Au péril de t'aimer (French Edition)
Chapitre huit
Milo
Le matin qui suit cette éprouvante soirée, j’ai un réveil mouvementé, en sursaut. Heureusement, je réalise très vite que je suis dans ma chambre et dans mon lit. Si je me trouve en terrain connu, un détail demeure inhabituel : la présence d’Avery. Lovée contre moi, elle est paisiblement endormie. Ce qui est plutôt bon signe après la nuit dernière.
Les évènements d’hier me reviennent en mémoire et je suis parcouru d’un frisson. Tout est allé si vite : le cambriolage, les cris affolés d’Avy, ma terreur quand j’ai vu sa blessure et, finalement, l’intervention de la police. C’était un véritable déferlement d’émotions que j’ai ressenti en à peine quelques secondes. L’incompréhension, la peur et la colère m’ont bouleversé au même instant. Gérer autant de sentiments d’un coup était tout bonnement impossible.
Heureusement, Avy s’en sort avec une légère blessure au front et une très grosse frayeur. L’issue de cette soirée aurait pu être plus dramatique.
Pour cette raison, je savoure de la voir saine et sauve. Je m’accorde le temps de passer en revue les jolis traits de son visage. Elle semble si tranquille.
Ses cheveux blonds comme les blés s’étendent sur l’oreiller, son bras est replié sur mon torse et sa main repose délicatement au niveau de mon cœur. La mienne épouse merveilleusement bien la forme de sa hanche et nos pieds sont entremêlés. Dans cette position, je ne peux pas m’extirper du lit sans la réveiller. Autant la regarder, car il est trop tôt pour cela. Je pourrais la laisser dormir toute la matinée, mais je vais devoir contacter le bureau pour leur expliquer que je ne serai pas présent aujourd’hui.
Je glisse une main dans la sienne tout en dégageant son front de l’autre.
Earnie a raison : elle est devenue redoutablement belle. Il en a toujours été ainsi, mais aujourd’hui tout a l’air différent. Je réalise chaque jour un peu plus qu’elle n’est plus une adolescente, mais une ravissante jeune femme.
Il y a un point qui reste incontestable pour moi : Avery prétend être une femme comme les autres, mais c’est faux ! Elle n’a rien de comparable aux autres femmes que j’ai pu rencontrer dans ma vie. Il y a quelque chose dans son regard, une lueur que je ne m’explique pas, et qui la rend particulièrement attachante. J’oserai même dire attirante. Oui, elle m’attire. Pas au sens physique du terme. C’est elle, ce qu’elle est, qui m’appelle à elle. Tel le chant des sirènes, elle me subjugue, me captive.
Prudemment, je dénoue ma jambe de la sienne avant de récupérer mon bras bloqué sous elle. Je vais la réveiller, mais je n’ai plus le choix, je dois prévenir mon patron. Je ne doute pas qu’il comprendra que je dois m’absenter pour la journée après l’agression dont a été victime Avery.
Comme je le redoutais, elle remue contre moi. Ses cils se mettent à battre comme les ailes d’un papillon.
— Bonjour, ma puce.
Les yeux chargés de sommeil, elle regarde autour d’elle.
— Bonjour, dit-elle en s’étirant.
— Tu as mal ? me renseigné-je en montrant son pansement.
— Pas tellement.
— Fais-moi plaisir, tu veux, essaie de te rendormir. Il est tôt, mais je dois appeler le bureau.
— Tu devrais aller au travail, Milo. Je t’assure que je me sens tout à fait capable de rester seule.
— On en a déjà parlé et ma décision est prise. Je passe la journée avec toi, un point c’est tout !
Je repousse les draps et m’assieds au rebord du lit quand je crois sentir ses doigts effleurer le bas de mon dos. J’ai dû rêver, pensé-je en la trouvant sagement allongée. Ses yeux innocents semblent me demander si tout va bien.
— Tu as, bégayé-je en plongeant dans son regard émeraude. J’imagine qu’aucun mec avec qui tu as passé la nuit n’a eu le temps de te dire combien tu es belle au réveil.
Elle retrousse son nez.
— Généralement, je suis déjà partie depuis longtemps. Les réveils à deux, je les évite.
— C’est le genre de propos qu’un mec pourrait tenir…
— Peut-être… Ça ne vous est pas exclusivement réservé pour autant.
— Habituellement, les filles courent après le grand amour, pas après les coups d’un soir.
— Le grand amour, répète Avery avec amertume. Il n’y a que dans les films de Disney que cette chimère existe. Dans la vraie vie, le grand amour, c’est de la merde !
— Comment peut-on être blasé de l’amour à ton âge ? demandé-je en fronçant les sourcils. Tu es une énigme pour moi, Avy. J’essaie de t’analyser, de comprendre ce qui a pu te conduire à penser comme ça, mais je n’y parviens pas.
— Il n’y a rien à comprendre. Et puis, à quoi bon t’en soucier ? Quel intérêt ?
Bonne question ! C’est pourtant un détail qui me préoccupe. Je pense au bonheur d’Avery et, vu son attitude avec les hommes, je ne peux m’empêcher de penser qu’elle a dû beaucoup souffrir pour en arriver là.
— C’est seulement que…
J’attrape sa main libre.
— J’ai peur qu’un mec t’ait fait du mal.
— Ce n’est pas le cas, je t’assure.
— Mais tu as déjà été amoureuse, je me trompe ? Selon moi, pour détester autant l’amour, il faut en avoir fait l’expérience et en avoir été dégoûté.
Avec cette remarque, je sens sa carapace se fissurer légèrement. Pendant une seconde, elle semble moins sereine, mais elle se ressaisit bien vite.
— Je crois que tu as un coup de fil à passer…
Et ça peut bien attendre ! J’insiste :
— C’est quoi ton histoire ? Tu étais amoureuse et il t’a laissée tomber ? Il a couché avec une autre fille ? Tu t’es aperçue qu’il n’était pas du tout l’homme que tu imaginais ?
— Non, non et non ! s’impatiente-t-elle. Je n’ai jamais eu de relation sérieuse, Milo. Jamais !
Je réfléchis. Si ce qu’elle dit est vrai, pourquoi déteste-t-elle autant l’amour ? Il me vient une idée.
— Tu es tombée amoureuse d’un mec qui ne s’est jamais intéressé à toi, c’est ça ?
— Tu sais quoi ? s’agace Avy en balançant les draps. Les interrogatoires au saut du lit, ce n’est pas ma tasse de thé !
Je ne sais pas si j’ai vu juste, mais Avery réagit ainsi, car elle se sent vulnérable. Elle veut donner l’illusion de garder le contrôle de ses émotions, mais ça ne prend pas. C’est très rare de la sentir aussi fragile. Elle ne baisse pas les armes aussi facilement. Avery est comme une montagne infranchissable.
— Avy, tu mérites de rencontrer un homme qui te considérera comme la personne la plus importante de sa vie et qui te traitera comme telle. Tu as le droit à l’amour et tu peux le trouver.
Elle fait non de la tête et deux larmes perlent au coin de ses yeux. Je contourne le lit pour la rejoindre et la serrer dans mes bras.
— Tu ne comprends pas, je m’en fous de l’amour.
Il y a tant de souffrance à travers ces quelques mots qu’il me semble évident qu’elle ment.
— Ne dis pas ça… Un jour, ça t’arrivera et tu verras que l’amour vaut la peine d’être vécu, même quand il fait mal.
— Justement, l’amour, je l’évite. C’est bien plus prudent.
— On ne peut pas toujours l’éviter.
Avy joue des épaules.
— Je m’en suis plutôt bien sortie jusqu’ici alors…
Ça, je n’en suis pas entièrement convaincu…
Je l’observe un moment en détaillant chaque centimètre de son visage. J’ai une drôle d’impression quand je la regarde. Comme si tout était en décalage chez elle. Elle a les mots d’une jeune femme désintéressée de l’amour, mais la tendresse d’une femme débordante d’amour dans le regard. Avy est un véritable paradoxe.
— Quoi ? dit-elle après de longues secondes d’un étrange silence.
— Rien. C’est juste que ça ne ressemble pas à l’image que j’ai de toi. Quand je te regarde, je vois tellement d’amour et de gentillesse. Bien loin de ce que tu prétends vouloir pour toi.
Avy se soustrait à mon regard, comme si elle craignait que je lise en elle.
— Je crois que tous les films à l’eau de rose que t’a fait regarder June t’ont monté à la tête…
Je pouffe de rire quand elle me lance cette vanne. Certain qu’elle ne m’en dira pas davantage, je décide de lui rendre sa tranquillité.
— Je te propose que tu ailles prendre ta douche. De mon côté, je vais appeler le bureau avant d’en faire autant. Ensuite, pour me faire pardonner de ma curiosité, je t’invite à prendre le petit-déjeuner au bord de la mer. Avant de rentrer, nous passerons par le poste de police. Ça te tente ?
— Beaucoup…
Avery s’éloigne. Je la regarde s’en aller, mais je l’interpelle avant qu’elle franchisse le seuil de ma chambre.
— Oui ?
— J’ai appris beaucoup sur moi-même, ces dernières semaines. J’étais convaincu que June m’aimait et que je l’aimais aussi. Je dois me rendre à l’évidence : je me suis planté en beauté.
— Tu es trop sévère avec toi-même…
— Peut-être… une chose est sûre, je crois en l’amour, Avy. Il y a un homme fait pour toi et qui saura te démontrer que l’amour est ce qu’il y a de plus beau. Quand tu rencontreras cet homme, ne le repousses pas et prends le risque de l’aimer.
Avy lève les yeux au ciel.
— Ouais, ouais, je le ferai… soupire-t-elle avant de disparaître sur le palier.
Je souris, amusé par cette tête de mule. Pourquoi rejette-t-elle l’amour alors que je sais au fond de moi qu’elle est faite pour cela ?
Verrou en forme de cœur contour
Avery
— Allez viens, dépêche-toi !
— Mais où est-ce que tu m’amènes ?
Comme prévu, Milo et moi avons pris le petit-déjeuner au bord de la mer avant de nous rendre au poste de police. Nous y avons passé une heure et demie, mais notre déposition est enfin faite. Même si je doute fortement qu’ils arrivent à identifier l’individu qui s’est introduit chez nous.
Depuis que nous sommes sortis du poste de police, Milo a une idée dans la tête, mais j’ignore laquelle. Je me retrouve à marcher dans les immenses allées du centre commercial, entraînée par Milo.
— Tu peux arrêter de te plaindre, s’il te plaît.
Pour être franche, je râle, mais sans aucune conviction. Milo est d’une humeur délicieuse depuis notre réveil et je suis très heureuse d’être avec lui. Ce matin, je me sentais très mal qu’il s’absente du bureau à cause de moi, mais finalement, je suis rassurée qu’il reste à mes côtés. Heureusement, son patron s’est montré très compréhensif.
En ce qui concerne nos parents, ils rentrent bientôt. Nous pourrons alors leur relater les faits de la nuit dernière et passer à autre chose. Il me faudra du temps pour me sentir pleinement en sécurité dans notre maison. Pour tourner la page, je dois au plus vite remettre mon studio en état et reprendre mon travail.
Hier soir, j’étais sous le choc et la présence de Milo m’a aidé à ne pas perdre pied. Passer la nuit en sécurité dans ses bras était parfait après ma mésaventure.
À ma grande surprise, la conversation que nous avons eue au réveil a été très libératrice, elle aussi. C’était très bizarre de lui parler de mes sentiments alors qu’il est l’homme dont je suis amoureuse en secret.
Après avoir traversé la moitié du centre commercial, Milo bifurque sur la gauche en direction d’un magasin d’informatique. Je comprends le but de notre présence ici et je m’y oppose catégoriquement.
— Oh non non, protesté-je en essayant de lui faire rebrousser chemin, sans succès.
— Oh, mais si ! s’amuse-t-il en tirant brusquement sur mon bras si bien que je m’écrase contre lui. On va mettre les choses au clair avant d’entrer. Je suis venu ici pour t’acheter un nouvel ordinateur et je n’ai pas l’intention de changer d’avis. Maintenant, plus tu protesteras et plus je me montrerai déraisonnable.
— Je suis en mesure de me payer un ordinateur moi-même. Mon père me….
— J’adore Malcolm, je t’assure, mais là je m’en fous de lui et de son argent. Aujourd’hui, c’est moi qui t’offre ce cadeau.
— C’est totalement ridicule. Tu viens de trouver un emploi et tu veux prendre un appartement. Tu as bien d’autres choses à faire avec ton argent.
Dépité, Milo fait rouler ses yeux.
— Tu es une vraie rabat-joie, ma parole, se moque-t-il en nous faisant entrer dans la boutique.
Un vendeur nous remarque et se presse de venir à notre rencontre. Il a sûrement flairé Milo et son côté déraisonnable.
— Bonjour, nous accueille-t-il tout sourire. En quoi puis-je vous aider ?
— On jette seulement un coup d’œil, m’empressé-je de lui apprendre.
Il semble déçu, mais ce gros nigaud de Milo se hâte d’intervenir.
— En fait, vous tombez très bien ! Vous voyez…
Milo pose son bras sur mes épaules.
— Cette jeune personne a besoin d’un nouvel ordinateur et j’ai décidé de le lui offrir. Pouvez-vous nous conseiller ?
— On va jeter un coup d’œil avant…
J’insiste, mais est-ce judicieux ? Milo est du genre têtu. Je me dis que j’aurais mieux fait de me taire quand mon regard croise celui de mon voisin. Il me lance un regard machiavélique. Il est ravi que je lui tienne tête.
— J’aimerais voir ce que vous avez de mieux, s’il vous plaît, dit-il au vendeur.
Ce dernier nous invite à le suivre et Milo m’entraîne de force derrière eux.
Près d’un rayon très fourni en modèle d’ordinateur, le vendeur nous demande :
— Pour commencer, j’ai besoin de savoir quel usage vous ferez de cet ordinateur. Les jeux, le traitement de texte ou surfer sur le web par exemple.
— Eh bien, Avery est styliste…
— Je suis seulement étudiante.
La main de Milo fend l’air comme pour rejeter ce que je viens de dire.
— Ne l’écoutez pas, elle est un peu grincheuse ce matin.
Je lui lance un regard noir, mais il s’en amuse plus qu’autre chose. Le vendeur – qui doit être mal à l’aise de nous voir nous chamailler – nous indique l’un des modèles dans le rayon.
— Ce modèle serait très intéressant pour vous. Il s’agit d’un hybride. C’est un compromis entre ordinateur et tablette, parfait pour tout ce qui est création grâce à l’écran tactile et son stylet très performant.
L’homme se lance dans une démonstration de ce fameux ordinateur 2 en 1 et Milo semble captivé. De mon côté, je suis affreusement gênée. Je suis très touchée par le geste de Milo, mais je n’ai pas l’habitude d’être aussi gâtée, si ce n’est par mon père.
Après dix minutes passées à écouter les arguments du vendeur, Milo est visiblement convaincu.
— Qu’en penses-tu ? Il a l’air parfait pour toi.
— On pourrait peut-être voir d’autres modèles, tu ne crois pas ?
Il arque un sourcil.
— Je ne sais pas, à toi de me le dire. J’imagine que nous pourrions regarder les modèles de la gamme au-dessus.
Le vendeur semble ravi de l’apprendre.
— Tout compte fait, celui-ci est très bien, me hâté-je de riposter avant que le vendeur le convainque de prendre un ordinateur plus cher.
— Vraiment ? me provoque Milo. Je n’ai pas l’impression que tu es très emballée.
Il se tourne vers le vendeur.
— Peut-être qu’un modèle supérieur lui conviendrait…
Je pose ma main sur sa bouche pour le faire taire.
— Ne l’écoutez pas, celui-ci est parfait. Il est bien plus performant que mon ancien ordinateur portable et j’adore l’idée de dessiner avec le stylet. Je vais beaucoup m’amuser.
Je libère Milo.
— Eh bien, on dirait qu’Avery a fait son choix.
— Très bien. Je vais dans l’arrière-boutique pour le chercher.
Le vendeur nous laisse seuls et j’en profite pour bousculer Milo. Je suis folle de rage après cet idiot et le voir se marrer n’arrange rien.
— C’est tout ce que je voulais, Avy : que tu t’amuses tout en faisant ce que tu aimes.
— C’est très gentil et je t’en remercie, mais c’est de la folie.
— Appelle ça comme tu veux. Tout ce qui compte c’est que tu sois heureuse.
Je me dresse sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue.
— Je le suis. Merci, Milo. Du fond du cœur.
— Pour être totalement franc, me dit-il en m’emprisonnant dans son bras droit. J’ai une requête en échange de ce cadeau.
— Laquelle ?
— Crois-tu qu’il soit possible que tu crées une robe pour le week-end prochain ?
Une robe ? Mais pour l’offrir à qui ? Même si je me questionne, j’essaie de paraître détachée. Je lui dis :
— Tout d’abord, il faut que j’en sache un peu plus sur la personne à qui tu veux l’offrir pour arriver à cerner ce qui lui plairait. Ensuite, j’aurais besoin de ses mensurations. Il y aura des essayages aussi. C’est faisable si cette femme a du temps à me consacrer.
— Je comprends, mais je ne sais pas ce que je pourrais te dire sur elle…
— Tu pourrais commencer par me dire de quelle couleur sont ses yeux et ses cheveux. Ensuite, essaie de me décrire son style vestimentaire.
Les bras croisés sur son torse, il réfléchit.
— Pour faire bref, c’est une belle blonde et ses yeux sont d’un vert plutôt intense. En ce qui concerne son style, je dirais qu’elle est toujours très bien habillée. Elle est classe, mais toujours très moderne. Et pour ses mensurations, elle a un corps que de nombreuses filles doivent lui envier.
— Autrement dit, ce n’est pas ta mère…
— Quoi ? rigole Milo.
Je hausse les épaules, l’air revêche. Si ce n’est pas Pamela, cela veut dire qu’il y a une autre femme dans sa vie, non ?
— Avy, je parle de toi, voyons !
Moi ?
— Je ne connais pas beaucoup de jolies blondes aux yeux d’un vert hallucinant.
Bravo, Milo, je suis rouge comme une écrevisse maintenant…
— Je ne comprends pas.
Mais alors pas du tout !
— Il y a une fête à mon boulot à l’occasion d’une nouvelle association avec un avocat. Pour célébrer cet agrandissement, ils ont organisé une soirée. J’imagine que ce sera un peu pompeux. Mon patron m’a proposé de venir avec quelqu’un et j’ai immédiatement pensé à toi.
— Pourquoi ? demandé-je surprise.
Milo me sourit et me dit :
— J’aimerais faire une bonne impression à mon patron. Quoi de mieux pour y parvenir que d’avoir à mon bras une jeune femme aussi charmante que passionnante.
Son compliment est grotesque. Si grotesque que je m’esclaffe.
— Tu es un idiot, Milo Ambrosio, rigolé-je.
— Samedi soir ? me demande Milo pour s’assurer que je viendrais avec lui.
— Samedi soir.
Le vendeur arrive avec un sac contenant mon ordinateur et je regrette que son intervention brise cette pluie de compliments que Milo fait tomber sur moi ; le genre de pluie pour laquelle on n’ouvre jamais de parapluie.
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