Au péril de t'aimer (French Edition)
Chapitre
Chapitre vingt-neuf
Avery
Il est onze heures passées lorsque je me lève, le lendemain matin. Après le départ de Milo, j’ai réussi à dormir quelques heures, mais pas d’un sommeil paisible.
Sa décision au sujet de Paris m’a bouleversée, même si elle ne me surprend pas. C’est difficile à réaliser et les nombreux projets que nous faisions me laissent un goût amer, mais je dois m’y résoudre.
Avant de s’en aller, Milo m’a confié qu’il ne s’était jamais senti aussi perdu et c’est exactement ce que je ressens ce matin. Je m’égare entre mon amour pour lui et mon désir d’aller vivre à Paris. Je suis dans le brouillard le plus complet.
Après une douche pas très éclairante, je me rends au rez-de-chaussée avec l’espoir qu’une bonne tasse de café aura un meilleur effet. Un détail m’interpelle immédiatement à ma descente des marches. La maison qui était sens dessus dessous est impeccable.
— Eh merde ! ronchonné-je, coupable d’avoir dormi si tard sans me soucier de ce détail. Où ai-je la tête ?
— Qu’est-ce qui t’arrive ?
Cette question d’Arizona me fait relever la tête. Elle vient d’apparaître par la porte de la cuisine, un sac poubelle à la main.
— Je suis désolée, Zoo, marmonné-je la voix prise dans un étau. Je t’ai complètement laissé tomber.
Elle vient vers moi et m’embrasse.
— Tu avais besoin de dormir. Ne te prends pas la tête avec ça, tu veux.
Je la remercie d’un sourire ému.
— Comment te sens-tu ?
— Dans le brouillard.
— Il y a du café chaud dans la cuisine. Je te rejoins dans une minute.
J’acquiesce et m’avance vers la cuisine avant de me tourner vers elle.
— Tu as vu mon père ?
— Il a reçu un coup de fil et il est parti dans son bureau.
— D’accord.
Zoo sort pour se débarrasser du sac poubelle et je vais me servir ce café qui me fait tant envie. Quand Arizona me rejoint, je suis assise autour de la table de cuisine.
— Alors, vous avez pu discuter Milo et toi ?
J’acquiesce et tire sur la chaise voisine pour inviter Zoo à me rejoindre. Elle s’y installe et pose une tasse de café devant elle. Tournée vers elle, je prends ses mains dans les miennes.
— Oh Zoo, murmuré-je désespérée. Tout était trop parfait, ça ne pouvait pas durer…
— Qu’est-ce qu’il t’a dit ?
— C’est le sol qui vient de se dérober sous ses pieds. Il est totalement perdu.
— J’imagine. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi elle ne lui a pas parlé du bébé lorsqu’elle est venue à Miami la première fois.
— Elle dit qu’elle voulait tenter de recoller les morceaux, mais sans que l’arrivée du bébé influence la décision de Milo. Quand elle a su pour nous, elle s’est vexée et elle est repartie pour New York. Après quelques jours de réflexion, elle s’est dit qu’elle ne pouvait pas lui cacher sa paternité.
Je fais courir mon index sur le rebord de ma tasse.
— Milo ne viendra pas à Paris, lui confié-je doucement.
— Avery, ne t’emballe pas. Il vient seulement d’apprendre que…
— Il me l’a dit hier soir.
— Vraiment ?
— Est-ce si étonnant ? lui dis-je en la regardant. Milo est quelqu’un de bien. Il sait qu’il ne peut pas se dérober et abandonner June.
J’enfouis mon visage dans mes mains.
— Je ne l’avais jamais vu aussi malheureux. Il pleurait dans mes bras, c’était horrible.
— Avy, je suis désolée, compatit Zoo en passant sa main dans mon dos.
— Je ne veux pas partir sans lui, bafouillé-je avant de fondre en larmes contre l’épaule de ma voisine.
— Seigneur Avy, je suis tellement navrée.
Elle m’étreint et je m’autorise à pleurer. Quel coup du sort que me joue le destin !
*
Il est presque 13 h lorsque je me gare au pied de l’immeuble de Milo. Vu l’heure tardive, j’ai fait une halte chez le traiteur chinois pour prendre de quoi déjeuner. Je n’ai pas eu de nouvelles de Milo depuis sa visite au beau milieu de la nuit, mais je suppose qu’ils n’ont pas mangé.
Par habitude – et dans un souci de faire comprendre à June qu’elle est chez moi et non l’inverse – j’entre dans l’appartement en utilisant ma clef.
Je fais quelques pas dans l’entrée puis dans la cuisine en appelant Milo, mais je n’obtiens aucune réponse. Dans la pièce, je dépose le sac rempli de nourriture et je suis très vite attirée par une présence dans le salon. J’y trouve June assise dans le canapé qui tient entre ses mains un magazine. Elle le baisse et m’observe curieusement.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
Toujours aussi aimable…
— C’est plus ou moins ici que je vis, June. J’ai apporté de quoi déjeuner. Milo n’est pas là ?
— Il est sous la douche.
— OK.
Je lui indique le sac du traiteur.
— Si tu as à faim…
Je veux aller dans la chambre pour rejoindre Milo, mais June se lève quand je m’éloigne.
— Je vais rester à Miami, m’annonce-t-elle de but en blanc. Milo me l’a demandé.
Appuyé à l’un des éléments de la cuisine, je l’observe se déplacer dans le salon et je constate que, pour la première fois, elle porte un vêtement suffisamment moulant pour que sa grossesse ne soit plus un secret. Je ressens immédiatement une violente jalousie en découvrant ce ventre où grandit un bout de Milo.
— Eh bien, ça me semble logique. Sinon comment Milo pourrait-il prendre part à l’éducation de son enfant ?
— Il m’a dit aussi qu’il ne partira pas avec toi à Paris.
Elle a un ton et une attitude qui ne laissent aucun doute sur la rivalité qu’elle tient à entretenir entre nous. De toute évidence, elle ne cherche pas une entente cordiale. Chose inhabituelle, je ne me laisse pas impressionner, bien au contraire, j’use d’une assurance toute nouvelle.
— Je n’ai pas été surprise par sa décision lorsqu’il m’en a fait part. Milo n’est pas homme à se débiner.
— Mais toi, tu vas partir, me fait-elle remarquer en s’accoudant à l’îlot.
— Et après ?
— Non rien, répond-elle l’air de rien un sourire en coin.
J’avance vers elle et m’appuie sur la table tout comme elle avant de planter mes yeux dans les siens. Il est hors de question que je me laisse intimider !
— Qu’importe l’idée qui te trotte dans la tête, June, oublie-la ! Tu t’éviteras bien des ennuis. Je n’ai pas peur de le laisser ici avec toi, car Milo ne regardera plus jamais une autre femme que moi.
Mon audace me vaut un sourire méprisant de la part de June.
— Je ne sais pas à quoi tu joues, mais si tu n’es pas ici uniquement pour que Milo et toi puissiez être les parents de ce bébé, si ton retour a un autre but, tu vas vite déchanter. Cet enfant n’est pas un jouet ou une monnaie d’échange.
— Je le sais très bien, se vexe-t-elle. Tout ce que je désire, c’est avoir Milo à mes côtés et vivre ma grossesse avec lui pour me soutenir. D’ailleurs, je vais rester vivre ici pour le moment.
Elle essaie de me déstabiliser en me disant cela et je dois me faire violence pour ne pas lui montrer que cette nouvelle ne me rassure pas le moins du monde. Partir vivre en France en laissant Milo est déjà très dur à accepter, mais si son ex doit vivre avec lui, ce sera l’enfer !
J’accepte son annonce dans un sourire poli sans trahir mes véritables sentiments et lui indique notre chambre.
— Je vais voir Milo.
Je fais deux pas vers la sortie et elle ajoute :
— Je t’ai dit qu’il est sous la douche.
Je souris.
— C’est l’un de mes privilèges, June. Je peux me glisser sous la douche avec lui si ça me chante. Pendant ce temps, tu devrais déjeuner.
— C’est répugnant, siffle-t-elle tandis que je m’éloigne.
— Et je m’évertue à faire que ce le soit un peu plus chaque fois que nous faisons l’amour, répliqué-je avant de disparaître dans la chambre.
J’entre et referme immédiatement la porte en soupirant :
— Quelle peste !
— Charmant !
La voix rocailleuse de Milo me fait sursauter. Je le trouve à l’entrée de la salle de bains, vêtu d’une simple serviette.
— Que t’a-t-elle dit ?
Il entre en finissant de se sécher les cheveux.
— Qu’elle allait s’installer ici ! Dans notre appartement !
La mine désolée, il laisse retomber la serviette sur ses épaules. Donc, elle n’a pas menti dans le seul but de me rendre folle de rage.
— Mon cœur, je suis…
— Ah non ! Garde tes excuses, tu veux !
Milo se jette sur moi et me prend par les bras pour me ramener contre lui.
— Chérie, ne fais pas ça. J’essaie de faire ce qu’il y a de mieux…
— Le mieux pour vous ! m’exclamé-je en le repoussant. Mais que ton ex vienne vivre ici avec toi, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour nous, Milo.
Je me laisse choir sur notre lit.
— Les semaines, les mois qui arrivent vont être difficiles. Pour toi comme pour moi. Il faut qu’on s’impose des règles et, au risque de paraître capricieuse, le fait qu’elle vive ici est une limite que je ne peux pas dépasser.
Milo reste là à m’observer avec cet air de chien battu qu’il me réserve depuis que June lui a annoncé sa grossesse.
— Dans ces conditions, je me dis qu’il vaut mieux que je ne parte pas, lui confié-je.
Milo s’accroupit devant moi et pose ses mains sur les miennes.
— Ça, c’est tout à fait hors de question, tu entends ?
— Mais je ne peux pas te perdre, Milo, lui dis-je avec des trémolos dans la voix. Et c’est ce qu’il risque d’arriver si je te laisse seul ici.
— Pas du tout.
Milo lève mon visage vers le sien.
— Toi et moi, c’est pour la vie. Qu’importe que tu vives à Paris : on est et on restera ensemble.
— C’est trop dur ! Je ne peux plus envisager de m’en aller sans toi. Pas après avoir fait tous ces projets.
— Tu vas aller à Paris et nous ferons d’autres projets, Avy.
— Comment notre relation aura-t-elle une chance de survivre à une telle distance ?
— Quelle distance ? Je suis avec toi et tu es avec moi chaque seconde.
— Tu sais parfaitement où je veux en venir. Cette grossesse, ce bébé, ça va vous rapprocher inexorablement. Et June…
— J’ai pleinement conscience de ce qu’elle essaie de faire et ça ne prendra pas, mon cœur. Elle prétend m’aimer, mais ce n’est pas vrai. Ce après quoi elle court, c’est le confort et la sécurité que je représente. Je suis plus lucide sur son compte que je ne l’ai jamais été.
Milo fait glisser ses mains le long de mes cuisses et les pose sur mes hanches.
— Tu vas aller vivre à Paris et y rester le temps que tu jugeras nécessaire pour mener à bien tes rêves. De mon côté, je vais rester ici chez Nous…
J’aime sa manière d’appuyer sur ce « nous ».
— Et attendre ton retour en élevant mon enfant.
— Mais je t’aime Milo et je dois être un soutien pour toi. Comment te laisser traverser ça seul ?
— Si tu veux me soutenir, si tu veux faire ce qu’il y a de mieux pour moi, pars ! Je dois savoir que tu vis tes rêves pour être heureux. Je ne veux pas que tu aies des regrets. Un jour, ils risqueraient de nous péter au visage. Mon rôle, c’est de protéger notre histoire.
Milo prend mon menton entre ses doigts et me fait relever la tête.
— Elle est ce qui m’est arrivé de plus beau dans la vie.
— Tu dis ça aujourd’hui, mais quand tu auras vu ce bébé tout fripé et braillard, ça sera lui la plus belle chose qui te sera arrivée.
Je le taquine à ce sujet, mais je n’en pense pas un mot. Milo pourra aimer ce bébé autant qu’il le voudra sans que je ressente la moindre jalousie.
— Pourquoi fripé ? Je suis son père. Il sera forcément beau comme un ange !
Je grimace.
— Ça, c’est toi qui le dis !
— Espèce de…
Milo se met à me chatouiller et comme à chaque fois qu’il le fait, je ne peux me retenir d’éclater de rire. Je m’allonge sur le lit et me débats, mais cette brute n’en a pas fini avec moi. Il grimpe sur le lit et me chatouille de plus belle. Après m’avoir immobilisé les jambes en s’allongeant sur moi, il saisit mes poignets pour les bloquer au-dessus de ma tête. Le temps se suspend entre nous lorsque son regard trouve le mien.
— Ça va bien se passer, mon amour, me dit-il comme une promesse. Si on veut que cet arrangement fonctionne, alors ça sera le cas.
J’opine du bonnet en me détendant. Je ne peux que boire ses paroles lorsqu’il me parle avec autant de conviction et de tendresse.
— J’ai pensé à quelque chose lorsque j’étais sous la douche.
— Hum, m’amusé-je en jouant du bassin. J’ai hâte que tu me montres de quoi il s’agit…
Il se marre et dépose un baiser rapide sur mes lèvres.
— J’ai pensé à ça aussi, mais il y a un détail que l’on doit régler avant ton départ. Un détail qui nous conduira à l’horizontale pour des heures entières.
Interloquée, je fronce le regard.
— J’aimerais que tu deviennes ma femme, Avy.
Je pouffe de rire quand il me fait cette proposition. C’est une réaction nerveuse à une demande si inattendue qu’elle semble sortir tout droit de l’un de mes rêves d’adolescente.
— Je m’attendais à mieux comme réponse, ronchonne Milo en me relâchant.
Il s’assied au-dessus de moi, vexé comme un pou. Je me redresse et prends sa tête d’ours mal léché entre mes mains.
— Mon cœur, c’est non.
— J’avais compris, grogne-t-il.
— Milo, j’ai rêvé toute ma vie de t’entendre me dire ces mots-là.
— Tu es vraiment sûre de ça ?
— On ne peut plus sûre. C’est pour cette raison que je te dis non. Ce moment-là arrivera un jour, mais aujourd’hui, ça reviendrait à brusquer les choses.
— C’est un engagement que je voulais qu’on prenne l’un envers l’autre avant ton départ.
— Notre amour est un engagement suffisant, Milo. Devenir ta femme sera seulement la consécration de notre amour. Tout comme nos enfants le seront le moment venu.
— J’ai pensé que…
— Que ça me rassurerait ?
Il a un sourire coupable en coin.
— Ce n’est pas comme ça que je veux devenir ta femme.
— Tu ne sais vraiment pas ce que tu loupes, rigole-t-il avant de foncer sur mes lèvres.
Je me rallonge et l’emmène avec moi.
— En revanche, je dis « oui » aux heures entières passées à l’horizontale avec toi.
— Je devrais te priver de sexe pour te punir, mais pour être honnête, je n’ai pas l’intention de quitter ton corps avant le jour de ton départ.
Milo roule sur le dos en me gardant contre lui. Je me retrouve à le chevaucher. Sans attendre, je fais passer ma robe au-dessus de ma tête.
— Je n’avais pas d’autres projets.
Je me penche et l’embrasse.
— Mais il va falloir lui trouver une chambre d’hôtel. Je veux que tu me baises dans toutes les pièces de cet appartement.
— On ne l’a pas déjà fait ?
— Si, mais je veux m’assurer que l’empreinte de mes fesses se trouve dans chaque recoin pour m’assurer que tu ne m’oublies pas.
— Ça, c’est impossible.
La fin de sa phrase ressemble à un étrange couinement alors que je viens de saisir son sexe au garde à vous pour le branler lentement.
— Si tu me le permets, je vais quand même m’en assurer…
La tête rejetée en arrière, les yeux clos, Milo se laisse emporter par le plaisir de ce contact.
— Je t’aime, Avy, me confie-t-il sur un ton torturé. Et je vais faire de toi ma femme. Quoi que tu en dises…
Je me positionne de façon que son gland retrouve mon sexe. Je me penche sur lui, pose une main sur sa joue et Milo ouvre ses yeux. Je m’y plonge et, lentement, j’engloutis son membre en moi.
— J’aime quand tu te montres autoritaire, dis-je avant de l’embrasser.
— Tu aimes ça, se marre-t-il en me rendant mon baiser. Mais ça n’a aucun autre effet sur toi.
— Si, si… ça m’excite !
— Dans ce cas !
Sans quitter mon corps, Milo me soulève et nous installe au milieu du lit. Il reprend le pouvoir en se plaçant au-dessus de moi. Surplombant mon corps, ses mains enfoncées dans mes hanches, il me dit :
— Tu vas m’épouser, tu entends ?
Ma tête s’agite de gauche à droite.
— Jamais de la vie.
Dans la seconde Milo abandonne mon corps et dans un geste leste, il me retourne comme une crêpe.
— C’est ce qu’on va voir ! tonne-t-il en tirant sur mes hanches de sorte que mes fesses se retrouvent en l’air.
Il se place derrière moi et frotte sa bite contre mon cul. Ses doigts s’enfoncent dans ma chair et, soudainement, son autre main s’abat sur ma croupe.
Un cri à la fois surpris et excité m’échappe lorsqu’il m’inflige cette fessée.
Mon corps est totalement exalté par son geste. C’est érotique, mais aussi totalement inédit. Je n’ai jamais laissé aucun homme me toucher de cette manière.
— Encore, rugis-je en serrant les draps de toutes mes forces.
Je veux qu’il recommence. Je fais devenir folle s’il ne le fait pas.
— Écarte les jambes !
J’obéis et cette fois Milo fait claquer ses doigts sur mes lèvres. La sensation que cela me provoque est absolument incroyable. Je jure, les dents enfoncées dans mon poing.
— J’ai vu ça dans un film porno et j’ai toujours rêvé de le faire.
La tête enfouie dans le matelas, j’éclate de rire lorsqu’il me fait cet aveu. Il se marre lui aussi.
— Tu vois, c’est ce qui est magique avec toi, Avy : tu as tellement confiance en moi que tu es prête à tout tenter avec moi.
— Arrête de jacasser et continue, le grondé-je impatiente.
— Je rêve ! J’essaie d’être un peu romantique, mais il n’y a que le sexe qui t’intéresse.
Je valide ses propos en remuant contre sa bite.
— Mets-moi une fessée, s’il te plaît, l’imploré-je.
— Tu n’es pas croyable.
La seconde suivante, sa main s’abat à nouveau sur ma croupe et je me délecte de la sensation que cela me procure. Cela devient encore plus surréaliste lorsqu’il me pénètre d’un coup de reins puissant.
— Oh Milo ! m’écrié-je en me cambrant sous l’effet de son assaut.
Il empoigne ma chevelure et tire dessus avant de se pencher à mon oreille.
— Je vais te faire hurler de plaisir et tu vas te mordre les doigts de ne pas m’avoir dit oui.
— Si tu me baises comme ça à chaque fois que je te dis non, je ne suis pas près de le faire…
Il me relâche et je reçois une nouvelle claque sur la fesse suivie d’un autre coup de boutoir.
— C’est ce que l’on verra, me provoque-t-il en recommençant son manège.
Je sens mes jambes trembler quand le plaisir devient si fort qu’il faut qu’il éclate. Il me donne une autre fessée, s’enfonce en moi jusqu’à la garde et se retire brusquement. Mon corps m’abandonne et je commence à tomber, mais Milo me retourne une nouvelle fois. Il enroule son bras autour de ma cuisse et l’écarte avant de plonger son visage entre mes cuisses. Ses lèvres rencontrent les miennes et commencent à les aspirer.
Je plonge mes doigts dans ses cheveux quand l’orgasme me terrasse. Excitée comme une folle, je me frotte à lui ce qui ne doit pas l’aider à respirer.
— Milo, couiné-je en me laissant aller dans les bras de la jouissance.
Il enfonce ses doigts dans mes cuisses et agite sa langue en moi pendant que je me délecte de mon orgasme. Milo se retire et après s’être redressé, il saisit son sexe et commence à l’astiquer avec ferveur. Dans une succession de gémissements, il s’active à se masturber.
Je me hâte de retirer mon soutien-gorge pour l’inviter à jouir sur mes seins. Au regard qu’il me lance, je sais que mon idée le ravit. Il va et vient autour de son sexe encore un instant avant d’exploser dans un rugissement bestial. Penché au-dessus de moi, il se déverse entre mes seins sans jamais cesser de me regarder.
— Je t’aime, Avy. C’est fou d’aimer comme ça, me dit-il avec adoration.
Je pose une main sur sa joue.
— J’aimerais te dire que tu finiras par t’y faire, mais après toutes ces années à t’aimer comme une folle, je n’arrive toujours pas à réaliser que c’est possible de ressentir quelque chose d’aussi fort.
— Frimeuse, rigole-t-il en m’embrassant tendrement avant de se lever. Je vais te chercher de quoi te nettoyer.
— Ne t’embête pas, je vais aller me doucher. Toi va la rejoindre. J’imagine qu’elle nous a entendus et je n’ai pas envie de voir son regard désapprobateur. Tout à l’heure, elle a eu le culot de me dire que nous étions répugnants.
Milo fait disparaître son cul magnifiquement rebondi sous un boxer noir.
— Elle aura une bonne raison de le dire maintenant, glousse Milo en fouillant dans son dressing.
Je me lève et file en direction de la salle de bains.
— Je meurs de faim. Tu veux que je nous commande une pizza ?
— Tu arrives trop tard, champion, chantonné-je en entrant dans la douche. J’ai pris notre déjeuner chez le traiteur chinois avant de venir.
Milo, décemment vêtu, m’observe amoureusement depuis le chambranle de la porte où il s’est accoudé.
— Comment vais-je m’en sortir sans toi ?
Je viens m’appuyer contre la paroi.
— Et si on ne parlait plus de mon départ et que nous profitions à fond des jours qu’ils nous restent.
— Tu as raison, c’est ce qu’il y a de mieux à faire.
Je commence à me savonner quand il commence à s’en aller, mais il revient.
— Ma puce, j’ai un service à te demander, me dit-il en faisant courir ses doigts contre le bois du chambranle. C’est un peu délicat.
— Tu peux me demander tout ce que tu veux, voyons.
— June a déjà fait une échographie de contrôle à l’hôpital, mais j’aimerais qu’elle en fasse une nouvelle.
— C’est une bonne idée. Je pense que ça t’aidera à rendre ce bébé plus… réel.
— Je suppose… Je n’en ai pas encore parlé à June, mais je voudrais que tu nous accompagnes.
— Oh…
Un peu surprise par cette requête, je reste plantée là sous le jet d’eau.
— Tu n’es pas obligée, s’empresse-t-il d’ajouter. C’était une mauvaise idée.
— Je ne suis pas certaine que c’est ma place.
Milo s’approche et vient s’accouder contre la paroi. J’éteins l’eau et je fais un pas vers lui.
— Avy, je vais faire ma vie avec toi. Tu auras donc forcément une place dans celle de mon enfant. Je vais être le père de ce bébé et toi, tu seras sa…
Je presse ma main contre sa bouche.
— Je t’interdis de dire ce mot ! Je suis trop jeune pour ça. Tu seras son père et moi la petite-amie de son père. C’est amplement suffisant.
— Fais-le pour moi, s’il te plaît. J’ai envie de vivre ça avec toi à mes côtés. Je veux profiter des rares instants où je pourrais partager cette nouvelle aventure avec la personne qui compte le plus à mes yeux.
— Ce n’est pas très fair-play, lui fais-je remarquer en faisant la moue.
— Je plaide coupable, votre honneur, mais j’ai besoin de toi. Tu es mon roc, Avy. Plus important encore, au fil des dernières semaines, tu es devenue ma plus grande amie.
— Milo, murmuré-je en me pressant contre lui, qu’importe que je sois mouillée. Je viendrai si June accepte que je sois là. Même si je doute que ce soit le cas.
— C’est ce que je pense aussi, mais ça compte pour moi de savoir que tu es prête à le faire.
Je le regarde s’en aller avant de retourner sous la douche. June n’acceptera jamais, mais le fait que Milo tienne à ce que je m’implique dans la vie de son enfant me touche énormément. C’est effrayant et je ne sais pas encore dans quelle mesure cela est possible. Je vais m’en aller vivre à des milliers de kilomètres et June ne me porte pas dans son cœur. Dans ces conditions, j’ignore qu’elle sera véritablement ma place dans la vie de ce petit être à naître.
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