Au péril de t'aimer (French Edition)
Chapitre vingt et un
Milo
Mon début de semaine après ce week-end mouvementé est en demi-teinte. Je suis soulagé et même excité depuis que j’ai librement exprimé mes sentiments pour Avery auprès d’Earnie. Je me sens profondément heureux en pensant à elle. L’amour et la passion nous unissent et je connais ma chance de vivre une telle chose, surtout avec une personne comme Avery.
Si je me sens comme un adolescent vibrant de son premier amour, je reste très inquiet. Cette affaire de stage et le départ imminent d’Avery ne me disent rien qui vaille. Earnie a raison, je dois la soutenir et j’en ai la ferme intention.
Tout le problème maintenant consiste à la trouver pour m’excuser de mon laborieux comportement. J’espère seulement qu’elle voudra bien m’écouter. Rien n’est moins sûr à cause de June. Sa présence à notre déjeuner a contribué à ce que je déraille. J’étais si furieux après ma mère.
Elle devait se douter que je refuserais de venir si June était là, c’est pour cela qu’elle m’a mis devant le fait accompli. Pendant un instant, j’ai songé à m’en aller pour protester. Mais Avery allait arriver et je ne voulais pas qu’elle soit seule avec ma mère et June.
Je les entendais déjà cancaner et élaborer toute une stratégie de reconquête pour June et Avery n’avait pas besoin d’entendre cela. Au contraire, je voulais qu’elle sache que j’étais là pour elle et pas pour June, mais tout est allé de travers. Dès son arrivée, Avery s’est renfermée, elle s’est coupée de moi. Je voulais lui faire comprendre que je n’y étais pour rien, mais elle m’a ignoré. Dans ces conditions, comment lui montrer qu’elle seule compte à mes yeux ?
J’étais déjà très frustré par la situation alors l’annonce de son voyage à Paris m’a achevé.
J’y ai beaucoup songé hier soir et je réalise la chance incroyable qui s’offre à elle. Quelle opportunité fabuleuse ! L’éventualité qu’elle parte six longs mois ne me fait pas sauter au plafond, mais la voir s’épanouir dans ce qu’elle aime, savoir qu’elle est heureuse peut me faire accepter n’importe quoi, même la distance.
Je n’ai qu’une condition à son départ, mais avant d’en arriver là, il est impératif que je lui dise que je l’aime. Cette rupture ne m’a jamais plu et, ce soir, j’y mets un terme !
Après ma journée de travail, j’ai quitté le bureau à la hâte. Le plan est le suivant : je fais un saut rapide par mon appartement pour passer une tenue plus décontractée et je file retrouver Avery. Je ne la préviens pas de ma visite. Je préfère la surprendre et ne pas lui laisser l’occasion de préparer son discours. Elle risque de m’éconduire comme les deux dernières fois si je lui laisse le temps de penser à notre discussion.
Mon plus gros problème est de savoir où elle se trouve. Je vais faire un tour à la maison pour voir si elle a tenu la promesse faite à son père. Sinon, je devrais me rendre chez Arizona, ce qui ne m’enchante guère.
Une fois la porte de mon appartement franchie, je me débarrasse de ma sacoche contenant mon ordinateur et quelques dossiers. Je retire mes chaussures avec l’intention de filer sous la douche quand un détail attire mon attention dans la cuisine.
Ce matin, j’étais en retard ce qui fait que je n’ai pas eu le temps de nettoyer cette partie de l’appartement. Ce n’était pas le grand bazar, mais ce n’était pas aussi propre.
Curieux, j’entre dans la cuisine et je comprends ce qui s’est passé ici en trouvant Avery assise dans mon salon. Installée dans mon fauteuil, elle patiente tranquillement.
— Salut, me lance-t-elle avec une légère nervosité dans la voix.
— Avy…
Sa présence me laisse sans voix. J’étais pourtant déterminé à lui parler, mais encore une fois, elle me prend de vitesse et c’est déroutant.
Je la rejoins dans le salon et mon malaise se dissipe rapidement. J’ai passé la journée à penser à elle, à attendre ce moment où je serai près d’elle et rien ne compte plus que cela. J’ai tellement de choses à lui dire.
Arrivé devant elle, je m’agenouille et mes mains se lient aux siennes.
— Je… commencé-je en bégayant.
Un rire nerveux m’échappe.
— Je m’apprêtais à venir te parler.
Elle esquisse un début de sourire, mais elle le ravale très vite.
— J’ai tellement de choses à te dire, Avy. Je ne sais même pas par où commencer.
— J’ai besoin de te parler moi aussi.
Je fais non de la tête et pousse sur mes genoux pour poser mes lèvres sur les siennes.
— Pas cette fois. Aujourd’hui, tu vas te contenter de m’écouter.
Pris d’un besoin irrépressible de la toucher, j’emprisonne son visage entre mes mains et mes yeux se mettent à loucher sur sa bouche. Tout mon corps réagit à sa présence. Elle me manque depuis des jours. Je rêve d’elle, de me fondre en elle depuis ce soir où elle m’a quitté et je suis à bout de patience.
Avery doit le sentir, car elle murmure :
— Milo… il ne faut pas…
Mais sa voix trahit son propre désir. Elle ressent la même chose, je le sens à travers son corps. Il parle au mien et tout s’embrase entre nous.
J’empoigne ses hanches et la tire d’un coup sec pour la rapprocher du rebord. J’écarte ses jambes et me glisse entre elles. Mes doigts retrouvent ses petites hanches menues. Je ne veux pas uniquement la toucher, je veux la goûter. Ma langue plonge entre ses seins et remonte lentement vers son cou. Avery se cambre et se laisse retomber contre le dossier, le dos arqué.
— Milo, souffle-t-elle en coulant ses doigts dans mes cheveux.
Je retire les premiers boutons de son chemisier pour découvrir son soutien-gorge en dentelle blanche.
— Avy, grogné-je de désir en embrassant ses seins tour à tour.
Lentement, je fais remonter le tissu de sa jupe jusqu’à sa taille et découvre, émerveillé, le tanga assorti à son soutien-gorge.
— Milo, dit Avery dans un couinement de détresse.
Je comprends très vite ce qui lui arrive. Elle est prise entre son désir et sa raison. Rien n’est arrangé entre nous, mais tout son être me veut comme je la désire.
— Chut, chuchoté-je en venant l’embrasser. Tout va bien, mon cœur.
— On ne doit pas, bafouille-t-elle sa voix prise dans un étau.
— Regarde-moi, lui ordonné-je doucement tout en câlinant ses joues.
Elle obéit. Ses yeux sont humides lorsqu’elle les pose sur moi.
— June est mon passé, Avery. Et toi…
Mes pouces vont et viennent sur son teint de pêche.
— Toi, tu es mon avenir. Et je refuse de vivre une seconde de plus cette séparation que tu m’as imposée. Je n’ai jamais cessé d’être avec toi…
— Milo, marmonne-t-elle un trémolo dans la gorge.
— Chut, dis-je en passant mon pouce sur ses lèvres. On a toute la nuit pour parler de ça. Mais d’abord, j’ai besoin de me lier, de me reconnecter à toi. Je sais que tu éprouves la même chose.
Toujours ruisselante de larmes, elle hoche la tête.
— Savoure mon cœur, savoure ce moment. Tu m’as mis à terre, Avery. Plus rien ne compte. Plus rien. Sauf toi.
Tout bascule entre nous à cette seconde. Avery se jette sur ma bouche pour la dévorer pendant que je m’occupe de faire disparaître son tanga. Ses doigts agiles s’affairent à baisser ma braguette et un grognement m’échappe quand elle saisit ma bite pour la branler lentement.
Nos regards s’accrochent l’un à l’autre.
— Dis-le, l’imploré-je dans un besoin urgent de sentir son amour. Dis-moi que tu m’aimes et que je n’ai rien abîmé entre nous.
— Oh, Milo, dit-elle dans un soupir. Évidemment que je t’aime et rien n’abîmera cet amour.
Rassuré et enhardi par ses propos, je présente mon gland à ses lèvres. Son excitation suinte déjà le long de son sexe. Elle est prête à ce que je la pénètre. Fou d’impatience, je ne la fais pas languir plus longtemps. Avec une grande lenteur, je m’introduis en elle et pousse aussi loin que possible. Serrant son visage entre mes mains, mes yeux toujours cramponnés aux siens, je sors pour revenir en elle avec la même douceur.
— Tu m’as tellement manqué, lui avoué-je avant d’enfouir ma langue entre ses lèvres.
Je l’embrasse et laisse exploser à travers ce baiser toute la frustration née de son absence. J’aspire ses lèvres, je les mordille, je les agace avec fougue.
— Milo, rugit-elle en s’accrochant au dossier du fauteuil.
Elle joue des hanches pour aller et venir autour de ma bite dans un rythme parfaitement calqué sur le mien.
— J’avais tellement envie de toi, dis-je en plongeant mon visage entre ses seins. J’ai failli en devenir fou.
Un cri stupéfait m’échappe quand Avy s’empare de mes cheveux pour tirer dessus et plonger son regard vorace dans le mien.
— Montre-moi comment tu deviens fou, Milo, me provoque-t-elle. Baise-moi !
Je lâche un juron et me retire. Excité comme un animal en rut, dur comme le bois, je me relève, défié par le regard provocant d’Avery.
Bien décidé à la surprendre, je la soulève et la manipule pour qu’elle soit dos à moi. Je l’allonge sur l’accoudoir du canapé, le haut de son corps repose sur l’assise et ses fesses sont surélevées par le coussin que je glisse entre elle et l’accoudoir.
— C’est ça que tu veux, Avy ? lui demandé-je en malaxant fermement la chair de ses fesses.
— S’il te plaît…
J’empoigne ses seins ballants en frottant vigoureusement ma bite contre son cul.
— Je te veux là, dit-elle en agitant sa croupe en retour.
— Où ça ?
Elle me lance une œillade amusée par-dessus son épaule.
— À ton avis ?
Je fronce les yeux et elle recommence à m’asticoter avec son joli postérieur pour s’assurer que le message passe bien.
— À mon avis, le tube de lubrifiant dans le tiroir de ta table de chevet nous sera grandement utile.
J’écarquille les yeux comme des soucoupes.
— Attends, tu es sérieuse ?
J’ai parlé d’une voix frêle et même intimidée. Je n’arrive pas à réaliser ce qu’elle me propose.
— Tu n’aimes pas ça peut-être…
Comment le saurais-je ? Je n’ai jamais tenté cette pratique. Je me garde bien de lui montrer qu’elle me déstabilise.
— Et toi, tu aimes ?
Pour toute réponse, Avery emprisonne sa lèvre entre ses dents et la laisse s’échapper lentement.
— Eh merde ! Tu me rends dingue, Avy !
Je plante mes dents dans sa fesse droite avant de me ruer vers ma chambre où je récupère le tube de lubrifiant. À mon retour, Avery n’a pas bougé d’un cil. Bordel ! ce qu’elle est bandante dans cette position.
— Je n’ai jamais fait ça, tu sais. C’est la première fois…
Une part de moi a honte de lui faire cet aveu. C’est sûrement ridicule, mais je suis l’homme et surtout le plus vieux de nous deux. Malgré cela, depuis le début de notre histoire, c’est Avy qui m’initie à de nouvelles expériences. J’ai l’incroyable sensation d’être un autre homme dans ses bras. Même si j’en suis extrêmement fier, il y a des moments comme celui que nous vivons à l’instant où je me sens atrocement bête.
— C’est facile, tu vas voir.
Elle m’invite à m’approcher en agitant son index. J’obéis et Avy prend mon sexe dans le creux de sa main.
— Commence par mettre du gel sur tes doigts, m’explique-t-elle tout en me branlant.
Ma bite réagit immédiatement et je dois faire un effort pour me concentrer sur ce qu’elle me demande. J’applique une quantité généreuse de lubrifiant sur mes doigts.
— Je vais te prendre dans ma bouche, m’apprend-elle en jouant avec mon gland. Pendant ce temps, tu peux commencer par me pénétrer avec tes doigts.
Emballé par ce programme, je m’approche pour qu’elle puisse m’accueillir entre ses lèvres. Je frissonne en redécouvrant la sensation de sa bouche à cet endroit.
— Avy chérie, tu n’as pas idée comme j’adore quand tu me suces.
— Crois-moi, tu vas adorer jouir dans mon cul…
Avery m’excite et m’intimide en même temps et j’aime ce mélange d’émotions qu’elle suscite en moi.
Elle me reprend dans sa bouche pendant que, timidement, je commence à explorer la partie de son corps que je convoite. En appliquant le lubrifiant sur son anus, je découvre combien ce contact est grisant. Prudemment, j’introduis un premier doigt en elle et cela éveille considérablement ma curiosité. Ce n’est pas la première fois qu’Avery soulève en moi ce désir quasi animal, ce besoin de repousser mes limites.
Avery semble apprécier ce que je lui fais. En récompense, elle s’active plus vigoureusement autour de moi.
— Avy, grogné-je alors que sa bouche me rend dingue
— Encore, réclame-t-elle.
Je saisis immédiatement le message et enfonce un second doigt entre ses fesses avant de les agiter plus énergiquement. De mon autre main, j’empoigne sa belle tignasse blonde et accompagne ses allées et venues autour de ma queue.
— Ta bouche est tout bonnement parfaite, m’extasié-je en lui donnant de légers coups de reins.
Je m’active toujours entre ses fesses tout en bougeant de plus en plus vivement entre ses lèvres. Je prends le contrôle de cette fellation et c’est grisant de la baiser ainsi. Je ralentis quand j’ai peur de la brusquer, mais Avy se met à gémir et il ne fait aucun doute qu’elle apprécie la manière dont je m’y prends.
— Tu aimes que je te baise la bouche ?
Avery lève ses yeux brillants de désir vers moi et j’y lis combien elle adore cela.
— Je pourrais jouir dans ta bouche et ça serait parfait, mon cœur, mais ce n’est pas ce qu’on veut ce soir, n’est-ce pas ?
Avery acquiesce d’un hochement de tête.
Je me retire avant qu’elle me fasse céder. Libérée de ma présence, elle reprend bruyamment son souffle et c’est follement excitant.
— Viens, rugit-elle haletante.
Ne voulant pas la faire attendre, je me place derrière elle. Après avoir généreusement badigeonné son anus et mon sexe de lubrifiant, je m’installe, prêt à m’enfoncer en elle.
— Entre doucement, m’encourage-t-elle quand mon gland taquine son anus.
Je suis ses consignes et commence à pousser en elle très lentement. Je progresse en gardant mes doigts enfoncés dans ses fesses. Avery lâche un soupir satisfait.
— C’est complètement dingue, Avery.
J’avance et Avy devient plus bruyante. Visiblement, je m’en sors bien pour une première fois. Elle attrape alors mon poignet pour plaquer ma main droite contre son sexe. Mes doigts commencent à agacer son clitoris. Je le caresse, le titille, le tapote, le pince et ça la rend folle.
— Va plus vite ! m’ordonne-t-elle en remuant ses fesses.
— Arrête-moi si tu as mal.
J’accélère la cadence et tout son corps se crispe quand elle reçoit ces nouveaux assauts.
— Tout va bien ?
— Continue !
Je ris et recommence mes coups de boutoir. Elle est plus délirante à chacun d’entre eux. Jamais je ne l’ai sentie aussi excitée.
— Milo ! crie-t-elle en plongeant la tête dans l’assise du canapé. Encore !
Sans manquer de prudence, je me déchaîne en elle. Mes doigts ne délaissent pas son clitoris. Au contraire, ils le torturent sans relâche pour lui soutirer l’orgasme qui grandit entre ses cuisses.
— Jouis ! lui intimé-je quand elle se rapproche de sa délivrance.
Je suis moi-même à deux doigts de me répandre en elle et rien n’est plus important que de vivre cet orgasme inédit en parfaite harmonie avec elle.
— Avy ! la grondé-je en pinçant son téton entre mes doigts avant de le relâcher brusquement.
— Je t’aime, dit-elle le souffle court une seconde avant que l’orgasme éclate entre ses cuisses.
Son sexe vibre quand elle jouit et le nectar de son plaisir coule généreusement sur mes doigts. Satisfait de la sentir aussi comblée, je la pilonne une dernière fois avant d’accepter ma propre délivrance et de la remplir longuement de mon foutre.
— Ma déesse, murmuré-je en posant mon front contre son dos.
Je l’enlace en savourant chaque seconde de l’orgasme qu’elle vient de m’offrir. Mais je savoure surtout le plaisir de la sentir avec moi à nouveau.
Tout est clair à présent : rien ni personne ne me séparera d’elle. Ni June, ni Paris, ni ce foutu stage. Avery est ma destinée et je me battrai pour elle. Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle.
Verrou en forme de cœur contour
Avery
— J’espère que tu sais ce que ça veut dire…
Lovée contre le corps nu de Milo, bercée par les battements de son cœur, je quitte bien malgré moi cette douce torpeur qui m’a emportée après que nous avons fait l’amour. Je n’ai plus la moindre once d’énergie et mon corps est magnifiquement sensible par endroit. Quel bonheur de l’avoir retrouvé, de m’être unie à lui d’une manière aussi charnelle !
Les yeux sûrement brillants de fatigue, je l’interroge du regard.
— Eh bien, tu me dois un nouveau canapé…
Je pouffe de rire et Milo aussi. Se penchant sur moi, il presse doucement ses lèvres sur les miennes.
— Il est recouvert de lubrifiant et de nos fluides corporels, ajoute-t-il amusé.
— Il doit être dans un triste état, c’est vrai.
Je ne m’attendais pas du tout à cela lorsque je me suis mis en tête de venir chez Milo pour que nous discutions.
Au contraire, j’ai passé la journée à me préparer au pire, certaine qu’il allait m’annoncer que June et lui avaient renoué. J’y croyais dur comme fer. En toute honnêteté, je m’attendais même à la trouver chez lui. C’est pour cette raison que je ne me suis pas annoncée. Je devais faire face à la réalité, même si cela voulait dire souffrir. Son appartement était vide lorsque je suis arrivée, mais je n’ai pas pensé être débarrassée de June pour autant.
Elle n’est pas l’unique problème entre Milo et moi. Mon prochain voyage en France a généré une vive dispute entre nous. Milo a raison, nous avons beaucoup de choses à nous dire.
— Avant de choisir un nouveau canapé, ne crois-tu pas qu’il serait bien que nous parlions ?
— Si bien sûr, mais avant toute chose, je veux que tu m’écoutes, Avery.
J’accepte d’un hochement de tête et Milo me fait rouler sur le dos. Son corps recouvre le mien et j’enroule mes jambes autour des siennes. Lentement, je fais courir mes doigts le long de son dos. Lui joue avec mes cheveux.
— Avy, mon cœur, j’espère que tu sais que jamais je n’aurais osé inviter June à ce déjeuner.
Mon regard se dérobe. Il me dit cela avec une telle logique que je me sens immédiatement coupable d’avoir pensé que c’était possible. J’aurais aimé croire en lui aveuglément, mais c’est impossible lorsqu’il est question de June.
— Avy, soupire Milo. Comment as-tu pu penser ça ?
Il n’est pas en colère en me disant cela seulement déçu.
— Pardonne-moi. C’était injuste envers toi, mais elle était là, Milo. Que pouvais-je penser d’autre ?
— Tu aurais pu penser à tout ce que nous avons vécu ces dernières semaines, à ces moments très particuliers que nous avons eus ensemble et te dire que cela représentait quelque chose pour moi aussi.
— Je me sens déjà très bête, n’en rajoute pas, s’il te plaît…
— Tu sais quel est ton problème ? Celui-là même qui t’a poussée à rompre lorsque June est revenue.
— Je voulais simplement que tu…
— Tu n’as aucune confiance en toi, Avy, me coupe-t-il. Et dans ta jolie petite tête, tu t’es dit que tu ne faisais pas le poids face à June. C’est comme dans ta vie professionnelle, tu ne crois pas en ton talent.
Je deviens fuyante et Milo attrape mon menton pour me forcer à revenir vers lui.
— Comme tu ne crois pas que je puisse tomber amoureux de toi.
Un drôle de phénomène intervient en moi. C’est comme si mon cœur venait de rétrécir d’un coup pour reprendre sa taille normale en un battement de cil. Mon pouls s’accélère.
— Pourtant, je suis convaincu que tu vas décrocher ce stage à Paris. Tout comme je suis convaincu d’être irrémédiablement amoureux de toi, Avery.
— Milo, dis-je dans un couinement à peine audible.
— J’ai essayé de te le dire l’autre soir quand tu es venu ici. Du moins, je voulais que tu saches que je me sentais de plus en plus étrange en pensant à nous que je me sentais différent. Aujourd’hui, je sais que ce que je ressentais à cet instant précis, c’était de l’amour tout simplement.
L’air me manque. Je suffoque mon cœur toujours au bord de l’explosion. Je comprends que je pleure en sentant les pouces de Milo repousser mes larmes.
— Ma Avy chérie, murmure-t-il tendrement. Je ne saurais jamais ce que tu as enduré toutes ces années où tu as dû me cacher tes sentiments, mais aujourd’hui, je sais ce que tu éprouves pour moi et tout sera différent, car mon cœur t’appartient. Tu l’as gagné en étant simplement toi-même.
— J’ai passé la moitié de ma vie à rêver que tu me dises ces mots, Milo, pleuré-je, profondément émue.
— J’espère que ça en valait la peine.
Je laisse échapper un gloussement nerveux avant de plaquer mes mains contre mes yeux. C’est tellement d’émotions d’un coup.
— Mon amour, dit tendrement Milo en embrassant mes mains.
— Je ne vais pas pouvoir partir. Plus maintenant.
— Avy, regarde-moi !
Je baisse mes mains et repousse mes larmes au passage.
— Tu t’enlèves cette idée de la tête tout de suite.
— Mais…
— Non, je suis sérieux, Avery. Tu rêves de ce stage, tu en as besoin, alors tu vas aller à Paris et tout faire pour gagner cette place chez ce couturier.
— Milo…
L’idée de partir loin de lui me déchire le cœur.
— Mon cœur, continue-t-il sur un ton plus doux en baisant mes mains chacune leur tour. Je t’aime et je veux que tu t’épanouisses. Autant dans notre couple que dans ta vie professionnelle. Paris, c’est une chance incroyable.
— Tu ne voulais pas que j’y aille samedi.
— Et j’ai réagi comme un con ! Mon rôle est de te soutenir dans tout ce que tu entreprends.
— Même si cela m’oblige à partir six mois à Paris ?
Milo arque un sourcil dans ma direction.
— J’aurais pensé que toutes ces années à m’aimer en cachette auraient rendu cet amour plus solide.
— Bien sûr qu’il l’est ! Je t’aime plus que tout !
— Et je t’aime de la même manière. Ce ne sont pas quelques milliers de kilomètres qui vont ternir notre amour, si ?
Je secoue la tête.
— Non, c’est impossible.
Je fais la moue.
— Même si toi, tu m’aimes depuis cinq minutes.
— Espèce de sale frimeuse, gronde Milo avant de me chatouiller.
— Non, Milo ! Arrête !
Vu l’espace restreint que j’ai sur son canapé, il est difficile pour moi de me défendre. Il plonge son visage dans mon cou pour le mordiller.
— Tu vas partir à Paris ?
— Oui, je vais y aller, mais arrête, je t’en prie, dis-je morte de rire.
Satisfait, il accepte. Je reprends mon souffle sous son regard facétieux.
— Tu n’es qu’une brute !
— C’est parce que j’aime t’entendre rire.
Je passe mes bras autour de sa taille et enfouis ma tête dans son cou.
— Ça va bien se passer, Avy. Je te le promets, me rassure-t-il en câlinant mes cheveux. On est ensemble et, dans ces conditions, rien n’est insurmontable.
J’acquiesce.
— C’est difficile à expliquer, mais quand je pense à nous, c’est une certitude que j’ai. Je sais qu’on peut tout affronter tous les deux. Avec toi, je me sens tellement plus fort. Je n’avais jamais ressenti ça avant.
Ma main posée sur sa joue, je lui dis :
— C’est nous, Milo. Je n’ai jamais osé penser que tu m’aimerais un jour, ça me faisait trop peur. Mais dans les seuls moments d’égarement où je me laissais aller à en rêver, c’est ainsi que je nous voyais, forts et complices, passionnés et totalement fous l’un de l’autre.
— C’était bien vu.
— Tu veux que je reste avec toi, cette nuit ?
— Et comment ! Je ne te lâche plus.
Je souris.
— Je vais appeler Zoo pour qu’elle me couvre…
Le regard de Milo s’assombrit quand j’évoque Zoo.
— Qu’est-ce que j’ai dit ?
— Avy, je t’aime et je suis fier de ce que je ressens pour toi, fier de faire partie de ta vie alors…
Il prend ma main dans la sienne et la porte à ses lèvres.
— Tu vas partir à Paris et, à ton retour, nous parlerons à nos parents.
Une vague de panique me saisit brusquement lorsque Milo évoque ce sujet. Il faut leur dire, il a raison. Nos cachotteries ne peuvent plus durer si nous sommes tous les deux engagés sentimentalement dans cette histoire. Ce n’est plus que du sexe, c’est une véritable histoire d’amour.
— Au fond de moi, je sais qu’il faut le faire, mais j’ai peur Milo. Ta mère me déteste. Quant à mon père, j’ignore comment il va prendre la nouvelle.
— Mal, j’imagine. Tu es sa fille et je doute qu’il apprécie de savoir que je couche avec toi. En ce qui concerne ma mère, elle n’aura pas le choix et je suis prêt à lui tenir tête.
— Eh bien, ça sera une grande première, dis-je un peu moqueuse.
Milo se marre.
— C’est justement ce que je me disais. Mais tu vas partir à Paris pour six mois. Ce délai sera bénéfique à tout le monde pour se faire à l’idée, je pense.
— Je n’ai pas encore ce stage. Pour l’instant, je préfère penser que je ne vais nulle part.
— Il y a une énorme différence entre toi et moi, Avy. Moi, je crois en toi et je sais que tu vas réussir.
— Tu viendras me rendre visite là-bas, n’est-ce pas ?
— À Paris ! Aussi souvent que possible, tu peux en être certaine.
Je coule mes doigts dans ses cheveux et l’embrasse langoureusement, mais Milo s’éloigne pour descendre du canapé. Là, il me soulève dans ses bras.
— On a assez souillé le canapé.
Je l’enlace et l’embrasse dans le cou quand il prend la direction de la chambre.
— De quoi as-tu envie ? dis-je sur un ton aguicheur. Tu aimerais finir ce que tu as commencé et me baiser la bouche ?
— Parlons-en de ta bouche ! Elle a le super-pouvoir de me faire bander et tu n’as besoin d’y prendre ma bite, s’amuse Milo en nous faisant entrer dans la douche.
Il me pose sur le carrelage et m’ordonne :
— À genoux !
J’obéis sans le faire attendre. Il fait tomber une à une les barrières qui retiennent l’homme sensuel au fond de lui et j’adore ça.
— Donne-moi ta main.
Je fais ce qu’il me dit et il y dépose un peu de savon.
— Nettoie-moi ! Il faut que je sois prêt à ce que tu me prennes dans ta bouche.
Ses doigts roulent sur mes lèvres.
— Tu as tellement de choses à m’apprendre, mon amour...
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