Au péril de t'aimer (French Edition)
Chapitre vingt-six
Avery
— Regarde celui-ci, m’enthousiasmé-je. Je le trouve vraiment parfait.
Milo délaisse la plaque de cuisson où il fait revenir un mélange de légumes et de poulet pour me rejoindre. Il en profite pour nous resservir deux verres de vin blanc avant de se pencher au-dessus de mon épaule pour examiner ma tablette. Je fais défiler les photos du bel appartement que j’ai trouvé au plein cœur de Paris.
— Hum, dit-il d’un air approbateur. Je reconnais qu’il est sensationnel et la vue est incroyable.
Milo m’embrasse les cheveux.
— Est-ce qu’il est loin de ton travail ?
— Un peu, oui. Je vais devoir prendre le métro.
— Ce qui fera de toi une véritable petite Parisienne, s’amuse-t-il en retournant s’occuper de notre dîner.
J’abandonne mes recherches pour me joindre à lui. Accoudée au plan de travail, je l’observe faire, le regard énamouré.
— Je n’arrive pas à réaliser que tu envisages de venir avec moi à Paris.
Il me présente son verre et nous trinquons ensemble.
— Et pourtant…
Voilà deux jours que Milo m’a fait cette annonce incroyable et je n’arrive plus à descendre de mon petit nuage depuis. Je suis folle de bonheur qu’il accepte de tenter cette expérience. Il va découvrir des choses fabuleuses et se créer des souvenirs inoubliables, mais, le plus important, il sera avec moi.
Milo me présente la spatule garnie d’un morceau de poulet et de quelques légumes et m’invite à les goûter.
— Hum… c’est délicieux.
— Alors, à table !
Je ramasse la vaisselle qu’il a sortie plus tôt, dresse le couvert et nous passons à table.
— J’ai peur qu’on n’ait pas le temps de faire tout ce que j’aimerais quand on sera à Paris ; il y a tant de choses à voir. Je ne parle pas que de Paris. Il y a aussi l’Europe : Londres, Berlin, Vienne.
— Tel que je te connais, je vais devoir me battre pour te faire quitter ton travail.
— Il n’y a aucune chance. Je suis folle de bonheur à l’idée de travailler chez Marchand. Je ne pouvais pas trouver meilleure école pour me forger l’expérience, mais ce n’est pas qu’un travail. Marchand, Paris, et découvrir une nouvelle culture, c’est tout ça qui est véritablement enrichissant.
Les yeux baissés sur mon assiette, je joue avec son contenu.
— Changer d’air, partir loin, mettre de la distance avec ma vie ici, c’est ce qu’il me faut, je crois.
— Tiens donc, c’est nouveau ça. À ma connaissance, avant ce coup de fil, tu n’avais jamais songé à partir. Qu’est-ce qui a changé ?
Je joue des épaules.
— C’est à cause d’une conversation que j’ai eue avec mon père.
— Oh… c’est à cause de ça…
Comment ça ? Est-il au courant pour ma mère ?
— Ne me dis pas que vous en avez parlé !
— Nous ne l’avons pas fait, mais ton père m’a appris qu’il t’avait révélé des détails sur ton enfance et qu’ils allaient te perturber. Il compte sur moi pour t’écouter lorsque tu te sentiras prête à m’en parler.
Adossé au dossier de sa chaise, il pose tranquillement les mains sur la table et ajoute :
— Alors voilà, je t’écoute, mon cœur.
— Je n’ai jamais dit que je voulais le faire !
— Je te connais assez pour savoir que tu ne m’as pas dit tout cela sans raison, mais tu fais ta tête de mule. Tu n’aimes pas l’idée que ton père et moi avons parlé de toi.
— Si tu cherches à te recycler professionnellement pendant que nous serons en France, je te conseille la psychologie, dis-je pince sans rire.
— Le fait que je sache lire en toi comme dans un livre ne fait pas de moi un bon psy. Je suis seulement attentif à tous ces détails qui te caractérisent.
J’essaie de lui cacher mon sourire, mais je doute qu’il lui échappe. Tant pis… Après tout, il dit la vérité.
— Eh bien, si tu veux tout savoir, nous avons parlé de ma mère.
Un sujet de conversation qui semble l’étonner.
— Je ne me souviens pas que vous en ayez déjà beaucoup parlé ton père et toi.
— Sûrement parce que ça ne se produisait quasiment jamais.
— Tu ne m’as jamais donné l’impression que tu souffrais de l’absence de ta mère, mais tu étais très discrète à ce propos…
— Je pensais à elle parfois, je ne vais pas le nier, mais d’une manière générale, je ne me posais pas trop de questions à son sujet.
— Dans ce cas, que s’est-il passé l’autre soir pour que vous en veniez à évoquer ta mère ?
— Tout est parti de la gifle que ta mère m’a donnée.
Comme à chaque fois que nous abordons le sujet, Milo blêmit. Il n’a pas cessé de se confondre en excuses à ce propos après nos retrouvailles contre la porte de son bureau.
— Avery, je ne trouve pas les mots pour te dire combien je suis navré.
— Milo, je t’en prie, arrête de t’excuser pour elle. Je veux oublier ce détail.
— Pourtant, il a son importance dans cette histoire.
— Oui et non.
Tout ce que mon père m’a appris au sujet de ma mère a entraîné de nombreuses questions. Je me suis beaucoup interrogée sur moi et sur mon désir de devenir mère. J’ai fouillé dans ma mémoire pour retrouver des souvenirs de ma mère. Ce qui doit paraître un peu dingue. Pourquoi vouloir se souvenir d’évènements aussi tragiques ? Malheureusement, j’étais trop petite pour me rappeler quoi que ce soit.
— Est-ce que tu veux qu’on ait un enfant ?
Milo recrache la gorgée de vin qu’il avait dans la bouche. Immédiatement, il se jette sur sa serviette pour s’essuyer. Je l’observe, un rictus au coin des lèvres.
— Donc, c’est un sujet sensible.
— C’est un sujet qu’on n’aborde pas quand j’ai la bouche pleine d’un excellent Chardonnay.
Ses dégâts nettoyés, Milo pose ses grands yeux perturbés sur moi.
— Pourquoi me parles-tu d’avoir un enfant ?
— Ma question est légitime, non ? Nous formons un couple et nous faisons des projets ensemble. Il est naturel que j’envisage l’avenir sur le long terme, tu n’es pas d’accord ?
La mine renfrognée, il retourne à son repas.
— Pour le moment, envisage surtout de continuer ta pilule. Tu es trop jeune pour avoir un enfant et moi aussi.
— Je ne dis pas le contraire, mais un jour, tu seras partant, n’est-ce pas ?
— Un jour oui. Dans très longtemps.
Je souris, rassurée et ravie qu’il ait envie de faire de moi la mère de ses enfants.
— Pourquoi est-ce que tu te poses des questions sur la maternité ?
— Parce que j’ai réalisé combien j’ai envie d’être mère.
Voyant Milo se décomposer sur sa chaise, je me hâte de préciser :
— Plus tard, j’ai saisi. J’ai compris que tu n’étais pas prêt, gloussé-je.
— Tu ne l’es pas plus que moi.
— C’est vrai, je le reconnais, mais j’y ai beaucoup songé, ces derniers jours, et j’ai envie de connaître le bonheur d’être mère.
— J’ai la sensation que ta discussion avec ton père au sujet de ta mère n’y est pas étrangère.
— Non, mais c’est bel et bien l’attitude de mon père, sa manière de me protéger et son amour pour moi qui me donnent envie de devenir maman.
— Ton père t’adore, c’est évident.
Nous échangeons un sourire et après un bref silence, je lui confie :
— Ma mère m’a battue lorsque je n’étais encore qu’un bébé.
— Pardon ? s’étonne Milo, effaré. Mais c’est terrifiant ce que tu me racontes.
— J’ai fini à l’hôpital et les services sociaux ont voulu me retirer à mes parents. Mon père s’est battu pour me garder avec lui, mais surtout, pour que ma mère ne puisse plus s’approcher de moi.
— Avy, mon cœur, je suis…
Milo délaisse son dîner pour venir me prendre dans ses bras.
— Je ne trouve même pas les mots pour dire combien je suis désolé d’apprendre cette horrible histoire.
Je l’enlace aussi fort que possible.
— Tu es là et c’est l’essentiel. Je n’ai besoin de rien de plus.
— Avery, regarde-moi.
J’obéis et lève mes yeux vers lui. Sa main vient flatter ma joue.
— On aura tous les enfants que tu désires, mon amour, et ils auront une chance fabuleuse de t’avoir pour maman. Mais…
Milo se tait et s’accroupit devant moi. Mon visage finit prisonnier de ses mains.
— En attendant que ce jour arrive, je ne veux pas que tu te tortures en pensant à ce que ton père t’a raconté. Malcolm a fait ce qu’il fallait pour que tu sois en sécurité. Il t’a élevée et tu es devenue une jeune femme formidable. La vie n’est pas toujours juste, mais elle sait se rattraper. Tu as eu une mère qui, à mon sens, n’en est pas une, mais tu as un père exceptionnel. Ne retiens que cela de ton histoire, Avery. Tu as vécu ta dose de malheurs, mais regarde tout le bonheur qui en est sorti par la suite.
— Je sais que j’ai de la chance, lui assuré-je en posant mes mains sur les siennes. J’en ai bien plus conscience maintenant qu’il m’a dit la vérité et que je t’ai toi. Pour rien au monde, je ne gâcherais cette chance.
— Alors, n’y pense plus, Avy. Songe à l’avenir, à nous. On part à Paris, et ce, pour un moment. Quand on rentrera, tu lanceras ta marque et je retrouverai un cabinet d’avocats. À ce moment-là, nous fonderons notre famille.
— Il y a des chances que j’en veuille une grande.
— Tu auras tout ce que tu désires, car rien au monde ne compte plus pour moi que de te rendre heureuse.
— Je n’ai rien fait pour mériter que tu sois aussi gentil avec moi, constaté-je la voix émue.
— Tu as fait une chose incroyable, Avery. Tu l’as fait sans t’en rendre compte. Tu m’as offert une vie, une vraie vie, pleine de passion, d’amour fou et de sexe.
Milo fait disparaître mon sourire sous le sien.
— Tu as fait de moi un homme heureux. Pour ça, je te serai éternellement reconnaissant. Jamais je n’aurais vécu quelque chose d’aussi fou si tu n’étais pas venu me bousculer un peu.
— Et jamais je n’aurais été heureuse si tu ne m’avais pas aimée.
— On s’est sauvés l’un l’autre.
— Ensemble. On s’est sauvé ensemble…
Milo m’embrasse à nouveau et mes fesses décollent de la chaise. Il m’emporte en direction de la chambre à coucher. Le dîner attendra…
Verrou en forme de cœur contour
Milo
Après cette semaine idyllique passée aux côtés d’Avery, je décide de réserver mon vendredi soir à Earnie. Nous avons brièvement échangé depuis que j’ai débarqué chez lui pour me confier sur mes sentiments.
Grâce à Earnie et à ses conseils, j’ai décidé de soutenir Avery dans ses projets. J’ai donc décidé de l’inviter au restaurant pour le remercier de son aide, mais aussi pour lui faire part des dernières nouvelles. Il ne sait toujours pas qu’Avery a obtenu un emploi à Paris et que je pars avec elle.
Notre soirée entre amis nous conduit dans un restaurant que nous connaissons bien pour y avoir passé plusieurs soirées, notamment, lorsque je revenais à Miami avec June. C’est Earnie qui me l’a fait découvrir et j’apprécie vraiment l’ambiance lounge de ce pub qui sert également des tapas.
Après un bref détour par l’appartement pour me changer, je le rejoins à l’heure prévue. J’espérais secrètement qu’Avery serait encore à la maison. J’aurais eu l’occasion de l’embrasser. Malheureusement, elle et Arizona ont des projets et je n’ai pas eu le bonheur de la croiser.
— Alors, mon pote, quoi de neuf ? me questionne Earnie une fois que la serveuse nous a apporté nos bières. Les choses s’arrangent avec Avery ?
— Oh que oui ! m’amusé-je en lui présentant mon verre pour trinquer avec lui.
— Dans ce cas, à l’amour, dit-il en entrechoquant son verre avec le mien.
Une remarque qui me fait glousser. Earnie n’est pas le genre de mec à croire en l’amour.
— Allez raconte, m’encourage-t-il en faisant claquer sa bière sur la table. Tu lui as assuré que tu la soutiendras dans son histoire de stage ? En passant, je trouve ça dingue ce qui lui arrive…
— Justement, je voulais que l’on se voie pour t’en parler. Tu m’as demandé si elle avait réussi son entretien et je me suis contenté de te répondre que c’était le cas. Ce que je ne t’ai pas précisé, c’est qu’ils ne l’ont pas fait venir pour un simple stage.
— Comment ça ?
— Eh bien, au cours de l’entretien, ils lui ont parlé d’un emploi et non d’un stage.
— Attends, qu’est-ce que tu es en train de me dire ? Avery va aller bosser en France, genre, pour toujours.
— On en a beaucoup discuté de son projet et elle a un plan plutôt bien défini en tête. Elle veut bosser pour ce couturier pendant quelque temps, mais sur le long terme Avery veut lancer sa propre marque. C’est son rêve depuis toujours.
— Mais elle va s’en aller combien de temps ?
— Quelques années. Trois ou quatre, je suppose.
— Et comment le prends-tu ?
Je me laisse choir contre le dossier de la banquette en cuir noir, un rictus en coin.
— C’est le second point que je voulais aborder avec toi. J’ai décidé de partir avec elle.
— Attends quoi ? s’étonne-t-il en faisant les yeux ronds.
— Je vais m’installer à Paris avec elle.
— Tu te fiches de moi ?
— Pas du tout.
— Milo, tu as préféré te séparer de June pour accepter cet emploi au cabinet. Trois mois plus tard, tu es prêt à y renoncer pour aller vivre en France. C’est totalement illogique !
— Je sais, Earnie, et, crois-moi, ma réaction m’a autant surpris que toi.
Je fais tourner mon verre entre mes doigts et poursuis :
— J’y ai beaucoup pensé et j’en suis arrivé à la conclusion qu’Avery est différente de June.
— Ce n’est pas une nouvelle. Bien sûr qu’elle l’est !
— Avery sait exactement ce qu’elle veut. Elle déborde d’ambition et d’envie. C’est comme le fait qu’elle a accepté ce travail sans même y réfléchir. Elle fonce sans se poser de question. Sur le moment, j’étais en colère après elle. On avait décidé d’assumer notre couple, on s’était fait des promesses et, de son côté, elle a pris une décision aussi importante sans même me demander mon avis.
— Ce n’était pas très judicieux de sa part…
— Bien évidemment. Mais comment lui en vouloir ? Elle veut seulement réaliser ses rêves. Je ne peux pas lui reprocher ce que j’aime le plus chez elle. Elle n’a peur de rien ! Lorsqu’elle a reçu cet appel de Paris, elle a accepté de prendre cet avion comme ça, sur un coup de tête. Partir à l’étranger et aller rencontrer un type aussi important que son directeur artistique ne lui a posé aucun problème. C’est une fonceuse, une gagnante !
— Un portrait très loin de June, constate Earnie.
J’ai un rire un peu moqueur.
— En ce qui la concerne, sa seule ambition était que j’ai un emploi bien payé pour le jour où nous aurions des enfants et où elle deviendrait mère au foyer. Tout ce qu’elle voyait en nous, c’était une copie du modèle familial dans lequel elle a grandi.
— Une vraie vie de rêve, ironise Earnie.
Je grimace. C’était bien un point sur lequel nous n’arrivions pas à être d’accord tous les deux.
— Je me suis souvent demandé pour quelle raison elle faisait des études, car de toute évidence, elles n’allaient pas beaucoup lui servir.
— Certainement pour satisfaire ses parents.
J’acquiesce.
— Lorsqu’elle était à Miami, je l’ai invitée chez moi pour qu’on discute. Dans ma tête les choses étaient de plus en plus claires, mais Avery m’a dit que mon histoire avec June n’était peut-être pas derrière moi. J’ai pensé qu’il fallait que j’en ai le cœur net.
— Je comprends. Tu as bien fait de prendre le temps d’y réfléchir.
— Par curiosité, je lui ai demandé comment elle voyait les choses si elle venait s’installer ici. Elle m’a répondu qu’elle voulait rallonger son cursus et se spécialiser. Je me suis senti en total décalage avec sa réponse ; je suis entré dans la vie active maintenant. Je t’avoue que même si sa réponse ne m’a pas surprise, elle m’a déçu. Elle n’a vraiment rien compris aux raisons de notre séparation.
— De toute évidence.
Mes mains claquent contre le bois de la table quand je me redresse.
— Mais c’est du passé tout ça ! Aujourd’hui, j’ai Avery et oui, j’ai revu mes priorités. Le plus important pour moi, c’est d’être auprès de la femme que j’aime. Je veux qu’elle se réalise et je la soutiens, car je sais qu’elle en fera autant pour moi le moment venu.
— J’ai une question : que vas-tu faire pendant qu’elle travaillera chez son couturier ?
Je fais la moue.
— Ça, tu vois, c’est une bonne question. Pour le moment, mon plan consiste seulement à aller la rejoindre dans quelques semaines. Je sais, ce n’est pas terrible. J’y penserai bientôt. Avery va partir dans deux ou trois semaines et d’ici là, nous avons beaucoup de choses à organiser. Il y a tellement de démarches à entreprendre… J’imagine que je pourrais prospecter dans des cabinets d’avocats. Je pourrais aussi faire quelque chose de totalement différent pour un temps. Comme le dit Avery, c’est une aventure et je compte bien la vivre à fond.
— Eh bien, mon ami, je ne pensais pas t’entendre parler comme ça un jour. Avery t’a métamorphosé.
Je glousse dans mon verre avant de prendre une gorgée de ma bière.
— Ne lui dis pas lorsque tu la verras, s’il te plaît, rigolé-je. J’aimerais garder l’illusion du mec aux commandes de sa relation avec sa femme.
— Tu sais quel est ton plus gros problème avec Avery ?
Je fais non de la tête.
— Tu la sous-estimes beaucoup trop !
— Ce n’est pas faux, rétorqué-je hilare. Elle a déjà bien compris que je ne suis plus aux commandes de rien lorsqu’elle est dans les parages.
Earnie cesse de rire et son regard devient soudainement très sérieux.
— J’ai du mal à réaliser que tu vas partir aussi loin. C’est… bizarre.
— Vois le bon côté des choses, tu sauras où passer tes vacances pour les prochaines années.
— Bien vu !
— Je voulais aussi t’inviter à une soirée qu’Arizona et moi organisons pour Avery. On veut fêter son nouvel emploi et son futur départ en même temps.
— Tu peux compter sur moi. Je viendrai avec plaisir.
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