Au péril de t'aimer (French Edition)
Chapitre neuf
Avery
Arizona
Je peux savoir ce qui t’arrive ? Si Andy ne me donnait pas de tes
nouvelles, je ne saurais même pas si tu es encore en vie !
Je grimace en lisant le texto d’Arizona. Il est vrai que j’ai très peu échangé avec ma meilleure amie, ces derniers jours. Il n’y a pas de raison particulière à cela si ce n’est que Milo m’a beaucoup accaparé. Entre lui et mon travail au studio, je ne vois pas les journées passées. De plus, nos parents sont revenus et le cambriolage a été au cœur de nos préoccupations depuis quelques jours.
Sans hésiter, je l’appelle. Je vais sûrement me faire engueuler, mais tant pis. Je le mérite après tout.
— Si je comprends bien, il n’y a qu’en jetant des bouteilles à la mer que je parviens à avoir de tes nouvelles.
Je souris en l’entendant râler.
— Arizona, je suis désolée. J’ai merdé, je l’avoue.
— Ça me paraît évident !
— Pardonne-moi. Le temps passe trop vite.
— Des excuses, toujours des excuses…
— Arrête de bouder, tu veux. Je ne voulais pas te blesser et tu le sais parfaitement.
— Je veux bien passer l’éponge pour cette fois, mais que les choses soient claires : la prochaine fois, tu ne t’en sortiras pas aussi bien !
— Il n’y aura pas de prochaine fois, c’est promis.
— Bon, dit-elle sur un ton encore un peu bougon. Qu’est-ce que tu me racontes de beau ?
Debout face au miroir de ma salle de bains, je fouille dans la boîte où je range mon maquillage. Nous sommes samedi et dans un moins d’une heure, Milo et moi, nous partirons à cette fameuse soirée organisée à son travail.
J’ai bossé sans relâche et ma robe est enfin prête. Je l’ai finie, il y a quelques minutes seulement. Le point positif : j’ai pu joindre l’utile à l’agréable et ajouter ma nouvelle robe à mon book.
— Pas grand-chose…
J’hésite à parler de cette soirée à Zoo. Tout ce qui touche de près ou de loin à Milo est source d’inquiétude pour elle. Je n’ose même pas imaginer qu’elle sera sa réaction en apprenant qu’il m’a invitée à cette soirée professionnelle.
— Vas-y, raconte !
D’une manière générale, j’adore lorsqu’elle comprend aussi facilement que je lui cache quelque chose, mais, parfois, j’aimerais qu’elle ne soit pas aussi intuitive.
— Ce n’est rien de très passionnant, tu sais, dis-je pour minimiser. Milo m’a proposé de l’accompagner à une soirée organisée par son travail. Je me demande ce que je vais pouvoir faire au milieu de tous ces avocats.
— Milano t’a invitée ? C’est bizarre, non ?
— Je ne vois pas pourquoi. Il n’avait pas envie d’y assister seul et comme il y travaille depuis peu, il ne connaît pas grand monde.
— Mouais… peut-être…
— Tu sais, commencé-je en venant m’asseoir sur mon lit. Il travaille beaucoup et il passe l’essentiel de son temps libre ici avec nous.
— Dans ce cas, contente-toi d’en profiter. Il y aura certainement du champagne et de la bonne nourriture. Que demander de plus ?
— Tu as raison. Je me prends la tête pour rien.
— À quelle heure dois-tu filer ?
— Dans une heure environ…
— Alors, je te laisse te préparer.
— Attends, Arizona !
— Chérie, tu vas assurer ! Tu es bien plus intéressante que tu ne le crois. Ce n’est pas pour rien que Milo a pensé à toi. C’est un crétin, mais il est malin. Il sait que tu es plus qu’une belle femme.
Je repense à ce qu’il m’a dit lorsque nous étions au magasin d’informatique. Il voulait faire une bonne impression à son patron et, selon lui, je suis « aussi charmante que passionnante ».
— J’espère que tu as raison.
— Tu m’appelles demain pour me raconter ta soirée.
— Sans faute. À demain.
Je raccroche et retourne dans la salle de bains. J’ignore si Zoo a raison, mais je n’ai plus le choix, je dois faire bonne figure et assurer. Pour Milo…
Verrou en forme de cœur contour
Milo
Devant le miroir de ma salle de bains, je parfais mon nœud de cravate. Pour l’occasion, je me suis acheté un nouveau costume. Cette soirée sera sûrement un peu guindée et c’est pour cette raison que j’ai voulu inviter Avery. Avec elle à mes côtés, je sais que la soirée sera très agréable. C’est aussi l’occasion de me familiariser avec mes collègues et la tâche sera plus amusante avec Avy à mon bras. Elle est si naturelle que les gens l’apprécient facilement. Même si elle, elle croit le contraire…
Une fois prêt, je passe par ma chambre où je récupère ma veste. Je sors après l’avoir enfilée. Devant la porte d’Avery, je toque et elle m’ouvre quelques secondes plus tard. C’est un véritable séisme qui me secoue de la tête au pied lorsque je la découvre. Elle est somptueuse.
— Waouh, bégayé-je en louchant sur sa robe.
Pour ce soir, Avery a confectionné une robe fourreau d’un très joli bleu marine et qui est fendue à hauteur du genou.
— C’est toi qui as fait ça ?
— Évidemment.
— Je suis bête, pardonne-moi. Ton talent m’impressionne toujours.
Avery ramasse la pochette noire sur sa commode. Toujours subjugué, je n’arrive pas à la quitter des yeux. J’adore la façon dont elle a remonté ses cheveux du côté droit pour les faire retomber en une cascade de boucles blondes sur son épaule gauche.
— Milo ?
Je reviens à moi et abandonne ma contemplation alors qu’elle piétine devant moi.
— Oh… pardon…
Maladroit, je me décale pour la laisser passer. Et je regrette immédiatement de l’avoir fait en découvrant son dos dénudé jusqu’à la chute de ses reins. Mes yeux explorent toujours plus au sud et se détournent brusquement coupables d’avoir effleuré la courbe de ses fesses.
Je m’éclaircis la gorge pour chasser le nœud qui grossit dans ma gorge.
— Le taxi nous attend.
— On ne prend pas ta voiture ?
Dans l’entrée, je la dépasse pour lui ouvrir la porte.
— C’est plus raisonnable. On pourra boire sans se poser de question.
Je l’invite à sortir.
— Bien vu, me dit-elle en me faisant un clin d’œil lorsqu’elle passe devant moi.
Je lui réponds d’un sourire bête à souhait. Mon regard la suit lorsqu’elle descend les marches du perron en direction du taxi. Tu perds les pédales, mon vieux, pensé-je en me pinçant l’arête du nez.
— Tu viens ?
Rappelé à l’ordre, je ferme la maison et je la rejoins. Le taxi démarre et je suis très nerveux ; impossible de me détendre. Avy doit le sentir, car elle pose sa main sur la mienne en me disant :
— C’est seulement une soirée à ton travail. Déstresse un peu, tu veux.
Je la remercie d’un sourire. Ce que je garde pour moi, c’est que ce n’est pas cette soirée qui me rend nerveux, mais elle. Pourquoi me fait-elle cet effet-là, ce soir ?
Le reste de notre trajet se passe en silence. Accoudée contre la portière, Avy est captivée par la ville qui défile dehors. De mon côté, j’essaie de recouvrer mes esprits, de dompter la tempête d’émotions que ma voisine soulève en moi. Mais qu’est-ce qui m’arrive ?
*
Rien de plus efficace pour se détendre qu’une bonne coupe de champagne, songé-je en commandant deux nouvelles coupes auprès du serveur posté derrière le bar.
Il y a une heure environ que nous sommes arrivés dans les locaux de Hughes et associés et le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne suis pas très à l’aise. Mon nœud de cravate serait-il trop serré ? Cela expliquerait pourquoi j’ai l’effroyable impression d’étouffer. Pourtant la soirée a tout pour être agréable.
Le taxi nous a déposés au pied de l’immeuble et Avy a très naturellement glissé son bras sous le mien au moment d’en franchir la porte. Nous avons immédiatement été accueillis par quelques-uns de mes collègues avec qui nous avons discuté quelques minutes. Rapidement, un serveur s’est approché pour nous offrir du champagne.
Malgré cette délicieuse entame, je ne suis pas dans mon état normal. Ce qui n’est pas le cas d’Avy qui se fond parfaitement bien dans le décor. Comme je m’y attendais, elle n’éprouve aucune difficulté à bavarder avec mes collègues. Je la regarde faire depuis le bar où j’attends d’être servi et son aisance me conforte dans mon choix de l’avoir invitée.
Sur le moment, l’idée m’a paru excellente. Ce que je n’avais pas envisagé, c’est que sa présence me mettrait aussi mal à l’aise. C’est un véritable combat en moi : je veux être avec elle, mais mon instinct me somme de prendre mes distances si je veux garder le contrôle de la situation. Mais qu’est-ce qui pourrait bien m’échapper ?
— Ah, Milo ! Vous êtes là.
Je reviens à la réalité lorsque mon patron m’interpelle.
— Bonsoir, Monsieur Hughes.
Il réclame un verre de scotch au barman qui se hâte de le lui servir.
— C’est une très belle soirée, Monsieur.
— Je vous remercie, Milo.
Il tend son verre vers moi et je trinque avec lui.
— Cette seconde coupe est pour votre invitée ? se renseigne-t-il en voyant l’autre verre dans ma main.
— Exactement. Avery est juste là.
Lorsque je la désigne, Avery est en pleine conversation avec Bree, l’une des assistantes du cabinet.
Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elles s’entendent bien, elles ont à peu près le même âge.
— Hmm, dit mon patron d’un air approbateur. Votre amie est charmante, Milo.
— Oh ! Avy n’est pas…
Je devrais le corriger et lui dire qu’Avery est ma petite sœur. Je devrais, mais je ne le fais pas... C’est étrange, voire totalement ridicule. À l’image de mon comportement depuis que je suis allé chercher Avery dans sa chambre.
— C’est vrai, elle est merveilleuse.
Comme tout à l’heure, je la contemple d’un air crétin. Elle rit aux dires de Bree et je ne peux m’empêcher de sourire. Elle doit se sentir observée, car elle se tourne vers moi. D’un geste de la main, je l’invite à nous rejoindre. Ce qu’elle fait après s’être excusée auprès de Bree.
— Avery, permets-moi de te présenter mon patron, Monsieur Hughes. Monsieur, voici Avery Evans.
— Bonsoir, Monsieur Hughes, le salue Avery en lui offrant un sourire franc.
Avy lui présente sa main et monsieur Hughes la porte à ses lèvres pour l’embrasser.
— C’est un plaisir de vous connaître, Mademoiselle Evans.
J’ignore si Avy est gênée par ce baise-main, mais moi je le suis. C’est un geste anodin, je présume. Il veut seulement se montrer poli. Sans même le vouloir, Avery séduit et Hughes ne fait pas exception. Ce soir, pour la première fois, je me demande s’il n’en est pas de même pour moi.
Dans un geste bêtement possessif, je pose une main sur sa hanche pour la ramener contre moi.
— C’est une très belle soirée que vous avez organisée, Monsieur Hughes.
— Ravi qu’elle vous plaise.
J’offre sa coupe de champagne à Avery.
— Que faites-vous dans la vie, Mademoiselle ? s’intéresse mon patron.
— Je suis des études de stylisme pour devenir créatrice de mode, lui apprend ma voisine.
Je pourrais lui expliquer qu’elle porte justement l’une de ses créations, mais lui communiquer une telle information attirerait inévitablement son regard sur elle. Je m’y refuse.
— C’est très intéressant. Et ce déménagement ? Quitter New York n’a pas été trop compliqué ? Surtout en ce qui concerne vos études.
— Mais je n’ai pas déménagé, je vis à Miami depuis toujours.
— Je vois.
Hughes se tourne vers moi, l’air amusé.
— Vous n’avez pas perdu de temps pour faire des rencontres, rigole mon patron.
Eh merde ! Je tire nerveusement sur mon nœud de cravate. Il est définitivement trop serré !
Avery me lance un drôle de regard. Elle doit s’attendre à ce que je corrige mon patron, mais j’aurais dû le faire plus tôt. Maintenant, je suis coincé dans ce quiproquo. Ce qui m’inquiète le plus, ce n’est pas que mon patron continue de penser qu’Avery est ma petite-amie, mais ce qu’elle va en penser.
— Je… bafouillé-je sans savoir comment me dépêtrer de cette situation.
— Steven !
Monsieur Hughes se détourne de nous lorsque cette voix féminine l’interpelle. Ouf !
— Veuillez m’excuser, nous dit Hughes. Ma femme réclame ma présence.
Il trinque une nouvelle fois avec nous.
— Passez une bonne soirée, jeunes gens. Amusez-vous bien.
Nous le remercions d’une même voix.
— Avery, ce fut un plaisir de faire votre connaissance.
— Pour moi aussi, Monsieur.
Il s’éloigne et je ne suis pas mécontent de me débarrasser de lui. Enfin jusqu’à ce que je sente sur moi le regard persistant de ma voisine.
— Tu m’expliques ?
Je me racle la gorge avant de lui lancer une œillade en coin.
— Quoi donc ?
— Il a l’air de penser qu’on est ensemble tous les deux.
— Sur tous les hommes présents ce soir, combien sont-ils venus avec leur sœur selon toi ?
Avery hausse les épaules, l’air de dire « Pas faux ! » Je lui souris, heureux d’avoir réussi à la berner. Je lui présente ma coupe de champagne.
— Ça ne doit pas véritablement te déranger d’ailleurs…
C’est ça Milo, continue ! me houspillé-je silencieusement. Encourage-la tant que tu y es !
— Comment ça ?
— Tu n’arrêtes pas de me répéter que tu n’es pas ma sœur, lui rappelé-je. Ce soir, personne ne viendra te contredire.
Avery arque un sourcil vers moi.
— Pas même toi ?
— Non, Avy, pas même moi.
À sa manière de m’observer, je devine qu’elle ne s’attendait pas à cette réponse.
— Milo, je t’en prie, bégaie-t-elle d’une voix triste. Ne joue…
Je suis suspendu à ses lèvres quand :
— Milo, Avery, nous appelle Bree à quelques pas de là.
Il faut quelques secondes pour que nos regards se détachent l’un de l’autre. Elle semble ne pas réaliser qu’on a cette discussion et, moi, j’ai envie qu’elle poursuive pour découvrir ce qu’elle pense. Malheureusement, l’intervention de Bree nous vole ce moment. Debout près d’une des très nombreuses tables installées dans la pièce, elle nous indique deux chaises.
— Tu plais à Bree, dis-je à ma voisine. Ça te convient si on s’installe avec elle et son fiancé ?
Avery acquiesce. Je lui offre mon bras et elle l’accepte dans un sourire timide. Je l’escorte jusqu’à notre table et Bree semble ravie que nous nous installions avec eux.
Tout naturellement, je tire l’une des deux chaises que nous a réservées Bree et invite Avery à s’y asseoir. Elle le fait et je dépose un baiser au creux de son épaule qu’elle a dégagé de ses cheveux.
Nos regards se croisent lorsque je me redresse et je peux lire dans ses yeux qu’elle est aussi perdue que moi. Nous nous sourions timidement avant que je m’installe à ses côtés. Bree commence à bavarder avec Avy et ce malaise entre nous s’estompe au fil de nos bavardages.
Quelques minutes après que nous nous sommes mis à table, le repas nous est servi et l’on peut dire qu’il a de quoi ravir nos papilles. Avery se régale également. Si le dîner est délicieux, la compagnie de Bree et son fiancé l’est tout autant. Clark est un type agréable avec un grand sens de l’humour. Nous aimons tous deux le sport, ce qui nous donne un vaste sujet de conversation. Avery ne paraît pas s’ennuyer avec Bree. Elle la mitraille de questions sur la mode et ma voisine s’amuse à lui répondre.
Les plats s’enchaînent et les verres aussi. Les vins qui nous sont servis sont exquis et je devrais sûrement me montrer plus raisonnable, mais l’alcool m’aide à me détendre et cela ne me fait pas de mal. Être proche d’Avery me provoque des émotions très étranges, ce soir.
Le dessert vient de nous être servi lorsque Bree nous regarde tour à tour avec un air curieux.
— Et sinon, comment vous êtes-vous connus tous les deux ? nous questionne Bree.
Super ! C’est pile-poil la question qu’il fallait pour nous faciliter les choses. Merci, Bree !
— Oh… eh bien…
Je zieute en direction de ma voisine. Sans surprise, Avery ne sait pas non plus comment répondre à cette question. Rétablir la vérité n’est pas impossible. Nous pourrions nous amuser de cette méprise, dire que cela nous arrive souvent, car nous sommes très proches.
Mais je reconnais que je n’ai pas envie de m’expliquer et je me moque du fait que mes collègues nous imaginent en couple. Ce qui m’intéresse vraiment, c’est ce que pense Avery. Acceptera-t-elle d’entrer dans ce drôle de jeu, dans cette folie avec moi ? Cela serait totalement absurde.
Avery lance un regard perdu vers moi. Elle aimerait sûrement que je lui vienne en aide, mais la tentation est trop grande. J’ai envie de savoir ce qu’elle pourrait bien leur dire. Je retombe contre le dossier de ma chaise en disant :
— Je vais laisser à Avery le plaisir de vous raconter notre rencontre.
Comme je m’y attendais, celle-ci me jette un regard noir. Je ne me dégonfle pas et lui adresse un sourire facétieux en ajoutant :
— Tu adores raconter cette histoire, voyons !
Comme l’autre soir avec Earnie, je vois ses narines bouger au rythme de sa respiration agacée. Elle est plus souriante lorsqu’elle revient vers Bree et Clark.
— Eh bien, commence-t-elle, pensive. J’ai fait la connaissance de Milo sur une piste de roller.
Ah oui ? Première nouvelle !
— J’ignore ce qu’il fichait là, car la notion d’équilibre lui est totalement étrangère.
Bree et Clark rigolent et j’en fais autant.
— Ses fesses connaissent mieux la piste que ses rollers.
Elle se moque et c’est de bonne guerre. D’ailleurs, je lui donne un 10/10 pour son talent d’improvisation.
— Je me suis sacrifiée pour aider ce gros nigaud à se remettre debout et, pour me remercier, il m’a offert un milk-shake.
— Et tu sais patiner maintenant que tu as une meilleure prof ? me charrie Bree.
— Pas vraiment, dis-je en dessinant des cercles dans la nuque d’Avery.
Elle se crispe à mon contact, je peux le sentir sous mes doigts. Enhardi par son récit, je ne résiste pas à l’envie d’explorer son dos nu. Je m’accoude à la table sans rompre le contact avec sa peau délicate. Avery se relâche prudemment. Je la vois croiser ses jambes et je me demande si mes caresses lui plaisent ou si au contraire, elles la mettent mal à l’aise. Si je suis le seul à ressentir cette excitation grisante, comment vais-je m’en sortir avec Avy ? J’ai volontairement franchi une limite, mais un retour en arrière est-il possible si elle me le reproche ? Me le pardonnera-t-elle ? C’est troublant et très contradictoire, mais il me tarde de me retrouver seul avec elle pour découvrir ce qu’elle me dira autant que je redoute ce retour à la réalité.
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