Variations styli

Diane M Dansereau · Chapitre 12 sur 41

Pages du PDF

Variations styli

Chapitre 9. Le subjonctif

9 • Le subjonctif

 

En français, comme en anglais, il existe trois temps verbaux qui si-tuent la phrase dans le temps : le présent, le passé et le futur. Outre ces trois temps, le français a quatre modes, qui indiquent l’attitude mentale de celui qui parle ou qui écrit. Ce sont l’indicatif, l’impératif, le condi-tionnel et le subjonctif.

L’emploi des trois premiers modes est facile à décrire :

• L’indicatif est le mode de « la réalité constatée » (Frontier 1997,

509) : Il vient.

• L’impératif s’emploie quand on donne des ordres ou offre des sug-

gestions : Viens.

• Le conditionnel présente la plupart du temps une situation hypothé-

tique : Je viendrais (si j’avais le temps).

Mais quand il s’agit du subjonctif (Qu’il vienne !), les linguistes ne sont pas d’accord ni sur sa défi nition ni même sur sa survivance dans 2 4 2 C H A P I T R E 9

la langue moderne. Ceux qui croient que le mode subjonctif existe toujours en français moderne l’appellent le mode de l’irréalité, de la subjectivité, de la possibilité, de l’état d’esprit (émotions, volition, jugement, doute) ou tout simplement le mode de la subordination. D’autres linguistes nient la valeur modale du subjonctif dans la langue moderne — c’est-à-dire qu’ils pensent que le choix du subjonctif à la place de l’indicatif ne change jamais le sens de la phrase. Ils prétendent qu’on n’utilise le subjonctif que dans certains contextes fi gés, comme après l’expression il faut que, et que si on y mettait l’indicatif au lieu du subjonctif, la phrase ne changerait pas de sens (quoi qu’elle soit incorrecte grammaticalement). Nous considérons les deux côtés de cet argument dans ce chapitre en examinant le subjonctif automatique et non-automatique. En ce faisant, nous espérons démystifi er cette forme verbale jusqu’ici si diffi cile à comprendre et à employer pour l’étudiant étranger.

Pour une révision des formes du subjonctif, consultez l’appendice 11. Dans ce chapitre nous étudierons l’emploi du subjonctif dans la langue moderne.

 

I. LE SUBJONCTIF DANS LES PHRASES INDÉPENDANTES

Le subjonctif se trouve, quoique rarement, dans des phrases indé-pendantes après ou sans le mot que. Dans une phrase commençant par le mot que, le subjonctif indique un désir ou un vœu:

Qu’il vienne ! Let him come! Have him come! Que le meilleur gagne ! May the best man win!

Il est intéressant de noter que dans cette structure, il s’agit en réalité d’une idée subordonnée parce que ce qui est sous-entendue est une phrase principale comme Je veux que… ou Je souhaite que.... Cet emploi du subjonctif dans la phrase indépendante est vivant et productif dans la langue moderne (oral et écrit, tous les genres) — c’est-à-dire qu’on peut l’employer avec n’importe quel verbe. Elle se limite à la troisième personne (il/elle, ils/elles), car on emploie l’impératif pour exprimer un vœu ou un désir à la deuxième personne (Viens ! Venez !) et l’infi nitif à la première personne (Je veux venir ; nous voulons venir).

Dans les phrases indépendantes sans le mot que le subjonctif se limite aux expressions fi gées comme Vive le roi ! Sauve qui peut ! Dieu vous bénisse !

L E S U B J O N C T I F 2 4 3

ou aux contextes littéraires : Vienne la nuit sonne l’heure / Les jours s’en vont je demeure (Guillaume Apollinaire, « Le pont Mirabeau », 1913).

On voit aussi dans des textes littéraires, style soigné, des verbes au plus-que-parfait du subjonctif dans des phrases hypothétiques au passé : L’eût-il demandé, elle l’eût accepté (S’il avait demandé, elle aurait accepté). On entend également l’expression Qui l’eût cru ? (Qui l’aurait cru ?) assez souvent dans la presse contemporaine. Nous étudierons cet emploi au chapitre 10 (le conditionnel).

 

Note linguistique : soit !

L’expression soit ! (être, troisième personne du singulier au sub-

jonctif présent) dans la phrase indépendante sert à affi rmer (so be

it ; be that as it may ; all right) :

Voulez-vous nous jouer quelque chose ? Soit, mais ne vous atten-

dez pas à la perfection.

 

II. LE SUBJONCTIF DANS LES PHRASES SUBORDONNÉES

C’est dans des phrases subordonnées qu’on emploie le verbe au sub-jonctif de loin le plus souvent : par ex., Je veux que tu partes. Ces phrases complexes consistent de

• une phrase principale [Je veux (quelque chose)] + • le mot que +

• une phrase subordonnée avec le verbe au subjonctif (tu partes).

Le sujet de la phrase principale (je) doit être différent de celui de la phrase subordonnée (tu). Si les deux phrases ont le même sujet, on emploie presque toujours un infi nitif dans la deuxième partie de la phrase (par ex., Je veux partir). Nous étudierons ce sujet plus loin dans ce chapitre.

La structure de la phrase subjonctive consiste donc de :

sujet 1 + verbe + que + sujet 2 + verbe au subjonctif

Dans la langue courante, à tous les niveaux de style et dans tous les genres (conversation spontanée, poésie, chansons, etc.), il existe un 2 4 4 C H A P I T R E 9

présent et un passé du subjonctif. (Pour les formes littéraires du sub-jonctif, voir la section VI de ce chapitre.) Il est important de compren-dre que ces deux formes n’ont aucun rapport avec le contexte temporel réel : c’est-à-dire que le passé du subjonctif ne représente pas toujours le temps passé, ni le subjonctif présent le temps présent. On emploie le présent du subjonctif pour exprimer une action ou un état qui a lieu simultanément avec ou après le verbe de la proposition principale (le temps de ce verbe principal dépendra du contexte).

Il est content (maintenant) que vous compreniez (maintenant).

Il était content (hier) que vous compreniez (hier).

Il sera content (demain) que vous compreniez (demain).

La fonction du passé du subjonctif est de marquer l’antériorité d’un verbe à l’autre. C’est-à-dire que le passé du subjonctif décrit une action ou un état qui a lieu avant le contexte temporel du verbe principal (que ce verbe soit au présent, au passé ou au futur).

Il est content (maintenant) que vous ayez compris (hier).

Il était content (hier) que vous ayez compris (avant-hier).

Il sera content (demain) que vous ayez compris (demain, avant qu’il soit

content).

C’est l’emploi du subjonctif dans les phrases subordonnées qui mys-tifi e le plus l’étudiant de français. Pour maîtriser cet emploi, il doit se rendre compte de quatre points essentiels.

• La traduction de l’anglais ne l’aidera nullement. (Voir la note linguis-

tique à la fi n de cette section.)

• Avec très peu d’exceptions, on n’a pas de choix entre le subjonctif et

l’indicatif ; dans une phrase l’un est correct et l’autre incorrect. La

plupart des subjonctifs sont automatiques et ne demandent aucune

réfl exion de la part de la personne qui parle ou qui écrit. Dans ces

cas, le subjonctif n’a aucune valeur sémantique (c’est-à-dire qu’il ne

change pas le sens de la phrase), et il est donc inutile de chercher à

rationaliser son emploi. On n’a qu’à mémoriser les contextes du sub-

jonctif automatique (énumérés ci-dessous, section III) pour utiliser

correctement ce mode verbal la plupart du temps.

L E S U B J O N C T I F 2 4 5

• Dans un nombre très limité de contextes, le subjonctif garde une va-

leur sémantique : c’est-à-dire que dans ces phrases le choix de mode

détermine le sens de la phrase. Ce sont les contextes que l’étudiant

français aura à comprendre pour pouvoir choisir entre le subjonctif

et l’indicatif. Nous examinerons ces contextes dans la section IV, ci-

dessous.

• Malgré son manque habituel de valeur sémantique, le subjonctif reste

important en français moderne. Le mauvais choix de mode dans une

phrase peut choquer l’auditeur ou le lecteur francophone non pas

parce que la compréhension est menacée mais parce qu’un code lin-

guistique n’a pas été respecté. C’est comme si on n’accordait pas un

adjectif ou un article avec son substantif. Il faut donc que l’étudiant

du français apprenne bien à employer le subjonctif en français.

 

Note linguistique : le subjonctif en anglais

Quand un anglophone apprend une langue étrangère comme

adulte, il a l’avantage de sa première langue comme point de

repère. Mais il n’en est pas du tout question pour le subjonctif en

français. Tandis qu’il est vrai que le subjonctif existe en anglais, la

plupart des anglophones ne sont même pas conscients de son

existence. Ils l’utilisent par habitude dans des phrases comme Be

quiet! et tendent à l’éviter dans tout autre contexte. Seuls les ni-

veaux les plus soignés de la langue gardent ce mode en anglais.

On voit en anglais le remplacement régulier du subjonctif par

l’indicatif ou par un infi nitif.

It’s important that he study hard. (subjonctif)

→ It’s important that he studies hard. (indicatif) → It’s important for him to study hard.

La substitution du subjonctif par l’indicatif en anglais n’est pas

étonnant. Ceci vient du fait que presque toutes formes de ce

mode sont identiques à celles de l’indicatif au temps présent :

I/you/we/they study. → It’s important that I/you/we/they study.

Seule la troisième personne du singulier change au subjonctif :

He studies. → It’s important that he study. On voit aussi une diffé-

rence de forme avec to be, où on emploie l’infi nitif pour toutes les

(à suivre) 2 4 6 C H A P I T R E 9

 

personnes au subjonctif : It’s vital that you be on time. Une der-

nière différence se trouve au temps passé, beaucoup moins em-

ployé que le présent, où on marque le subjonctif par un manque

de concordance des temps : He suggested (verbe au passé) we

leave (verbe au présent).

Des contextes traditionnels qui demandent le subjonctif en an-

glais, presque tous sont en train de disparaître dans la langue cou-

rante. Le subjonctif peut indiquer un ordre adressé à quelqu’un

d’autre (par ex., Let him wait; Be quiet!), une supposition ou une

possibilité (Till death do us part ; Though this be madness...), un

sens d’urgence ou d’importance ou un désir imposé sur la phrase

subordonnée (It’s essential / I insist he be on time) ou une situa-

tion hypothétique (If I were rich...).

Seul le premier contexte garde systématiquement le subjonctif

en anglais. Le subjonctif indiquant une supposition ou possibilité

se trouve surtout dans des expressions fi gées ou bien connues,

mais on n’entend pas cet usage dans la langue courante. On voit

la substitution régulière du subjonctif par l’indicatif dans les situa-

tions hypothétiques (If he was here...) et après les expressions no-

tant l’urgence, l’importance ou le désir (It’s essential / I insist he is

on time). Par conséquent, on constate que le subjonctif ne s’em-

ploie plus que dans les niveaux les plus soignés de la langue. Il

est rare, par exemple, que l’anglophone moyen comprenne la dif-

férence subtile mais important entre les deux phrases suivantes :

Indicatif : I’m suggesting that he drinks wine with every

meal. (= I claim [un fait])

Subjonctif : I’m suggesting that he drink wine with every

meal. (= I recommend [un désir]).

 

III. LE SUBJONCTIF AUTOMATIQUE

Dans la plupart des cas, le choix du subjonctif dans la phrase subor-donnée est automatique. On dit que quelque chose dans la phrase prin-cipale gouverne le subjonctif. Il n’est pas question de comprendre pour-quoi on utilise le subjonctif dans ces phrases ; il suffi t de savoir que son emploi y est obligatoire. Il est vrai que dans ces phrases on peut bien voir des éléments qui montrent la subjectivité, l’irréalité, la possibilité

L E S U B J O N C T I F 2 4 7

ou l’état d’esprit mais ce n’est pas le verbe au subjonctif qui montre ces idées, c’est le vocabulaire dans la phrase principale. Nous présentons ici les six contextes qui gouvernent le subjonctif automatique.

 

Contextes pour le subjonctif automatique

On trouve le subjonctif automatique :

• après les expressions impersonnelles

• après les verbes de volonté

• après les expressions d’émotion

• après les expressions qui montrent un manque de certitude

(doute, négation)

• après certaines conjonctions de subordination

• dans certaines expressions indéfi nies

 

A. Expressions impersonnelles (par ex., Il faut que tu partes)

Les expressions avec le sujet impersonnel il (un pronom qui ne se réfère pas à un objet ou une personne spécifi que) sont très populaires dans la langue courante. Dans les expressions avec être + adjectif, on peut remplacer le pronom il par le pronom ce dans la langue familière ou relâchée. Les expressions impersonnelles qui gouvernent le subjonc-tif comprennent :

falloir : Il faut que tu comprennes. valoir mieux : Il vaut mieux que tu comprennes. sembler/paraître : Il semble/paraît que nous ayons gagné. il se peut : Il se peut qu’il ait oublié notre rendez-vous.

il est / c’est + adjectif : Il est / C’est important que tu comprennes.

D’autres adjectifs possibles sont, par exemple :

bon

possible

nécessaire

(in)utile

2 4 8 C H A P I T R E 9

facile

diffi cile

défendu

(dés)agréable

dangereux

triste

essentiel

indispensable

douteux

juste

dommage

urgent, etc.

Notez aussi l’expression il est temps que.

Il est important de constater que les expressions impersonnelles de certitude gouvernent l’indicatif : Il est évident que tu comprends (ou Il est certain, sûr, clair, probable...).

Notez donc que l’expression il est possible gouverne le subjonctif, mais il est probable gouverne l’indicatif. De la même manière, il semble gouverne le subjonctif, mais il me semble gouverne l’indicatif, la deuxième expres-sion n’étant plus impersonnelle.

Il est possible qu’il pleuve demain. Il est probable qu’il pleuvra.

Il semble que tu aies compris. Il me semble que tu as compris.

On peut exprimer l’obligation avec le verbe impersonnelle falloir, l’expression impersonnelle être nécessaire et les verbes devoir et avoir à. Pour une comparaison de ces expressions, voir l’appendice 14. Notez que le verbe falloir au négatif a le sens de l’interdiction. Pour exprimer l’idée d’un manque d’obligation on utilise être nécessaire au négatif.

Il ne faut pas que tu partes. You must not leave. Il n’est pas nécessaire que tu partes. You don’t have to leave.

L E S U B J O N C T I F 2 4 9

 

Note de vocabulaire : le verbe devoir

Le verbe devoir indique souvent un sens d’obligation, comme le

verbe falloir :

Je dois partir = Il faut que je parte. I must / have to leave.

J’ai dû partir = Il a fallu que je parte. I had to leave.

Le verbe devoir peut aussi s’employer pour indiquer une sup-

position :

Il doit être malade.

Il a dû oublier notre rendez-vous.

 

Exemples avec les expressions impersonnelles (Amiens 2000)

i. […] donc quand le couple travaille, il faut que les tâches soient par-

tagées et que le mari ait aussi sa part de responsabilité au sein d’une famille.

ii. Ben, oui, je me promène, je vois des amis,… quand je peux, je vais

au théâtre, euh, au concert, je vais très souvent au cinéma… Il faut que je prenne le temps de me reposer un petit peu…

iii. … alors le cinéma aussi [est] bon, mais il faut que le fi lm vaille le

déplacement.

iv. Il est question donc que j’aille passer une semaine en montagne avec

ma femme et mes enfants parce que nous sommes passionnés de la montagne. Il se pourrait donc qu’on se prenne une douzaine de jours, une semaine, et qu’on aille du côté de Chamonix faire une randonnée de montagne. Ça, on adore.

B. Verbes de volonté (par ex., Je veux qu’il parte)

Les verbes de volonté comprennent les verbes de désir, de comman-dement, de permission et de défense :

désir :

désirer

vouloir

2 5 0 C H A P I T R E 9

aimer mieux

préférer

souhaiter

avoir envie

avoir besoin

recommander, etc.

commandement :

commander

exiger

insister

demander

ordonner, etc.

permission :

permettre

consentir, etc.

défense :

défendre

empêcher

interdire, etc.

Notez l’exception importante : le verbe espérer gouverne l’indicatif ; par ex., J’espère qu’il partira.

Notez aussi qu’un petit groupe de verbes (dire, suggérer, prétendre, etc.) changent de sens selon le mode qui les suivent. Avec le subjonctif ce sont des verbes de volonté et avec l’indicatif, des verbes d’affi rmation :

Je dis qu’il vienne = Je le souhaite, je le veux.

Je dis qu’il viendra = Je l’affi rme.

Exemples avec les verbes de volonté

i. Sacha Guitry, Une vilaine femme brune, 1917

LUI : Qu’est-ce que tu veux ?

ELLE : Je voudrais que tu aies la gentillesse de m’expliquer ce que fait

ce dix de pique ?

L E S U B J O N C T I F 2 5 1

LUI : Ah, mais je n’en sais rien... tu commences à m’embêter avec tes

cartes !

ELLE : Eh bien, moi je vais te l’expliquer... 1, 2, 3, 4, 5... trahison !!!

LUI : Mais qu’est-ce que tu veux que je fasse ?...

ii. Un étudiant universitaire parle de ce qu’il aimerait

voir chez ses professeurs (Amiens 2000)

J’attends une disponibilité, qu’on puisse aller rencontrer les profs

dans leurs bureaux à la fac.

C. Expressions d’émotion (par ex., Il est content qu’elle soit venue)

L’émotion peut s’exprimer par un verbe, être + adjectif ou certaines expressions avec avoir :

Je regrette qu’il soit en retard. (ou craindre, se réjouir, se fâcher,

s’étonner, etc.)

Je suis triste qu’il parte. (ou [mal]heureux, fâché, furieux, surpris,

désolé, etc.)

J’ai honte/peur qu’il soit en retard.

N’oubliez pas que le verbe espérer gouverne l’indicatif : J’espère qu’il a reçu ma lettre.

Avec les verbes de crainte, on trouve parfois le ne explétif (voir la note linguistique, ci-dessous) : J’ai peur qu’il ne soit parti.

 

Note linguistique : le ne explétif

Le ne explétif (ou pléonastique) n’a aucune valeur négative. Cette

variante stylistique s’emploie dans la langue soignée, mais l’usage

est en train de disparaître. On peut le trouver :

• après les conjonctions avant que, à moins que, sans que ;

• après les verbes de crainte, de doute, d’empêchement ;

• après les comparaisons d’inégalité (mais si le verbe principal

est au négatif, le ne explétif n’est pas possible).

(à suivre) 2 5 2 C H A P I T R E 9

 

Nous le ferons à moins qu’il (ne) We’ll do it unless it rains.

pleuve.

Je crains qu’il (ne) soit déjà parti. I fear he has already left.

Évitez qu’il (ne) vienne. Keep him from coming.

C’est plus diffi cile que je (ne) It’s harder than I imagined.

croyais.

Mais :

Mes notes ne sont jamais My grades are never better

meilleures que je l’espérais. than I hoped.

 

Exemples avec les verbes d’émotion

i. Un professeur parle du 14 juillet (Amiens 2000)

Je suis allée au fabuleux pique-nique qui traversait la mairie de Vienne

et, euh, j’étais avec des amis très organisés qui avaient un barnum

extra parce qu’on avait peur qu’il pleuve.

ii. Un professeur parle du Centre de Liaison

et d’Échanges Internationaux (Amiens 2000)

Nous sommes très heureux qu’il y ait beaucoup d’étudiants améri-

cains, mais il y a des étudiants qui sont venus au CLÉI de tous les

pays, et nous souhaitons d’ailleurs que les cours d’été soient très

ouverts à toutes les nationalités.

iii. Sacha Guitry, L’illusionniste, 1917

Oui, Honorine vient de me le dire. Je lui avais donné l’ordre de ré-

pondre que j’étais partie ce matin à cinq heures... mais j’ai peur qu’il

veuille s’en assurer, et comme je ne veux pas de scènes...

L E S U B J O N C T I F 2 5 3

D. Manque de certitude : négation/doute (par ex., Je doute qu’il comprenne)

Les verbes de doute et de négation, ainsi que la négation des verbes d’opinion (croire, penser, trouver) ou d’assertion (dire, affi rmer), gouvernent le subjonctif. Par contre, notez qu’un verbe d’opinion à l’affi rmatif gouverne l’indicatif (par ex., Je crois qu’il viendra), et si ce verbe est à l’in-terrogatif, on choisit le mode du deuxième verbe selon le sens (voir la section IV, sur le subjonctif non-automatique).

Notez que dans le style soigné on peut trouver le ne explétif après les verbes de doute (comme dans le premier exemple ci-dessous).

Je doute qu’il (ne) soit en retard.

Je nie qu’il ait dit cela.

Je ne crois pas qu’il vienne.

Je ne dis pas qu’il soit en retard.

Ça ne veut pas dire qu’il ait compris.

Exemple : manque de certitude

Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939

Je n’ai jamais eu de facilité pour écrire ; à tel point que, pendant long-

temps, l’idée ne me serait même pas venue que je puisse être un jour

ce qu’on appelle un écrivain.

E. Certaines conjonctions de subordination

(par ex., Il est parti sans que je le voie)

Beaucoup de conjonctions (comme parce que) lient une phrase princi-pale à une phrase subordonnée avec un verbe à l’indicatif (voir la note linguistique qui suit). Les conjonctions suivantes, cependant, gouver-nent le subjonctif dans la phrase subordonnée. Parmi elles, certaines (à moins que, sans que, avant que et de peur que) peuvent se suivre du ne explétif.

sans que (without) Elle est partie sans qu’on (ne) le

sache.

pour que / afi n que (so that) Il se lève pour qu’on le voie mieux. 2 5 4 C H A P I T R E 9

de peur/crainte que Il l’appelle de peur qu’elle (ne) l’ait

(for fear that) oublié. à condition que (on the Nous viendrons à condition que tu

condition that) viennes aussi. avant que (before) Faites-le avant qu’il (ne) soit trop

tard !

à moins que (unless) Nous viendrons à moins qu’il (ne)

pleuve.

pourvu que (provided that) Je serai là pourvu qu’il ne pleuve pas.

bien que / quoique (although) Bien qu’elle ait faim, elle refuse de

manger.

jusqu’à ce que (until) Nous insisterons jusqu’à ce que vous

acceptiez.

autant que (as far as) Autant que je sache, il est parti. à supposer que / en attendant À supposer / En attendant qu’il y ait

que (assuming) de la neige, nous irons faire du ski

ce week-end.

trop... pour que Il fait trop chaud pour que nous

sortions.

non que (not that) Non que ce travail soit diffi cile, mais

il est long.

soit que… soit que… Soit qu’elle ait sommeil, soit qu’il soit

(whether... or whether...) trop tard, elle refuse de me voir.

Notez que l’expression s’attendre à ce que (to expect) se suit aussi du subjonctif : Je m’attendais à ce qu’il fasse un effort.

Exemples avec des conjonctions

i. Si je gagne à la loterie (Amiens 2000)

… si je gagne beaucoup j’en achète un [un appartement] pour ma

sœur aussi, euh, pour qu’elle soit heureuse aussi d’être à Paris.

ii. Sacha Guitry, L’illusionniste, 1917

Nous ne pouvons pas aller passer quelques jours à Paris pour nous

évader, puisque nous y sommes ! À moins que vous ne veniez habiter

l’hôtel avec moi pendant huit jours.

L E S U B J O N C T I F 2 5 5

iii. Juliette Benzoni, Un homme pour le roi, 1999

Mon mari me l’avait donné [un damier] pour que je le fasse

réparer.

iv. Max Gallo, Louis XIV, le Roi-Soleil, 2007

Il veut qu’on ouvre les portes de la salle du Petit Bourbon, afi n que

le peuple, lui aussi, puisse le voir.

v. Sacha Guitry, Une vilaine femme brune, 1917

ELLE : Oui, monsieur, elle se teint aussi bien qu’elle se farde et qu’elle

se fait tirer la peau...

LUI : Mais jamais de la vie...

ELLE : Ah, ah! je vois qu’on ne peut même pas y toucher sans que tu

sois bouleversé...

vi. Sacha Guitry, L’illusionniste, 1917

L’habitude ? Non, sûrement il y a un truc... et ma foi, je reviendrai

jusqu’à ce que j’aie deviné !...

 

Note linguistique : les conjonctions

Les conjonctions de coordination lient deux mots, groupes de

mots ou phrases indépendantes.

Vous et moi. / A ou B ?

Il n’est ni beau ni laid.

Il entre, puis il s’assied.

Voilà ce que je pense, mais qu’en pensez-vous ?

Il quitta l’abri car la pluie s’arrêta de tomber.

Je vois ce que vous dites, cependant je me demande si vous

comprenez bien la situation.

Ce sera à douze heures, c’est-à-dire à l’heure du déjeuner.

(à suivre) 2 5 6 C H A P I T R E 9

 

D’autres conjonctions de coordination sont :

soit

tantôt

or

en effet

donc

alors

aussi

ainsi

d’où

par conséquent

car

pourtant

néanmoins

toutefois

Les conjonctions de subordination lient une phrase principale

à une phrase subordonnée. Parmi une centaine de ces conjonc-

tions, seuls quatre (que, si, comme, quand ) ne sont pas compo-

sées de deux mots dont le dernier est le mot que.

Certaines conjonctions de subordination gouvernent le sub-

jonctif, d’autres l’indicatif :

C’est parce que c’est mon frère.

Je ne le connais pas, bien que ce soit mon frère.

Les conjonctions de subordination suivies de l’indicatif

comprennent :

quand

comme

si

parce que

puisque

lorsque

dès que

aussitôt que

depuis que

tandis que

pendant que

alors que

L E S U B J O N C T I F 2 5 7

F. Expressions indéfi nies (par ex., Quoi que tu dises,...)

Le subjonctif se trouve dans des expressions indéfi nies. Ce sont les exemples avec le verbe être qui s’entendent le plus souvent dans la langue moderne.

Quoi que ce soit… Whatever it may be… Quoi qu’il en soit… Be that as it may… Quels que soient vos problèmes… Whatever your problems may be…

Qui que vous soyez … Whoever you are… Où que vous alliez… Wherever you go… Quoi que vous disiez… Whatever you say… Quelques fautes que vous fassiez… Whatever mistakes you make… Si petit qu’il soit… However small he may be… Quelque fort qu’il soit… However strong he may be…

Exemples avec les expressions indéfi nies

i. À la maison de retraite (Amiens 2000)

Je n’ai même pas à m’occuper de la propriété que j’avais avant, ni de

quoi que ce soit. Je suis libre.

ii. Jean Cocteau, L’aigle à deux têtes, 1943

LA REINE : Vous étiez le seul ami du roi et je vous parle. Je vous de-

mande de ne jamais oublier mes paroles, Willenstein. Et de témoigner devant les hommes que, quoi qu’il arrive, je l’ai voulu.

iii. Juliette Benzoni, Un homme pour le roi, 1999

Leur tour viendra ! Pour l’heure c’est celui de ceux-ci. Qu’ils aient

travaillé pour qui que ce soit, ils n’en ont pas volé le bien du

peuple. [...]

Il faut vous mettre dans la tête que si le besoin s’en faisait sen-

tir, je vous abandonnerais encore. Quel que soit le danger que vous

couriez.

2 5 8 C H A P I T R E 9

iv. Jean Giono, Le moulin de Pologne, 1952

Il n’était plus question pour elle de mettre une mesure quelconque

dans quoi que ce soit.

 

IV. LE SUBJONCTIF NON-AUTOMATIQUE

Quoique la plupart des verbes au subjonctif se trouvent dans des emplois automatiques, il existe tout de même un nombre limité de cas où on peut choisir le subjonctif pour rendre une nuance au verbe subordonnée. Dans ces phrases, l’opposition indicatif vs. subjonctif se réalise presque toujours comme celle de réalité absolue vs. non- réalité ou possibilité. Si le locuteur met le verbe subordonné à l’indicatif, il veut représenter un fait réel, mais s’il le met au subjonctif, il veut qu’on voie l’action de ce verbe comme seulement une possibilité. Le subjonctif dans ce verbe subordonné peut aussi marquer l’opinion ou un jugement du locuteur ou scripteur sur la phrase subordonnée. Dans cette section nous examinons les quatre cas où on peut choisir entre l’indicatif et le subjonctif dans une phrase subordonnée.

 

Contextes pour le subjonctif non-automatique

On a le choix de mode (subjonctif ou indicatif) :

• après les conjonctions de manière que, de façon que, de sorte

que, en attendant que

• après l’interrogatif d’un verbe d’opinion

• dans des phrases subordonnées avec un pronom relatif

• après le superlatif ou un restrictif

 

A. Conjonctions de manière que, de façon que, de sorte que et en attendant que

Après les conjonctions de manière que, de façon que, de sorte que et en attendant que, l’indicatif exprime un fait réalisé et le subjonctif une possibilité :

Elle a expliqué la leçon de façon que j’ai compris. (in such a way that

I understood: un fait, une conséquence)

L E S U B J O N C T I F 2 5 9

Elle a expliqué la leçon de façon que je puisse comprendre. (in a way

that I might understand: possibilité mais pas certitude)

… en attendant qu’il vient. (il est sûr qu’il viendra)

… en attendant qu’il vienne. (il est possible qu’il vienne)

B. Verbes d’opinion

Après l’interrogatif d’un verbe d’opinion (croire, penser, trouver, etc.), le subjonctif montre les doutes de celui qui parle ou qui écrit sur la vérité de la phrase subordonnée :

Croyez-vous qu’il soit content ? (Moi, je le doute.)

Croyez-vous qu’il est content ? (Moi, je n’ai pas d’opinion.)

C. Après un pronom relatif

Dans des phrases subordonnées avec un pronom relatif (qui, que, dont), le subjonctif indique que l’existence ou la réalité de l’antécédent (souvent indéfi ni) est doutée, niée ou incertaine. Il peut aussi souligner une opinion.

Je connais l’homme qui le sait. (Cet homme existe.)

Je cherche un homme qui le sache. (Existe-t-il ?)

Voilà quelqu’un qui le sait. (Cette personne existe.)

Il n’y a personne qui le sache. (Cette personne n’existe pas.)

Y a-t-il quelqu’un qui le sache? (L’existence de cette personne n’est

pas sûre.)

Il n’y a rien qu’il ne puisse pas faire. (existence nié)

Je cherche un exemple qu’il comprendra. (Il en existe un.)

Je cherche un exemple qu’il comprenne. (Y en a-t-il un ?)

Il n’y a pas beaucoup de gens qui savent parler cette langue.

(un fait)

Il n’y a pas beaucoup de gens qui sachent parler cette langue.

(opinion)

2 6 0 C H A P I T R E 9

D. Après le superlatif ou un restrictif

Après le superlatif ou un restrictif (le seul, le premier), le subjonctif in-dique une attitude subjective (une opinion, un jugement, un choix, une émotion) et l’indicatif un fait.

C’est le plus bel homme que je connais / que je connaisse.

C’est le meilleur prof que nous avons / que nous ayons.

C’est le seul homme qui pourrait me comprendre / qui puisse me

comprendre.

C’était le premier qui a réussi (nous le constatons).

C’était le premier qui ait réussi (nous le félicitons).

Il n’y a que Pierre qui m’a téléphoné (je le constate).

Il n’y a que Pierre qui m’ait téléphoné (j’en suis surpris ou ému).

Il est cependant important de noter que les Français préfèrent le sub-jonctif après le superlatif et essaient d’éviter l’indicatif :

Je connais le plus bel homme.

Nous avons le meilleur prof.

Lui seul peut me comprendre.

C’est lui qui a réussi le premier.

Il n’y a que Pierre à m’avoir téléphoné.

Exemple avec le superlatif (Amiens 2000)

[…] donc j’ai eu la chance de commencer le chant avec un très grand

professeur, ce qui est vraiment une chance parce que je crois que je

suis une de ses dernières débutantes…, je suis une des dernières qu’elle

ait débutées, et donc ça c’était vraiment une très, très grande chance

que j’ai eue.

 

V. SUBJONCTIF OU INFINITIF ?

Si les verbes dans les deux propositions (principale et subordonnée) ont le même sujet, il faut presque toujours mettre l’infi nitif (présent :

L E S U B J O N C T I F 2 6 1

parler, ou passé : avoir parlé), et non pas un verbe conjugué, dans la deuxième partie de la phrase. On met quelquefois la préposition de de-vant cet infi nitif. Voici un résumé de cette alternance subjonctif/infi nitif dans les contextes qui gouvernent automatiquement le subjonctif en proposition subordonnée.

A. Expressions impersonnelles

On utilise l’infi nitif après une expression impersonnelle si le sujet de la deuxième proposition est aussi impersonnel. Dans ce cas, on peut également utiliser le pronom on + le verbe au subjonctif : Il est temps de partir. = Il est temps qu’on parte. La préposition de s’emploie toujours devant l’infi nitif et après les expressions impersonnelles du type Il est + adjec-tif, mais l’infi nitif suit directement les verbes falloir et valoir mieux.

Il est bon que je comprenne. Il est bon de comprendre. Il faut que je comprenne. Il faut comprendre. Il vaut mieux que tu viennes. Il vaut mieux venir.

B. Verbes de volonté

De tous les verbes de volonté, ce n’est qu’avec les verbes de désir qu’on peut parler du même sujet dans les deux parties de la phrase, car avec les verbes de commandement, de défense et de permission, la volonté du locuteur doit s’imposer sur quelqu’un d’autre. L’infi nitif suit directement le verbe de désir. Notez la seule exception : la préposition de suit toujours l’expression avoir envie.

Je veux que tu partes. Je veux partir. J’ai envie que tu partes. J’ai envie de partir.

Avec certains verbes de commandement, de défense et de permission, il est également possible de mettre un infi nitif dans la deuxième partie de la phrase, mais celui-ci se réfère à un deuxième sujet. La phrase avec infi nitif est synonyme à la phrase complexe avec le deuxième verbe au subjonctif. On ajoute toujours la préposition de devant l’infi nitif avec ces verbes. Notez aussi que pour ces trois catégories de verbes il faut exprimer l’objet du premier verbe pour pouvoir utiliser l’infi nitif (c’est-à-dire, il faut préciser à qui on impose la volonté).

2 6 2 C H A P I T R E 9

Je commande qu’il parte. Je lui commande de partir. Je défends qu’il parte. Je lui défends de partir. Je permets qu’il parte. Je lui permets de partir. J’empêche qu’il (ne) parte. Je l’empêche de partir.

C. Expressions d’émotion

On met toujours la préposition de entre une expression d’émotion et l’infi nitif suivant.

Je suis content(e) qu’il Je suis content(e) de comprendre. comprenne.

J’ai peur qu’il (ne) soit mort. J’ai peur de mourir. Je regrette qu’il soit parti. Je regrette d’être parti(e).

D. Doute ou négation

La préposition de s’emploie avec l’infi nitif après le verbe douter mais pas après les verbes croire, penser et nier. Noter qu’avec le verbe nier on peut avoir le même sujet dans les deux parties de la phrase.

Je doute qu’il comprenne. Je doute de comprendre. Tu crois qu’il puisse le faire ? Je crois pouvoir le faire. Tu nies que tu l’aies fait ? Tu nies l’avoir fait ?

E. Conjonctions

Certaines conjonctions ont une préposition correspondante (par ex., sans que ↔ sans), qui peut être suivi de l’infi nitif au cas où les deux par-ties de la phrase ont le même sujet.

Il est parti sans que je lui dise au revoir.

Il est parti sans dire au revoir.

L’infi nitif suit directement les prépositions sans et pour, mais les autres prépositions ajoutent la préposition de devant un infi nitif :

sans qu’il comprenne sans comprendre pour qu’il comprenne pour comprendre afi n qu’il comprenne afi n de comprendre avant qu’il (ne) comprenne avant de comprendre

L E S U B J O N C T I F 2 6 3

à condition qu’il comprenne à condition de comprendre à moins qu’il comprenne à moins de comprendre de peur/crainte qu’il comprenne de peur/crainte de comprendre

D’autres conjonctions ne correspondent pas à une préposition. Avec celles-ci, on ne peut pas éviter le subjonctif, même si les deux phrases ont le même sujet. Les conjonctions pourvu que, bien que, quoique et jusqu’à ce que ne sont jamais suivies de l’infi nitif.

Il viendra pourvu qu’il ait le temps.

Il est parti bien qu’il / quoiqu’il ne soit pas fatigué.

Il étudiera la leçon jusqu’à ce qu’il la comprenne.

 

VI. TEMPS LITTÉRAIRES : IMPARFAIT ET PLUS-QUE-PARFAIT

DU SUBJONCTIF

A. Formes du subjonctif littéraire

L’étudiant du français n’aura jamais à produire ces formes litté raires, mais il les rencontrera, surtout dans la littérature précédant le 20e siè-cle. Ces formes ne sont d’ailleurs pas diffi ciles à reconnaître : toutes contiennent un double -ss-, sauf celle de la troisième personne au sin-gulier (il/elle), où l’accent circonfl exe remplace le double -ss-qui aurait suivi la voyelle. Comparez ces formes du subjonctif avec les formes littéraires à l’indicatif dans le tableau suivant. Notez surtout la différence à la troisième personne du singulier des verbes avoir et être entre l’im-parfait du subjonctif (employé ci-dessous comme l’auxiliaire du plus-que- parfait du subjonctif : il eût, il fût) et le passé simple (l’auxiliaire du passé antérieur : il eut, il fut).

 

Formes littéraires du subjonctif et de l’indicatif

Imparfait du subjonctif Passé simple (indicatif)

je parlasse, fi nisse, vendisse je parlai, fi nis, vendis

tu parlasses, fi nisses, vendisses tu parlas, fi nis, vendis

il/elle parlât, fi nît, vendît il/elle parla, fi nit, vendit

(à suivre) 2 6 4 C H A P I T R E 9

 

nous parlassions, fi nissions, nous parlâmes, fi nîmes,

vendissions vendîmes

vous parlassiez, fi nissiez, vous parlâtes, fi nîtes, vendîtes

vendissiez

ils/elles parlassent, fi nissent, ils/elles parlèrent, fi nirent,

vendissent vendirent

Plus-que-parfait du subjonctif Passé antérieur (indicatif)

j’eusse parlé, je fusse parti(e) j’eus parlé, je fus parti(e)

tu eusses parlé, fusses parti(e) tu eus parlé, fus parti(e)

il/elle eût parlé, fût parti(e) il/elle eut parlé, fut parti(e)

nous eussions parlé, fussions nous eûmes parlé, fûmes

parti(e)s parti(e)s

vous eussiez parlé, fussiez vous eûtes parlé, fûtes

parti(e)(s) parti(e)(s)

ils/elles eussent parlé, fussent ils/elles eurent parlé, furent

partis partis

 

B. Emploi des temps littéraires du subjonctif

Ces deux formes du subjonctif sont limitées à la langue écrite, style littéraire, où le premier représente le présent du subjonctif et le second le passé du subjonctif de la langue parlée.

Langue littéraire Langue parlée passé simple = passé composé passé antérieur = plus-que-parfait imparfait du subjonctif = subjonctif présent plus-que-parfait du subjonctif = passé du subjonctif

Notez que l’emploi de l’imparfait du subjonctif dans la langue par-lée peut rendre un ton humoristique, comme dans cet exemple d’un dialogue :

Moi, Monsieur, si j’avais un tel nez, il faudrait sur-le-champ que je me

l’amputasse ! (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, 1899)

L E S U B J O N C T I F 2 6 5

Dans des textes littéraires ou dans la presse courante, on voit parfois des verbes au plus-que-parfait du subjonctif dans des phrases hypo-thétiques au passé. Cette forme peut se trouver dans les deux parties de la phrase, c’est-à-dire pour remplacer le verbe au plus-que-parfait ou le verbe au conditionnel passé. Étudiez cet usage dans les phrases suivantes.

Qui l’eût cru ?

L’eût-il demandé, nous eussions accepté.

Il eût été plus judicieux d’attendre. (Le Soir, Bruxelles, 23 février 1996 ;

exemple de Frontier 1997)

Je ne l’aurais pas reçu aussi civilement que je fi s, si je l’eusse connu…

(Abbé Prévost, Manon Lescaut, 1731 ; exemple de Frontier 1997)

Si l’on m’eût mis au pain sec, il m’eût porté des confi tures… (Jean-Paul

Sartre, Les mots, 1963 ; exemple de Frontier 1997)

La terrasse du restaurant donnait paradoxalement sur l’Adriatique, re-

parue là en pleine ville, à l’endroit où on l’eût le moins attendu [...].

(Marguerite Yourcenar, « Le lait de la mort », dans Nouvelles orientales,

1963 ; © Éditions Gallimard [www.gallimard.fr])

[Le roi] écoute [son valet] dont il connaît le dévouement, qui a servi

avec fi délité Anne d’Autriche [la mère du roi], subissant les pressions

des hommes de Richelieu, refusant de livrer, même menacé de la tor-

ture, les secrets qu’il détenait et qui eussent pu fournir aux accusateurs

de la reine des prétextes, des arguments, peut-être des preuves. (Max

Gallo, Louis XIV, le Roi-Soleil, 2007)

2 6 6 C H A P I T R E 9

Exemples du subjonctif littéraire

i. Robert Merle, Fortune de France, 1992

La mort de ma mère me poigna quelque peu la conscience : il me

semblait que j’eusse dû m’affl iger davantage et d’autant que je savais

maintenant que j’avais été son fi ls préféré. Mais Isabelle consentait

si peu en sa hauteur à connaître ses enfants et bien qu’elle les aimât

fort, elle les aimait de si loin, que je n’avais jamais senti d’elle à moi

assez de chaleur pour que mon cœur allât à sa rencontre.

ii. François-René de Chateaubriand, « Les pyramides »,

dans Itinéraire de Paris à Jérusalem, 1861

On voudrait aujourd’hui que tous les monuments eussent une utilité

physique.

iii. Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831

Il sentait pourtant que la grande porte chancelait quoiqu’il n’entendît

pas, chaque coup de bélier...

iv. Prosper Mérimée, Carmen, 1843

[...], je lui offris tout, pourvu qu’elle voulût m’aimer encore !

v. Vercors, Le silence de la mer, 1942 (exemple de Glättli 1964)

Cela dura, dura, — combien de temps ? — dura jusqu’à ce qu’enfi n

la jeune fi lle remuât les lèvres.

 

VII. DEUX DERNIERS MOTS SUR LE SUBJONCTIF EN FRANÇAIS

A. La « complexité » du subjonctif

Même « démystifi é » et réduit à un emploi presque toujours auto-matique et sans valeur sémantique, le subjonctif peut encore inspirer

L E S U B J O N C T I F 2 6 7

une certaine anxiété chez l’étudiant. Il n’est pas possible de simplifi er davantage la présentation de ce mode ; on sera toujours obligé d’ap-prendre les contextes où on le voit. Mais il existe certaines réalités de la langue parlée qui, l’étudiant les sachant, lui accorderaient plus de confi ance à parler sans faire des erreurs. Les voici :

• On n’utilise guère que les formes du présent et (beaucoup moins

souvent) du passé du subjonctif.

• On utilise le subjonctif le plus souvent avec un nombre très limité de

verbes, surtout être, avoir, faire, pouvoir, savoir, aller, prendre, dire, attendre et

venir.

• On utilise le subjonctif le plus souvent dans un nombre très limité

de contextes, surtout après les expressions impersonnels (il faut, c’est

+ adjectif ) et après le verbe vouloir. • On peut aussi constater que quant aux conjonctions, on emploie le

plus fréquemment celles n’exigeant pas le subjonctif. Ainsi on entend

des phrases telles que : Quand même il saurait le faire... au lieu de Quoiqu’il

sache le faire... (Gadet 1992, 89).

Ces réalités tiennent surtout pour la conversation spontanée. Quand on écrit, on a le temps de réfl échir et de bien choisir ses mots ; on utilise des structures plus compliquées avec, par exemple, des phrases subordonnées et des conjonctions (comme jusqu’à ce que ou quoique) et on recherche un vocabulaire plus riche. Écrire en français demande donc à l’étudiant qu’il démontre une connaissance plus profonde des formes et de l’emploi du subjonctif.

B. L’avenir du subjonctif en français ?

Certains linguistes trouvent que le subjonctif est en train de dispa-raître dans la langue courante parlée, citant des exemples de l’indicatif après les conjonctions bien que et quoique. D’autres croient le contraire : que le subjonctif est en train d’agrandir son domaine automatique pour inclure des expressions telles que après que, le fait que, il est probable que et le verbe espérer. Il est certain que l’étudiant entendra et lira des déviations du système présenté dans ce chapitre. Le français est, après tout, une langue vivante, en train d’évoluer. Mais si dans son propre emploi de la langue l’étudiant suit les règles que nous avons données, il arrivera à utiliser le subjonctif d’une manière à la fois correcte et courante.

2 6 8 C H A P I T R E 9

Exercices oraux : le subjonctif présent ou passé ? Exercice 1. À discuter en classe

Changez le temps du verbe principal selon l’indication. Le deuxième verbe ne changera pas.

1. (→ imparfait) Il est bon que tu saches la vérité.

Il est bon que tu aies su la vérité.

2. (→ passé composé) Mon copain viendra bien que moi je ne

vienne pas.

Mon copain viendra bien que je sois déjà

parti(e).

3. (→ imparfait) Je préfère que tu fi nisses.

Je préfère que tu aies déjà fi ni.

4. (→ futur simple) Ma sœur cherche un mari qui soit bien

éduqué.

Ma sœur cherche un mari qui ait déjà fi ni

ses études.

5. (→ imparfait) J’ai honte que tu dises ça.

J’ai honte que tu aies dit ça.

6. (→ imparfait) Tu crois qu’il comprenne ?

Tu crois qu’il ait compris ?

Exercice 2. Dans quel ordre ?

Avec un partenaire, indiquez l’ordre des actions (1, 2). Il est aussi par-fois le cas que les deux actions sont simultanées (S).

MODÈLES :

Je suis triste (2) que Pierre soit parti (1).

Je regrette (S) que tu sois malade (S).

1. Ses parents sont fi ers qu’elle reçoive son diplôme.

2. Le professeur doutait que l’élève comprenne la question. 3. La fi lle ne croyait pas que son ami lui ait dit un mensonge. 4. Ma mère sera ravie que tu viennes nous rendre visite. 5. Il faudra que tu sois à l’heure.

6. Je suis déçu qu’il ait oublié mon anniversaire.

L E S U B J O N C T I F 2 6 9

7. Le professeur doutait que l’élève ait fait le devoir tout seul. 8. Je voudrais que vous rentriez avant minuit.

9. Je ne crois pas que mon ami trahisse mon secret. 10. Je crains qu’il n’ait pas suivi mes conseils.

Exercices oraux : expressions impersonnelles

Exercice 3. Expressions de nécessité

Travaillez avec un partenaire. Répondez d’abord avec le verbe devoir et ensuite avec une expression impersonnelle de nécessité. Faites attention au temps du verbe et répondez avec un pronom objet si possible.

MODÈLE : fi nir ses devoirs (présent)

Tu fi nis tes devoirs ?

Oui, je dois les fi nir. Il faut absolument que je les fi nisse.

1. venir à la prochaine classe (présent) 2. travailler le week-end dernier (passé composé) 3. lire tous ces articles avant de commencer la dissertation (futur) 4. écrire à tes parents (présent)

5. aller chez le médecin après l’accident (passé composé) 6. faire les courses avant de préparer le dîner (futur)

Exercice 4. Opinions

Avec un partenaire, créez deux ou trois phrases intéressantes avec des expressions impersonnelles + verbe au subjonctif. Choisissez parmi les expressions suivantes :

C’est dommage

Il est important

Il est essentiel

Il est urgent

Il est scandaleux

MODÈLE : Il est essentiel qu’on conduise moins et qu’on prenne plus le train. 2 7 0 C H A P I T R E 9

Exercice 5. Des conseils

Réagissez aux commentaires de votre partenaire en utilisant une ex-pression impersonnelle et un verbe au subjonctif. Variez les expres-sions impersonnelles. Vous pouvez utiliser Il est ou C’est (style parlé).

MODÈLE : dormir assez

Je ne dors pas assez !

Mais il faut que tu dormes plus !

avoir beaucoup de temps libre

lire beaucoup

être toujours content(e)

connaître beaucoup de gens

faire toujours mes devoirs

boire beaucoup

vouloir aller [où ?]

sécher la classe

savoir (+ infi nitif)

sortir beaucoup

mettre un manteau quand il fait froid

comprendre cette leçon

Exercices oraux : verbes de volonté

Exercice 6. Mes parents

Avec votre partenaire, faites une liste de ce que vos parents voulaient (demandaient, exigeaient, défendaient) que vous fassiez lorsque vous étiez au lycée. N’oubliez pas de mettre le deuxième verbe au subjonctif. MODÈLE : Ma mère demandait toujours que je fasse mon lit tous les matins.

Exercice 7. Ce que je veux

Avec votre partenaire, faites des listes de ce que vous voudriez que cer-taines gens fassent. N’oubliez pas de mettre le deuxième verbe au sub-jonctif. Commencez avec J’aimerais que... MODÈLE : J’aimerais que le professeur donne moins de devoirs.

L E S U B J O N C T I F 2 7 1

Exercices oraux : expressions d’émotion

Exercice 8. Le passé

Certains événements ont déjà eu lieu. Desquels êtes-vous contents, mé-contents, surpris ? Parlez de vos réactions avec votre partenaire et écrivez des phrases à discuter avec toute la classe. Variez le vocabulaire des émo-tions. MODÈLE : Je suis ravie que la navette spatiale ait atterri sans incident.

Exercice 9. L’actualité

De quelles situations actuelles (qui se passent maintenant ou se passeront bientôt) êtes-vous contents, mécontents, surpris ? Parlez de vos réac-tions avec votre partenaire et écrivez des phrases à discuter avec toute la classe. Variez le vocabulaire des émotions.

MODÈLE : Nous n’avons pas de classe lundi prochain.

Je suis triste que nous n’ayons pas de classe lundi prochain.

Exercices oraux : Manque de certitude

Exercice 10. Négation ou doute

Posez les questions suivantes à votre partenaire. Dans la question, mettez le deuxième verbe à l’indicatif mais dans la réponse (toujours au néga-tif ), mettez le deuxième verbe au subjonctif.

MODÈLE : être sûr(e) / le professeur sera en classe la semaine prochaine

Tu es sûr(e) que le professeur sera en classe la semaine prochaine ? Non, je ne suis pas sûr(e) qu’il soit en classe.

1. être certain / nous aurons un examen dans deux semaines 2. penser / le conférencier a fait une bonne présentation 3. affi rmer / les voisins ont acheté un chien

4. estimer / le prisonnier est innocent

5. être persuadé(e) / le garçon peut faire ce travail

Exercice 11. Doute

Avec un partenaire, créez trois ou quatre phrases avec des expressions de doute (Je ne crois pas, je doute ) + un verbe au subjonctif. MODÈLE : Je doute qu’il (ne) pleuve demain.

2 7 2 C H A P I T R E 9

Exercice 12. Révision : subjonctif ou indicatif ? à discuter en classe

Complétez les phrases par la forme correcte du verbe pouvoir.

1. Je souhaite que tu __________ le faire.

2. Je vois que tu __________ le faire.

3. J’espère que tu __________ le faire.

4. Il est possible que tu __________ le faire.

5. Il est probable que tu __________ le faire.

6. Je suis sûre que tu __________ le faire.

7. Je ne crois pas que tu __________ le faire.

8. Je n’ai pas dit que tu __________ le faire.

9. Je ne doute pas que tu __________ le faire.

10. Elle a expliqué que tu __________ le faire.

Exercice 13. Révision : expressions impersonnelles, volonté, émotion, négation, doute ; à discuter en classe

Suivant le modèle, complétez la deuxième phrase. Attention à la struc-ture et au mode du deuxième verbe.

MODÈLE : Tu comprends le subjonctif.

Je suis content(e)... que tu le comprennes.

1. Tu es venu en classe. Il est bon...

2. Je fi nirai mon diplôme. Mes parents veulent... 3. Nous rions en classe. Le professeur permet...

4. Son fi ls ne comprendra rien. Le père est certain... 5. Le professeur a cru mon histoire. Je doute...

6. La fi lle connaît le garçon. Le garçon nie... 7. Je suis toujours sage. Ma mère pense...

8. Je peux tout fi nir. Il est douteux...

9. La femme ne sait pas conduire. Son mari regrette... 10. Nous faisons nos devoirs. Le professeur demande... 11. La vie est belle. On dit...

12. Ma copine m’a rendu visite. Je suis content(e)...

13. Son fi ls est en prison. Le monsieur a honte...

14. Je rejoins mes amis. Il est important...

L E S U B J O N C T I F 2 7 3

15. Tu as déjà mangé. J’ai peur...

16. Tu feras le ménage ce week-end. Je ne crois pas... 17. Je veux aller chez le dentiste. Mes amis sont étonnés...

 

Exercice oral : conjonctions + phrase subordonnée Exercice 14. À discuter en classe

Traduisez en français.

1. He speaks without our understanding a word.

Il parle _________________ nous _________________ un mot.

2. He explained it so that we could understand. (deux possibilités)

Il l’a expliqué _________________ / _________________ nous _________________ comprendre.

3. He left before we arrived.

Il est parti _________________ nous _________________.

4. He’ll leave unless we ask him to stay.

Il partira _________________ nous lui _________________ de rester.

5. He hid out of fear that I (would) see him. (deux possibilités)

Il s’est caché ______________ / _________________ je (ne) le _______________.

6. He’ll come on condition that we invite him.

Il viendra _________________ nous l’_________________.

7. He’ll stay provided I promise to dance with him.

Il restera _________________ je _________________ de danser avec lui.

8. He’s leaving even though (although) I want him to stay. (deux possibilitiés)

Il part ______________________ / ______________________ je _________________ qu’il reste.

9. He’ll stay until we ask him to leave.

Il restera _______________ nous lui _______________ de partir.

10. As far as I know,…

__________________ je le _____________________...

11. Not that this is hard, but it’s boring.

__________________ ce __________________ diffi cile, mais c’est ennuyeux.

2 74 C H A P I T R E 9

12. He left either because he wanted to or because he couldn’t stay.

Il est parti _________________ il le ____________________, _________________ il ne __________________ pas rester.

Exercices oraux : le subjonctif non-automatique Exercice 15. Subjonctif ou indicatif ?

Avec un partenaire, complétez les phrases suivantes. Justifi ez le choix de mode dans chaque phrase.

1. J’ai besoin (ou envie) d’une voiture qui… 2. Je connais un restaurant qui…

3. Je cherche un café où…

4. J’aurais préféré une classe où…

5. J’ai un prof de X qui…

6. J’aurais préféré un prof de X qui…

7. Ma mère s’est mariée avec quelqu’un qui…

8. Il n’y a personne dans notre classe qui…

9. Y a-t-il quelqu’un dans notre classe qui…

10. Il y a un(e) étudiant(e) dans notre classe qui…

11. J’ai rendu les devoirs que…

12. Je cherche un poste qui…

13. Je cherche les clés que…

14. J’aimerais un président qui…

15. J’espère avoir un enfant / un petit enfant qui…

16. X est la classe la plus diffi cile que…

Exercice 16. Révision : subjonctif non-automatique ;

à discuter en classe

Mettez le verbe entre parenthèses à la forme convenable.

1. Elle cherche un copain qui _________ (être) sociable. 2. Elle a trouvé un copain qui _________ (être) sociable. 3. J’ai un chien qui ne _________ (mordre) pas.

4. J’aimerais un chien qui ne _________ (mordre) pas. 5. Vous êtes sûr qu’il ___________ (venir) ?

6. Vous pensez qu’il ___________ (gagner) ?

L E S U B J O N C T I F 2 7 5

7. Elle a expliqué la leçon de manière que je ________________

(comprendre).

8. Il fume une cigarette en attendant que nous _________________

(ré pondre) à sa question.

9. C’est l’homme le plus généreux que je _______________________

(connaître).

Exercices oraux : subjonctif ou infi nitif ?

Exercice 17. À discuter en classe

Faites des phrases des éléments donnés. Attention à la structure de la phrase.

1. Il est important + recycler

2. Il vaut mieux + tu + partir

3. Il faut + étudier

4. Je voudrais + voyager en France 5. Il aimerait + nous + l’accompagner 6. J’ai envie + rester

7. Il est content + vous + venir hier 8. Nous regrettons + ne pas pouvoir venir demain 9. J’ai peur + vous + vous perdre demain 10. Il est fatigué + travailler

11. Je doute + pouvoir le faire

12. Il n’est pas certain + tu + comprendre hier

Exercice 18. Conjonctions + phrase ou infi nitif

Avec un partenaire, en employant les conjonctions données, faites une phrase logique des deux phrases données.

MODÈLE : Il a triché à son examen. Il avait peur d’échouer. (de peur de/que)

Il a triché à son examen de peur d’échouer.

1. Elle s’assoit au premier rang. Elle pourra ainsi entendre mieux le

conférencier. (pour, pour que)

2. Elle m’a montré plusieurs robes. Je pourrai ainsi choisir la plus

jolie. (afi n de /que)

3. Je laverai la voiture demain. Mon fi ls la lavera peut-être avant. (à

moins de /que)

2 76 C H A P I T R E 9

4. Je vous rendrai le livre dans une semaine. Je ne l’aurai peut-être pas

encore fi ni. (à moins de /que)

5. Il est parti. Il ne m’a pas regardée. (sans, sans que) 6. J’aimerais que nous nous parlions. Nous ne devons pas nous battre.

(sans, sans que)

7. Je vous dirai mon opinion de la dissertation. Vous me la donnerez

d’abord. (après, après que)

8. Je partirai. Mais je mangerai quelque chose avant. (après, après que) 9. Il acceptera de la voir. Elle lui dira la vérité. (à condition de /que) 10. Je viendrai vous voir demain. J’aurai peut-être le temps. (à condition

de /que)

11. Levez le doigt ! Vous allez parler. (avant de /que) 12. Il l’aimait déjà. Elle ne le connaissait pas encore. (avant de /que) 13. Elle se dépêchait. Elle avait peur de manquer son bus. (de peur de/que) 14. Elle n’est pas sortie. Son ex la verrait. (de peur de /que) 15. Je vous rendrai vos clés ce soir. Je les aurai peut-être perdues. (à

moins de /que)

Exercices oraux : révision du subjonctif

Exercice 19. À discuter en classe

Expliquez l’emploi du subjonctif, de l’indicatif ou de l’infi ntif dans les exemples suivants. (Amiens 2000)

1. … la loi française impose qu’il y ait une partie du journal qui soit en

couleurs afi n qu’on ne soit pas confondu avec les documents admi-

nistratifs, qui sont strictement en noir et blanc.

2. … il faut essayer de l’encourager [l’élève] pour qu’il puisse progres-

ser, pour pas que l’élève se dise « bon ben, y a rien à faire, je ferais

mieux de faire autre chose », il faut essayer de chercher à ce que

l’élève participe le plus possible et trouve une motivation dans ce

qu’on lui… dans ce qu’on lui présente.

3. Eh ben, écoutez, pour que je puisse gagner à la loterie, il faudrait

encore que je joue.

4. Je bois jamais de café. J’en ai bu étant jeune mais le goût m’est passé

aux environs de dix-sept, dix-huit ans, je crois pas avoir bu du café

depuis cet âge-là, et sinon ben, j’évite le Coca-Cola. Ce n’est pas que

je sois anti-américain, hein, mais euh…

L E S U B J O N C T I F 2 7 7

5. Eh bien, on enseigne avant tout en cuisine…, bon la cuisine c’est…

c’est 95% de pratique et 5% de théorie. Mais il faut que ces 5% de

théorie soient bien comprises pour que la pratique soit… soit bien

réalisée.

6. [À la maison de retraite] quand le personnel part en congé, il faut

que ça marche et que les malades ne se doutent pas que le personnel

est en congé. Il faut que le travail se fasse quand même.

Exercice 20. À discuter en classe

Complétez les phrases en employant les éléments donnés. Justifi ez vos réponses.

1. Il se peut que Jacques ____________________ (ne... pas encore +

écrire) la lettre.

2. Allons au cinéma ce soir, à moins que tu _________ (être) trop

fatigué.

3. C’est le dernier fi lm que j’ _____________ (voir). 4. Tu cherches celui qui t’ ____________________ (téléphoner) hier ? 5. Ses parents ont insisté qu’elle _____________ (fi nir) ses devoirs

avant de partir.

6. J’étais certain que le fi lm te _________ (plaire). C’est dommage

que tu ____________________ (ne... pas + l’aimer).

7. Il est essentiel que vous ne le _____________ (perdre) pas. 8. Il a répondu immédiatement après qu’elle lui ___________________

(poser) la question.

9. Je suis désolé _________ (devoir) te donner la nouvelle, mais il vaut

mieux que tu ____________________ (comprendre) la situation.

10. Il restera ici jusqu’à ce que sa mère _____________ (venir) le

chercher.

11. J’ai peur que vous ____________________ (se fâcher) quand vous

apprendrez la nouvelle.

12. Je ne crois pas que vous _____________ (dire) cela hier, et j’insiste

que vous me l’ _____________ (expliquer) maintenant.

13. Je n’ai jamais rencontré personne qui _________ (être) plus sym-

pathique que lui.

14. Ma sœur est la meilleure amie qu’on _________ (pouvoir) avoir. 15. Quoique je _________ (ne... pas + voir) le fi lm, j’ai lu le livre. 2 78 C H A P I T R E 9

16. Je l’aime beaucoup bien qu’il ne _________ (être) pas riche. 17. Il a travaillé dur afi n _____________ (pouvoir) fi nir ses études. 18. Le prof a expliqué la leçon jusqu’à ce que nous ___________________

(la + comprendre).

19. La seule fois que j’y _________ (aller), c’était avec mon père. 20. Y a-t-il quelqu’un ici qui _____________ (savoir) la réponse ? 21. Après _____________ (arriver) dans la salle, il a ôté son manteau.

Exercice 21. À discuter en classe

Pour chaque verbe souligné dans l’extrait suivant, indiquez s’il est à l’indicatif ou au subjonctif et puis expliquez pourquoi.

Pierre Daninos, Qu’est-ce que l’humour ? 1958

Je veux bien croire qu’il existe des écrivains qui tiennent dans leur

stylo la défi nition de l’humour. Moi non. Aussi étrange que cela paraisse

à celui qui m’interroge, je ne possède pas cet article. [...]

Je me trouvais l’autre jour aux prises avec un expert qui, ayant engagé

le combat par le rituel : « Quelle est votre défi nition de l’humour ? » me fi t

aussitôt chanceler en me décochant : « Considérez-vous que l’humour

doive être un acte gratuit ? » [...]

Je rencontre souvent des gens qui m’avouent : « Je ne connais rien à

la musique », ou « Je ne comprends rien à la peinture abstraite. » …

En revanche, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui admette : « Je suis

totalement dépourvu d’humour. » [...]

… Stephen Leacock a écrit : « La meilleure défi nition que je connaisse

de l’humour est l’aimable contemplation des incongruités de la vie — et

l’expression artistique qui en découle. » Et il ajoutait : « Je pense que

c’est la meilleure, parce que c’est moi qui l’ai trouvée. » [...]

L E S U B J O N C T I F 2 7 9

… Mark Twain confi e : « Cesser de fumer est la chose la plus aisée

qui soit : j’en sais quelque chose, je l’ai fait un million de fois » [...]

… Storm Petersen [estime] qu’il est diffi cile de prévoir quoi que ce

soit, mais surtout l’avenir.

Exercices oraux : le subjonctif littéraire

Exercice 22. À discuter en classe

Identifi ez la forme de chaque verbe.

je parlai / je parlais / je parlasse

il regarda / il regardât

nous cherchions / nous cherchassions

il eût mangé / elle fut partie

nous eûmes fi ni / vous fussiez revenu

j’obéis / j’obéisse

nous fi nissions / nous répondissions

il répondit / il répondît

Exercice 23. À discuter en classe

Dans les phrases suivantes, remplacez les formes littéraires du subjonc-tif par leur équivalent dans la langue parlée. Dans chaque cas, justifi ez l’usage du subjonctif.

1. Elle quitta la salle avant que les invités fussent arrivés. 2. Elle quitta la salle avant que son mari eût téléphoné. 3. Elle resta dans sa chambre jusqu’à ce que sa mère fût arrivée. 4. Elle resta dans sa chambre jusqu’à ce que ses parents l’eussent appelée. 5. Le professeur voulait que le garçon sortît.

6. Il exigea que l’étudiant eût terminé son travail avant de partir. 7. Elle ne croyait pas que le petit comprît.

8. Elle doutait qu’il eût compris.

9. Il souhaitait que je me sentisse à l’aise. 10. Elle fut surprise que la fi lle parlât si bien sa langue. 11. Il était content que nous parlassions la langue.

12. C’étaient les meilleures vacances qu’elle eût passées. 2 8 0 C H A P I T R E 9

Exercice 24. Textes du 18e siècle : à discuter en classe

Dans les trois textes suivants :

• soulignez tous les exemples du subjonctif,

• identifi ez la forme de chaque verbe au subjonctif (présent, passé,

imparfait ou plus-que-parfait) et

• expliquez l’emploi de chaque verbe au subjonctif (selon les contextes

présentés plus tôt dans ce chapitre).

i. Claude-Prosper Jolyot de Crébillon, Les égarements du cœur et

de l’esprit, 1779

Je devrais attendre, sans doute, pour vous rendre un hommage pu-

blic, que je pusse vous offrir un ouvrage plus digne de vous ; mais

je me fl atte que vous voudrez bien, dans ce que je fais aujourd’hui,

ne regarder que mon zèle. [...]

… vous, mon ami, mon consolateur, mon appui, je ne crains

point que vous voyiez rien qui puisse blesser le respect que j’ai pour

vous dans les titres que je vous donne et que vous avez si justement

acquis. Ce serait même mériter que vous ne les eussiez pas pris avec

moi, que de vous en priver. Et si jamais le Public honore mes faibles

talents d’un peu d’estime ; si la Postérité, en parlant de vous, peut se

souvenir que j’ai existé, je ne devrai cette gloire qu’au soin généreux

que vous avez pris de me former, et au désir que j’ai toujours eu que

vous pussiez un jour m’avouer avec moins de regret.

ii. Charles Pinot Duclos, Les confessions du comte de ***, première

partie, 1742

… à votre âge, et avec tous les droits que vous avez de plaire dans

le monde, il serait bien diffi cile qu’il vous fût odieux. Pour moi, je

L E S U B J O N C T I F 2 8 1

regarde comme un bonheur de m’en être dégoûté, avant que je lui

fusse devenu opportun.

iii. Marquis de Sade, Le président mystifi é, 1787

C’était avec un regret mortel que le marquis d’Olincourt, […] voyait

passer Mlle de Téroze, sa belle-sœur, dans les bras d’un des plus épou-

vantables mortels qui eût encore existé sur la surface du globe. Cette

charmante fi lle, âgée de dix-huit ans, […] aimée depuis quatre ans du

jeune comte d’Elbène, […] ne voyait pas non plus arriver sans frémir

le fatal instant qui devait, en la réunissant au maussade époux qu’on lui

destinait, la séparer pour jamais du seul homme qui fût digne d’elle…

… au fait il n’y avait qu’un homme de robe seul qui pût rendre

une fi lle complètement heureuse.

Exercice 25. Vue d’ensemble

Complétez les paragraphes au passé en faisant très attention aux temps et aux modes des verbes.

1. L’année dernière il a fallu _________ (je + aller) à Washington en

voyage d’af faires et j’ai insisté _________ (ma famille + faire) le voyage

avec moi pour _________ (les enfants + pouvoir) visiter tous les mo-

numents avec mon mari. Pendant _________ (je + assister) aux réu-

nions, ils ont passé le temps à tout voir dans cette belle ville. À la fi n

de la journée, ils rentraient toujours à l’hôtel se reposer en attendant

_________ (je + revenir) dîner ensemble avec eux. Je suis très contente

_________ (ils + pouvoir + profi ter) de cette bonne expérience.

2. Il était une fois une grenouille très laide. Un jour, elle rencontra une

belle fi lle et lui dit : « Ah ! que je suis triste ! Il vaut mieux _________

2 8 2 C H A P I T R E 9

(je + mourir) car il est impossible _____________ (on + vouloir)

m’aimer ! » « Ah non ! répondit la belle fi lle, j’insiste _____________

(vous + m’embrasser) ! » La petite créature fut ravie de trouver une

fi lle si agréable et l’embrassa aussitôt. Mais après une minute, la gre-

nouille remarqua tristement : « Il me semble _____________ (vous

+ avoir) l’air mécontent. Je regrette _____________ (vous + être)

déçue. » « N’est-il pas naturel _____________ (je + être) mécon-

tente ? » répondit la fi lle. « J’attendais que _____________ (vous +

devenir) un beau prince ! »

3. J’ai lu quelque chose d’intéressant dans le journal ce matin. Il pa-

raît _________ (un crime + avoir) lieu dans le voisinage la semaine

dernière. Deux types sont entrés dans une maison près d’ici. Ils ont

tout de suite trouvé quelques bijoux mais pendant _________ (ils +

chercher) d’autres objets de valeur, le propriétaire est rentré à la mai-

son. Quand les cambrioleurs l’ont entendu ils ont eu peur _________

(il + téléphoner) à la police et sont partis par la fenêtre. Heureusement

un agent de police qui faisait sa ronde est passé devant la maison au

moment où _____________ (les gars + appa raître) dans la fenêtre. Il

les a arrêtés avant _____________ (ils + pouvoir) s’échapper.

4. Vendredi soir Philippe a téléphoné à Lisa. Il voulait _________ (elle +

aller) au bal avec lui samedi soir. Quoique _________ (elle + être)

très contente _________ (son ami + téléphoner), elle a dû dire non

car elle avait déjà dit à Jacques qu’elle irait au bal avec lui. Ayant peur

_________ (Philippe + se fâcher) — il n’aime pas _________ (elle

+ sortir) avec d’autres garçons ! — Lisa lui a dit _____________

_____________________ (il + être + possible + elle + attraper)

L E S U B J O N C T I F 2 8 3

un rhume ; elle a expliqué __________________________________

(elle + ne... pas + se sentir) si bien et a ajouté _______________

___________________ (il + valoir mieux + elle + rester chez elle

et dormir) beaucoup. Il est possible _____________ (Philippe +

croire) son histoire, mais je doute _________ (il + être) si naïf.

5. La semaine dernière mon frère Luc a pris une décision importante. Il

voulait demander à sa copine Francine de l’épouser lors d’un dîner ro-

mantique. Il cherchait donc un restaurant qui _________ (avoir) une

atmosphère tranquille et romantique. Il fallait aussi _________ (il + ser-

vir) des fruits de mer. La dernière fois _________ (ils + dîner) en ville,

elle avait remarqué: « Il n’y a rien qui _________ (être) meilleur que

des moules marinières bien préparées. Je pense _________ (ce + être)

le plat le plus délicieux qui _________ (être). » Après des recherches en

ligne il a trouvé un restaurant qui lui _________ (sembler) parfait.

Pendant le repas Francine fut surprise _____________ (son ami

+ ne pas manger) beaucoup — il a normalement un si bon appétit !

Mais avant _____________ (elle + pouvoir) le lui dire, il a sorti une

bague de fi ançailles de sa poche. Il espérait _____________ (elle +

lui + dire) « oui », ce qu’elle a fait sans hésitation.

Exercices écrits : le subjonctif

Exercice 1. Le subjonctif passé

Écrivez cinq phrases qui donnent votre opinion de certains événements passés. Employez des expressions comme :

Je suis content(e)/triste/fâché(e) (etc.) que...

C’est dommage que...

Il est bon/intéressant (etc.) que...

J’aurais aimé que...

2 8 4 C H A P I T R E 9

N’oubliez pas que le sujet de la phrase subordonnée doit être différent de ce-lui de la phrase principale, et mettez le deuxième verbe au subjonctif passé.

MODÈLE : Je suis content(e) que notre équipe ait gagné leur dernier match.

Exercice 2. Expressions de nécessité : falloir et devoir

Écrivez deux choses que vous devez faire tous les jours, et deux choses que vous avez dû faire récemment. Ensuite récrivez ces mêmes phrases en utilisant une expression de nécessité (il faut que, il a fallu que).

MODÈLES : Je dois me lever tôt = Il faut que je me lève tôt.

Hier j’ai dû aller en ville = Hier il a fallu que j’aille en ville.

Exercice 3. Expressions de nécessité

Traduisez en français. Il y a souvent plus d’une réponse possible.

1. I’ll have to do it myself.

2. We must not answer too quickly.

3. You have to tell me.

4. They must be mistaken.

5. You’ll have to fi nish quickly.

6. You don’t have to do that.

7. I have to go now.

8. You have only to ask.

Exercice 4. Expressions impersonnelles : vos opinions

Donnez vos opinions en écrivant trois phrases avec des expressions impersonnelles suivies d’un verbe au subjonctif. Variez le vocabulaire. MODÈLE : Il est essentiel qu’on prenne les transports en commun.

Exercice 5. Verbes de volonté : vos opinions

Donnez vos opinions en écrivant quatre ou cinq phrases avec des verbes de volonté, suivant le modèle. N’oubliez pas qu’il faut que le sujet dans la deuxième phrase soit différent de celui de la première phrase. Écrivez quelques phrases au présent et quelques-unes au passé.

MODÈLE : J’aimerais que nous regardions des fi lms en classe.

J’aurais aimé que mes parents n’aient pas divorcé.

L E S U B J O N C T I F 2 8 5

Exercice 6. Expressions d’émotion : vos opinions

Donnez vos opinions en écrivant quatre ou cinq phrases avec des ex-pressions d’émotion, suivant le modèle. N’oubliez pas qu’il faut que le sujet dans la deuxième phrase soit différent de celui de la première phrase. Écrivez quelques phrases au présent et quelques-unes au passé.

MODÈLE : Je suis content(e) que nous n’ayons pas classe le week-end.

Je suis navré(e) que mon candidat n’ait pas gagné aux dernières élections.

Exercice 7. Expressions de doute

Écrivez une phrase qui commence avec Je doute que... N’oubliez pas qu’il faut que le sujet dans la deuxième phrase soit différent de celui de la première phrase et que le deuxième verbe doit être au subjonctif.

Exercice 8. Conjonctions + phrase subordonnée

Complétez les phrases d’une façon logique. Attention à la structure de la phrase et au mode du deuxième verbe.

1. Je suis parti(e) de la fête sans que

2. Nous avons étudié pour que

3. Mes parents viendront me voir avant que

4. Je serai en classe à moins que

5. J’accepte votre invitation à condition que / pourvu que 6. Je me suis tu(e) de peur que / de crainte que

7. Mon copain est resté avec moi bien que / quoique 8. La mère est restée avec le petit jusqu’à ce que

9. Je commencerai mes devoirs dès que

10. Hier soir, j’ai écouté de la musique pendant que

11. Ma mère préfère habiter à la campagne tandis que 12. Mon ami est venu me voir parce que

13. J’ai travaillé toute la nuit puisque

Exercice 9. Subjonctif non-automatique + pronom relatif

Décrivez le copain/la copine idéal(e) en complétant la phrase Je cherche un copain qui... Donnez au moins cinq qualités et mettez tous les verbes au subjonctif.

2 8 6 C H A P I T R E 9

Exercice 10. Révision du subjonctif automatique

Traduisez en français.

1. I want you to understand the situation.

2. He doesn’t think you know me.

3. It’s time for me to leave.

4. I was sure you’d know the answer.

5. I doubt he understood the question.

6. It seems he has too much free time.

7. I was delighted you came.

8. I was afraid we’d be late.

9. I’m sorry he lost your book.

10. It’s best you know the truth.

11. My professor prefers that we speak in French.

12. I don’t doubt that we’ll have a good time.

13. He’s afraid she’ll forget their date.

14. We hope you’ll come.

Exercice 11. Conjonctions + phrase ou infi nitif

Traduisez en français.

1. I’ll call you so we can talk.

2. I’ll call you so I can fi nd out (savoir) the date of the trip. 3. He stopped talking for fear that we’d fi nd him stupid. 4. He stopped talking for fear of appearing stupid.

5. I’ll do it unless you ask me not to.

6. I’ll do it unless I am too busy.

7. He said nothing even though she asked him to explain himself. 8. He said nothing even though he was very angry.

9. We’ll keep working until you’re ready to go.

10. We’ll keep working until we’re done.

11. I’ll speak at the meeting provided you translate for me. 12. I’ll speak at the meeting provided I have the time.