Au péril de t'aimer (French Edition)

Elma Hilde · Chapitre 11 sur 33

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Au péril de t'aimer (French Edition)

Chapitre dix

 

 

Avery

L’air frais de cette nuit d’été est le bienvenu après cet étrange dîner. Il y a de longues minutes que j’espère enfin quitter cette soirée. Bree est une personne très agréable et je me suis amusée en sa compagnie. Clark aussi est un homme affable avec qui discuter est très intéressant. Tout aurait été parfait si l’attitude de Milo n’avait pas été aussi bizarre.

Qu’est-ce que son comportement veut dire ? Pourquoi ne m’a-t-il pas présenté comme sa sœur ? Pourquoi a-t-il laissé s’installer ce drôle de quiproquo ? Et cette manière de me toucher…

Milo est mon point faible, mon talon d’Achille. Mon amour pour lui est si fort que je ne trouverai jamais la force de le repousser. Il compte tellement pour moi et j’ai rêvé toute ma vie qu’il lève le voile devant ses yeux. Ce soir, il a agi de manière très différente, il m’a regardé d’une manière différente ! Au fond de moi, j’ai peur que mon imagination m’ait joué des tours.

J’ai tellement de questions qui se bousculent dans ma tête qu’une bouffée d’air frais devenait vitale. J’ai abandonné Milo à l’intérieur alors qu’il saluait quelques collègues. En ce qui me concerne, je suis sortie immédiatement après avoir dit au revoir à Bree et Clark.

— Avy, tu es là. Je te cherchais partout.

Je jette un bref coup d’œil derrière moi. La porte de l’immeuble se referme derrière Milo.

— Le taxi sera là dans une minute, m’annonce-t-il en arrivant près de moi.

Cachée dans mes bras, je n’ose même pas lui adresser la parole et encore moins évoquer son étrange comportement. Ce n’est qu’un malentendu, rien de plus. Milo s’est retrouvé pris au piège, et moi avec. Il a seulement eu besoin que je joue cette comédie.

Un frisson me parcourt quand le souvenir de ses caresses me revient en mémoire. A-t-il pu réellement pousser le vice à ce point sans se soucier de ce que je ressentirais ?

— Tu as froid, dit-il avant de glisser sa veste sur mes épaules.

C’est le geste, le contact de trop et j’explose. De colère, de frustration, de douleur : un cocktail détonant.

— Arrête ! m’écrié-je en tournant sur moi-même pour me confronter à lui.

— Trésor ? s’étonne-t-il en levant sa main vers ma joue pour la caresser, j’imagine.

Je refuse ce contact et recule d’un pas pour l’éviter. Mais je suis au rebord du trottoir et mon pied dérape.

— Fais attention ! s’exclame-t-il en me rattrapant par la taille pour me ramener dans ses bras.

Folle de rage, je me débats et Milo raffermit sa prise autour de moi.

— Avy, ça suffit !

Nos regards s’ancrent l’un à l’autre et nos respirations s’intensifient. Je crois qu’il est aussi dérouté que moi, mais comment être certaine que je ne m’imagine pas des choses ?

Le temps se suspend entre nous et je n’ose plus bouger ni même respirer. Mes lèvres s’entrouvrent pour formuler son prénom, mais je n’en ai pas le temps, Milo vient appuyer sa bouche contre la mienne et le sol se dérobe sous mes pieds quand pour la première fois, je ressens la présence de ses lèvres sur les miennes. Figée contre lui, je n’arrive pas à réaliser qu’il m’embrasse et que tout ceci est bien en train d’arriver.

Milo prend les commandes de ce baiser. Ses mains se baladent dans mon dos et remontent dans mes cheveux alors que sa langue se présente à mes lèvres. Je lui en laisse l’accès et le contact de sa langue sur la mienne provoque une puissante décharge en moi. Je remue enfin et c’est pour m’accrocher à ses épaules quand je crois défaillir sous l’effet de ce baiser.

— Milo, murmuré-je dans un souffle éperdu.

Je me sens chavirer, enivrée par ce baiser, par mon envie de lui.

— Avy, dit-il de la même façon.

Lovée contre lui, son érection naissante ne peut plus m’échapper. Il est excité et moi, je suis estomaquée que ce soit possible. Est-ce qu’il me désire vraiment ? Cet instant me paraît surréaliste et j’ai énormément d’incertitudes, mais une chose est certaine si Milo me veut, je ne me refuserai pas à lui. Qu’importe les conséquences, il pourra me posséder cette nuit. Mon corps et mon cœur lui appartiennent depuis toujours et si je ne peux pas lui révéler mes sentiments, je peux lui offrir mon corps.

Malheureusement, le vrombissement d’un moteur nous oblige à nous détacher l’un de l’autre. Le taxi commandé par Milo vient de se garer à deux pas de nous. J’aimerais l’ignorer et prolonger l’instant, car j’ai peur qu’il ne se reproduise jamais.

Milo emprisonne sa main dans la mienne et m’entraîne vers le taxi. Le chauffeur nous salue et Milo m’ouvre la portière. Je me glisse sur la banquette arrière et il m’imite.

Dans la voiture, je m’installe contre la portière pour regarder dehors. Milo échange quelques mots avec notre chauffeur et nous prenons la route de la maison dans le plus grand silence.

Difficile de se dire quoi que ce soit dans ces circonstances. Mais a-t-il seulement envie d’en parler ? Est-ce que tout cela n’est pas la conséquence d’une soirée trop arrosée ou d’un moment d’égarement ? Comment pourrait-il avoir envie de donner suite à cette aberration ? Je ne lui en voudrais même pas. Ce qui me fait peur, c’est seulement que plus rien ne soit simple entre nous. Nous avons passé de si bons moments ensemble ces derniers temps et je ne voudrais pas tout perdre pour… Je passe mes doigts sur mes lèvres enflées sans croire que les siennes aient pu se trouver là. Il est évident que je donnerai tout ce que j’ai pour revivre cela même quelques secondes.

Un hoquet surpris me fait revenir à l’instant présent. C’est la présence de Milo qui en est à l’origine lorsqu’il glisse sa main sous la fente de ma robe. Il remonte en direction de mon sexe et un cri m’échappe quand son pouce rencontre la dentelle de mon tanga.

Par chance, notre chauffeur a mis la musique suffisamment forte pour couvrir mon cri. Concentré sur la route, il fredonne les paroles de cette chanson des Beatles sans jamais soupçonner ce qui se passe sur la banquette arrière.

Un coup d’œil furtif sur le côté m’apprend que Milo a le regard tourné vers le carreau. En le voyant, jamais on ne soupçonnerait qu’il a sa main sous ma jupe.

Je me détends sur la banquette et me délecte de la sensation de le savoir là. J’ignore jusqu’où il est capable d’aller, mais je veux le découvrir. Je sais que je m’expose au risque de souffrir et que les conséquences de cette nuit peuvent être désastreuses. Mais pourrais-je me pardonner de ne pas avoir saisi cette opportunité ? Tout peut changer cette nuit et devenir encore pire, mais je suis prête à tenter ma chance. Pour une seule nuit avec lui…

Verrou en forme de cœur contour

 

Milo

— Gardez la monnaie ! lancé-je au chauffeur en lui tendant un billet de 100 dollars.

Je viens de lui laisser un pourboire de 40 dollars, mais peu importe. Je suis comme un sprinteur dans une course du cent mètres, je n’ai pas une seconde à perdre. L’objectif, la ligne d’arrivée, c’est cette nuit avec Avery.

L’alcool m’a suffisamment désinhibé pour que je trouve le courage d’aller au bout de mes envies et, ce soir, c’est d’Avery que j’ai envie. Le défi maintenant, c’est d’aller au bout de cette folie sans réfléchir aux conséquences. Il ne faut pas qu’elle y pense ou elle risque de faire marche arrière.

À chaque jour suffit sa peine et demain sera un autre jour. Ce soir, je veux m’oublier dans ses bras et trouver la réponse à cette question : est-ce qu’une nuit avec elle assouvira ma curiosité à son sujet ?

Le chauffeur redémarre sans demander son reste après que je l’ai si grassement payé. Toujours sans me poser la moindre question, j’attrape la main d’Avery et l’attire vers la maison.

— Milo, attends s’il te plaît !

Je m’arrête sûr d’assister à un revirement de situation de sa part.

— J’ai mal aux pieds, gémit-elle.

Soulagé, je lève les yeux au ciel avant de la soulever dans mes bras. Ce qui lui arrache un nouveau cri surpris. Toujours aussi déterminé, je fonce en direction de la maison, Avery accrochée à mon cou. Je ne la repose qu’une fois à l’intérieur. J’aimerais la conduire à l’étage et lui faire l’amour sans perdre une seconde, mais Avery est étrange.

Elle se laisse faire sans broncher, mais l’espace d’une seconde, je me demande si tout ceci lui convient. J’ai envie d’elle à un point que je n’arrive même pas à l’expliquer, mais en de telles circonstances, je ne peux pas me permettre de ne penser qu’à moi. Ce que je désire, c’est d’être avec elle. Pour ce faire, elle doit être vraiment connectée à l’instant présent et ne pas le subir comme une marionnette.

— Avy, l’appelé-je doucement en posant ma main sur sa joue. Regarde-moi.

Je la sens extrêmement fuyante depuis que je l’ai retrouvée sur le trottoir. J’ai mis cela sur le compte d’une timidité légitime vu la tournure que prend notre soirée. Si ce n’est que ça, je peux m’en accommoder, mais je dois m’en assurer avant que nous allions plus loin.

Elle hésite et je dois insister pour qu’elle pose enfin les yeux sur moi. La trouver en larmes me fait penser que le pire est à craindre : elle n’a pas réellement envie de tout cela, mais j’imagine qu’elle n’ose pas me l’avouer.

— Si tu n’en as pas envie, on n’est pas obligés de…

Ma phrase avorte sur ses lèvres lorsqu’elle m’embrasse.

— Tais-toi, me dit-elle d’une voix émue. Je suis là, Milo, je suis avec toi.

— Sûre ?

— Je n’ai jamais été aussi sûre de moi.

— Oh, Avy.

Je la serre dans mes bras en respirant longuement l’odeur de sa peau, puis je l’embrasse doucement avant de faire courir ma langue le long de son décolleté vertigineux. Une main sur sa taille, je la garde contre moi tandis que l’autre prend la direction de ses seins. Quelle sensation incroyable que de les sentir sous mes doigts !

— Milo, s’extasie-t-elle en coulant ses mains dans mes cheveux.

Encouragé par le fait de la sentir satisfaite, ma seconde main se joint à la danse. Elle passe sous sa robe pour en faire sortir ses deux merveilles que sont ses seins. Ses tétons apparaissent et je ne résiste pas à l’envie de les prendre dans ma bouche. Tour à tour, je les titille, les lèche, les aspire.

Mais ça ne me suffit pas. Je veux la goûter tout entière. Chaque parcelle de son corps. Je tombe à genoux devant elle et relève le tissu de sa jupe fendue pour découvrir ce tanga avec lequel j’ai déjà fait connaissance dans la voiture. Il est bleu comme sa robe.

Je lève la tête vers elle et nos regards se retrouvent. Dans ses yeux, je peux y lire son envie. Il ne fait aucun doute qu’elle veut la même chose que moi. Je glisse mes doigts sous la dentelle de son tanga et, avant de tirer dessus, je lui rappelle :

— Tu peux encore me demander d’arrêter.

Elle fait non de la tête.

— Ne t’arrête pas, Milo. Ne t’arrête jamais.

Je tire sur son tanga et mes lèvres se posent doucement sur son sexe. Ma langue rencontre son clitoris, ce qui la fait gémir. C’est si bon de la sentir excitée par moi. J’empoigne la chair de ses fesses et ma langue est la première partie de moi à pénétrer son corps, ce soir.

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