Variations styli

Diane M Dansereau · Chapitre 38 sur 41

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Variations styli

22. Exemples supplémentaires

Appendice 22

Exemples supplémentaires

 

CHAPITRE 7 : LES TEMPS DU PASSÉ

L’imparfait pour les actions habituelles

Albert Camus, « Le fi ls ou le premier homme »,

dans Le premier homme, 1994

[...] l’après-midi, Pierre et Jean pouvaient sortir ensemble. A la belle

saison, [...] [o]n pouvait jouer au football, le plus souvent avec une balle

de chiffon et des équipes de gosses, arabes et français, qui se formaient

spontanément. Mais, le reste de l’année, les deux enfants allaient à la

Maison des invalides de Kouba, où la mère de Pierre [...] était lingère

en chef. [...] C’est là qu’elle accueillait d’abord les enfants [...]. Elle leur

donnait à chacun un morceau de pain et de chocolat [...]. Les enfants

erraient d’abord sous les galeries et dans les cours intérieures, et la plu-

part du temps mangeaient leur goûter tout de suite pour se débarrasser

du pain encombrant et du chocolat qui fondait entre leurs doigts.

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CHAPITRE 8 : LE DISCOURS INDIRECT

Vassilis Alexakis, Pourquoi tu pleures ? 1991 (continuation du texte reproduit au chapitre 8)

[5] Allez, va jouer maintenant. Moi, je reste ici. Ne va pas trop loin, hein !

Je veux te voir. Ne te roule pas comme ça dans le sable ! Tu vas te faire

mal. Et puis je n’ai pas envie de passer ma vie à nettoyer tes vêtements. J’ai

assez de travail comme ça. Où tu as trouvé ce ballon ? Rends-le au petit

garçon ! Rends-lui son ballon, tout de suite ! Excusez-le, Madame. Il ne

s’amuse qu’avec les jouets des autres. Joue un peu avec ta pelle et ton seau.

Tu as perdu ta pelle ? Elle doit être dans le sable, cherche. Une pelle, ça

ne disparaît pas comme ça. Mais cherche ! Comment veux-tu la trouver si

tu ne cherches pas ? Tu n’as pas besoin de te coucher par terre pour cher-

cher ! Qu’est-ce que tu as trouvé là ? Montre ! C’est dégoûtant, dégoûtant.

Jette-le tout de suite ! Il n’y a rien de plus dégoûtant qu’un ver de terre.

[6] Allez, joue un peu avec ta pelle et ton seau, car on va bientôt

partir. Ton père ne va pas tarder à rentrer. Et puis j’ai plein de choses

à faire à la maison. Ne mets pas tes doigts dans le nez ! Si tu veux te

moucher, prends ton mouchoir.

[7] Allez, allons-y. Tu vois, le petit s’en va aussi avec sa maman. Au

revoir, Madame. Viens, je te dis ! Tu n’entends pas ? Et bien, tu n’auras

pas ton pain au chocolat ! Regarde dans quel état tu as mis tes vête-

ments ! Allez, donne-moi la main. Et tiens-toi droit ! Marche plus vite,

on n’a pas de temps à perdre. Qu’est-ce que tu as à pleurnicher encore ?

Bon, je te l’achèterai, ton pain au chocolat.

[8] Un pain au chocolat, s’il vous plaît, Madame. Merci, Madame. Ne

le tiens pas comme ça, tu salis ton manteau, tu auras une baffe ! Et je le

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dirai à ton père ! Il ne va pas être content du tout. Et tu sais comment

il est quand il se met en colère.

[9] Je t’ai déjà dit de ne jamais appuyer sur le bouton d’ascenseur !

Bon, enlève tes bottes, je ne veux pas que tu mettes du sable dans toute

la maison. Enlève-les immédiatement ! Pourquoi tu pleures ? Qu’est-ce

que tu as ? On a été se promener, comme tu voulais, je t’ai acheté ton

pain au chocolat et au lieu d’être content tu pleures ! Il va me rendre

folle cet enfant.

Exemple d’un passage au discours direct et au discours indirect

Discours direct : Antigone parle ( Jean Anouilh, Antigone, 1946)

Ne pleure plus, s’il te plaît, nounou. (Elle l’embrasse.) Allons, ma vieille

bonne pomme rouge. Tu sais quand je te frottais pour que tu brilles ?

Ma vieille pomme toute ridée. Ne laisse pas couler tes larmes dans

toutes les petites rigoles, pour des bêtises comme cela — pour rien. Je

suis pure, je n’ai pas d’autre amoureux qu’Hémon, mon fi ancé, je te le

jure. Je peux même te jurer, si tu veux, que je n’aurai jamais d’autre

amoureux... Garde tes larmes, garde tes larmes ; tu en auras peut-être

besoin encore, nounou. Quand tu pleures comme cela, je redeviens

petite... Et il ne faut pas que je sois petite ce matin.

Discours indirect

Antigone a supplié sa nourrice de ne pas pleurer et elle l’a embrassée

en l’appelant sa vieille bonne pomme rouge et lui rappelant qu’elle la

frottait autrefois pour qu’elle brille. Antigone a encore une fois prié sa

nounou de ne pas laisser couler ses larmes pour rien. Elle a annoncé

qu’elle était pure et qu’elle n’avait pas d’autre amoureux qu’Hémon, 4 6 0 A P P E N D I C E 2 2

son fi ancé ; elle le lui a juré. Elle a ajouté qu’elle pouvait même jurer à

sa nourrice, si elle le voulait, qu’elle n’aurait jamais d’autre amoureux.

Elle a à nouveau supplié que la vieille dame garde ses larmes car elle en

aurait peut-être encore besoin. Et puis Antigone a constaté que quand

la nourrice pleurait ainsi, Antigone, elle, redevenait petite et elle a fi ni

par déclarer qu’il ne fallait pas qu’elle soit petite ce matin-là.

 

CHAPITRE 11 : LE PASSIF

Exemples de la forme passive (Amiens 2000)

i. Des professeurs parlent…

de leur métier de professeur :

…oui, c’est très intéressant… de s’intéresser aux jeunes.… C’est un

métier quand même… qui a certaines contraintes… On est pas tou-

jours très compensé sur le moment mais quand on voit des… des

anciens élèves qui au bout de quelques années ont réussi et font…

une carrière même des fois supérieure à celle du professeur,… c’est le

comble. C’est… c’est véritablement là comme on voit… que l’on a sa

récompense.

des traditions :

C’est une notion qui est évoquée souvent par les chercheurs, on appelle

le biculturalisme, d’accord ? On parle aussi d’acculturation.

des examens :

Bon, en BEP [le Brevet d’Études professionnels], il y a une évaluation

qui est faite au lycée avec l’aide d’un professionnel et il y a aussi une

évaluation qui est faite par le professionnel au cours des stages en en-

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treprises, et c’est l’addition de ces, de ces notes qui… qui détermine si

l’élève est apte à avoir ses diplômes.

de leurs carrières :

… j’ai donc été recruté d’abord comme maître auxiliaire, et il faut

pour être titulaire passer un concours de recrutement tout en ensei-

gnant comme auxiliaire. J’ai donc réussi ce concours, et ensuite nous

sommes formés pendant un an dans… [des] Écoles normales nationales

d’apprentissage qui sont des écoles qui forment les professeurs d’ensei-

gnement professionnel pendant un an, nous sommes formés à ce métier

de… d’enseignement où… nous avons un enseignement qui est tourné

vers la pédagogie…

Là, je suis comme tous mes collègues, car la faculté de médecine est

comme toutes les autres facultés, c’est-à-dire que… j’ai été élu vice-

président de l’université et après président.

ii. Un étudiant parle…

de sa position sociale :

… j’ai été bien éduqué, bien élevé…

du journal universitaire où il travaille :

…au départ, ce qu’on faisait, chaque numéro, on mettait un trait rouge

sur la première page mais le premier numéro a également été agrafé à la

main. Donc il était vendu… parce que autrement si on veut passer par

la société de distribution de la presse, elle prend 40% du prix du jour-

nal, c’est quelque chose qui… sachant qu’on a vraiment rien comme

bénéfi ce sur chaque numéro, ça nous condamne, ça nous condamne 4 6 2 A P P E N D I C E 2 2

complètement sur le plan fi nancier, donc… donc passer par une société

de distribution du journal à la place d’aller voir les librairies un par un

et de devoir aller déposer chez les libraires, devoir aller déposer dans

les coins presse en se mettant d’accord avec le commerçant, enfi n des

choses comme ça. Ça représente une perte de temps très importante et

donc, donc… il y aurait beaucoup de travail qui pourrait être fait sur ce

temps si, si Bill Gates [...] souhaitait investir.