé noir aux cheveux argentés posa le sac de Cécile à l’arrière de

la Jeep et prit place sur le siège du conducteur. Le sous-officier santoméen aida le docteur à s’asseoir sur le siège arrière. Cécile salua le major, prit congé de l’équipage de l’hélicoptère et grimpa à côté du docteur qui ôta son chapeau.

— Cette voiture est moins vieille que moi, ma chère enfant, pourtant, elle a

parfois des rhumatismes alors que je résiste bien mieux qu’elle à

l’humidité de l’île.

— Et d’où vous vient de parler le français avec tant de facilité ? — Mon père était consul du Portugal à Bordeaux puis à Vichy durant la

Seconde Guerre mondiale et il avait tenu à ce que je passe par les bancs

de l’école de médecine de Montpellier. J’y suis resté lorsqu’il a été

rappelé par Salazar suite à son refus d’appliquer une directive ordonnant

de ne plus délivrer de visa aux juifs fuyant les nazis… J’ai aussi eu

l’occasion d’en améliorer la connaissance lors de différents congrès de

médecine tropicale. Votre pays, du fait de ses colonies, était en pointe

dans ce domaine et tout particulièrement au sein de la Marine. Notre

petit monde restait en contact jusqu’à ce que le dernier de mes amis ne

décède l’an dernier. Je suis le seul survivant d’une époque archaïque aux

yeux des jeunes médecins d’aujourd’hui.

Le conducteur circulait avec une excessive prudence, évitant

soigneusement les ornières et nids de poule de la route, encore trempée des dernières pluies. Le paysage se fondait dans la brume qui peinait à se dissiper et il faisait chaud. Cécile découvrait la réalité de l’île et les rues paisibles de Santo-Antonio dans lesquelles les enfants jouaient sans se préoccuper de leur passage.

— Vous travaillez encore, docteur ? — Voudriez-vous dire que je suis trop vieux pour le faire ? — Je… oui, pardonnez-moi de le dire mais vous semblez octogénaire.

Il rit avant de lui offrir un merveilleux sourire.

— Chère enfant, j’ai 98 ans et j’exercerai jusqu’à ce que je ne me rappelle

plus la maladie d’un de mes patients. Je travaille dans mon dispensaire

de Porto Real qui survit autant que ses malades tant il manque de

beaucoup de choses. À ma demande, le gouvernement a octroyé des

bourses d’études et quatre jeunes garçons et filles ont profité d’une

bonne formation d’infirmiers chez nos amis angolais. Notre équipe est

solide et votre médecin fera avec moi la visite des installations

médicales. J’apprécie particulièrement la proposition de celui-ci de me

laisser du matériel et des médicaments.

— Quel est vraiment votre rôle par rapport au gouvernement de São Tomé ? — Je suis ami du président et gouverneur de cette île. Pourquoi cette

question ?

— Parce que vous êtes Portugais et que ce pays est indépendant. — Vous n’étiez pas née lorsqu’il a acquis son indépendance. Moi, je venais

à peine d’enterrer mon père et j’ai hésité à partir. Tous les colons ont été

rapatriés à Lisbonne mais comme personne ne m’a jeté dehors j’ai

continué à soigner les ouvriers de la roça. Aujourd’hui j’ai la double

nationalité santoméenne et portugaise.

— L’ambassadeur l’ignorait.

— Nous n’en avions jamais parlé. — Le commandant Robert vous avait-il rendu visite lors de ses

déplacements sur l’île ?

— Je l’ai reçu chaque fois qu’il désirait séjourner ici. Comment se remet-il

de son étrange maladie ?

— Il est même peut-être mort à l’heure actuelle. — Mort ? C’était donc si grave que ça ? — Une leucémie foudroyante probablement consécutive à une trop longue

exposition à des radiations.

— De la radioactivité dans notre île ?... Deviendrais-je assez sénile au point

de ne pas l’avoir compris.

— Vous n’y aviez jamais été confronté ?

— Non, cependant je commence à comprendre pourquoi une légende

évoque une vallée interdite.

— Vous voulez dire que quelque part il y aurait un lieu connu pour

entraîner la mort par radioactivité ?

— Les anciens transformaient chaque danger inconnu en tabou et l’interdit

se transmettait au moyen d’une légende.

— Un peu comme la foi lorsque les fidèles ne savaient pas lire. — Tout à fait. Quelle infortune et quelle tristesse ! Nous échangions

beaucoup sur l’avenir du pays et nous fumions ensemble le soir, en

regardant la forêt depuis la véranda. Parfois, le commandant se rendait

au pied du Pic Príncipe, là où il pensait que se situait cette vallée. — Qui colportait la légende ?

— Les Angolares.

— Comme à São Tomé ?

— Les Angolares sont les descendants d’esclaves rescapés du naufrage

d’un navire négrier. Pour échapper à la traite, ils se sont réfugiés dans

une partie peu accessible de São Tomé d’où ils ont été chassés par mes

compatriotes portugais. Ces hommes et femmes venaient d’Angola, d’où

leur nom, et leur constitution robuste fait qu’ils ont pu s’installer dans la

jungle et vivre de la pêche. Ici, un petit groupe d’Angolares a migré

depuis São Tomé et s’est installé dans le sud de l’île. Mon petit-fils

Amado est métissé. Il fait aussi partie de cette communauté par la

famille de sa femme.

— Le sud de votre île recèle bien des mystères. Le commandant vous en

parlait ?

— Il évoquait peu ses recherches et restait discret sur ses découvertes. — Pensez-vous qu’il aurait trouvé quelque chose qu’il ne devait pas voir ? — Qu’entendez-vous par là ?

— Un lieu d’où les pirates pourraient attendre leur proie. — La zone qu’il explorait se situe sur les contreforts de la montagne. À part

les marins portugais ayant pris possession de l’île au 16 ème siècle, peu de

gens s’y risquent tant elle est infestée de moustiques plus voraces que

partout ailleurs, vecteurs implacables entre autres du paludisme et de la

fièvre jaune.

— Plus personne n’y habite ?

— Non.

— Le commandant y allait souvent ?

— Pas assez à son goût. Ces terres oubliées s’avéraient pour lui un terrain

d’aventure et de recherche sans grand danger.

— Sauf les moustiques, les cobras noirs… et aujourd’hui la radioactivité

d’une vallée oubliée. Comment est-elle décrite dans votre légende ? — L’esprit des ancêtres imprègne celui des descendants d’esclaves et même

d’autres habitants de Príncipe comme les catholiques dont je fais partie.

C’est le reliquat d’une très ancienne coutume tribale qui veut que rien ne

se fasse sans leur consentement. La plupart du temps ceux qui les

interrogent se rendent en pèlerinage à la lisière de la jungle et

s’endorment dans l’attente de communiquer avec l’un de ces grands

anciens. On dit que parfois, dans des moments de grande détresse, un

esprit vient à votre secours et commence toujours par cette phrase : « Toi

qui as la sagesse de rester hors de la vallée, je suis venu pour te parler

car tu n’es pas entré dans ma demeure. » Le pèlerin doit répondre : « Je

ne pénètre pas là où réside l’Esprit car c’est un sacrilège. Mon âme

tourmentée est aussi sèche que le bois mort et serait alors dévorée par les

flammes de l’enfer… »

— Ça devient intéressant. Le seul problème c’est que le commandant n’en a

rien révélé.

— Mais en est sorti vivant bien que « dévoré par les flammes de l’enfer ».

Cela rend crédibles des sornettes qui me faisaient sourire. Mes employés

ne s’aventureraient dans cette partie de l’île sous aucun prétexte. — Il n’y a pas d’accès par la montagne ? — Aucun, et je vous parle en connaissance de cause car j’avais essayé

lorsque ma forme physique me le permettait.

— Pourtant il y allait ?

— Robert a été plus pugnace que moi et José, le père de Zinga,

l’accompagnait.

— Zinga ?

— La femme d’Amado, paix à son âme. — José, c’est le guide disparu dans la jungle ? — Oui. C’était un guérisseur qui me concurrençait dans les soins grâce aux

plantes qu’il récoltait là-bas. Le commandant et lui partageaient leurs

connaissances. Robert expliquait l’histoire et José lui enseignait la

science des étoiles et des ondes de la terre.

— José connaissait donc très bien la forêt. — Je le soupçonne même d’avoir pénétré la vallée interdite.

— Lui non plus ne pourra divulguer son itinéraire. — Il reste une seule possibilité si jamais nous devons un jour oser entrer

dans cet enfer.

— Qui est ?

— D’essayer par la mer. Amado a souvent dit qu’il doit y avoir des

mouillages mais il n’a jamais essayé d’aborder cette côte. — Une passe pour des barques de pêche ne permet pas nécessairement un

accès pour un tanker.

— Non. Fernando l’aurait remarquée lors de ses explorations de la côte. — Qui est Fernando ?

— Mon fils.

— Je pourrais lui parler ?

— Peut-être. Il réside à New York et nous sommes fâchés. Je ne possède

même pas son numéro de téléphone.

— Qu’est-ce qu’il fait aux États-Unis ? — Je suppose qu’il est toujours sculpteur. — Un artiste, je le trouverai.

 

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