Au péril de t'aimer (French Edition)

Elma Hilde · Chapitre 32 sur 33

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Au péril de t'aimer (French Edition)

Chapitre

Chapitre trente et un

 

Six semaines plus tard

 

Avery

Montée sur ma bicyclette blanche et par cette belle journée d’automne, je remonte le Champ-de-Mars en croisant les Parisiens et autres touristes qui, comme moi, profitent de ce soleil ravissant.

Le début du mois d’octobre a été extrêmement pluvieux et cette météo me change radicalement de la Floride. Ce matin en ouvrant les yeux, j’ai vu ce ciel dégagé et j’ai eu envie d’en profiter. J’ai préféré ignorer tous ces cartons qu’ils me restent encore à défaire et m’évader quelques heures dans les rues de Paris.

Cela fait dix jours que j’ai emménagé dans mon appartement et je n’ai pas encore pris le temps de prendre véritablement possession des lieux.

Finalement, je n’ai pas choisi l’appartement que nous avions repéré Milo et moi. D’une part, il était bien trop grand pour moi et, d’autre part, je n’avais pas envie de vivre dans un endroit où nous nous étions projetés tous les deux après que tous nos plans sont tombés à l’eau.

Les premières semaines qui ont suivi mon arrivée, j’ai séjourné à l’hôtel. Ce qui a été très pratique. Pour le moment, je passe mon temps à l’atelier alors, une chambre d’hôtel ou un trente mètres carré à Montmartre, quelle différence ?

Il faut dire que j’ai toutes les raisons pour quitter l’atelier à la nuit tombée. J’adore mon emploi, les gens avec qui je travaille sont fabuleux et l’absence de Milo me paraît moins pesante quand je crée.

À l’approche de la tour Eiffel, je ralentis.

Après un petit-déjeuner tardif dans ce petit restaurant de Montmartre où j’ai mes habitudes depuis mon emménagement, j’ai flâné dans le quartier avant de rouler jusqu’ici. J’ai un faible pour cet endroit et je ne manque jamais une occasion d’aller contempler celle qu’on surnomme « La Dame de Fer ».

Je viens d’arriver à destination lorsque mon téléphone sonne depuis le panier de mon vélo. La photo qui s’affiche à l’écran me fait sourire. C’est un selfie de Milo et moi lors de notre dernier repas en amoureux dans un superbe restaurant du bord de mer à Miami. Milo m’avait fait cette surprise deux jours avant mon départ pour Paris. Nous nous étions offert une balade sur la plage et c’est là, dans ce magnifique coucher de soleil, que nous avions pris ce cliché.

Je descends de mon vélo à la hâte. Après l’avoir mis sur sa béquille, je décroche et le visage souriant de Milo apparaît à l’écran.

— Bonjour, mon amour, me dit-il dans un français amusant.

— Bonjour, beau gosse, dis-je de la même manière.

À l’état de ses cheveux, je devine qu’il se réveille. Je crois même qu’il est encore au lit. J’en ai la confirmation lorsqu’il se lève. Je vois notre lit en arrière-plan.

— Comment va ma Parisienne préférée ?

Je me place dos à la tour Eiffel pour lui faire découvrir l’endroit où je me trouve.

— Je ne peux pas être plus au cœur de Paris.

— Effectivement. Tu te promènes ?

— Il y a un beau soleil aujourd’hui, alors j’ai eu envie de sortir.

— Mais tu as fini d’aménager ton appartement ?

— Oui, oui…

Milo éclate de rire.

— Quelle mauvaise menteuse tu fais !

— J’allais le faire je te jure, mais quand j’ai vu ce soleil, je n’ai pas résisté.

— Je comprends, mais, ma puce, tu dois te sentir bien chez toi.

— Je passe tout mon temps à l’atelier, je ne vois pas l’urgence.

Une remarque qui le fait rouler des yeux. Milo est dans la cuisine maintenant. J’entends qu’il enclenche la cafetière.

— À ce rythme-là, je vais devoir le faire quand je viendrai te rendre visite.

Ce qui devrait avoir lieu à Noël. Avec l’arrivée du bébé, Milo ne pourra plus venir à Paris comme ça lui chante. De mon côté, je viens de prendre ce travail, je n’aurais donc pas de vacances avant un moment. J’ai déjà eu la chance d’obtenir quelques jours pour l’accouchement de June prévu au mois de février.

— Crois-moi, tu auras bien mieux à faire…

— J’y compte bien, me dit-il avec un sourire qui lui mange le visage.

Noël promet d’être sportif cette année !

— Et comment va le bébé ?

— Il est en pleine forme. On a fait une échographie hier.

— Hier ? Mais tu ne m’as pas dit que vous aviez rendez-vous.

— Pour que tu ne te tritures pas les méninges à te demander si c’est une fille ou un garçon.

— Et alors ? Vous avez pu le voir ?

— Avy, c’est un petit mec, m’annonce-t-il avec fierté.

— Ce n’est pas vrai ! m’écrié-je folle de joie.

Milo rêvait d’avoir un garçon, j’imagine combien il doit être heureux.

— J’aurais voulu que tu sois là, mon cœur. C’était tellement dingue de le voir. Il n’arrêtait pas de bouger.

— J’aurais adoré être avec toi.

Malheureusement, même si je m’étais trouvée à Miami, je n’aurais pas pu assister à l’échographie, car June refuse catégoriquement que je participe de près ou de loin à tout ce qui concerne la grossesse.

Elle n’a rien voulu savoir lorsque Milo lui a demandé que j’assiste à l’échographie qu’il lui avait réclamée avant mon départ.

— Et avec June, comment ça se passe ?

Une question qui lui arrache une grimace.

— Vivement qu’elle accouche. J’aurai la garde une semaine sur deux et je ne devrai plus la supporter aussi souvent.

Il semble si las en disant cela et je le comprends parfaitement. June lui en fait voir de toutes les couleurs depuis qu’elle est revenue à Miami. Outre le fait que Milo doit mettre la main au porte-monnaie pour tous les aspects de la grossesse, elle se montre incroyablement exigeante avec lui.

De son côté, Milo s’évertue à arrondir les angles, car il ne veut pas qu’elle revienne sur la garde partagée. En ce qui me concerne, son attitude me rend folle. Si bien qu’il est préférable que je vive à l’autre bout du monde. Un détail qu’elle a bien compris.

Depuis mon départ, toutes les excuses sont bonnes pour qu’elle tente sa chance. Si cela m’agaçait les premiers temps, je préfère en rire aujourd’hui. Milo est d’une transparence absolue et je lui fais confiance.

J’aimerais juste qu’il ne la laisse pas avoir autant de pouvoir sur lui. Malheureusement, je ne peux pas m’en mêler au risque de compliquer les choses. Il tient à avoir son fils avec lui une semaine sur deux et non un week-end sur deux et June pourrait vite revenir sur cet accord si j’y mets mon grain de sel.

Je m’assieds sur l’un des nombreux bancs qui bordent le Champ-de-Mars pour poursuivre notre conversation.

— Le principal, c’est que tu obtiennes ce que tu désires, mon chéri. Ton fils aura besoin de toi et aucun sacrifice n’est trop grand pour lui.

— Avy, tu n’as pas idée comme j’aime discuter avec toi. Tu es mon plus grand soutien.

— Et ta mère, comment va-t-elle ?

— Elle est toujours sur son petit nuage.

— Est-ce qu’elle vit toujours chez son amie ?

— Pour le moment. La situation semble leur convenir à l’une comme à l’autre.

— Mon père n’aime pas me parler de leur histoire. Est-ce que ta mère t’a dit quelque chose ? Essaient-ils de recoller les morceaux ou parlent-ils de divorcer ?

— Je suis comme toi, je n’en ai pas la moindre idée.

— Je trouve tellement dommage qu’ils mettent leur mariage en péril à cause de ce qui s’est passé.

— Peut-être que ton père finira par lui pardonner. Elle me donne l’impression d’attendre que ce jour arrive.

Milo a quitté la cuisine pour aller s’installer dans le salon. Comme j’aimerais y être pour me blottir contre lui. Une pensée qui me rend immédiatement nostalgique de notre vie à deux. Ce fut si court…

— Tu me man…

— Non, non ! m’interrompt immédiatement Milo.

À croire qu’il avait anticipé que je déraperais.

— Ces trois mots sont proscrits, tu n’as pas oublié. Pour te manquer, il faudrait que je ne sois pas avec toi or, je suis avec toi chaque jour que Dieu fait. Et tu es avec moi chaque seconde.

— Je sais…

Je prends une profonde inspiration comme pour chasser mon manque de lui.

Avant mon départ, Milo et moi avons mis certaines règles en place pour rendre notre relation à distance plus facile. Il est question de nous appeler aussi souvent que possible et en vidéo pour rendre nos échanges plus vivants. Une fois dans la semaine, nous essayons de prendre un repas ensemble, même si nos repas sont décalés avec les 6 heures qui nous séparent. Et, comme vient de me le rappeler Milo, nous ne nous manquons pas parce que nous sommes toujours ensemble.

— Que vas-tu faire aujourd’hui ? me renseigné-je en retrouvant mon enthousiasme.

— Je déjeune chez ton père et je pensais qu’on pourrait t’appeler à cette occasion.

— Je peux me joindre à vous ?

— Bien sûr, Trésor. On t’appellera vers 13 heures.

— J’ai hâte, dis-je ravie de partager ce moment avec eux. Je vais faire un saut chez l’épicier pour me concocter un bon dîner.

Je lève les yeux au ciel.

— Sinon, tu vas encore me reprocher de manger n’importe quoi.

— Je dis seulement que tu vis dans un pays où la gastronomie est réputée. À ta place, je passerais mon temps à cuisiner de bons petits plats français.

— Eh bien, c’est décidé, ce soir je vais t’épater !

— Je compte sur toi pour t’entraîner, car j’ai bien l’intention de me régaler lorsque je viendrai à Noël.

— Je compte les jours.

— Et moi donc ! D’ailleurs si tu es bien sage, je peux t’assurer que tu auras une énorme surprise.

— Ne me mets pas la pression, s’il te plaît ! Je n’ai pas la moindre idée de quoi t’offrir.

— Voilà une bonne raison de ne pas t’éterniser à l’atelier. Tu dois faire les boutiques pour trouver mes cadeaux.

— On s’appelle tout à l’heure. J’ai une recette à trouver et des courses à faire maintenant.

— À tout à l’heure, mon cœur. Je t’adore.

— Je t’aime.

Je coupe la vidéo et me hâte d’enfourcher ma bicyclette. Me préparer un petit dîner pour manger en compagnie de mon père et Milo est un très bon programme de fin de journée.

Verrou en forme de cœur contour

Trois semaines plus tard

 

Milo

Je suis un individu bien élevé. Ma mère a bien fait son travail d’éducation et je l’en remercie. Mais aujourd’hui, j’aimerais être moins poli et me payer le culot de virer ces deux horribles femmes qui marchent au ralenti devant moi.

Mon avion pour Paris vient d’atterrir et mon impatience va crescendo alors que je ne suis plus qu’à quelques mètres d’Avery. Pour mon malheur, me voilà à déambuler dans les interminables couloirs de l’aéroport d’Orly à attendre le moment de la revoir.

Mais un nouveau contretemps s’interpose entre moi et ma douce : l’attente des bagages. Le pied battant la mesure sur le sol, je me suis placé au plus proche du tapis sur lequel les bagages vont arriver. L’objectif est simple : récupérer ma valise et courir pour retrouver Avy.

Voilà plus de deux mois que je ne la vois qu’à travers l’écran de mon portable ou de ma tablette et je sature. J’ai besoin de la toucher, de la serrer contre moi, de sentir l’odeur de sa peau, de lui faire l’amour. Même si nous nous sommes interdit de formuler ces quelques mots, Avy me manque atrocement.

Je lève les yeux au ciel en remerciant Dieu lorsque je vois ma valise apparaître sur le tapis. Ni une ni deux, je m’en empare et après avoir fait coulisser la poignée, je reprends le chemin vers la sortie. Il me faut encore marcher quelques minutes avant d’arriver dans ce hall froid où vont et viennent de nombreux voyageurs. C’est un véritable ballet de valises qui se joue devant moi. Je regarde ici et là à la recherche de ma petite tête blonde. Je continue d’avancer en scrutant les environs pour la localiser quand :

— Milo !

Mon regard s’agite dans tous les sens pour la trouver. Elle est là, j’ai entendu sa douce et merveilleuse voix, mais impossible de la trouver.

— Je suis là.

Et là, enfin, je la vois. Au pas de course, elle descend l’un des escalators présents dans le hall. Avy se soucie moins des gens qui empruntent eux aussi les escaliers mécaniques. Jouant des coudes pour les doubler, elle arrive à mon niveau et je me mets à courir pour la rejoindre plus vite.

— Avy, soufflé-je le cœur battant la chamade alors qu’elle est enfin devant mes yeux et en chair et en os.

Ses cheveux sont plus courts, elle a légèrement maigri, mais bordel, elle est plus belle que jamais.

— Mon amour, marmonné-je quand elle me saute dans les bras.

Je la réceptionne et la fais tournoyer en la serrant aussi fort que possible.

— Oh mon amour ! m’écrié-je fou de bonheur de la sentir contre moi.

— Tu es là, s’exclame-t-elle en me couvrant de baisers.

— Laisse-moi te regarder…

Je me détache doucement d’elle et prends son joli minois dans le creux de ma main.

— Tu es belle, la complimenté-je la voix brisée par un sanglot.

— Tu es… barbu, répond-elle avant de m’offrir le bonheur de son doux rire.

Ses lèvres se pressent contre les miennes et je savoure chaque seconde de ce tendre baiser.

— Tu es là. Je te touche, je te sens, mais je n’arrive pas à y croire.

— Je ressens la même chose. J’ai tellement rêvé de ce moment que j’ai fini par croire qu’il n’arriverait jamais.

— J’ai tellement de choses à te montrer… à te dire… Il faut qu’on profite de chaque minute que tu passeras ici.

— En parlant de ça, il faut que je te parle de mon retour à Miami.

Sa belle mine réjouie s’évapore.

— Ne me dis pas que tu dois rentrer plus tôt…

Je crois qu’elle est véritablement sur le point de fondre en larmes. Ne voulant pas la faire souffrir, je me dépêche de lui annoncer.

— J’ai bien changé mon vol de retour, ma chérie, mais je l’ai repoussé d’une semaine.

— Attends quoi !

— Je passe le jour de l’An avec toi, ma douce. Je reprends l’avion le 3 janvier.

— Tu te moques de moi ? dit-elle dans un hoquet ému.

Je pose doucement mon front contre le sien et chasse les larmes sur ses joues.

— Joyeux Noël, mon amour.

*

De toute ma vie, je n’ai jamais vécu un Noël aussi parfait… aussi doux… Nous sommes le matin de Noël et il neige à gros flocons dehors. Je les vois tomber depuis la verrière qui surplombe notre lit. Rien que pour ce détail, j’adore l’appartement qu’Avy a choisi. Il n’est pas très grand et compte seulement une pièce principale et une salle de bains. Sur ma droite, il y a la cuisine ouverte et la salle de bains. Au centre de l’appartement se trouve son lit avec face à lui un petit meuble de télévision où est posé un écran d’une taille ridicule. À ma gauche, Avy a installé son atelier. Celui de son couturier ne lui suffit pas visiblement... Il y a ce portant où elle a suspendu ses vêtements.

Même si l’endroit est minimaliste, il est incroyablement chaleureux et romantique. C’est probablement dû à la verrière et à toutes les guirlandes lumineuses qu’Avery a installées dans tous les coins. Bref, j’adore ce qu’elle a fait de son intérieur.

Outre le lieu où nous nous trouvons, notre réveillon de Noël a été magique lui aussi. Nous avons commencé par décorer un sapin d’une taille minuscule en buvant du champagne. Ensuite, nous avons préparé notre dîner et j’ai adoré chacun de ces moments de complicité et de bonheur retrouvé.

Avery m’a fait découvrir des mets succulents. Après ce repas délicieux, nous avons fait l’amour encore et encore. C’était doux et passionné. Tout ce dont nous avions besoin pour recharger les batteries avant d’affronter les prochains mois de séparation.

Vivre loin d’elle n’est pas chose facile. Elle me manque terriblement au quotidien. Son rire, ses sourires et sa manière de me dévorer des yeux sont des détails dont j’ai du mal à me priver. Tout comme le fait de la tenir dans mes bras lorsqu’elle dort, comme maintenant. Elle a passé la nuit ainsi, son corps nu lové contre moi.

Avec le décalage horaire, mon sommeil est encore un peu perturbé, mais je profite de ce temps où je n’arrive pas à dormir pour la contempler et savourer la pureté du moment.

— Hum… soupire Avy en remuant sous la couette pour venir se nicher dans mon cou. Bonjour, mon amour.

Je raffermis ma prise autour de son corps.

— Bonjour, ma chérie.

— Tu as réussi à dormir ?

— Un peu, oui.

Je la fais rouler sur le dos et l’embrasse doucement.

— Joyeux Noël, mon trésor.

— Joyeux Noël, me répond-elle en serrant ses bras fins autour de ma taille.

Je l’embrasse encore et intensifie notre baiser. J’ai une idée derrière la tête et j’aimerais savoir si elle a la même. Elle se montre réceptive les premières minutes et je commence à jouer du bassin contre elle.

— Milo, attends, murmure-t-elle tandis que ma langue dévie vers ses seins. C’est le matin de Noël…

— Et ? Le sexe est proscrit le matin de Noël ?

— J’en ai envie moi aussi, m’assure-t-elle en se crispant lorsque j’aspire son téton entre mes lèvres.

Son souffle s’accélère.

— Les cadeaux…

En voilà un dilemme ! J’ai follement envie de lui faire l’amour, mais j’ai également très envie de découvrir son visage lorsqu’elle découvrira ses cadeaux de Noël.

— C’est bon… tu as gagné, râlé-je en me laissant retomber sur le dos.

Libérée, Avy bondit du lit et attrape le t-shirt que je portais la veille pour l’enfiler.

— Non, ne fais pas ça…

— Quoi donc ?

— Ne te cache pas. Tu es si belle.

— Tu n’as pas envie que je tombe malade pendant tes vacances à Paris, si ?

— Alors, dépêche-toi de revenir sous la couette que je t’enlève ce maudit t-shirt.

Elle se penche et me donne un baiser si furtif que je n’ai pas le temps de la retenir.

— Je fais vite.

D’un pas dansant, elle trottine jusqu’à la cuisine et ouvre le réfrigérateur.

— Quel drôle d’endroit pour cacher des cadeaux de Noël ! la taquiné-je.

— Je suis partante pour passer la journée sous la couette à faire l’amour, mais, pour commencer, il faut qu’on prenne des forces.

Je souris et me lève pour lui donner un coup de main.

— Non, reste au lit, s’il te plaît.

— On ira plus vite à deux.

Après avoir lancé une playlist de musique de Noël, j’enfile un bas de pantalon avant de la rejoindre.

— Tu es en vacances et j’ai envie que tu te reposes, me dit-elle lorsque je l’enlace.

Elle casse des œufs dans un saladier.

— Le bébé sera bientôt là et tu n’auras plus une minute à toi. Il faut que tu gardes ton énergie.

Je m’accoude au plan de travail de sa petite cuisine et la regarde battre les œufs.

— Nathan, lui annoncé-je.

— Quoi ?

— Il s’appellera Nathan.

— Vous avez déjà choisi son prénom ?

J’attrape quelques raisins dans la corbeille à fruits et les avale goulûment.

— Crois-moi, ce n’était pas gagné d’avance. June voulait lui donner le prénom de son grand-père qui est décédé l’an dernier.

— Et comment s’appelait-il ?

— Donald.

Avy lève ses yeux choqués vers moi et la seconde suivante nous partons dans un fou rire.

— Pas de doute, je préfère Nathan, dit-elle hilare.

— Et moi donc ! rétorqué-je de la même manière.

Dès que les œufs sont prêts, je lui retire le saladier des mains.

— Laisse-moi m’occuper des œufs. Toi, va donc du côté du sapin de Noël et regarde si tu n’y trouves pas quelque chose d’intéressant.

— Tu ne veux pas qu’on attende de retourner au lit pour ouvrir nos paquets ?

— Pas pour celui qui se cache dans le sapin, lui expliqué-je en lui faisant un clin d’œil.

Avy obéit et s’approche du sapin posé sur le rebord de la fenêtre. Je garde un œil sur les œufs et l’autre sur elle. Elle fouille entre les guirlandes et finit par mettre la main sur la petite pochette blanche que j’ai dissimulée hier soir.

— Milo, murmure-t-elle en regardant l’écrin blanc qu’elle vient de faire tomber dans sa main.

— Approche !

Elle obtempère. Après avoir éteins le feu, je me tourne vers elle et récupère l’écrin dans la paume de sa main sous son regard perdu.

— Avy, tu as passé toutes ces années à espérer que je te regarde telle que tu es et il m’a fallu du temps pour lever le voile devant mes yeux, commencé-je en tirant doucement sur le nœud doré qui orne l’écrin. Aujourd’hui, je m’en suis enfin débarrassé et je ne vois plus que toi : belle, forte, drôle, précieuse et passionnante.

— Milo, bafouille-t-elle tandis que ses yeux se remplissent de larmes.

— Je t’aime et cet amour m’habitera jusqu’à mon dernier souffle. Il me fait vibrer, me rend meilleur, me comble de bonheur et…

J’attrape sa main et la fais tourner sur ses pieds avant de la ramener contre moi, son dos plaqué contre mon torse.

— Ferme les yeux.

Elle fait ce que je lui demande et, après l’avoir soulevé par la taille, j’avance de quelques pas dans l’appartement.

— Tu ne les ouvres pas tant que je ne te l’ai pas dit.

Elle opine du bonnet. Je nous conduis devant l’immense verrière, face à cette vue imprenable et incroyablement magique de la basilique du Sacré Cœur qui se tient si majestueusement devant nous. J’ouvre l’écrin et le place devant ses yeux.

— Avy, chuchoté-je en effleurant son oreille de mes lèvres. Le destin m’a offert un cadeau inestimable en te faisant entrer dans ma vie et jamais je ne l’oublierai. Maintenant, ouvre les yeux.

Elle le fait et un hoquet ému lui échappe lorsqu’elle découvre la bague rangée dans l’écrin.

— Ne panique pas, m’empressé-je de lui dire en entendant sa respiration qui s’accélère. Cette bague est ce que tu désires qu’elle soit. Elle peut représenter notre amour et l’engagement que nous prenons l’un envers l’autre en tant que couple. Elle peut être le symbole d’un engagement plus important, la promesse d’une union prochaine. Quand tu rentreras à Miami par exemple. Ou alors elle peut être qu’un vulgaire cadeau de Noël…

Cette dernière suggestion lui provoque un gloussement un peu nerveux.

— Ce n’est pas un piège, je te le promets. Je l’ai vue chez le bijoutier et j’ai eu envie de te l’offrir, rien de plus. Tu connais mon désir de faire de toi ma femme. Si tu n’es pas…

Avy opère un demi-tour et presse ses lèvres contre les miennes pour me faire taire.

— Je reviens, me dit-elle entre deux baisers avant de filer à l’autre bout de l’appartement.

Je la regarde faire un d’œil curieux. Elle ouvre l’un des tiroirs dans son atelier et revient avec un paquet entre les mains. Je le récupère lorsqu’elle me le tend. J’y découvre un cadeau de forme rectangulaire. Piqué de curiosité, je m’empresse de retirer l’emballage qui cache en fait un cadre photo dans lequel elle a placé une photographie d’elle. Un cliché pris devant la tour Eiffel, il y a peu si j’en crois la neige qui tombe. Dans le coin à droite, Avy a écrit en noir : « Depuis toujours et à jamais OUI ».

— Tu savais que je te referais ma demande ? dis-je surpris en levant les yeux dans sa direction.

Lentement, elle fait non de la tête.

— Il n’y a pas un jour depuis que tu me l’as demandé avant mon départ où je ne souffre pas de t’avoir dit non. Je sais pourquoi je l’ai fait et, si c’était à refaire, je refuserais de t’épouser à cause des circonstances. Mais ma vérité, Milo, c’est que j’ai passé ma vie à rêver de devenir ta femme.

Elle anéantit la distance entre nous et pose ses mains sur mon torse.

— Si tu savais comme je t’aime, mon amour, et combien ma vie était vide de sens avant que tu me regardes comme je rêvais que tu le fasses. Ici ou ailleurs, aujourd’hui ou à mon retour, je veux devenir ta femme. Au fond de mon cœur, je le suis depuis que tu as fait battre mon cœur la première fois. Il est tien à jamais.

Je prends son visage entre mes mains.

— Quand tu rentreras pour la naissance de Nathan. Tu feras de moi un mari lorsque mon fils fera de moi un père. Tu es mon roc et ma force, Avery. C’est la ferveur de ton amour qui va m’aider à prendre ce nouveau virage dans mon existence.

Avy se tend sur la pointe des pieds pour me donner un baiser, mais je ne lui en laisse pas le temps. J’empoigne ses cuisses et la soulève brusquement ce qui lui provoque un cri stupéfait avant que je ne la jette sur le lit. Elle y atterrit en riant.

Agenouillé devant elle, j’ouvre l’écrin que j’ai gardé dans la main avant de prendre sa bague de fiançailles dans ma bouche. Je prends sa main gauche et plus spécifiquement son annulaire que j’avale à son tour. Après une ou deux pirouettes avec ma langue, je glisse la bague à son doigt et la pousse lentement.

Je le relâche doucement sans cesser de la contempler.

— Personne ne peut me rendre plus heureux que toi. Et je te veux à mes côtés jusqu’à mon dernier jour. Deviens ma femme, Avery. Scelle nos destins pour toujours.

— Oui, me répond-elle dans un souffle éperdu avant de se redresser pour plaquer sa bouche contre la mienne. On se mariera dès mon retour à Miami.

Je coule mes doigts dans ses cheveux blonds et l’embrasse avec fougue.

— Joyeux Noël, madame Ambrosio.

— Oh, Milo, soupire-t-elle la voix chevrotante. Je t’aime…

— Je t’aime.

Impatients de nous unir dans la chair, je tire sur mon pantalon pendant qu’elle passe son t-shirt au-dessus sa tête. Elle rit lorsque je progresse comme un fauve pour venir la recouvrir de mon corps.

— Es-tu prête à vivre le plus beau des Noëls, mon cœur ? m’amusé-je en me frottant explicitement à elle.

— Il l’est déjà, m’assure-t-elle en passant ses mains sur moi.

Ses doigts habiles s’occupent de flatter mon sexe déjà très en forme.

— Ce qui va se passer maintenant, c’est la cerise sur le gâteau…

Je fonce vers sa bouche dans un rugissement avide. Rien ne pouvait rendre cette journée plus incroyable que de la passer à faire l’amour à ma future femme.

 

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