Au péril de t'aimer (French Edition)
Chapitre vingt-deux
Avery
— Et pourquoi pas celle-là ?
Assise sur mon lit, je jette un coup d’œil à la robe que me présente Arizona.
Voilà deux heures que nous préparons ma valise pour mon voyage à Paris et la tâche est ardue. Je bloque sur le choix de ma tenue pour l’entretien avec monsieur Laval.
— Bof, je n’en sais rien…
— Mais elle est parfaite pourtant ! Sobre, mais élégante. Sérieuse, mais pas guindée. C’est un bon compromis.
— Elle est noire ! râlé-je. Je n’ai pas envie d’arriver avec la dégaine de quelqu’un qui vient d’enterrer sa grand-mère.
— La bleue dans ce cas, s’impatiente Zoo en agitant le cintre sur laquelle est suspendue une robe bleu marine qui est cintrée à la taille.
— Super ! ronchonné-je. Celle-là dit : « Pourquoi savoir dessiner de belles fringues quand on a des nichons ? »
— Ou alors elle dit : « Je vais finir au fond de ta gorge parce que tu saoules ta pote ! »
Je me lève et récupère les deux robes que tient Zoo.
— Tu sais quoi ? Je vais prendre les deux et je choisirai le moment venu.
Je les plie soigneusement et les dépose dans la valise ouverte sur mon lit. Zoo vient s’y asseoir.
— Je peux savoir ce qui ne va pas ?
Je joue des épaules.
— Je fais ma valise pour partir à Paris. Pourquoi ça n’irait pas ?
Zoo prend ma trousse à maquillage et y range le rouge à lèvres, le blush et le liner que j’ai mis de côté.
— Milano a carrément pété un plomb quand tu as parlé de Paris. C’était bizarre, non ?
Je lève les yeux au ciel. Quelle pitoyable tentative pour me tirer les vers du nez !
— D’ailleurs, il ne manque pas de culot. À l’écouter, tout est ma faute !
Je récupère ma trousse à maquillage pour la ranger dans mon sac de toilettes.
— Mais c’est ta faute, Zoo !
— Excuse-moi ?
Je la taquine, mais je n’en pense pas un mot. Elle a envoyé ce mail avec les meilleures intentions et je lui en suis très reconnaissante.
— On n’en serait pas là si tu m’avais dit que vous vous grimpiez dessus tous les deux !
— Zoo, je plaisante. Arrête de te vexer comme un pou, tu veux.
— Vous avez discuté ou pas ?
— Je suis passée chez lui lundi.
— Et ?
— Et on s’est grimpés dessus, lui dis-je en lui faisant un clin d’œil.
— Rassure-moi, vous n’avez pas fait que baiser ! Vous avez parlé de ton voyage au moins.
Je fais la moue.
— On a quand même beaucoup baisé. Il est même parti au bureau en retard, lui raconté-je avant d’être prise d’un fou rire.
— Tais-toi, Avery ! s’écrie Zoo en me poussant. Il est hors de question que je sois jalouse à cause d’un truc qui concerne Milano.
— Pourtant tu peux, dis-je en battant des cils de manière exagérée.
— Entre deux orgasmes, il t’a dit ce qu’il pensait de Paris ?
— Bien sûr ! Il me soutient et il est certain que je vais décrocher ce stage. Il n’a qu’une seule condition : on doit officialiser notre relation.
Étonnée, Zoo arque un sourcil.
— Même auprès de vos parents.
— C’est à eux qu’il pensait en parlant d’officialiser.
Mais Arizona semble toujours perplexe.
— Quoi ?
— Et en ce qui concerne June ? Il lui a parlé de toi ou pas ? Est-ce qu’il lui a demandé de repartir à New York ?
— Il le fera en temps voulu.
— Si tu le dis…
— Pourquoi es-tu aussi dure avec Milo ?
— Avy, il était avec elle pas plus tard que ce week-end…
— Ce n’est pas lui qui l’a invitée, mais Pamela. Il n’avait même pas évoqué le retour de June avec sa mère. C’est June qui est allée voir Pamela dans le dos de Milo. Elle pensait sûrement qu’elle pourrait l’aider à le reconquérir.
— Très bien ! dit Zoo en levant les mains en signe de reddition. Je lui laisse le bénéfice du doute, mais reste prudente, s’il te plaît. Je n’ai pas envie de devoir faire le ménage derrière lui.
— Ça n’arrivera pas, insisté-je. Il m’a dit qu’il m’aimait et je sais qu’il est sincère.
— Avy, soupire Arizona en prenant mes mains dans les siennes. Tu en doutes, mais je t’assure que je suis heureuse pour toi. Tu as ce que tu as toujours désiré et tu le mérites, mais je t’en conjure, reste prudente. Ne va pas trop vite.
— Tu n’étais pas là pour entendre tout ce que Milo m’a dit, mais tu peux me croire sur parole, il y avait infiniment d’amour dans sa manière de m’avouer ses sentiments. J’ai toujours été la plus prudente de nous deux à ce sujet. Mais cette fois, je n’ai plus aucune méfiance. Il m’aime, je le sais, je le sens dans tout mon être.
— Si tu essaies de me convaincre, c’est loupé. Je flippe deux fois plus en t’entendant parler ainsi.
— Ma Zoo, il n’y a pas d’amie plus précieuse que toi en ce bas monde.
Je l’enlace.
— J’ai tellement de chance de t’avoir dans ma vie. Tu es ma bonne fée.
Arizona m’étreint en retour.
— Et je serai là quoiqu’il arrive.
— Que dirais-tu de laisser cette maudite valise cinq minutes et d’aller nous préparer un mojito. On ne l’a pas volé.
— OK ! Mais on commande des pizzas aussi. Je meurs de faim.
Bras dessus bras dessous, nous sortons pour rejoindre le rez-de-chaussée. Même si je comprends les réticences d’Arizona à propos de Milo, je regrette qu’elle ne lui fasse pas plus confiance. Leur relation n’a jamais été simple et ce n’est pas près de s’arranger. L’autre soir, Milo m’a dit que mon voyage à Paris serait l’occasion pour tout le monde d’accepter notre histoire et il a raison. Il me faut seulement trouver le courage de le quitter maintenant qu’il m’offre tout ce dont je rêve depuis toujours.
Avant d’en arriver là, je dois m’envoler pour Paris et faire bonne impression à monsieur Laval pour obtenir cette place de stagiaire.
Verrou en forme de cœur contour
Milo
Mais qu’est-ce qu’elle fait ? m’agacé-je intérieurement en consultant mon téléphone pour la centième fois de la matinée. Il est midi passé et Avery ne m’a toujours pas donné de nouvelles.
Son avion a atterri à Paris hier en fin de journée et je ne l’ai eue que quelques minutes au téléphone depuis. Entre le décalage horaire et la fatigue du voyage, notre échange a été bref. Elle venait d’arriver dans sa chambre d’hôtel et elle rêvait d’une bonne nuit de sommeil. Je ne l’ai pas retenue longtemps afin qu’elle soit en forme pour son entretien.
Mais l’entretien en question doit avoir eu lieu maintenant et je deviens fou de ne pas savoir. Pour elle, il est plus de 17 heures et son entretien était prévu à 14 heures. Qu’est-ce qui peut bien la retenir de m’appeler ?
Je suis on ne peut plus sincère quand je dis qu’elle mérite ce stage et que je la soutiendrai, mais l’idée de savoir la femme que j’aime seule à l’autre bout du monde m’emballe beaucoup moins. Un détail dont je vais devoir m’accommoder, et ce, pour un bon moment.
À bout de patience, je récupère mon téléphone pour fouiller dans mes contacts. Je dois vraiment être désespéré pour appeler Arizona, mais ai-je le choix ?
— Qu’est-ce que tu veux ? décroche Arizona, désagréable comme à son habitude.
Je n’ai pas eu l’occasion de la voir ni de lui parler depuis ce déjeuner en famille raté et j’imagine qu’elle m’en veut de la manière dont j’ai réagi. Je n’ai pas fait preuve de beaucoup de tact, je le reconnais. J’arrive à voir le bon côté des choses pour Avery, mais j’ai toujours une dent contre Arizona pour avoir pris une telle initiative sans penser aux conséquences.
— As-tu eu de ses nouvelles ?
— Pas encore, mais elle t’appellera dès qu’elle le pourra. On ne va pas commencer à paniquer…
— C’est vrai qu’il n’y a aucune raison pour ça. Paris, c’est la porte à côté, ironisé-je.
— Elle te téléphonera quand elle en aura le temps ! insiste Arizona. Salut, Milo.
— Arizona attends !
Elle soupire, exaspérée.
— Quoi encore ?
— J’ai pensé que nous pourrions organiser une soirée pour son retour.
— Il serait plus judicieux d’attendre de savoir si elle a réussi l’entretien, tu ne crois pas ?
— Dans un cas comme dans l’autre, nous aurons envie d’être présents pour elle, que ce soit pour faire la fête ou pour la réconforter.
— Fais comme tu veux. Je serai là, évidemment.
— Ça sera moins étrange si l’idée vient de toi.
— C’est le moment de dire la vérité à vos parents…
— On ne va pas leur apprendre la nouvelle de but en blanc.
— Ne me dis pas que tu vas faire marche arrière. Avery croit en toi, Milo !
— C’est l’essentiel. Et non, je n’ai pas changé d’avis alors, est-ce que je peux compter sur toi ?
— C’est bon... Je vais le faire.
— Merci.
Elle raccroche sans rien répondre. Elle est toujours en colère, cela ne fait aucun doute. Tant pis, pensé-je en posant mon portable sur le bureau. Je me replonge dans mon dossier en attendant le moment qu’Avery m’appelle. Il me faut patienter encore une bonne demi-heure avant que mon téléphone s’agite sur mon bureau. La photo d’Avery s’affiche à l’écran et je me jette sur le téléphone pour décrocher.
— Avy !
— Salut.
Avery a parlé d’une voix fluette qui ne présage rien de bon.
— Qu’est-ce qui se passe ?
— Tout va très bien. Je suis seulement fatiguée à cause du décalage horaire et l’entretien s’est éternisé.
— Justement, raconte ! Comment ça s’est passé ?
— Monsieur Laval est un homme gentil et c’est très agréable de bavarder avec lui. Je pense que le feeling est bien passé.
— Mais c’est tout ? Tu n’en sais pas plus ?
— Pas pour le moment, malheureusement. Si j’ai bien compris, il y a d’autres candidats et monsieur Laval doit les rencontrer dans les prochains jours. Je doute qu’il me donne une réponse avant que je rentre.
— Super… ronchonné-je.
— Depuis quand es-tu aussi impatient ? glousse Avery.
Je ris à mon tour.
— J’ai tellement envie que tu vives ton rêve.
— On en saura plus bientôt.
— Où est-ce que tu es maintenant ?
— Dans un taxi qui me ramène à l’hôtel. Je vais me changer avant d’aller me promener à la tour Eiffel.
— Quelle petite veinarde !
— J’aurais tellement voulu que tu m’accompagnes. Quelle heure est-il pour toi ? L’heure du déjeuner, non ?
— Bien vu ! Il est 12 h 47 précisément.
— J’ai faim, m’apprend-elle en riant. Tu as mangé ?
— J’attendais ton coup de fil avant d’aller m’acheter quelque chose.
— Très bien. Je t’appelle demain.
— J’ai hâte que tu rentres. Je t’aime, Avy.
— Je t’aime aussi.
Je raccroche, un peu déçu. Cet appel n’a pas eu l’effet escompté. Je voulais être rassuré, mais j’ai la sensation qu’Avery n’est pas dans son assiette. Pourvu qu’elle ne m’ait pas raconté de salade pour que je ne m’inquiète pas.
Un sourire en coin, je contemple la photographie de nous deux prise le jour de mon emménagement. Je voulais garder ce souvenir, ce symbole de l’avenir qui s’ouvre devant nous près de moi chaque jour.
Satisfait d’avoir eu de ses nouvelles – même si elle ne semblait au mieux de sa forme – je sors de mon bureau pour aller me chercher à manger.
Comme elle ne croit jamais en elle, elle s’imagine sûrement qu’elle a loupé son entretien. En ce qui me concerne, je suis persuadé qu’elle fera la différence au milieu de tous les autres candidats.
Lorsque je reviens au bureau vingt minutes plus tard, j’ai un sac de vente à emporter à la main. Je préfère manger au travail pour ne pas perdre de temps et boucler mon dossier au plus vite. Avery rentre ce week-end et je compte bien lui consacrer tout mon temps libre.
— Salut, Milo.
Je viens de passer la porte de nos bureaux lorsque Bree me salue de sa voix si chaleureuse.
— Tu as eu des nouvelles d’Avery ?
Bree est l’une des rares personnes avec qui j’évoque ma vie privée au bureau. Elle et Avery se connaissent et s’apprécient mutuellement. Je lui ai donc parlé de ce voyage à Paris et de son entretien chez Marchand. Elle était ravie d’apprendre cette nouvelle.
— Je viens de l’avoir au téléphone et tout va bien. Elle a passé son entretien, mais elle n’en sait pas plus pour le moment. Apparemment, il y a d’autres candidats.
— Pourquoi lui auraient-ils demandé de faire ce voyage s’ils n’étaient pas certains de la vouloir ?
— Je suis d’accord, mais je n’ai pas insisté sur ce point. Avery vient d’essuyer un échec avec un couturier de Miami et si elle n’obtient pas ce stage, elle ne voudra plus croire en son talent.
Je lève les yeux au ciel.
— C’est plus ou moins une habitude chez elle.
Bree m’adresse un sourire entendu. Je lui montre mon déjeuner.
— Je suis désolé, mais il faut que j’y retourne. J’ai une tonne de boulot et je dois encore manger.
Je m’engage dans le couloir qui donne sur mon bureau et ajoute :
— Je te tiens au courant dès que j’en sais plus.
À deux pas de mon bureau, je remarque que la porte est ouverte. J’ai pourtant l’habitude de la fermer quand je sors. Bizarre… J’entre et découvre qui y est entré pendant mon absence : June. Debout derrière mon ordinateur, elle a les yeux rivés sur cette photo d’Avy et moi. Elle la tient entre ses mains.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
Elle lève les yeux du cadre quand je lui pose cette question et je devine immédiatement qu’elle est contrariée. Pourtant, il n’y a rien d’explicite dans cette photo. Je tiens Avy contre moi tandis que je nous prends en photo.
— Qu’est-ce que ça veut dire ? me demande-t-elle en me montrant la photo.
Je ferme la porte et pose mon déjeuner sur mon bureau en préparant ma réponse.
— Je doute que ce soit le moment idéal pour parler de ça. Je suis au travail et tout ceci concerne ma vie privée…
— Ta vie privée ! se récrie-t-elle. Milo, qu’est-ce que cette photo fout ici ?
Elle connaît déjà la réponse à cette question, mais ce n’est pas simple à accepter.
— June, il s’est passé beaucoup de choses depuis que je suis revenu ici. Des choses qui m’ont changé.
— Est-ce que tu couches avec ta sœur ? dit-elle écœurée.
— Arrête… Avy n’est pas ma sœur et tu le sais.
— Je n’y crois pas, gémit-elle en se laissant tomber sur ma chaise.
Elle semble sur le point de vomir. Je récupère le cadre et le repose à sa place.
— Je ne te dois aucune explication en ce qui concerne ma vie privée, lui rappelé-je en m’asseyant sur le rebord de mon bureau. Et je me fiche éperdument de savoir ce que tu en penses.
June me regarde, désemparée.
— En revanche, tu es venue ici avec l’espoir que nous donnions une seconde chance à notre histoire et je suis désolé, June, mais je n’en ai pas envie. Quoi que tu en penses, je te respecte et j’ai de l’affection pour toi. Je te dois la vérité, alors oui, je suis amoureux d’Avery.
Elle plaque sa main contre sa bouche comme pour se retenir de vomir.
— Tu es devenu fou !
— Il n’y a rien de fou là-dedans ! Je connais Avy depuis qu’elle a neuf ans et je l’ai toujours adorée. Aujourd’hui, c’est une adulte. Elle est devenue une jeune femme brillante et attachante et c’est très naturellement que j’en suis tombé amoureux.
— Il n’y a rien de naturel là-dedans. C’est même contre nature !
— Au risque de me répéter, Avery n’est pas ma sœur !
June se redresse et plante ses poings dans ses hanches.
— Quand ça t’arrange !
— Je me moque de ce que tu penses ! insisté-je.
Je me dirige vers la porte pour la congédier.
— Et ta mère. Tu te moques aussi de ce qu’elle dira ?
— Oh que oui ! lui assuré-je une main sur la poignée. Maintenant, tu m’excuseras, mais j’ai du travail. Je déplore que nous nous quittions sur une dispute, mais je crois qu’il est temps pour chacun de nous de retourner à sa vie.
— Ma vie c’est toi, imbécile ! se larmoie June en fonçant sur moi. Je suis revenue parce que je t’aime !
Elle abat ses poings sur mon torse.
— Tu entends ?
— Je suis navré, June, dis-je sincèrement en la prenant par les poignets. Je regrette, je te jure. Mais je ne peux pas te laisser espérer quelque chose qui n’arrive jamais plus. Nous deux, c’est fini !
Elle se libère et pose ses mains de part et d’autre de mon visage. Deux énormes larmes roulent sur ses joues et j’ai le cœur brisé de la voir dans cet état.
— Rentre avec moi à New York, je t’en supplie. J’oublierai cette histoire et nous prendrons un nouveau départ.
— Comme toujours, tu ne prêtes pas attention à ce que je ressens. Tout ce qui compte, c’est que tu obtiennes ce que tu désires, mais moi, mes sentiments ou mon bonheur, c’est secondaire.
— J’ai des torts, je le sais bien. Crois-moi, j’ai passé ces dernières semaines à me remettre en question. Je suis prête à changer, à fournir des efforts si tu m’en laisses l’occasion.
— June…
— On pourrait repartir de zéro. On n’est pas obligé de retourner à New York.
— C’est non, June ! dis-je avec fermeté. Tu mérites mieux qu’une histoire aussi bancale. Tu mérites de trouver un homme qui sera fou de toi et cet homme, ce n’est plus moi.
— Milo, pleure-t-elle à chaudes larmes en posant son front contre mon torse. Je n’aurais jamais dû te laisser t’en aller.
C’est plus fort que moi, je l’étreins quand elle s’effondre dans mes bras. C’est dur de sentir sa douleur, de savoir que j’en suis responsable même si ma seule faute est d’être honnête.
— Je ne sais pas quoi te dire, si ce n’est pardon. J’ai été très en colère après toi quand tu as choisi de ne pas me suivre ici et, aujourd’hui, je ne ressens plus que de la tristesse. Je n’aime pas te voir souffrir.
— Tu l’oublierais si tu acceptais de me laisser une nouvelle chance. Je pourrais t’offrir une autre vision de notre couple et tu m’aimerais à nouveau, c’est certain.
— Personne ne peut savoir ce qui se passerait, mais une chose est sûre, je ne pourrais jamais l’oublier.
June se défait de mon étreinte.
— Je souffre peut-être aujourd’hui, mais ce n’est rien en comparaison de ce qui t’attend si tu t’entêtes à rester avec elle, Milo.
— Tu parles ainsi parce que…
— Parce qu’elle est égoïste ! Elle va partir à Paris et tu la perdras.
— Je comprends ton amertume, mais rien ne changera ce que je ressens pour elle. J’ai confiance en elle.
— Tu as tort et tu vas tomber de haut.
Contrariée, June ramasse son sac à main et file vers la sortie.
— Je rentre à New York. J’espère que tu retrouveras rapidement la raison. Une chose est sûre : je ne t’attendrai pas éternellement.
Je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit, elle ouvre vivement la porte et disparaît dans le couloir.
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