Au péril de t'aimer (French Edition)

Elma Hilde · Chapitre 18 sur 33

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Au péril de t'aimer (French Edition)

Chapitre dix-sept

 

 

Milo

— Est-ce truc ? demandé-je en examinant l’objet entre mes mains.

— Ce truc, c’est un presse-purée, m’apprend Avy en levant le nez du carton dont elle sort un service à vaisselle. Troisième tiroir sur ta droite.

Je range ledit presse-purée à l’endroit qu’elle m’a indiqué en me demandant si elle croit que je vais lui cuisiner de la purée un jour prochain. Dans ce fameux tiroir, je trouve toute une panoplie d’ustensiles qui me sont totalement étrangers.

— Dis-moi Avy, à quoi dois-je m’attendre en recevant le relevé de mon compte ?

Elle s’arrête et me lance un regard coupable.

— Ne me dis pas que tu as dilapidé toutes mes économies.

— Bien sûr que non, mais j’ai…

Elle se mord la lèvre. Qu’a-t-elle peur de m’avouer ?

— J’ai payé une partie de tout ça moi-même.

— Mais Avy ! Pourquoi as-tu fait ça ?

— Tu sais comment est mon père, il me donne tout cet argent et je ne sais pas quoi en faire.

— Malcolm te donne cet argent pour assurer ton avenir. Tu ne dois pas le gaspiller bêtement.

Elle fait la moue et je la trouve adorable.

— Il n’y rien de bête à vouloir gâter mes proches…

La situation de Malcolm a toujours apporté une certaine insouciance à Avery, mais elle n’a jamais agi comme une fille pourrie gâtée. Je l’ai toujours trouvée très raisonnable à ce sujet. Du moins jusqu’aujourd’hui…

— Je voulais seulement être certaine que tu sois heureux dans ton nouvel appartement.

Je réprime un sourire.

— Je vois. Et selon toi la quête du bonheur passe par le presse-purée, c’est ça ?

Je la taquine, mais la vérité ce que sa manière d’être, de penser, d’aimer les gens est ce qu’il y a de plus beau chez elle. J’ai conscience qu’elle ne le montre pas facilement, qu’elle se protège et je suis un privilégié. Moi, je la vois telle qu’elle est.

On échange un regard malicieux avant d’éclater de rire. Je tends mon bras vers elle pour l’inviter à me rejoindre. Elle prend ma main et je l’attire dans mes bras.

— Avy, je suis très touché. Merci pour tout ce que tu as fait pour moi ces derniers jours.

Elle a un sourire timide.

— Ça me fait plaisir.

Mes mains encadrent son visage et mes pouces câlinent doucement ses joues.

Je suis tellement heureux qu’elle m’accompagne pour ce grand jour, car, ça y est, j’emménage enfin dans mon nouvel appartement ! J’ai signé le bail auprès de Stacy, il y a quelques jours. J’étais si impatient que cela arrive.

Au-delà de mon histoire avec Avery, j’apprécie de retrouver mon indépendance. Je ne nie pas qu’après une si longue absence, vivre avec ma famille m’a permis de rattraper un peu le temps perdu. Cela dit, je ne me vois pas résider sous le même toit que ma mère plus longtemps. Et dire qu’il s’en est fallu de peu pour qu’elle s’invite à mon emménagement…

Très naturellement, j’aspirais à vivre cette journée avec Avery. Cet appartement est comme une libération pour nous et je trouvais important qu’elle soit présente pour que nous vivions ce moment à deux. Par chance, ma mère et Malcolm avaient un week-end de prévu avec leurs amis. On a frôlé la catastrophe.

— Qu’ai-je fait pour mériter que tu sois si gentille avec moi ?

Avy se dresse sur la pointe des pieds et couvre ma bouche avec la sienne.

— Je me sens bien avec toi et c’est ma manière de te remercier pour ça.

— Je me sens bien avec toi, moi aussi.

Elle me donne un nouveau baiser et, cette fois, j’en prends le contrôle. Je l’embrasse encore et encore. Ma langue vient danser avec la sienne et mes mains saisissent le revers de sa petite robe d’été. Je la fais passer par-dessus sa tête et découvre avec émerveillement qu’elle ne porte qu’un tanga en dentelle noire. Je l’embrasse avec douceur avant de la faire tourner de manière qu’elle soit dos à moi.

Je dégage sa nuque pour y déposer une pluie de baisers en prenant ses seins en coupe. Mes doigts jouent avec ses tétons et Avy vient se frotter contre mon sexe qui durcit. J’abandonne l’un de ses seins pour descendre plus au sud. Mes doigts se faufilent sous son tanga et trouvent son clitoris.

— Hmm, soupire-t-elle, comblée.

Je la torture quelques minutes avant d’abandonner son sein pour m’occuper de descendre ma braguette. Je tire suffisamment sur mon boxer pour libérer mon pénis. J’en fais de même avec son tanga et frotte mon sexe contre ses lèvres enflées.

Ma main se ferme sur sa nuque et je la pousse doucement pour l’inviter à s’étendre sur le coin repas en prolongement de l’îlot central. Elle le fait et s’allonge les bras en croix. Je la contemple un instant dans cette position de soumission et ma bite vibre de plaisir.

Depuis le commencement de cette histoire un peu folle avec, je suis en pleine découverte. D’elle, mais surtout de moi. Elle éveille en moi un désir insoupçonné jusque-là, une envie irrépressible de repousser mes propres limites. Je me sens l’âme d’un aventurier à ses côtés, mais la voir dans cette position crée en moi un désir qui me perturbe.

Je hais les hommes dont elle a partagé le lit et qui l’ont traitée sans aucun respect, se servant de son corps comme d’un moyen d’assouvir leurs désirs abjects. Je ne peux pas me comporter comme eux. Avy a le droit à autre chose.

— Pardon, dis-je en mettant une soudaine distance entre nous. Avy, je suis désolé.

L’air minable, je la regarde se redresser. Elle ne cache pas sa surprise. 

— Mais de quoi est-ce que tu parles ?

— Je suis désolé. Je ne suis pas comme eux, je n’ai jamais…

Avy pose une main sur ma joue en me couvant d’un regard tendre.

— Milo, tu n’as rien en commun avec aucun des hommes que j’ai connus avant toi. Tout ce que je désire, c’est toi, tel que tu es, tel que tu as envie d’être. Tu te découvres et rien ne peut me faire plus plaisir que d’être celle avec qui tu y parviens. Lorsque nous sommes ensemble, nous pouvons faire ce qui nous chante.

De son doigt, elle redessine le contour de mes lèvres.

— Je te respecte et je te fais confiance.

Touché par ses paroles, j’emprisonne ses doigts pour les embrasser.

— Je te respecte plus que n’importe qui et j’ai une confiance aveugle en toi.

Elle me donne un dernier baiser et reprend cette position avilissante et particulièrement excitante. Sa joue repose sur le plan de travail. Je caresse la chute de ses reins avant de m’agenouiller derrière elle pour faire glisser son tanga le long de ses jambes. Je ne manque pas de mordiller la chair de ses fesses par la même occasion.

— Écarte les jambes, lui ordonné-je enhardi par ses paroles.

Elle s’exécute sans attendre et m’offre la vision enchanteresse de ses lèvres gonflées. Excité comme un fou, je glisse ma langue entre elles et la lèche généreusement. Les doigts enfoncés dans ses hanches, j’introduis ma langue en elle pour la faire tournoyer.

— Milo…

J’accélère la cadence en sentant à son timbre combien ce que je lui fais lui plaît. Le désir grandit en elle. Je le devine à la manière dont elle s’agite. Je le sens également ruisseler sur ma langue.

Je me retire quand je sens qu’elle est sur le point de jouir. Je veux sentir sa délivrance, mais pas comme ça. Je veux m’enfoncer en elle et m’y déchaîner jusqu’à jouir avec elle. Y penser me rend immédiatement impatient de tenter l’expérience. Je me relève et empoigne ses cheveux blonds dans le creux de ma main. Je prends mon sexe et le guide jusqu’à son antre. Je la titille, la nargue, mais ne l’investis pas encore. J’empoigne sa hanche et tire sur sa chevelure, ce qui la fait grogner.

Je me penche sur elle et lui mordille l’oreille.

— C’est ça que tu veux, Avy ? Que je te baise jusqu’à ce que tu me supplies d’arrêter ?

— S’il te plaît, m’implore-t-elle en asticotant ma bite avec sa chatte trempée.

— Tu vas avoir ce que tu réclames, glissé-je à son oreille avant de m’enfouir en elle d’une poussée vigoureuse.

Elle se cambre et j’en profite pour attraper ses seins. Je les malmène en poussant plus loin en elle. Allongé sur elle, sans cesser de malaxer sa sublime poitrine, je l’assaille de mes coups de reins de plus en plus fermes, de plus en plus précis.

— Milo ! crie-t-elle avant de porter une main à sa bouche comme si elle venait soudainement de se rappeler qu’elle ne devait pas faire de bruit.

— C’est bon, mon cœur, ris-je à son oreille. Tu peux régaler mes oreilles avec tes gémissements. Il n’y a que moi pour t’entendre.

Je la serre plus fort contre moi sans cesser de lui infliger mes va-et-vient endiablés. Nos corps claquent l’un contre l’autre dans un vacarme incroyable.

— C’est ce que tu aimes, rugis-je contre sa joue en m’enfonçant toujours plus énergiquement en elle.

Avery s’accroche au rebord du plan de travail et pousse une succession de gémissements plus érotiques les uns que les autres.

— Plus fort ! articule-t-elle péniblement tant elle est à bout de souffle. Je vais jouir. Viens plus fort.

Je délaisse ses seins et dénoue ses doigts du rebord pour les lier aux miens. Après quoi j’abandonne son corps pour revenir plus férocement en elle. Aussi loin qu’il m’est possible d’aller.

Il me faut lui donner encore quelques coups de boutoir avant de la sentir se serrer autour de ma bite ; signe que la jouissance l’emporte.

— Avy, soufflé-je à son oreille en la sentant lâcher prise.

La tête enfouie dans mon bras, elle continue de gémir. Mais ses soupirs sensuels sont bien plus intenses alors qu’elle est sur le point de se faire balayer par l’orgasme.

— Emmène-moi avec toi, réclamé-je désireux de vivre cet instant surréaliste avec elle.

Sa main vient se presser contre ma joue et Avy tourne suffisamment son visage vers moi pour que ses lèvres recouvrent les miennes.

— Tu es le seul, Milo. Le seul qui compte pour moi.

Avy me libère en six mots seulement. Son aveu m’emporte dans un orgasme ahurissant.

Nos bouches unies dans un doux baiser, nous laissons le plaisir nous enlever ensemble. Je la remplis du fruit de mon plaisir et sentir son sexe vibrer sous l’effet de sa jouissance prolonge cette sensation incroyable de vivre la plus renversante des aventures.

— Bienvenue dans notre refuge, mon trésor, dis-je contre ses lèvres rougies par notre baiser. On va être bien ici.

Avy m’embrasse.

— On va être libres…

Verrou en forme de cœur contour

 

Avery

Les jours qui suivent l’emménagement de Milo comptent parmi les plus beaux de ma vie. Être avec lui est cent fois mieux que tout ce que j’ai pu imaginer.

Milo est tendre et drôle lorsque nous sommes ensemble. Surtout depuis qu’il a son appartement. Ne plus avoir à porter le fardeau du mensonge et de la discrétion semble très bien lui aller. Dorénavant, je suis la seule à mentir. Mon alibi favori pour justifier que je découche, c’est Arizona.

Mon père a l’habitude que je ne rentre pas dormir sans prévenir. C’était une pratique courante pour moi lorsque j’avais toutes ces aventures d’une nuit. Depuis Milo, je ne sors plus le soir, je ne bois plus à outrance. Une situation qui ravit mon père. C’est pour cela que je ne veux pas le laisser penser que j’ai renoué avec mes anciennes habitudes, il serait si déçu. Je préfère qu’il me croie avec ma meilleure amie. Ainsi je peux me rendre chez Milo dès que sa journée de travail est terminée. Il croule encore sous le travail et il est souvent tard lorsque j’arrive chez lui.

Aujourd’hui, il a décidé de s’accorder une pause pour déjeuner hors de son bureau et il m’a invitée à l’accompagner. J’ai sauté sur cette occasion de passer un peu de temps avec lui. C’est une bonne distraction, car j’ai mon lot de préoccupations ces derniers temps.

Ma candidature chez Andrieu n’a pas abouti et j’ignore comment me sortir de ce pétrin. J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas de solution. Finalement, la suggestion d’Arizona s’avère être la plus sensée. Je pourrais obtenir une place de stagiaire pour l’année prochaine et trouver un emploi pour m’occuper d’ici là.

L’idée de perdre une année me fait hésiter, mais ce stage est trop important pour la suite de mes études. C’est un véritable dilemme. Tant que je n’aurais pas tranché la question, je ne serai pas tranquille.

— À quel moment t’ai-je perdu ?

La question de Milo me fait revenir à l’instant présent. Mes doutes s’évaporent et je me concentre à nouveau sur nous.

— Pardon, dis-je en nouant mes doigts aux siens. J’étais perdue dans mes pensées.

L’avenue où se trouve le restaurant où nous avons déjeuné est attenante à celle où se trouve son bureau. Nous nous y sommes rendus à pied et nous voilà déjà sur le chemin du retour. Le temps passe si vite lorsque je suis avec lui.

— Je l’avais remarqué, dit-il en enroulant son bras sur mes épaules. C’est encore cette histoire de stage qui te préoccupe, c’est ça ?

J’acquiesce.

— Je ne sais pas quoi faire à la rentrée prochaine et ça monopolise mes pensées.

— J’imagine. Je serai là pour toi quoiqu’il arrive.

— Que penses-tu de l’idée d’Arizona ? Plus j’y songe et plus je me dis que c’est ma meilleure option…

— Franchement, je suis perplexe. Tu as envie de travailler pour ce couturier et rien que pour cette raison, tu devrais peut-être postuler pour l’année prochaine. Mais comment vas-tu t’occuper en attendant ? Rester à ne rien faire n’est pas une solution.

— Eh bien, je vais continuer mes créations et je pourrais trouver un emploi en attendant de reprendre mes études.

— Dégoter un petit boulot serait une bonne idée pour que tu ne tournes pas en rond, c’est sûr. Mais dans quel domaine ? Tu risques de vite t’ennuyer si tu ne fais pas quelque chose qui te passionne.

Je lui donne un baiser alors que nous venons d’arriver au pied du bâtiment où est installé le cabinet d’avocats.

— Je vais rentrer à la maison et éplucher les petites annonces histoire de me faire une idée.

— En parlant de rentrer à la maison…

Milo sort un trousseau de clefs de la poche de son pantalon.

— C’est un double des clefs de mon appartement. Comme ça, tu n’auras plus à m’attendre pour me rejoindre.

Prise au dépourvu, j’observe le trousseau qu’il me tend, mais je n’ose pas m’en emparer. Milo me le dépose dans la main.

— Je… bégayé-je comme une idiote. Tu n’es pas obligé…

— Si je me sens si bien chez moi, c’est en partie grâce à toi, il est naturel que tu y aies ta place.

Je lui souris ; un sourire intimidé. Je ne crois pas que mon bonheur pourrait être plus grand. Il me faut battre des cils à toute vitesse pour repousser mes larmes.

— Merci, Milo.

Milo dépose un baiser sur mes lèvres.

— Tu seras chez moi ce soir ?

— Si tu veux, oui.

— Dans ce cas, je vais faire de mon mieux pour rentrer tôt.

Nous échangeons un dernier baiser et Milo emprunte la porte de l’immeuble. Bêtement, je reste plantée sur le trottoir quelques instants en fixant ce trousseau dans ma main.

Je dois rester prudente et ne pas tirer de conclusion hâtive, mais le geste de Milo est un pas de plus dans notre histoire.

J’espère que d’autres suivront. Même s’il y en a un qui me pose un véritable souci… un jour ou l’autre, nous devrons affronter nos parents et leur dire la vérité.

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