Variations styli

Diane M Dansereau · Chapitre 8 sur 41

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Variations styli

Chapitre 5. Les adverbes

5 • Les adverbes

 

Un adverbe modifi e un verbe, un adjectif ou un autre adverbe. Il est toujours invariable, c’est-à-dire qu’il ne change jamais de forme. Un adjectif, par contre, modifi e un substantif et s’accorde avec le nombre et le genre de ce substantif. Comparez les adjectifs et les adverbes dans les exemples suivants :

Adjectifs :

C’est une bonne réponse.

Ils ont des enfants actifs.

Elles sont naïves.

Adverbes :

Il a bien répondu.

Ils participent activement.

Elle y croit naïvement.

C’est un très petit lapin.

Il parle trop fort.

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Les adverbes se divisent en plusieurs groupes : les adverbes de ma-nière, de quantité, de temps, de lieu et de négation. Il y a aussi des adverbes interrogatifs et exclamatifs.

Manière : Il est parti rapidement.

Quantité : Il mange trop.

Temps : Il va partir demain.

Lieu : Il habite ailleurs.

Négation : Il ne parle jamais.

Interrogatif : Quand va-t-il arriver ?

Exclamatif : Que je me sens bien !

Pour les adverbes interrogatifs, voir le chapitre 6. Dans ce chapitre-ci nous examinons la formation, l’emploi et le placement de tous les autres adverbes.

 

I. ADVERBES DE MANIÈRE

La plupart des adverbes de manière sont dérivés de la forme féminine des adjectifs qualifi catifs à laquelle on ajoute le suffi xe -ment :

 

Adjectif masculin Adjectif féminin Adverbe lent lente lentement actif active activement nerveux nerveuse nerveusement discret discrète discrètement divin divine divinement doux douce doucement sot sotte sottement fou folle follement facile facile facilement

Il est important de noter que la transformation adjectif féminin +-ment → adverbe ne marche pas pour tous les adjectifs. Dans certains cas, il faut utiliser une phrase nominale :

blanc : blanchement de couleur blanche

fâché : fâchéement d’un ton / d’un air fâché

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L’exception la plus importante de l’adverbe en -ment concerne le groupe d’adjectifs terminés en -ent, -ant, pour lesquels la terminaison adverbiale est -emment, -amment (tous les deux prononcés avec la voyelle [a] dans la première syllabe: patient → patiemment [pa sja mɑ ˜], constant → constamment [kɔ ˜ sta mɑ ˜]).

Notez les cas spéciaux suivants : lent → lentement ; présent → présentement (vieux ou régional) ; véhément → véhémentement (forme littéraire).

Notez aussi que les adverbes notamment et précipitamment sont dérivés des participes présents notant et précipitant.

Pour les adjectifs dont la forme masculine se termine par une voyelle prononcée, on dérive l’adverbe de cette forme masculine, donc on supprime le e féminin de la forme écrite : joliment, absolument, passionnément.

Deux orthographes sont possibles pour les adverbes correspondant aux adjectifs gai et nu : gaîment/gaiement ; nûment/nuement.

Notez aussi que certains adjectifs terminés en -u ajoutent un accent circonfl exe sur le u de l’adverbe : dûment, assidûment, continûment, crûment.

Il existe également des adverbes où on ajoute un accent aigu sur le e de l’adjectif. Il est possible que cette structure soit par analogie avec les adverbes formés sur les participes passés (par ex., aisé → aisément). Quelques adverbes dans ce groupe sont :

précisément

profondément

énormément

aveuglément

confusément

obscurément

opportunément

importunément

profusément

exquisément

conformément

intensément

commodément

uniformément

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Notez les cas spéciaux suivants :

L’adjectif bref (fém. brève) devient brièvement.

L’adjectif gentil (fém. gentille) devient gentiment.

Les adverbes vachement et diablement viennent des substantifs vache et

diable.

Un petit groupe d’adverbes de manière ont des formes particulières, y compris

bien

mal

mieux

pis*

vite

volontiers

exprès

plutôt

ensemble

*(forme plutôt vieillie ou littéraire, sauf dans l’expression tant pis)

D’autres sont des adjectifs employés comme adverbes. Ceux-ci se trouvent surtout dans des expressions fi gées telles que

tenir bon

voir clair

marcher droit

travailler dur

coûter cher

chanter faux

chanter juste

Notez aussi l’emploi de l’adjectif soudain comme adverbe. On trouve cet emploi à côté de celui de l’adverbe soudainement : Il commence soudain(ement) à pleurer.

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Note linguistique : emplois particuliers de l’adverbe bien

Les adverbes bien et mal correspondent aux adjectifs bon et

mauvais ; c’est-à-dire que bon et mauvais modifi ent des substan-

tifs tandis que bien et mal modifi ent des verbes (ou des adjectifs

ou d’autres adverbes). Par exemple :

C’est un bon danseur. Il danse bien.

C’est un mauvais orateur. Il s’exprime mal.

Avec les verbes savoir, comprendre et falloir, l’adverbe bien

donne un sens de renforcement au verbe :

Je sais bien qu’il est parti. I do know (I am well aware) that

he left.

Tu comprends bien que… You must understand that ...

Il faut bien y répondre. We really must answer.

Avec les verbes vouloir, croire/penser et aimer, cependant,

l’adverbe bien a l’effet opposé—il diminue la force du verbe :

Je veux bien est moins fort que Je veux. Je crois bien admet plus de doutes que Je crois. Je t’aime bien est moins fort que Je t’aime.

On voit le mot bien employé comme adjectif dans le sens sui-

vant : C’est une fi lle très bien (a very fi ne, upstanding girl).

Le mot bien s’emploie aussi comme adverbe de quantité syno-

nyme aux adverbes très et beaucoup :

Il est bien fatigué.

Bien des spectateurs ne le croyaient pas.

Je vous souhaite bien de la chance.

Comparez la structure de la phrase nominale avec bien et avec

beaucoup :

bien + article partitif + substantif : bien de la chance bien + article indéfi ni pluriel + substantif : bien des gens beaucoup + de + substantif : beaucoup de gens

 

Le placement de l’adverbe de manière dépend de la forme du verbe qu’il modifi e. Il se met :

• directement après le verbe simple (en anglais par contre il peut pré-

céder ce verbe) : Il se lève lentement.

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• s’il est court, entre l’auxiliaire et le participe passé dans les temps

composés : J’ai bien mangé.

• s’il est long, après le participe passé : Il a parlé longuement. • s’il est court, avant l’infi nitif : Il va vite comprendre. • s’il est long, après l’infi nitif : Il faut répondre correctement.

 

II. ADVERBES DE QUANTITÉ

Les adverbes de quantité marquent l’intensité, le degré, la quantité ou le degré de comparaison. Quelques-uns se forment avec la terminai-son -ment : totalement, entièrement, complètement, absolument.

Les autres sont des mots particuliers comme très, beaucoup, peu, trop, as-sez, tant, tellement, presque, plus, moins, autant, aussi. Notez surtout les adverbes de comparaison dans les quatre derniers exemples.

Il est très occupé.

Il est complètement perdu.

Il mange beaucoup.

Il a trop bu.

Il s’amuse plus/moins/autant qu’elle.

Il a plus/moins/autant d’amis qu’elle.

Il court plus/moins/aussi rapidement qu’elle.

Il est plus/moins/aussi petit qu’elle.

Trois adjectifs s’emploient comme des adverbes de degré : grand, tout et fort.

Comme adverbe de quantité, fort veut dire beaucoup, excessivement, extrê-mement. On voit cet emploi surtout dans le français soigné. (L’adjectif fort s’emploie aussi comme adverbe de manière : Serrez-moi fort. Crier fort.) L’adverbe fort (comme tous les adverbes) reste invariable, même devant un adjectif :

J’en doute fort.

Elle est fort peinée.

Il est de fort bonne humeur.

L’usage de l’adjectif grand comme adverbe de quantité est assez limi-tée. À l’écrit il est variable : ouvrir grande la bouche. À l’oral, il tend à rester invariable : des yeux grand ouverts. Des portes grand ouvertes. 1 2 8 C H A P I T R E 5

La forme de l’adverbe tout dépend du mot qu’il modifi e. Devant un adverbe, il reste invariable: Faites-le tout doucement. Devant un substantif, la forme varie selon l’expression. Cet usage est très limité :

Elle était tout [tut] yeux et tout [tut] oreilles.

Il était toute intelligence.

Devant un adjectif,

• Il reste invariable pour le nombre. C’est-à-dire qu’on n’écrit ni ne

prononce jamais un s pluriel : ils sont tout petits, ils sont tout abimés ; elles ∪

sont toute petites, elles sont tout abimées. • Par contre, il est variable pour le genre selon le système suivant. Si

l’adjectif est féminin, on prononce l’adverbe toujours [tut]. Ceci

s’écrit toute devant l’adjectif commençant par une consonne ou un h

aspiré—toute petite(s), toute honteuse(s)—et tout devant l’adjectif commen-

çant par une voyelle (car le t doit toujours se prononcer dans cette

liaison obligatoire) : tout entière(s), tout habituée(s). Si l’adjectif est mas-∪ ∪

culin, on dit [tu], sauf devant une voyelle, où on entend la liaison

[tut] : tout petit(s), tout ému(s). ∪

L’adverbe de quantité qui modifi e un verbe suit les mêmes règles de placement que l’adverbe de manière. Il se place :

• directement après le verbe simple : Il aime beaucoup la classe. • avant ou après le participe passé dans les temps composés (selon sa

longueur) :

Il a trop mangé.

Ayant assez vu,…

Après avoir beaucoup mangé…

Il a parlé longuement.

Il s’est perdu complètement.

Ayant compris complètement,…

• avant ou après l’infi nitif (avant, s’il est court ; après, s’il est long) :

Il va beaucoup manger.

Il va le manger complètement.

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III. ADVERBES DE TEMPS

Les adverbes de temps décrivent le moment de l’action (demain), sa durée (longtemps), sa fréquence ou sa répétition (souvent) ou la chronolo-gie des actions (ensuite). Des exemples d’adverbes de temps se trouvent dans la note de vocabulaire suivante.

 

Note de vocabulaire : adverbes de temps

actuellement à l’heure actuelle maintenant à présent aujourd’hui

n’importe quand toute la journée le week-end

à cette époque-là à ce moment-là = alors (+ verbe à l’impar- fait : Ils habitaient alors à Paris) après avant auparavant (previously, beforehand) demain après-demain le lendemain bientôt hier avant-hier la veille il y a trois jours

soudain tout à coup tout de suite aussitôt (immediately) d’abord ensuite enfi n

toujours parfois quelquefois de temps en temps rarement jamais

tôt tard en avance en retard à temps depuis désormais/dorénavant (henceforth) longtemps brièvement à jamais (= pour toujours)

dans trois jours en trois jours (pour représenter la fi n d’une

période de temps on utilise dans ; pour la durée on utilise en :

Il arrivera dans trois jours. Il a fi ni le projet en trois jours.)

 

Les adverbes de temps suivent les mêmes règles de placement que celles des adverbes de quantité et de manière pour les verbes simples et composés, mais on peut les placer aussi au début ou à la fi n de la phrase pour la mise en relief.

• avec le verbe simple :

Souvent, il oublie ses devoirs.

Il oublie souvent ses devoirs.

Il oublie ses devoirs assez souvent.

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• avec les temps composés :

Souvent, il a oublié ses devoirs.

Il a souvent oublié ses devoirs.

Il a oublié ses devoirs assez souvent.

De temps en temps, il a oublié ses devoirs.

Il a oublié de temps en temps ses devoirs.

Il a oublié ses devoirs de temps en temps.

Cependant avec les adverbes qui marquent le moment dans le temps, l’adverbe doit venir soit au début soit à la fi n de la phrase :

Hier, il a oublié ses devoirs.

Il a oublié ses devoirs hier.

Avec l’infi nitif, l’adverbe de temps se met après. On peut le mettre aussi au début ou à la fi n de la phrase :

Il va arriver bientôt.

Il va partir demain.

Bientôt, il va chanter.

Demain, il va arriver.

 

IV. ADVERBES DE LIEU

Les adverbes de lieu, qui sont nombreux, situent le verbe dans un endroit. En voici quelques exemples :

ailleurs (elsewhere) ici là là-bas nulle part partout quelque part

dedans dehors derrière devant en bas en haut (tout) près

loin

(tout) autour là-dedans là-dessous là-dessus là-haut

Allez le faire ailleurs.

Les enfants jouent dehors.

Il habite très loin.

Dans la langue parlée courante, on remplace souvent ici par là : Il n’est pas là (He’s not here).

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On peut ajouter là- à certains adverbes : là-dedans (inside it), là-dessous (underneath it), là-dessus (on top of it), là-haut (up there) (comparez : là-bas).

Comparez la préposition dans avec l’adverbe dedans : Il est dans la classe. Il est dedans.

N’oubliez pas dans la langue soignée d’employer la particule ne avec l’adverbe nulle part : Il n’est nulle part.

Ne faites pas de liaison devant le mot haut : en haut. x

Les adverbes de lieu, comme les adverbes de temps, peuvent se placer au début et à la fi n de la phrase pour la mise en relief.

• Avec le verbe simple, ils se mettent aussi directement après le verbe :

Ici, on parle français.

On parle ici le français.

On parle français ici.

• Avec les temps composés et l’infi nitif, l’adverbe de lieu se place après

le participe passé ou après l’infi nitif :

On l’a cherché partout.

Ils ont joué ailleurs.

Il aime manger dehors.

Il préfère rester ici.

 

V. ADVERBES DE NÉGATION

Les adverbes de négation se composent traditionnellement de deux parties : ne + un deuxième élément (mais voyez l’usage dans la langue familière, plus bas) :

pas personne

plus pas encore jamais nulle part point nullement

guère aucunement

rien

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Note de vocabulaire : ne ... plus ; ne ... pas encore

La négation de encore… ? est ne … plus. La négation de déjà ?

est ne ... pas encore.

Vous habitez encore chez vos parents ? Non, je n’habite plus

chez eux.

Avez-vous déjà visité la France ? Non, je ne l’ai pas encore

visitée.

 

Dans la langue parlée et le style familier, le ne tombe presque toujours :

Je le veux pas.

J’y vais jamais.

J’en sais rien.

Ce phénomène n’est pas du tout limité aux classes ouvrières ; même les locuteurs les plus éduqués laissent tomber systématiquement le ne dans les situations informelles. Néanmoins, il est intéressant de noter que, quand on les questionne, beaucoup de Français déclarent que la chute du ne constitue du « mauvais français » (probablement parce que cette particule est obligatoire dans la langue écrite). Ces mêmes personnes savent bien cependant varier leur production personnelle du négatif (in-cluant ou éliminant le ne) selon la situation dans laquelle elles se trou-vent. On voit cette habilité à travers tous les niveaux sociaux, d’ailleurs. Par exemple, on a tendance à garder plus souvent le ne si le sujet de conversation est plus sérieux (l’éducation vs. le football), et si on parle devant le public ou avec quelqu’un qu’on veut impressionner. Dans ces cas, le maintien du ne est une variante de prestige. L’âge du locuteur joue aussi un rôle, les plus âgés gardant en général plus souvent le ne. À part les facteurs sociologiques, il en existe d’autres d’origine linguistique (voir la note linguistique ci-dessous).

Il est important que l’étudiant de français comprenne que le main-tien et la chute du ne négatif ne sont pas du tout en variation libre. Dans certains contextes il est préférable (sinon obligatoire) de garder le ne et dans d’autres, son maintien serait bizarre. On doit donc toujours faire

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très attention à la situation sociolinguistique dans laquelle on se trouve avant de choisir de garder ou de laisser tomber la particule ne dans la négation.

 

Variante linguistique : facteurs linguistiques

infl uençant la particule négative ne

La particule ne tend à se perdre

• dans certaines expressions, telles que :

Je sais pas.

C’est pas mon ordinateur.

Il y a pas assez de temps.

Il y en a pas.

Il faut pas le faire.

• après le sujet impersonnelle il, qui peut se prononcer [i] ou

disparaître complètement : [i] y a pas, [i] faut pas.

• après les pronoms sujets (plutôt que les sujets nominaux) :

T’as pas vu ?

Je comprends pas.

Il sait pas.

Vous croyez pas ?

On garde la particule ne surtout

• après les adverbes négatifs personne et rien comme sujet :

Rien n’est parfait. Personne n’est venu.

• avec les adverbes négatifs plus et que : Il ne mange plus. Il ne

fait que parler.

Dans le premier cas, on veut peut-être distinguer le plus négatif du

plus comparatif. Dans le deuxième, on maintient la structure com-

plète parce qu’il s’agit plutôt d’une restriction que d’une négation.

 

Les adverbes personne, rien et jamais gardent leur connotation négative lorsqu’on répond à une question par cet adverbe seul :

Qui est venu ? Personne.

Qu’est-ce que tu fais ? Rien !

Vous l’avez vu combien de fois ? Jamais !

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On voit souvent des groupements de plusieurs mots négatifs, par exemple :

Il ne fait jamais rien.

Je ne vois plus personne.

Elle ne veut plus rien.

Les mots personne et rien s’emploient comme pronoms indéfi nis qui peuvent être l’objet ou le sujet du verbe :

Je ne vois personne.

Personne n’est venu.

Je n’ai rien bu.

Rien ne s’est passé.

Le groupement ne… que marque plutôt l’exclusion que la négation :

Je n’ai qu’une chose à dire. (J’ai seulement une chose à dire.)

Avec la négation ne... ni... ni, il s’agit de conjonctions (pas d’adverbes) :

Il n’a trouvé ni paix ni solitude.

Il ne connaît ni ma mère ni mon père.

Les adverbes de négation suivent les mêmes règles de placement que celles des adverbes de manière et de quantité. Il faut cependant parfois aussi ajouter le mot ne devant le verbe. Remarquez que les négations personne et nulle part, qui sont assez longues, suivent toujours le participe passé et l’infi nitif. De la même façon, si le deuxième élément est long (rien d’intéressant, aucune réponse, plus de pommes…), il suit le participe passé et l’infi nitif.

Le deuxième élément de l’adverbe de négation qui modifi e un verbe se place

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• directement après le verbe simple :

Il n’aime pas la classe.

Il ne nage guère.

Elle ne comprend rien.

Il ne chante plus.

Il ne connaît personne.

• dans les temps composés, entre l’auxiliaire et le participe passé où

après le participe passé, selon la longueur de l’adverbe :

Il n’a jamais répondu.

Il n’avait pas mangé.

N’ayant pas encore fi ni...

Il n’a jamais parlé.

Je n’ai rien fait.

N’ayant pas compris,...

Il n’a vu personne.

N’ayant vu personne,…

Il ne l’a vu nulle part.

Il n’a donné aucune explication.

Il n’a dit rien d’important. / Il n’a rien dit d’important. Il n’a acheté plus de pommes. / Il n’a plus acheté de pommes.

• avant ou après l’infi nitif, selon sa longueur :

Je ne veux pas partir.

Il ne va plus parler.

Il ne sait rien faire.

Il préfère ne rien dire.

Il a décidé de ne jamais partir.

Il a décidé de ne voir personne.

Il ne veut aller nulle part.

Il ne va dire rien d’important.

Il a peur de ne trouver aucune explication.

Notez le placement de l’adverbe de négation avec l’infi nitif passé : dans la langue courante on dit je crains de ne pas avoir compris mais dans la langue soignée on peut dire je crains de n’avoir pas compris. 1 3 6 C H A P I T R E 5

 

Note linguistique : ne, employé seul

L’adverbe ne peut se trouver seul avec le sens négatif, avec cer-

tains verbes, surtout aux temps simples ou suivis d’un infi nitif. Cet

usage est plutôt soigné ou littéraire. Ces mêmes verbes se trou-

vent dans la langue courante avec un deuxième élément négatif.

savoir : Il est parti, on ne sait pourquoi, par la porte de

derrière.

pouvoir : Elle ne peut répondre. oser : Il n’ose parler. cesser : Il ne cessa de la regarder.

Notez que la particule ne seule se trouve aussi dans certaines

structures sans connotation négative : Il craint qu’elle ne soit fati-

guée. Pour cette structure, voir le chapitre 9.

 

VI. ADVERBES EXCLAMATIFS

On peut commencer une phrase exclamative par les adverbes comme, que, ce que, qu’est-ce que et combien. Le choix d’adverbe exclamatif est déter-miné par le niveau de style. Qu’est-ce que et que s’emploient dans un style très familier ; comme et ce que dans un style familier ; et combien dans un style soigné.

Qu’est-ce qu’il fait beau aujourd’hui ! (très familier)

Qu’il est bon de fl âner dans le parc ! (très familier)

Comme il voulait lui parler ! (familier)

Ce qu’il est bête ! (familier)

Combien il se sentait petit ! (soigné)

Notez que quelle dans la phrase exclamative Quelle jolie robe ! est un adjectif, pas un adverbe.

Exercices oraux : adverbes de manière

Exercice 1. Bien

Avec un partenaire, expliquez (en français) le sens des phrases soulignées.

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1. Il comprend bien des choses.

2. Je crois bien qu’il viendra.

3. Il est bien en retard ce matin.

4. Il y avait bien 500 messages qui m’attendaient à mon retour. 5. Vous êtes bien le chef du département, n’est-ce pas ? 6. Je l’aime bien.

7. Je veux bien vous aider.

8. Il est bien content de pouvoir vous aider.

9. Il a bien dit qu’il allait le faire, n’est-ce pas ?

Exercice 2. Les adverbes en -ment et bien

Avec un partenaire, complétez les petits dialogues en ajoutant dans la réponse un adverbe formé de l’adjectif donné. Attention à la forme et à la position de l’adverbe.

MODÈLE : Tu as oublié notre rendez-vous ? (complet)

Oui, je l’ai complètement oublié.

1. Tu mangeais quand les voisins sont arrivés ? (tranquille)

Il y avait une tartelette qui restait? (seul)

Tu voulais la manger ? (absolu)

Alors, tu as mangé ? (bon)

2. Le conférencier a parlé ? (intelligent et franc)

Et tu l’as rencontré après? (bref )

Tu lui as posé quelques questions ? (gentil)

Et il a compris tes remarques? (certain)

Et il y a répondu ? (poli mais nerveux) 3. Le prisonnier a été accusé ? (faux)

Il a pleuré ? (impitoyable)

Il devait être fatigué de cette affaire, non ? (vrai) 4. Alors, il faut réagir à la situation, n’est-ce pas? (actif )

Il faut écrire notre réponse ? (lisible)

Quand faut-il qu’on le fasse ? (immédiat)

Comment faut-il qu’on avance ? (doux, lent, prudent, mais pas aveugle)

Et il faut mettre fi n à ce procès ? (sûr) 5. Le facteur, il arrive en retard ? (habituel)

Il fait sa ronde entre 9 heures et 10 heures ? (régulier)

Il doit l’avoir fi nie à cette heure, non ? (certain)

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Exercices oraux : adverbes de temps

Exercice 3. Vocabulaire diffi cile

Traduisez les phrases avec un partenaire. Il y a parfois plus d’une tra-duction possible.

1. I’m leaving in a week.

2. I fi nished the book in a week.

3. At the time, we were living in France.

4. Previously, we had lived in Switzerland.

5. He arrived the next day.

6. She had left the day before.

7. They left three days ago.

8. When shall we bring it? Whenever; we’ll be here all day long. 9. From now on [henceforth], they will speak only French.

Exercice 4. La fréquence

Avec votre partenaire, parlez de la fréquence avec laquelle vous avez fait ces choses cette année ou l’année dernière. Mettez tous les verbes au passé composé. Choisissez les adverbes de la liste donnée. Faites atten-tion à leur position dans la phrase.

Activités Fréquence aller au cinéma jamais voir un fi lm français (pas) souvent manger au restaurant fréquemment inviter des amis chez vous rarement voyager en avion deux fois, trois fois, etc. boire de l’alcool de temps en temps regarder la télévision d’autres adverbes... changer un pneu crevé

avoir un accident

acheter du pain

parler en français

téléphoner à votre meilleur(e) ami(e)

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Exercice oral : adverbes de lieu

Exercice 5. Vocabulaire

Contredisez ce que dit votre partenaire selon le modèle.

MODÈLE : Tu habites très loin ?

Non, j’habite tout près.

1. Ta chambre est en bas ?

2. Tu te mets derrière ?

3. Ce livre se vend quelque part ?

4. C’est loin, le restaurant ?

5. C’est ici, le magasin ?

6. Les enfants sont toujours dehors ?

Exercices oraux : adverbes de négation

Exercice 6. Pas encore

Avec votre partenaire, faites une liste des choses que vous n’avez pas encore faites, mais que vous aimeriez faire un jour.

MODÈLE : Je n’ai pas encore visité le Japon.

Exercice 7. Ne plus

Avec votre partenaire, faites une liste de choses que vous ne faites plus.

MODÈLE: Je n’habite plus chez mes parents.

Exercice 8. Une personne qui se montre très négative

Posez ces questions à votre partenaire, qui répond toujours au négatif.

1. Qu’est-ce que tu aimes ?

2. Qu’est-ce que tu as fait hier ?

3. Qu’est-ce que tu veux faire ce soir ?

4. Qu’est-ce qui t’intéresse ?

5. Où veux-tu aller ce soir ?

6. Qui est-ce que tu as rencontré en ville hier ?

7. Avec qui veux-tu parler maintenant ?

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Exercice 9. Une investigation criminelle

Imaginez que la police vous interroge sur un crime qui a eu lieu dans un bar près de chez vous. Répondez toujours par un adverbe négatif (personne, jamais, rien, nulle part) et une phrase complète. Attention au temps du verbe et à la position de l’adverbe.

MODÈLE : Vous avez rencontré qui ce soir-là ?

Mais je n’ai rencontré personne !

1. Combien de fois est-ce que vous avez visité ce bar ? 2. Qu’est-ce qui s’est passé entre vous et le patron ce soir-là? 3. Qu’est-ce que vous avez dit au patron ? Vous avez dit quelque

chose ?

4. Qui connaissez-vous qui travaille dans ce bar ?

5. Avec qui avez-vous parlé ce soir-là ? Vous avez certainement parlé

avec quelqu’un ?

6. Qui avez-vous vu ? Vous avez vu quelqu’un ?

7. Où êtes-vous allé à 8 heures ce soir-là ?

Exercice oral : adverbes exclamatifs

Exercice 10. Des exclamations

Ajoutez tous les adverbes exclamatifs possibles aux phrases suivantes, en tenant compte du niveau de langue pour chaque adverbe. Ensuite, inventez vos propres exclamations.

MODÈLE : Il fait froid.

Qu’est-ce qu’il fait froid ! Qu’il fait froid ! (très familier)

Comme il fait froid ! Ce qu’il fait froid ! (familier)

Combien il fait froid ! (recherché)

1. Je suis fatigué(e) !

2. Je (ne) suis (pas) content(e) !

3. Je me sens bien !

4. Il fait beau aujourd’hui !

5. La vie est belle !

6. Cet exercice est [ajoutez un adjectif] ! 7. Cette classe est [ajoutez un adjectif] !

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Exercices écrits

Exercice 1. Adverbes de lieu

Traduisez en français.

1. Where’s Charles?

2. I looked for him everywhere! He must be somewhere. 3. He’s not upstairs. Is he downstairs?

4. No, he’s not here. Let’s look somewhere else.

5. There he is.

6. I was looking for him inside, but he’s playing outside. 7. He’s in a fi eld with fl owers all around and a lake nearby.

Exercice 2. Tous les adverbes

Rendez les phrases plus descriptives en ajoutant des adverbes. Il peut s’agir des adverbes de manière, de quantité, de temps, de lieu, de né-gation ou des adverbes exclamatifs ou interrogatifs.

MODÈLE : J’ai mangé. → Que j’ai bien mangé !

1. Le bébé pleurait.

2. Le chat miaulait.

3. La fi lle lisait dans le jardin.

4. Les oiseaux volaient dans le ciel clair.

5. L’élève a répondu à la question.

6. Le garçon est tombé dans le lac.

7. Le voleur s’est emparé de mon sac.

8. Elle va accepter l’invitation.

9. Ils ont cru à cette histoire absurde.

10. Le prof nous a interdit d’utiliser le livre.

11. Il gagnait sa vie.

12. Il parlait avec le petit.

13. Les deux amis aiment aller à la pêche le dimanche.