Variations styli

Diane M Dansereau · Chapitre 11 sur 41

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Variations styli

Chapitre 8. Le discours indirect

8 • Le discours indirect

 

 

Quand on raconte ce que quelqu’un dit, on peut le faire soit par le discours direct, soit par le discours indirect. Dans les deux cas, il faut toujours un verbe « de narration », comme, par exemple, dire, demander, répondre. Ensuite, dans le discours direct, il y a toujours une citation dans la phrase:

Il dit : « J’ai vu le fi lm ».

Elle me demande : « Veux-tu venir ? »

Dans le discours indirect, cette citation devient partie de la phrase:

Il dit qu’il a vu le fi lm.

Elle me demande si je veux venir.

Avant d’étudier la structure des phrases au discours direct et au dis-cours indirect, il faut d’abord apprendre le vocabulaire de la proposition introductrice, c’est-à-dire, les verbes de la narration.

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Pour raconter le récit d’une phrase interrogative directe ou indi-recte, on utilise les expressions verbales demander et vouloir savoir. Notez que le verbe interroger, qui ne se suit que d’une personne (il a interrogé le témoin) ne s’emploie pas dans le discours direct ou indirect. De la même façon, le verbe poser dans l’expression poser une question ne s’y emploie pas non plus.

Il demande : « Avez-vous compris ? ».

Elle veut savoir à quelle heure le spectacle commence.

Pour raconter le récit d’une phrase impérative directe ou indirecte (ordres, défense, permission, conseil), il existe plusieurs possibilités, parmi lesquelles :

dire

demander

ordonner

prier

supplier

conseiller

suggérer

permettre

défendre

interdire

Il nous a dit : « Attendez ! ».

Je la supplie : « Suivez-moi ! ».

Nous leur permettons de rester.

Elle nous a interdit d’y entrer.

Pour raconter le récit d’une phrase déclarative directe ou indi-recte, la liste de verbes est presque sans limite. C’est ici que l’étudiant doit s’efforcer de bien varier son vocabulaire. Au lieu de toujours utili-ser les verbes dire, demander et répondre, il doit chercher des synonymes plus intéressants, par exemple :

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déclarer ajouter

s’écrier écrire

s’exclamer répéter

crier assurer (quelqu’un)

hurler annoncer

chuchoter affi rmer

expliquer mentionner

préciser

Il répète : « J’en ai assez ! ».

Elle affi rme qu’elle va rester.

 

I. STRUCTURE DE LA PHRASE

Dans la phrase au discours direct, la proposition introductrice peut se placer soit au début, soit à la fi n de la phrase. Si cette proposition se trouve à la fi n de la phrase, on voit souvent l’inversion stylistique du verbe-sujet. Il déclare : « J’ai faim ! ». « Je meurs de soif ! », annonce-t-il.

Dans la phrase au discours indirect, cependant, la proposition intro-ductrice doit toujours être en tête de la phrase : Il déclare qu’il a faim. Il annonce qu’il meurt de soif.

Dans la phrase au discours direct, on ne fait que donner la citation (entre guillemets), avant ou après la proposition introductrice : Il de-mande : « Tu viens ? ». « Que je suis fatigué ! », s’exclame-t-il.

Mais dans la phrase au discours indirect, il faut employer des struc-tures bien spécifi ques.

A. Phrases impératives au discours indirect

Les éléments nécessaires à une phrase impérative au discours indirect sont sujet + verbe de narration + objet indirect + de + infi nitif : Il demande au garçon de partir.

Notez que les verbes supplier et prier prennent un objet direct devant de + infi nitif : Il prie le garçon de partir.

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On voit aussi la structure suivante, qui emploie le subjonctif, pour certains verbes de volonté (mais le sens n’est pas tout à fait celui du discours indirect) : Il demande que le garçon parte.

B. Phrases déclaratives au discours indirect

Les éléments nécessaires à une phrase déclarative au discours indirect sont sujet + verbe de narration + que + deuxième phrase : Il déclare que la vie est belle. Elle répond qu’il est naïf.

C. Phrases interrogatives au discours indirect

Les éléments nécessaires à une phrase interrogative au discours indi-rect sont sujet + verbe d’interrogation + si, mot interrogatif ou pro-nom relatif + phrase :

Il demande si elle vient.

Elle veut savoir où il va.

Je demande ce qu’il veut.

Il est important de noter les modifi cations qui résultent de la trans-formation du discours direct (DD) au discours indirect (DI) :

DD devient DI

est-ce que → si

qu’est-ce que → ce que

qu’est-ce qui → ce qui

DD : Il demande : « Est-ce que Pierre chante ce soir? ».

DI : Il demande si Pierre chante ce soir.

DD : Il veut savoir : « Qu’est-ce que Pierre a dit ? ».

DI : Il veut savoir ce que Pierre a dit.

DD : Il demande : « Qu’est-ce qui se passera ? ».

DI : Il demande ce qui se passera.

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Note linguistique : pronoms personnels au discours indirect

Quand on raconte une citation indirectement, il faut souvent

changer le pronom personnel. Étudiez les exemples suivants :

DD : Elle déclare : « Je n’ai pas compris ». DI : Elle déclare qu’elle n’a pas compris.

DD : Il lui dit : « Attends-moi ! ». DI : Il lui dit de l’attendre.

 

Exemple de la littérature

Jean Giono, Regain, 1930

Je pars. [...] [Mon fi ls] dit qu’il a peur de cet hiver pour moi tout seul.

Il dit que je serai mieux là-bas. Il dit qu’on m’a fait la chambre à côté

de la cuisine pour la chaleur du poêle. Il dit que la Belline et les pe-

tits, ça me fera un peu de plaisir, que la Belline me soignera bien. J’ai

quatre-vingts !

 

II. LA CONCORDANCE DES TEMPS AU DISCOURS INDIRECT

Si le verbe dans la phrase principale est au présent, le temps du verbe dans la phrase subordonnée au discours indirect ne change pas de celui au discours direct. La seule exception est que quand le verbe subor-donné est à l’impératif au discours direct, ce verbe au discours indirect devient l’infi nitif et suit la préposition de. Si le verbe dans la phrase prin-cipale est au passé, le temps du verbe dans la citation originale change selon les indications dans l’encadré suivant.

 

La concordance des temps

DD devient DI

présent → imparfait

passé composé → plus-que-parfait

(à suivre) 2 2 8 C H A P I T R E 8

 

futur → conditionnel présent

futur antérieur → conditionnel passé

impératif → infi nitif

Cependant, les temps suivants ne changent pas :

DD reste DI

imparfait = imparfait

conditionnel présent = conditionnel présent

conditionnel passé = conditionnel passé

 

Dans les exemples suivants, notez que le verbe de narration dans la première partie de la phrase est toujours au passé composé (jamais à l’imparfait) et que le temps du verbe dans la deuxième partie suit les règles données ci-dessus.

DD : Il m’a demandé : « Que veux-tu? ». (présent)

DI : Il m’a demandé ce que je voulais. (imparfait)

DD : Il m’a demandé : « Qu’est-ce que tu as bu ? ». (passé composé)

DI : Il m’a demandé ce que j’avais bu. (plus-que-parfait)

DD : Il m’a demandé : « Qu’est-ce que nous ferons ? ». (futur)

DI : Il m’a demandé ce que nous ferions. (conditionnel)

DD : Il m’a demandé : « Aurez-vous terminé avant huit heures? ».

(futur antérieur)

DI : Il m’a demandé si nous aurions terminé avant huit heures.

(conditionnel passé)

DD : Il m’a prié : « Souviens-toi ! ». (impératif )

DI : Il m’a prié de me souvenir. (infi nitif )

Cependant :

DD : Il m’a expliqué : « Ma copine voulait rester ». (imparfait)

DI : Il m’a expliqué que sa copine voulait rester. (imparfait)

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DD : Il m’a demandé : « Tu aimerais danser? ». (conditionnel)

DI : Il m’a demandé si j’aimerais danser. (conditionnel)

 

III. LOCUTIONS ADVERBIALES AU DISCOURS INDIRECT DU PASSÉ

Quand une phrase au passé est au discours indirect, il faut choisir bien les adverbes de temps dans la phrase. En transformant la phrase du discours direct, il faut changer les locutions adverbiales de temps pour qu’ils concordent avec le temps des verbes. Une liste d’exemples de lo-cutions adverbiales au discours direct et des expressions équivalentes au discours indirect du passé se trouve dans le tableau suivant.

 

Locutions adverbiales au discours indirect

Ce qu’on dit du passé ... au DD ... et au DI

maintenant, en ce moment à ce moment-là, à cette époque,

alors

aujourd’hui ce jour-là, le jour même, à

l’instant même

hier, avant-hier la veille, l’avant-veille

demain, après-demain le lendemain, le surlendemain

dans X jours X jours plus tard

il y a X jours X jours auparavant

le mois prochain le mois suivant

le mois dernier le mois précédent

 

Étudiez le texte suivant (tiré de Jean Anouilh, Antigone, 1946) et comparez- le au deuxième texte, qui est au discours indirect. Pour d’autres exemples voir l’appendice 22.

ANTIGONE : Non nourrice. Ne pleure pas. Tu pourras regarder maman bien

en face, quand tu iras la retrouver. Et elle te dira : « Bonjour, nounou, merci pour la petite Antigone. Tu as bien pris soin d’elle. » Elle sait pourquoi je suis sortie ce matin.

Voici notre transformation du dialogue d’Anouilh au discours indirect au passé :

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Antigone a prié sa nourrice de ne pas pleurer. Elle lui a dit qu’elle

pourrait regarder sa mère bien en face quand elle irait la retrouver. Elle

l’a rassurée que sa mère la remercierait d’avoir bien pris soin de sa fi lle.

Antigone a continué à apaiser sa nourrice en disant que sa mère savait

pourquoi Antigone, elle, était partie ce matin-là.

 

Variantes linguistiques

Dans la langue courante, il arrive souvent que la règle de la

concordance des temps au discours indirect ne soit pas obser-

vée. On voit des déviations surtout quand on parle de réa lités

glo bales ou d’événements qui n’ont pas encore eu lieu :

Elle ne savait pas que, sur la terrasse des maisons, la pluie fait des lacs quand les gouttières sont bouchées. (Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1856) Elle croyait que les gens en général sont honnêtes.

Il a dit qu’il sera ici demain.

Il existe aussi la tendance de nos jours de mélanger les phrases

directes et indirectes de façon qu’une question directe suive une

introduction indirecte :

Nous devons décider qu’est-ce qu’il faut faire.

Elle veut savoir comment pouvons-nous trouver une solu-tion au problème.

Cette dernière structure s’entend régulièrement à tous les ni-

veaux de langue, même dans la langue soignée, mais elle n’est

pas encore considérée du bon usage, surtout dans la langue

écrite qui ne favorise pas le dialogue.

 

Exercices oraux

Exercice 1. Les parents

Avec un partenaire, discutez de ce que les parents devraient (1) permet-tre et (2) interdire ou défendre à leurs enfants de faire. Parlez d’abord des enfants très jeunes et ensuite des adolescents.

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MODÈLES :

1. Les parents devraient permettre aux enfants / Ils devraient leur per-

mettre… d’explorer leur monde.

2. Ils devraient interdire aux jeunes gens / Ils devraient leur interdire…

de fumer.

Exercice 2. Des ordres

Dites à votre partenaire de faire trois choses. Ensuite, il/elle va dire à la classe ce qu’on lui a demandé de faire.

MODÈLE : Ne fume pas !

X m’a demandé (supplié, conseillé, etc.) de ne pas fumer.

Exercice 3. Discours indirect au présent : à discuter en classe

Mettez les phrases suivantes au discours indirect. Laissez les verbes de narration au présent. N’oubliez pas de changer les pronoms personnels où besoin est et d’ajouter des mots de transition (comme d’abord, ensuite, fi nalement). Faites très attention à la structure des phrases.

1. Francine déclare : « Je préfère déjeuner à la maison, mais quand

j’étais plus jeune, j’adorais aller au restaurant. »

2. L’étudiante explique : « J’ai fi ni mes devoirs, j’ai regardé un peu la

télé, et puis je me suis couchée. »

3. Vous dites : « En vacances cet été, j’irai d’abord en Europe. J’aurai

déjà étudié l’allemand et l’italien avant d’y aller. »

4. Le jeune homme rentre à minuit et son père l’attend devant la porte.

Celui-ci dit : « Tu sais quelle heure il est ? Entre donc ! Tu as été

où ? Avec qui ? Qu’est-ce que vous avez fait ? Parle-moi ! » Le fi ls

répond : « Ne t’énerve pas autant ! J’étais avec des copains que tu

connais. On a vu un fi lm, puis on a été boire un coup. J’aurais télé-

phoné mais j’ai oublié mon portable à la maison. »

Exercice 4. La concordance des temps au passé : à discuter en classe

Maintenant mettez les phrases indirectes de l’exercice 3 au passé. Tous les verbes de narration doivent être au passé composé, et le deuxième 2 3 2 C H A P I T R E 8

verbe doit suivre les règles de la concordance des temps. N’oubliez pas de changer les pronoms personnels où besoin est et d’ajouter des mots de transition (comme d’abord, ensuite, fi nalement).

Exercice 5. Qu’est-ce qu’on dit ?

Avec votre partenaire, reformulez la conversation (tirée de Marguerite Yourcenar, « Le lait de la mort », dans Nouvelles orientales, 1963) en la mettant au discours indirect.

Un jeune homme parle avec son ami :

— A propos, Philip, êtes-vous assez chanceux pour avoir ce qu’on ap-

pelle une bonne mère ?

— Quelle question, fi t négligemment le jeune Anglais. Ma mère est

belle, mince, maquillée, dure comme la glace d’une vitrine. Que voulez-

vous encore que je vous dise ? Quand nous sortons ensemble, on me

prend pour son frère aîné.

© Éditions Gallimard (www.gallimard.fr)

Exercice 6. Qu’est-ce qu’il a dit ?

Avec votre partenaire, reformulez le monologue (tiré de Marguerite Yourcenar, « Le lait de la mort », dans Nouvelles orientales, 1963) en la mettant au discours indirect.

Un jeune homme parle avec son ami :

Racontez-moi une autre histoire, vieil ami, dit Philip en s’affalant lour-

dement sur une chaise. J’ai besoin d’un whisky et d’une histoire devant

la mer... L’histoire la plus belle et la moins vraie possible, et qui me

fasse oublier les mensonges patriotiques et contradictoires des quel-

ques journaux que je viens d’acheter sur le quai. Les Italiens insultent

les Slaves, les Slaves les Grecs, les Allemands les Russes, les Français

l’Allemagne et, presqu’autant, l’Angleterre. Tous ont raison, j’imagine.

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Parlons d’autre chose... Qu’avez-vous fait hier à Scutari, où vous étiez si

curieux d’aller voir de vos yeux je ne sais quelles turbines ?

© Éditions Gallimard (www.gallimard.fr)

Exercice 7. Des questions récentes

Avec votre partenaire, comparez les questions que vous avez posées récemment. Utilisez le discours indirect et faites attention à la concor-dance des temps.

MODÈLES :

Vendredi j’ai demandé à mon mari ce qu’il avait acheté au supermarché.

Ce matin, je lui ai demandé à quelle heure il allait rentrer ce soir.

J’ai demandé à ma fi lle où je devais la trouver après ses classes aujourd’hui.

Exercice 8. Mon week-end dernier

Avec votre partenaire, parlez d’au moins trois choses que vous avez faites le week-end dernier. Ensuite, racontez à la classe ce que votre partenaire a dit.

MODÈLE : J’ai mangé au restaurant.

Il a dit qu’il avait mangé au restaurant…

Exercice 9. Des questions indirectes

Posez trois questions à votre partenaire, la première avec un verbe au présent, la deuxième au passé composé et la troisième au futur. Notez les réponses et puis racontez-les à la classe en employant le discours indirect.

MODÈLE (passé composé) :

Tu es allé(e) au cinéma hier ?

Non, je suis resté(e) à la maison pour fi nir mes devoirs de français.

Rapport : Quand [A] m’a demandé si j’étais allé(e) au cinéma, je lui ai répondu

que j’étais resté(e) à la maison pour fi nir mes devoirs de français. Ou : Quand j’ai demandé à [B] s’il/elle était allé(e) au cinéma... il/elle a répondu qu’il/elle était resté(e) à la maison pour faire ses devoirs.

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Exercice 10. Une interview

Imaginez que le journal universitaire veut publier votre profi le. Vos parents veulent savoir ce que l’intervieweur a demandé, alors vous leur racontez l’interview en utilisant le discours indirect.

MODÈLE : « Merci d’avoir accepté de nous parler. » → D’abord, ils m’ont remercié(e)

de leur parler.

L’interview

1. « Nous sommes très contents de pouvoir parler avec vous. » 2. « Qu’est-ce que vous faites comme études ? »

3. « Quelle est votre matière favorite ? »

4. « Avez-vous envie de voyager à l’étranger ? »

5. « Qu’est-ce qui vous fait peur ? »

6. « De quoi avez-vous besoin dans la vie ? »

7. « Ne soyez pas tenté d’abandonner vos études ! »

8. « Bon courage avec les examens fi nals ! »

Exercice 11. À discuter en classe

Mettez le dialogue (tiré de Jean Cocteau, L’aigle à deux têtes, 1943) au discours indirect.

FÉLIX (il cherche la reine et aperçoit Stanislas) — Je croyais que Sa Ma-

jesté m’attendait dans la bibliothèque. (Il sursaute et recule.) Ah ! (C’est un véritable cri étouffé qu’il pousse.)

STANISLAS — Qu’avez-vous, monsieur le duc ? FÉLIX — Grand Dieu ! Hier, je regardais la reine et il faisait si

sombre que je ne vous avais pas vu.

STANISLAS — Ma ressemblance avec le roi est donc si grande ? FÉLIX — Elle est effrayante, monsieur, voilà ce qu’elle est. Com-

ment une ressemblance pareille est-elle possible ?

STANISLAS — Je m’excuse de vous avoir involontairement produit ce

choc.

FÉLIX — C’est moi, monsieur, qui m’excuse d’avoir si mal do-

miné mes nerfs.

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Exercices écrits : le discours indirect

Exercice 1. Composition

Récrivez l’histoire en combinant les phrases et en éliminant les éléments répétés. Utilisez des pronoms relatifs, des pronoms objets, des parti-cipes présents et des mots de transition, et mettez tout le dialogue au discours indirect. Vous pouvez ajouter des adjectifs et des adverbes pour rendre le récit plus clair ou plus intéressant si vous voulez. Vous êtes libre de changer l’ordre des phrases.

Renée a frappé à la porte de la chambre. Elle a vu son amie (son amie

dormait encore). Renée a ouvert les rideaux et elle a annoncé : « C’est le

jour de ton mariage — il est 8 heures — et c’est l’heure de te lever. »

Jacqueline (elle s’était réveillée) a protesté : « J’ai encore quelques

minutes ! » Le mariage — Renée parlait de ce mariage — devait avoir

lieu à 3 heures de l’après-midi à la mairie. C’était un petit mariage ; la

famille et quelques amis proches étaient les seuls invités à ce mariage.

Renée — elle s’occupait de la réception avec les parents de Jacqueline

— savait ceci : « Nous devons être au salon de beauté pas plus tard que

10 heures ; nous allons nous faire coiffer, maquiller et manucurer dans

ce salon. » Elle a donc secoué Jacqueline (elle avait toujours du mal à

se lever) et lui a dit : « Si tu veux te marier cet après-midi, tu ferais

mieux de te dépêcher ! » Jacqueline a souri. Elle savait que c’était un

bon conseil et elle lui a dit : « Ne t’inquiète pas, je vais être à l’heure

pour mon mariage. » Elle s’est levée.

Exercice 2. Dialogue au discours indirect

Dans ce passage (tiré de Georges Simenon, Le meurtre d’un étudiant, 1971), mettez le dialogue au discours indirect et au présent. Commencez avec la question « Où habitez-vous ? » . Dans ce dialogue, le Commissaire 2 3 6 C H A P I T R E 8

de Police Maigret interroge un homme soupçonné d’avoir commis un meurtre. C’est Maigret qui commence la conversation.

MODÈLE : Maigret annonce son intention de poser quelques questions et commence en

demandant le nom du monsieur. Le monsieur répond qu’il s’appelle Robert Bureau, comme un bureau. Il commence à expliquer pourquoi son nom est symbolique mais Maigret lui coupe la parole...

— Je vais d’abord vous poser quelques questions... Comment vous

appelez-vous ?

— Robert Bureau... Bureau comme un bureau... On dirait que c’est

symbolique, puisque mon père et moi...

— Où habitez-vous ?

— J’ai un petit logement, rue de l’École-de-Médecine, dans un bâ-

timent très ancien qui se trouve au fond de la cour... Je travaille rue

Laffi tte, dans une compagnie d’assurances... Ou plutôt je travaillais...

tout cela est fi ni, n’est-ce pas ? [...]

— De quelle ville êtes-vous originaire ?

— Saint-Amand-Montrond, au bord du Cher... Il y a là une grande

imprimerie Mamin et Delvoye, qui travaille pour plusieurs éditeurs de

Paris... [...] Nous vivions — mes parents y vivent encore — dans une

petite maison près du canal du Berry... [...]

— Vous n’aimiez pas votre ville ?

— Non.

— Pourquoi ?

— J’avais l’impression d’y étouffer. Tout le monde s’y connaît...

Quand on passe dans les rues, on voit des rideaux qui bougent aux fe-

nêtres... J’ai toujours entendu mes parents murmurer : « Qu’est-ce que

les gens diraient... »

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— Vous étiez bon élève ?

— Jusqu’à l’âge de quatorze ans et demi, j’étais premier de ma

classe... Mes parents s’y étaient si bien habitués qu’ils me grondaient

quand il y avait un point de moins à mon carnet...

— Quand avez-vous commencé à avoir peur ?

Maigret eut l’impression que son interlocuteur devenait plus pâle,

que deux petits creux se formaient près de ses narines et que ses lèvres

devenaient sèches.

— Je ne sais pas comment j’ai pu garder le secret jusqu’au présent...

— Que s’est-il passé quand vous aviez quatorze ans et demi ?...

Exercice 3. Composition

Transformez ce passage (tiré de Jean Anouilh, Voyageur sans bagage, 1937) en discours indirect au passé. Employez des mots de transition comme d’abord, ensuite, et puis, alors. Faites attention aux temps des verbes et aux choix des pronoms personnels.

— Le petit garçon demande à Gaston : « Pouvez-vous me donner un

renseignement ? ».

— « Oui », lui répond Gaston.

— Alors le petit garçon dit : « Je cherche le petit endroit ». [le petit

endroit = les WC]

— Gaston ne comprend pas et demande : « Quel petit endroit? ».

— « Je cherche le petit endroit où on est tranquille », réplique le

petit garçon.

— Gaston comprend, le regarde et éclate d’un bon rire ; il lui ré-

pond : « Oh ! moi aussi, je le cherche en ce moment le petit endroit

où on est tranquille ».

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— « Je me demande bien alors à qui nous allons pouvoir le deman-

der », dit le petit garçon.

— Et Gaston ajoute en riant : « Je me le demande aussi ».

— Puis le petit garçon lui dit : « Si vous restez là, vous n’avez vrai-

ment pas beaucoup de chances de le trouver ».

— Tout à coup, le petit garçon aperçoit les débris d’une glace cas-

sée ; il demande à Gaston : « Est-ce que c’est vous qui avez cassé la

glace ? ».

— « Oui, c’est moi », répond Gaston.

— À quoi le petit garçon réplique : « Je comprends alors que vous

soyez très ennuyé ; mais vous feriez mieux de le dire carrément, vous

êtes un monsieur et donc on ne peut pas vous faire grand-chose ». Puis

il ajoute: « On dit que ça porte malheur de casser une glace ».

— « On le dit », répond Gaston.

— Et le petit garçon dit en s’en allant: « Je m’en vais voir dans

les couloirs si je rencontre un domestique ; dès qu’il m’aura donné

le renseignement, je reviendrai vous expliquer où se trouve le petit

endroit ».

Exercice 4. Composition

Racontez ce récit (tiré de André Maurois, Une conférence mouvementée, 1963) au passé, dans des phrases complètes et au discours indirect. Il s’agit d’une conférence donnée en anglais, au Carnegie Hall, par l’auteur belge Maurice Maeterlinck (qui ne parle pas anglais).

Le lendemain, conférence. Une salle pleine à craquer. Cinq mille per-

sonnes. Une recette magnifi que. Je commence et, tout de suite, je per-

çois qu’il y a du fl ottement. Les gens se regardent, chuchotent. On me

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crie : « Plus haut ! ». J’essaie de parler plus fort. On crie encore : « Plus

haut ! ». Je hurle. Ma voix s’éraille. À ce moment, une dame se lève dans

le public et me dit en français : « Mais Monsieur, il est inutile de crier...

Ce n’est pas votre voix qui est trop basse ; c’est votre langage qui est

incompréhensible. — Ma foi, lui dis-je, ça ne me surprend pas... Moi,

je ne sais pas l’anglais... Voulez-vous que je continue en français ? ». La

moitié de la salle crie : « Oui ! », l’autre moitié proteste.

Exercice 5. Compositions

Dans le monologue suivant (tiré de Vassilis Alexakis, Pourquoi tu pleures ? 1991), racontez ce qu’a fait ou ce qu’a dit la mère du point de vue de l’enfant. Mettez le passage au passé et commencez avec les mots Maman m’a dit de… (Les derniers cinq paragraphes de ce passage se trouvent à l’appendice 22.)

[1] Mets ton manteau ! Où sont tes bottes ? Va chercher tes bottes !

Si tu ne trouves pas tes bottes, tu auras une baffe ! Et on restera à la

maison ! Tu veux qu’on reste à la maison ? Tu sais, moi, je n’ai aucune

envie de sortir, surtout par ce temps. Et j’ai plein de choses à faire à la

maison, plein.

[2] Non, bien sûr, tu ne veux pas rester à la maison… Alors, va

chercher tes bottes ! Bon, ça y est ? Tu es prêt ? Tu vois bien que je ne

suis pas prête, non ? Bon, allons-y. Où sont mes clés ? Tu ne les as pas

vues, par hasard ? Elles étaient sur la table, j’en suis sûre. Ah non ! Je

les ai. Allons-y. Donne-moi la main.

[3] Quel temps ! Ne parle pas sinon tu vas prendre froid à la gorge

et on appellera le docteur. Tu n’as pas envie qu’on appelle le docteur,

n’est-ce pas ? Alors, tais-toi. Et marche plus vite ! On n’a pas beaucoup 2 4 0 C H A P I T R E 8

de temps. Laisse cette fi celle ! Je t’ai dit cinquante fois de ne rien ra-

masser par terre. C’est plein de microbes. Tu tomberas malade et on

appellera le docteur. Je te donnerai un bout de fi celle à la maison, si tu

es gentil, bien sûr.

[4] Ne traîne pas les pieds comme ça ! Tu es fatigué ou quoi ? Quand

on est fatigué, on reste à la maison. Tu n’avais qu’à ne pas me demander

de sortir. J’ai plein de choses à faire à la maison, plein ! Qu’est-ce que

tu veux encore ? Un pain au chocolat ? Je t’en achèterai un au retour,

si tu es sage. Et ne marche pas dans les fl aques d’eau ! On dirait que tu

le fais exprès, ma parole !