Système 1, système 2 : les deux vitesses de la pensée
8 - La mécanique des jugements
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La mécanique des jugements
Il n'y a pas de limite au nombre de questions auxquelles vous
pouvez répondre, qu'il s'agisse de questions que l'on vous pose ou
que vous vous posez. Pas plus qu'il n'y a de limite au nombre
d'éléments que vous pouvez évaluer. Vous êtes capable de compter
le nombre de lettres majuscules dans cette page, de comparer la
hauteur des fenêtres de votre domicile par rapport à celles de la
maison d'en face, et d'évaluer les perspectives politiques de votre
sénateur sur une échelle allant d'excellentes à désastreuses. Ces
questions sont adressées au Système 2, qui dirigera l'attention et
fouillera la mémoire pour trouver les réponses. Le Système 2 reçoit
les questions ou les produit : dans un cas comme dans l'autre, il gère
l'attention et la mémoire pour y répondre. Le Système 1 fonctionne
différemment. Il surveille constamment ce qui se passe dans l'esprit
et à l'extérieur, et produit en continu des évaluations de divers
aspects de la situation sans intention précise et presque sans effort.
Ces évaluations primaires jouent un rôle important dans le jugement
intuitif, parce qu'elles se substituent facilement à des questions plus
difficiles – c'est l'idée qui est à la base de l'approche de l'heuristique
et des biais. Deux autres caractéristiques du Système 1 favorisent
également le remplacement d'un jugement par un autre. L'une est la
capacité à traduire des valeurs d'une dimension à l'autre, ce que vous
faites quand vous répondez à une question généralement considérée comme simple : « Si Sam était aussi grand qu'intelligent, quelle
serait sa taille ? » Et il y a la « décharge de chevrotine » mentale
(voir ci-dessous, p. 119). Autrement dit, le Système 2 a l'intention de
répondre à une question donnée ou d'évaluer un attribut particulier
de la situation, mais cela déclenche automatiquement d'autres
calculs, y compris des évaluations primaires.
Évaluations primaires
Le Système 1 a été façonné par l'évolution pour fournir une
évaluation constante des principaux problèmes que doit résoudre un
organisme afin de survivre : comment vont les choses ? Y a-t-il une
menace ou une superbe occasion à saisir ? Est-ce que tout est
normal ? Dois-je m'approcher ou m'enfuir ? Ces questions sont peut-
être moins pressantes pour un être humain dans un environnement
urbain que pour une gazelle dans la savane, mais nous avons hérité
des mécanismes neuronaux à l'origine des évaluations constantes du
niveau de menace, et ces mécanismes n'ont pas été déconnectés. Les
situations sont systématiquement évaluées en tant que bonnes ou
mauvaises, nécessitant que l'on fuie ou autorisant l'approche. La
bonne humeur et l'aisance cognitive sont les équivalents humains de
cette évaluation de la sécurité et de la familiarité de l'environnement.
En guise d'exemple spécifique d'une évaluation primaire, prenons
la capacité à distinguer ami ou ennemi d'un seul regard. Cela
contribue aux chances de survie d'un individu dans un monde
dangereux, et cette capacité très spécialisée a effectivement évolué.
Alex Todorov, mon collègue de Princeton, a exploré les racines
biologiques des jugements rapides qui permettent de calculer dans
quelle mesure une interaction avec un inconnu est sans danger 92 . Il
a montré que nous sommes doués de la capacité à évaluer, d'un seul
coup d'œil jeté au visage d'un inconnu, deux faits potentiellement
cruciaux sur cette personne : à quel point c'est un dominant (qui
représente par conséquent une menace inhérente), et à quel point il
est fiable, si ses intentions sont plus susceptibles d'être amicales ou
hostiles 93 . La forme du visage fournit des clés pour évaluer un
caractère dominant, comme un menton « fort » et carré. L'expression faciale (un sourire ou une moue) donne des indices sur les intentions
de l'inconnu. La combinaison d'une mâchoire carrée et d'une bouche
soucieuse est peut-être annonciatrice d'ennuis 94 . Le déchiffrement
des visages est loin d'être un système infaillible : un menton rond
n'est pas un indicateur fiable de douceur, et il est possible (jusqu'à
un certain point) de faire semblant de sourire. Pourtant, même une
capacité imparfaite à évaluer les inconnus est un avantage en termes
de survie.
Ce mécanisme atavique connaît de nouvelles utilisations dans le
monde moderne : il exerce une certaine influence sur la façon dont
les gens votent. Todorov a montré à ses étudiants des portraits
d'hommes, parfois pendant à peine plus d'un dixième de seconde, et
leur a demandé de classer les visages en fonction de divers attributs,
dont l'amabilité et la compétence. Les résultats étaient assez
homogènes. Les visages que Todorov leur avait montrés n'avaient
pas été choisis au hasard : c'étaient les portraits de campagne de
politiciens se présentant à une élection. Todorov a ensuite comparé
le résultat des urnes au classement effectué par les étudiants de
Princeton en se fondant sur une courte présentation des clichés en
dehors de tout contexte politique. Dans près de 70 % des élections à
des postes de sénateur, de représentant et de gouverneur, le
vainqueur était le candidat dont le visage avait obtenu une meilleure
place au classement en termes de compétence. Ce résultat étonnant a
rapidement été confirmé lors d'élections législatives en Finlande,
mais aussi de cantonales en Angleterre, ou encore d'autres échéances
électorales en Australie, en Allemagne et au Mexique 95 .
Curieusement (du moins pour moi), dans l'étude de Todorov, le
classement des compétences permettait de prédire les résultats
électoraux plus efficacement que le classement d'amabilité.
Todorov a découvert que les gens jugeaient la compétence en
combinant deux dimensions : la force et la fiabilité. Les visages qui
respirent la compétence associent un menton fort à un léger sourire
apparemment sûr de soi. Rien ne prouve que ces caractéristiques
faciales permettent effectivement de prédire comment les politiciens
se tireront de leur mandat. Mais des études de la réaction du cerveau
aux candidats vainqueurs et vaincus montrent que nous sommes biologiquement prédisposés à rejeter les candidats qui ne présentent
pas les attribuent auxquels nous accordons de la valeur – dans cette
expérience, les perdants suscitaient des réactions émotionnelles
(négatives) plus marquées. C'est un exemple de ce que j'appellerai,
dans les chapitres suivants, un jugement heuristique. Les électeurs
tentent de se faire une idée de la valeur potentielle d'un candidat
quand il sera en fonction, et se rabattent sur une évaluation plus
simple, rapide et automatique, disponible quand le Système 2 doit
prendre sa décision.
Les politologues ont poursuivi les recherches de Todorov en
identifiant une catégorie d'électeurs pour lesquels les préférences
automatiques du Système 1 sont particulièrement susceptibles de
jouer un grand rôle. Ils ont trouvé ce qu'ils cherchaient parmi les
électeurs mal informés qui regardent beaucoup la télévision. Comme
il fallait s'y attendre, l'effet de l'impression faciale de compétence
sur le vote est environ trois fois plus important chez les électeurs
mal informés et grands consommateurs de télévision que chez ceux
qui sont mieux informés et regardent moins la télévision 96 .
Évidemment, l'importance relative du Système 1 dans la
détermination des choix électoraux n'est pas la même pour tout le
monde. Nous allons croiser d'autres exemples de ces différences
individuelles.
Le Système 1 comprend le langage, bien sûr, et la compréhension
dépend des évaluations primaires qui sont effectuées régulièrement
dans le cadre de la perception des événements et de la
compréhension des messages. Ces évaluations portent sur le degré
de similarité et de représentativité, les relations de causalité ou
encore les associations d'idées ou modèles disponibles. Elles sont
effectuées même en l'absence d'une série de tâches spécifiques, bien
que leurs résultats soient utilisés pour répondre à des tâches précises
quand elles se présentent 97 .
La liste des évaluations primaires est longue, mais tous les
éléments possibles ne sont pas évalués. La figure 7 en est un
exemple.
Figure 7
Un simple coup d'œil à cette image vous donne immédiatement
l'impression de percevoir de multiples caractéristiques. Vous savez
que les deux tours sont de même hauteur et qu'elles se ressemblent
davantage que la tour de gauche ne ressemble à l'agencement de
blocs au milieu. Cependant, vous ne savez pas immédiatement que
le nombre de blocs dans la tour de gauche est le même que le
nombre de blocs rangés sur le sol, et vous n'avez aucune idée de la
hauteur de la tour que ceux-ci pourraient permettre de bâtir. Pour
confirmer ce fait, il vous faudrait compter les deux séries de blocs et
comparer les résultats, une activité que seul le Système 2 est en
mesure d'entreprendre.
Séries et prototypes
Dans l'exemple suivant, considérons la question : quelle est la
longueur moyenne des droites de la figure 8 ?
Figure 8
C'est une question facile et le Système 1 y répond sans effort. Des
expériences ont montré qu'une fraction de seconde suffit aux gens
pour enregistrer la longueur moyenne d'une série de droites avec une
remarquable précision. De plus, la précision de ces jugements n'est
pas altérée quand l'observateur est occupé sur le plan cognitif par
une tâche mémorielle. Les gens ne sauront pas forcément décrire la
moyenne en centimètres, mais ils seront d'une grande précision
quand il s'agira d'ajuster la longueur d'une autre droite pour qu'elle
corresponde à la moyenne. Il n'y a pas besoin du Système 2 pour
développer une impression de la norme de longueur d'une figure. Le
Système 1 s'en charge, automatiquement et sans effort, tout comme
il enregistre la couleur des droites et le fait qu'elles ne sont pas
parallèles. Nous pouvons également nous faire une idée immédiate
du nombre d'objets dans une figure – avec précision s'il y en a quatre
ou moins, grossièrement s'il y en a plus.
Passons maintenant à une autre question : quelle est la longueur
totale des droites de la figure 8 ? C'est un autre type d'expérience,
parce que le Système 1 n'a ici aucune suggestion à faire. Vous ne
pourrez répondre à cette question qu'en activant le Système 2, qui
entreprendra alors laborieusement d'estimer la moyenne, de
dénombrer les droites et de multiplier la longueur moyenne par le
nombre de droites.
L'incapacité du Système 1 à calculer la longueur totale d'une série
de droites d'un coup d'œil peut vous sembler évidente ; jamais vous
ne vous en êtes cru capable. C'est en fait l'illustration d'une
importante limite de ce système. Parce que le Système 1 représente
les catégories par un prototype ou une série de modèles typiques, il
se tire bien des moyennes, mais mal des sommes. La taille de la
catégorie, le nombre d'exemples qu'elle contient, tout cela est
généralement ignoré dans les jugements sur ce que j'appellerai des
variables de type somme.
Les participants à l'une des nombreuses expériences inspirées par
le contentieux consécutif à la marée noire catastrophique de l'Exxon
Valdez se sont vu demander s'ils étaient prêts à payer pour des filets
destinés à couvrir les mares de pétrole dans lesquelles les oiseaux
migrateurs se noient souvent 98 . Différents groupes devaient dire ce qu'ils étaient prêts à payer pour sauver 2 000, 20 000 ou
200 000 oiseaux. Si le sauvetage d'oiseaux est un produit
économique, il devrait être traité comme une variable de type
somme : sauver 200 000 oiseaux devrait valoir plus que d'en sauver
2 000. En fait, les contributions moyennes des trois groupes de
participants furent respectivement de 80, 78 et 88 euros. Le nombre
d'oiseaux importait peu. Dans chacun des trois groupes, les
participants avaient réagi à un prototype – l'image déchirante d'un
oiseau sans défense en train de se noyer, les plumes engluées dans
une épaisse couche de pétrole. La négligence presque totale de la
quantité dans des contextes émotionnels de cet ordre a été confirmée
à maintes reprises.
Équivalence d'intensité
Des questions sur votre bonheur, la popularité du président, le
châtiment qu'il faut appliquer aux délinquants financiers et les
perspectives futures d'un politicien ont une caractéristique
importante en commun : toutes se rapportent à une dimension sous-
jacente d'intensité ou de quantité, qui permet le recours au mot plus.
Plus heureux, plus populaire, plus sévère ou plus puissant (pour un
politicien). Par exemple, l'avenir politique d'une candidate peut
s'échelonner entre le plus bas : « Elle va être battue aux primaires »,
et le plus haut : « Un jour, elle sera présidente des États-Unis. »
Nous sommes là en présence d'une nouvelle aptitude du
Système 1. Une échelle d'intensité sous-jacente permet d'établir des
équivalences entre des dimensions différentes. Si les crimes étaient
des couleurs, le meurtre serait d'un rouge plus sombre que le vol. Si
les crimes étaient exprimés en musique, le massacre serait joué
fortissimo tandis que le fait de ne pas payer ses contraventions se
contenterait d'un discret pianissimo. Dans des expériences restées
célèbres, on avait adapté l'intensité d'un son à la gravité des délits ;
on avait également adapté l'intensité d'un son à la sévérité des
peines. Les sujets entendaient ensuite deux notes, une pour le délit et
l'autre pour la peine, et ils éprouvaient un sentiment d'injustice si
une des deux notes était beaucoup plus forte que l'autre 99 .
Considérons cet exemple, qui nous resservira plus tard :
Julie lisait couramment à l'âge de quatre ans.
Maintenant, faites correspondre les exploits de Julie enfant aux
échelles d'intensité suivantes :
Quelle est la taille d'un homme qui est aussi grand que Julie
était précoce ?
Que pensez-vous de 1,80 mètre ? Pas assez, manifestement. Et
2,10 mètres ? Probablement trop. Ce que vous recherchez, c'est une
taille aussi remarquable que l'exploit de lire à quatre ans. Assez
remarquable, mais pas extraordinaire non plus. Lire à quinze mois,
voilà qui serait extraordinaire, peut-être comme un homme qui
mesurerait 2,40 mètres.
À quel niveau de revenus dans votre profession correspond
l'exploit de Julie ?
Quel crime est aussi grave que Julie était précoce ?
Quelle note moyenne au diplôme d'une grande école
correspond à ce qu'a fait Julie ?
Pas vraiment difficile, n'est-ce pas ? De plus, vous pouvez être
certain que vos équivalences seront très proches de celles établies
par d'autres représentants de votre milieu culturel. Nous verrons que
quand on demande aux gens de prédire les notes moyennes de Julie
à partir de l'information sur l'âge auquel elle a appris à lire, ils
répondent en traduisant d'une échelle à l'autre et en sélectionnant la
note correspondante. Et nous verrons également pourquoi ce mode
de prédiction par l'équivalence est erroné sur le plan statistique – bien qu'il semble parfaitement naturel au Système 1 et que, chez la
plupart d'entre nous à l'exception des statisticiens, il soit aussi
acceptable pour le Système 2.
La chevrotine mentale
Le Système 1 effectue de nombreux calculs en même temps.
Certains sont des évaluations de routine qui se déroulent
constamment. Chaque fois que vos yeux sont ouverts, votre cerveau
calcule une représentation en trois dimensions de ce qui se trouve
dans votre champ de vision, y compris la forme des objets, leur
position dans l'espace et leur identité. Aucune intention n'est
nécessaire pour déclencher cette opération ou encore la surveillance
constante des attentes qui ne sont pas remplies. Contrairement à ces
évaluations de routine, d'autres calculs ne sont lancés que si besoin
est : vous ne procédez pas à une évaluation continue de votre degré
de bonheur ou de richesse, et même si vous êtes un obsédé de la
politique, vous ne passez pas votre temps à évaluer la popularité du
président. Les jugements occasionnels sont délibérés, ils se
produisent seulement quand vous en avez l'intention.
Vous ne comptez pas automatiquement le nombre de syllabes de
chaque mot que vous lisez, mais vous le pourriez si vous le vouliez.
Cependant, notre contrôle sur les calculs intentionnels est loin d'être
précis : nous calculons souvent plus que nous le voulons ou que
nous en avons besoin. J'ai baptisé ce calcul excédentaire la décharge
de chevrotine mentale. Avec des cartouches de chevrotine, il est
impossible de viser un point précis, car c'est une munition qui se
disperse ; de même, il semble difficile au Système 1 de ne pas faire
plus que ce que lui ordonne le Système 2. Ce sont deux expériences
que j'ai menées il y a longtemps qui m'ont suggéré cette image.
Dans l'une d'elles, les participants écoutaient des paires de mots,
avec l'ordre d'appuyer sur une touche aussi vite que possible chaque
fois qu'ils s'apercevaient que les mots rimaient 100 . Les mots riment
dans ces deux paires :
VOTE – NOTE
VOTE – BOTTE
La différence vous paraît évidente parce que vous voyez les deux
paires. VOTE et BOTTE riment mais ne s'écrivent pas de la même
façon. Les participants, eux, ne faisaient qu'entendre les mots, mais
ils n'en étaient pas moins influencés par l'orthographe. Ils mettaient
nettement plus de temps à reconnaître que les mots rimaient s'il y
avait une différence dans leur orthographe. Bien que leurs
instructions n'aient fait mention que d'une comparaison de sons, les
participants en comparaient également l'orthographe, et la
divergence dans la dimension qui n'était pas impliquée les
ralentissait. L'intention de répondre à une question en avait suscité
une autre, qui était non seulement superflue, mais portait même tort
à la réalisation de la tâche principale.
Dans l'autre étude, des gens écoutaient une série de phrases, avec
l'ordre d'appuyer sur une touche aussi vite que possible pour
indiquer si la phrase était littéralement vraie, et sur une autre touche
si la phrase n'était pas littéralement vraie 101 . Quelles sont les
réponses correctes pour les phrases suivantes ?
Certaines routes sont des serpents.
Certains boulots sont des serpents.
Certains boulots sont des prisons.
Ces phrases sont toutes les trois littéralement fausses. Pourtant,
vous avez sans doute remarqué que la deuxième phrase l'est plus
clairement que les autres – les temps de réaction enregistrés lors de
l'expérience ont confirmé qu'il y avait une différence substantielle.
Cette différence s'explique par le fait que les deux phrases difficiles
peuvent être vraies sur le plan métaphorique. Là encore, l'intention
d'effectuer un calcul en a suscité une autre. Et là encore, la réponse
correcte s'est imposée dans ce conflit, mais le conflit avec la réponse inutile a perturbé la réalisation de la tâche. Dans le chapitre suivant,
nous verrons que la combinaison d'une décharge de chevrotine
mentale et d'une équivalence d'intensité explique pourquoi nous
nous livrons à des jugements intuitifs sur tant de choses dont nous
ne savons rien.
*
La mécanique des jugements en bref
« Évaluer les gens pour savoir s'ils sont séduisants ou non est une
évaluation primaire. Vous le faites automatiquement, que vous le
vouliez ou non, et ça vous influence. »
« Il y a des circuits dans le cerveau qui évaluent la tendance à
dominer à partir de la forme du visage. Il a tout l'air d'être un
meneur né. »
« Le châtiment ne semblera juste que si son intensité équivaut au
délit. Tout comme on peut faire correspondre l'intensité d'un son à
l'intensité d'une lumière. »
« C'était un cas évident de chevrotine mentale. On lui avait
demandé s'il pensait que cette société était solide financièrement,
mais il n'a pas su mettre de côté qu'il appréciait beaucoup ses
produits. »
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