Arcadia Bell Tome 3 - Rallier les ombres
Chapitre 10
spécifique et technique. Et j’avais encore moins envie d’entendre encore I mpossible. Je n’avais vraiment pas envie de tout foirer en touchant à de la magie incontrôlable alors que j’étais en train de faire un truc si une fois la voix perfide de ma mère.
Je dus mobiliser toute ma volonté pour me raccrocher à mon énergie embrasée tout en repoussant la magie d’Enfant de la Lune. Je ne savais pas combien de temps je parviendrais à la garder à distance, mais pour l’instant, j’avais la situation sous contrôle. Je pourrais peut-être apprendre à choisir ce que je voulais utiliser pour embraser la magie : soit l’électricité, soit le pouvoir de la lune. Ce serait l’idéal. Un petit frisson d’excitation me parcourut à cette idée.
À bout de souffle et tremblante, je prononçai les mots du sort, une série d’ordres bruts en hébreu classique. Puis je claquai le bout en graphite de mon caducée ailé contre le bord extérieur du sceau d’appel.
— Priya, viens à moi ! hurlai-je dans le vent tout en relâchant le Heka embrasé.
Il se déversa dans le caducée, le traversa et se déploya sur mes marques en ocre rouge… jusqu’à la ligne connectant le sceau d’appel au nom de Priya. Les marques s’illuminèrent d’une lumière blanche et pulsante.
Un écho d’énergie me remonta le long du bras et me frappa comme le recul d’un fusil. Mon épaule fut projetée en arrière quand le caducée passa en surcharge et m’échappa des mains. Il roula sur le toit en ciment et heurta le muret de brique, explosant en une pluie d’éclats de bois et d’étincelles dorées.
Je ne disposai pas même d’une fraction de seconde pour être surprise avant que la nausée post-magie me submerge et me laisse sonnée. Mon estomac se crispa et ma poitrine fut agitée de haut-le-cœur. L’odeur vive et acide du vomi qui s’ensuivit se mêla à un effluve écœurant. Je n’aurais vraiment pas dû manger ces stupides barres de céréales aux mûres.
Leçon numéro un quand on réalisait un gros sort impliquant beaucoup de Heka embrasé : apporter de l’eau et des mouchoirs… ce que je n’avais pas fait. Tandis que je vacillais sur mes genoux, je crachai deux fois de dégoût, avant d’essuyer ma bouche sur la manche de ma veste, tout en me promettant mentalement de la fourrer dans le lave-linge de Kar Yee plus tard.
Une masse de lumière blanche crépitante apparut devant mon visage.
— Merde !
Par réflexe, je reculai vivement tout en m’efforçant de me relever. La lumière clignota comme une télé avec une mauvaise connexion, puis un garçon de taille humaine fusa du ciel.
Il avait des cheveux noirs qui pointaient dans tous les sens sur sa tête comme un nid d’oiseau couvert de suie.
Et il volait.
Avec des ailes.
Son corps était en majeure partie humain. Ses ongles étaient d’un noir brillant, un peu plus longs qu’ils auraient dû… presque des griffes. Sa peau avait une teinte gris argenté. Il portait un pantalon ample qui tombait sous ses hanches.
Une paire d’énormes ailes à plumes noires se déployait derrière ses épaules nues.
Qu’est-ce qui se passait ? Parce que contrairement à Priya, qui m’apparaissait comme un être diffus et translucide, ni homme ni femme, stoïque et froid, la créature qui volait devant moi était là en chair et en os. Une chair très masculine.
Il m’observait de ses énormes yeux noirs.
L’homme oiseau avait une auréole gris sombre, qui s’élevait comme de la fumée au-dessus de sa masse de cheveux ébouriffés style héros de dessin animé ; un mélange entre Robert Smith, le chanteur de Cure, et Rêve, le personnage de la bande dessinée Sandman. Il avait aussi un beau visage aux joues creuses, aux pommettes hautes et au nez aquilin, proéminent et incurvé comme un bec, mais tout de même bien humain.
Ses ailes battaient frénétiquement, fouettant l’air et soulevant mes cheveux autour de mon visage. Il se rapprocha en flottant et tendit la main. Je reculai vivement et retombai sur le toit en ciment. Sans se laisser décourager, il inclina ses ailes (bon Dieu, elles étaient immenses !) et tout son corps se tourna. Il vola au-dessus de moi, à quelques centimètres de distance, et imita ma position allongée.
Mon cœur galopait dans ma poitrine. Je pris une inspiration étranglée et m’efforçai de démêler mes pensées.
Qu’avais-je fait ? Était-ce un démon Æthyrique ?
Venais-je d’invoquer un foutu démon Æthyrique avec un triangle d’entrave ? Impossible. Aucune chance. Ce n’était pas un cercle d’invocation. Les esprits Hermeneus ne traversaient pas le voile jusqu’à notre plan ; ils n’étaient que des projections… des hologrammes magiques.
Mais ils avaient des traits d’oiseaux. Priya en avait. Mais pas tout à fait comme ça…
Le garçon volant étudiant mon visage de ses grands yeux noirs. De minuscules plumes encadraient ses paupières au lieu de cils. Je lui rendis son regard et sa bouche s’étira en un sourire désarmant.
Ses dents n’étaient pas humaines ; elles étaient minuscules, pointues et argentées. Il en avait des douzaines.
Je tressaillis. L’arrière de mon crâne heurta le ciment. Il se rapprocha encore et me toucha la joue avec ses longs doigts froids.
— Maîtresse. C’est moi, votre loyal gardien.
Sa voix était basse et grésillait légèrement. Extrêmement rauque. Il prit mon visage entre ses deux mains, ses longs doigts effleurant mon crâne.
— C’est Priya.
Mon cœur cessa de battre.
— Priya ?
Ses yeux noirs se plissèrent quand il sourit, avant de toucher le bout de mon nez avec le sien.
— Maîtresse !
Je m’écartai de lui et me remis en position assise sur le ciment. Il s’accroupit devant moi, battit furieusement des ailes, puis les replia en deux formes noires et compactes dans son dos.
— Ça ne peut pas… tu as…, balbutiai-je, la voix rendue saccadée par mes battements de cœur paniqués.
— Changé, termina-t-il avec fierté. Je me suis réincarné dans un nouveau corps.
— Tu es un garçon, remarquai-je bêtement.
— Un beau garçon, acquiesça-t-il, bombant le torse. Tu me trouves agréable à regarder ?
— Euh…
Je clignai rapidement des paupières, mes yeux étudiant sa peau nue et argentée laissant clairement transparaître sa musculature.
— Bien sûr. Tu es sacrément impressionnant, c’est sûr.
Il sourit avec cette bouche pleine de dents métalliques acérées. C’était flippant. Et assez cool.
— Tu es aussi heureuse de me voir que moi ?
— Je… hum, Seigneur ! Comment peux-tu être ici, sur Terre ? En chair et en os, je veux dire ?
— Je suis aussi surpris que toi. Mon espèce ne voyage pas physiquement entre les plans. Ta magie est peut-être plus forte, ou bien mon nouveau corps est spécial. Je ne l’ai que depuis très peu de temps.
— Si c’est vraiment toi…
— Bien sûr que c’est moi. Comment peux-tu ne pas me reconnaître ? Je suis mort pour te sauver.
Je grimaçai. Une terrible pointe de culpabilité noua mon estomac nauséeux. Mais je n’étais toujours pas convaincue. Il s’agissait peut-être de l’équivalent Æthyrique d’un harceleur sur Internet. L’homme oiseau avait peut-être usurpé l’identité de Priya.
— Comment es-tu mort, exactement ? l’interrogeai-je. J’ai besoin d’une preuve.
— J’ai été dévoré vivant par des centaines d’insectes lichen envoyés après moi par un démon Pareba.
Mon pouls battait à mes tempes.
— N’importe qui pourrait savoir ça, remarquai-je d’une voix tremblante. Dis-moi quelque chose que personne ne peut savoir à part nous. Priya et moi.
— Tu m’as envoyé trouver un sort capable de modifier ta couleur de cheveux, quand tu étais jeune et frivole. Je t’ai répondu que ce serait un gâchis de mes talents, mais tu as insisté.
— Je n’étais pas frivole.
— Tu l’étais, insista-t-il.
— Tu n’as jamais trouvé ce sort.
— Il n’existe pas. Mais ça ne t’a pas empêché de retirer la couleur de tes cheveux, quand même, hein ?
Il tendit un bras argenté et couvert de muscles pour saisir du bout des doigts une mèche de cheveux décolorés derrière mes oreilles.
Un petit sanglot s’échappa de mes lèvres.
— Priya.
— Oui.
Il toucha à nouveau ma joue et, cette fois, je posai la main sur la sienne. J’étais ébahie. Sous le choc. Ébranlée. Et vraiment émue. J’avais la sensation d’avoir ramené un vieil ami d’entre les morts.
D’une certaine manière, c’était bien ce que j’avais fait.
Ça me paraissait bizarre de le toucher. Ce garçon. Je n’arrivais toujours pas à y croire. Il avait l’air jeune. Peut-être vingt ans, ou un peu plus. Difficile à dire, avec les créatures Æthyriques. Elles avaient tendance à vieillir plus lentement que les humains. Je lui lâchai la main et déglutis, m’efforçant de retenir mes larmes.
— J’ai entendu ton appel, expliqua-t-il.
Ses cils de plumes s’abaissèrent quand il cligna des paupières.
— Je savais que c’était ton Heka. Il est unique. Et la magie était si puissante. Elle a formé un tunnel de lumière à travers le ciel. Je suis entré dedans et ton Heka m’a fait traverser le voile.
Il fit un geste des mains pour décrire la scène et émit un son d’aspiration.
— Bordel de merde, murmurai-je.
Il regarda un instant aux alentours, étudiant la ville étincelante autour de nous comme s’il venait tout juste de remarquer où il était. Il leva le visage et prit une inspiration, humant l’air nocturne, avant de se tourner vers moi et de sourire.
— Je suis si heureux que tu n’aies pas appelé un autre gardien pour me remplacer pendant mon absence.
— Tu m’as demandé de t’attendre.
— Et tu l’as fait.
— Eh bien, j’ai attendu aussi longtemps que je pouvais. Je ne savais pas si tu étais déjà revenu à la vie ou pas.
Il hocha la tête, songeur.
— Tu m’as appelé parce que tu as besoin de moi. Tu as des ennuis ?
Je remuai les jambes et regardai ses ailes, dont le bas était légèrement incliné, là où elles entraient en contact avec le toit sous lui.
— Euh, oui. Peut-être. Je… mon pouvoir d’Enfant de la Lune est en train de changer.
— Tu deviens plus forte, acquiesça-t-il. Je l’ai senti à ton appel. Et ton Heka a une odeur plus riche.
Je grimaçai. Il sentait peut-être l’odeur des barres de céréales aux mûres que j’avais vomies.
— Bref, j’ai fait des trucs assez dingues avec ce pouvoir. J’ai ralenti le temps, créé un drôle de piège en brume argentée à partir de mon auréole…
— Et tu as fait traverser le voile à ton gardien. Tu es puissante, acquiesça-t-il.
Il étira les lèvres et ajouta :
— C’est excitant.
— Bref, repris-je. Je m’inquiète parce que mes pouvoirs s’accroissent, mais surtout parce que j’ai vu une projection de ma mère.
Il haussa ses sourcils noirs.
— Et c’est étrange parce que… ?
Ah. C’est vrai. Priya était mort avant que je découvre que mes parents étaient les responsables des meurtres rituels, que je les livre au Démon de Glace Blanc et que je la laisse les emporter dans l’Æthyr en guise de prise de guerre. Il me fallut plusieurs minutes pour lui raconter toute l’histoire, mais Priya m’écouta avec attention, accroupi devant moi et ses bras argentés enroulés autour de ses jambes, le menton posé sur les genoux. Je remarquai qu’il était pieds nus. Et même si ses ongles de pied n’étaient pas aussi longs que ceux semblables à des griffes sur ses doigts, ils étaient eux aussi d’un noir brillant.
— Je dois admettre que je n’ai jamais apprécié ta famille, dit-il quand j’eus terminé.
— Pourquoi n’avoir rien dit ? Tu savais qu’ils étaient coupables ?
Il secoua vivement la tête.
— Bien sûr que non. Si j’avais pensé que tu étais en danger, je t’aurais prévenue. Mais je ne comprenais pas le fonctionnement de ce monde, et j’étais mal placé pour donner mon opinion concernant ta vie personnelle.
— Ça n’a plus l’air de te poser de problème, maintenant, remarquai-je.
Il haussa les épaules, ses yeux noirs scintillants.
— Je suis différent, maintenant. Mais revenons-en à ton problème. Tu pensais que le Démon Blanc tuerait ta mère et ton père dans l’Æthyr.
— Mes parents l’ont piégée. Ils se sont servis d’elle. J’ai supposé qu’elle leur ôterait la vie.
— Mais maintenant, tu crains qu’elle ne l’ait pas fait.
— J’ai entendu ma mère me murmurer à l’oreille. Je l’ai vue… c’était comme une projection, tu sais, comme tu m’apparaissais autrefois. Je suis inquiète. J’ai envie d’utiliser mon pouvoir d’Enfant de la Lune. Mais si elle est vivante, pourrait-elle trouver un lien à travers la signature de mon Heka ?
Le visage de Priya se plissa tandis qu’il réfléchissait à cette question.
— C’est peu probable, mais il n’y a qu’une façon de le découvrir. Je vais la traquer dans l’Æthyr.
Un immense soulagement m’envahit.
— Tu veux bien ?
— Je suis à tes ordres.
— Ne dis pas ça. Je n’ai pas envie de te donner des ordres. Je demande une faveur.
— J’ai été conçu pour te servir. Quand j’ai été réincarné dans ce corps, la première chose dont je me suis souvenu, c’était ton visage.
La façon dont il prononça ces mots me flatta et me mit mal à l’aise tout à la fois. Il me regardait avec intensité, même si l’effet était peut-être dû à ses énormes yeux de chouette noirs. Difficile à dire.
Je décidai de jouer la sécurité et de lui suggérer une explication logique au phénomène :
— On est restés liés pendant si longtemps.
De mes seize ans jusqu’à quelques mois plus tôt, pour être exacte. Neuf ans. Et cette conversation était la plus longue et personnelle qu’on avait jamais eue.
Il fit mine de répondre, mais dès que sa bouche s’ouvrit, son corps parut crépiter d’énergie invisible. Nous nous dévisageâmes un long moment.
— Mes forces s’amenuisent. J’ai l’impression que l’Æthyr tente de me rappeler à lui. Je me sens instable.
C’était logique. Les démons Æthyriques ne pouvaient rester dans ce plan bien longtemps sans hôte.
— Je vais chercher à obtenir des nouvelles de ta mère, dit-il en sautant sur ses pieds.
Je le suivis.
— Attends ! Et pour notre lien ? Tu peux le rétablir ?
Je pourrais employer à nouveau ce rituel pour l’appeler, supposai-je, mais ce serait bien plus facile (et moins sujet à me faire vomir) si je pouvais me servir du symbole de gardien sur mon bras.
Une émotion forte et indéfinissable relâcha ses traits.
— Ce serait un immense honneur, finit-il par dire à voix basse.
Il tendit la main.
— On peut faire ça directement maintenant, proposa-t-il, sentant mon hésitation.
Une vague d’énergie crépitante fit se crisper les muscles de son cou.
On n’avait pas beaucoup de temps. Je hochai la tête et lui donnai ma main.
Des mots Æthyriques étrangers et riches dévalèrent de ses lèvres en un chant bas tandis qu’il posait sa paume sur la mienne. C’était bien plus direct que l’immense flot de Heka que j’avais dû envoyer à travers les plans pour nous lier, la première fois. Au bout de quelques instants, un nuage de lumière noire et charbonneuse flotta entre nos paumes… une lumière assortie à son auréole. Je sentis un vif pincement. Il émit un son, puis tout parut… différent, entre nous. Je sentais notre lien.
Je retirai ma main, m’attendant à moitié à avoir été marquée d’une manière ou d’une autre. Mais ce n’était pas ma main qui avait été marquée, c’était la sienne : mon sceau personnel était gravé sur sa paume, aussi noir que de l’encre. Un fil aussi fin qu’une toile d’araignée flottait entre ma paume et la sienne.
C’était nouveau, ça aussi.
Je passai mon autre main entre nos deux paumes, et elle traversa le fil comme s’il s’agissait d’un rayon laser. Il n’était pas solide. Tout comme le fil qui me reliait au tatouage de Jupe quand il avait des ennuis.
Priya me prit la main et la scruta.
— Il y a un autre lien, remarqua-t-il, surpris. Tu as un autre serviteur ?
Il avait dit ça comme si je le trompais.
— C’est une personne qui est sous ma protection. Un enfant démon.
Priya leva la tête.
— Ah. Je comprends mieux.
Son corps crépita à nouveau et cette fois, il disparut presque complètement.
— Je dois partir. Je reviendrai te voir quand j’aurai des infos. Je ne te décevrai plus.
— Tu ne m’as jamais déçu.
Pour l’amour du ciel.
Il déploya ses ailes noires, révélant leur envergure impressionnante. C’était assez intimidant. On ne voyait pas ça tous les jours, c’était une certitude. Sa main marquée posée sur le ventre, il inclina la tête, m’adressa un dernier sourire, puis lui et le fil noir qui nous reliait disparurent complètement.
Avant même que j’aie pu digérer tout ce qui venait de se passer, mon téléphone sonna dans ma poche de jean. Je regardai l’écran.
Message de Jupe, 3h05 : [Papa m’a dit que tu avais eu une urgence chez
Kar Yee. Vous allez bien, toutes les deux ? Dis-lui bonjour de ma part. Tu
devrais m’emmener avec toi, la prochaine fois. Je pourrai dormir sur son
canapé.]
Bon sang. Lon avait fait en sorte que personne ne soit à blâmer après l’ultimatum « c’est toi ou moi ». C’était… la meilleure chose à faire. Il était allé à l’encontre de sa politique d’honnêteté à laquelle il tenait tant pour prononcer un pieux mensonge et préserver la paix. D’un seul coup, je me sentis à nouveau attendrie et larmoyante. J’envoyai une réponse à Jupe.
Envoyé à 3h05 : [Tout va bien. Pourquoi tu es encore réveillé ?]
Message de Jupe, 3h06 : [Je me suis endormi et réveillé ensuite. Eh,
Grand-mère nous invite tous à dîner demain soir, alors assure-toi d’être
rentrée à 17 h tapantes. Elle est obsédée par la ponctualité, mais je ne la
laisserai pas partir sans toi.]
Envoyé à 3h06 : [Je promets d’être à l’heure. Va te coucher, maintenant,
pipelette.]
Message de Jupe, 3h06 : [J’y vais ! Bonne nuit !!! <3 !!!]
Des cœurs à toi aussi, gamin.
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