Au péril de t'aimer (French Edition)

Elma Hilde · Chapitre 19 sur 33

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Au péril de t'aimer (French Edition)

Chapitre dix-huit

 

Avery

Tout en me dandinant sur l’énorme succès de Prince : Kiss, je termine de dresser la table dans la cuisine de Milo ; pièce que je n’ai pas quittée depuis mon arrivée après notre déjeuner au restaurant.

Milo m’a pris au dépourvu en me donnant ce trousseau de clefs. Même si je reste prudente, je ne peux pas nier que les choses entre nous avancent de manière très positive. Bien sûr, un trousseau de clefs ne l’engage à rien, mais j’adore l’idée qu’il aime me savoir chez lui même lorsqu’il n’y est pas.

C’est sûrement ridicule, mais j’ai eu envie de fêter ce « mini » évènement avec un dîner en tête-à-tête. Tout l’enjeu est que ce repas ne passe pas pour une célébration. Milo pourrait mal le prendre.

L’idée de ce dîner m’est venue tout de suite après l’avoir laissé. J’ai sauté dans ma voiture pour me rendre à l’épicerie où j’ai acheté tout ce qu’il me fallait pour ce repas.

Le cœur battant, je me suis rendue chez lui pour étrenner mes nouvelles clefs. Après quoi je me suis lancée dans la préparation de notre dîner. Comme je ne suis pas une cuisinière chevronnée, ça m’a pris la demi-journée.

Pour ce soir, j’ai choisi du poisson, car je sais combien Milo adore ça. Son préféré est le saumon. J’ai préparé une sauce pour l’accompagner et quelques légumes en julienne en plus d’un plat de riz basmati. Je me suis également risqué à la pâtisserie et je suis satisfaite de mon cheese-cake. Pour étoffer notre menu, j’ai préparé quelques verrines. Pour accompagner tout cela, j’ai sélectionné un excellent champagne qui m’a coûté les yeux de la tête.

La pendule de la cuisine m’indique 19 h 15 lorsque je mets un point final à notre dîner. Milo va arriver d’une minute à l’autre. Je retire mon tablier, allume les bougies et récupère la bouteille de champagne au réfrigérateur. Je viens d’en faire sauter le bouchon quand Milo passe le pas de la porte. Quel timing !

— Tu ne pouvais pas mieux tomber, chantonné-je à travers l’appartement.

Je n’obtiens aucune réponse de sa part, mais j’entends nettement le parquet craquer sous ses pas. Il apparaît à l’entrée de la cuisine à l’instant où je finis de remplir sa coupe.

— Une coupe de bulles pour mon grand avocat, m’amusé-je en me tournant pour la lui offrir.

Je souris ravie de lui avoir concocté cette surprise, mais mon sourire s’envole lorsque je le découvre sur le pas de la porte. Son air est grave et tourmenté.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

Nerveux, il se frotte la nuque.

— Rien, rien. L’après-midi a été… compliquée.

— Il y a un problème au travail ?

— Non, tout va bien.

Satisfaite, je lui souris et lui attrape la main pour le conduire jusqu’à la table.

— Pour commencer, tu vas t’asseoir et te détendre.

Docile, il obéit. Je lui donne sa coupe de champagne qu’il accepte sans dire un mot avant de m’en servir une. Lorsque je m’installe avec lui, il ne s’est pas déridé. Je pose mon verre et me place derrière lui pour dénouer son nœud de cravate. Je la lui retire et déboutonne les premiers boutons de sa chemise pour glisser mes mains en dessous. Je commence à lui masser les épaules. Il est extrêmement tendu.

— J’ai une proposition à te faire : je vais aller te faire couler un bain. Pendant ce temps, tu vas boire ta coupe de champagne tranquillement. 

— Avy…

— On dînera plus tard.

Je continue de le masser et dépose un baiser dans ses cheveux.

— Qu’en dis-tu ?

— J’aimerais que tu t’asseyes, s’il te plaît.

Surprise, je m’arrête et le contourne pour le voir. Il est blanc comme un linge.

— Qu’est-ce qui se passe ?

Il indique ma chaise et je m’y installe, certaine que mon programme romantique vient de prendre l’eau.

— Je dois te parler de quelque chose qui s’est passé après ton départ.

Ses mains courent lentement sur ses traits fatigués.

— J’ai eu de la visite au bureau peu de temps après t’avoir laissée.

Certainement une personne que je connais sinon cela ne me concernerait pas. Je pense immédiatement à sa mère. Nous aurait-elle surpris ? Ou est-ce Stacy qui aurait eu des doutes qu’elle aurait partagés avec Pamela ? Pire encore, elle nous a peut-être surpris lors de la visite.

— Eh bien… ce jour devait arriver tôt ou tard…

Je me moque franchement du fait que sa mère soit au courant de notre histoire. Cependant, je n’ai aucune idée de la réaction que pourrait avoir mon père et cela m’inquiète.

— C’est ce que tu as toujours dit, mais, contrairement à toi, je n’y étais pas préparé.

— Je n’ai pas l’impression de l’être plus que toi…

— Mais tu te doutais qu’elle reviendrait sur sa décision.

De quelle décision parle-t-il ? Tout commence alors à s’emboîter dans ma tête et je comprends qu’il ne parle pas de sa mère, mais de…

— June, soufflé-je en me laissant retomber contre le dossier de ma chaise.

— Je ne m’attendais pas à la voir ici, je t’assure. C’est…

Il se pince l’arête du nez en soupirant.

— C’était très bizarre.

C’est peu dire… Mais finalement la situation ne m’étonne guère. Quelques semaines sans Milo ont dû lui rafraîchir la mémoire. Elle s’est rappelé combien la vie est dénuée de sens du moment où il n’est plus là. Je l’ai douloureusement compris lorsqu’il est parti vivre à New York. Comme Milo vient de le souligner, j’avais prédit qu’elle viendrait le retrouver. J’ai été si accaparée par notre histoire que j’ai omis ce détail et il me revient comme un boomerang.

— Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?

Même si j’ai ma petite idée sur la question…

— Qu’elle regrette de m’avoir laissé partir et qu’elle est prête à venir vivre ici avec moi.

Ben voyons…

— Et que lui as-tu répondu ?

Plus nerveux, Milo se lève et fait quelques pas dans la cuisine.

— Que crois-tu que je lui aie dit ?

Je me mets à son niveau.

— Comment le saurais-je ? Je n’ai aucune idée de ce que tu éprouves pour elle.

— Tu es sérieuse là ? 

Dépassée par cette discussion, je me mets à pleurer et je me maudis d’être si fragile devant lui.

— Est-ce que tu lui as parlé de moi ?

Le regard dont il m’accable alors trahit sa pensée : il trouve ma question complètement stupide. Bien sûr qu’il ne lui a rien dit…

Les mains plongées dans les poches de son pantalon, il me dit :

— Elle sait que j’ai quelqu’un dans ma vie.

Ce qui n’est déjà pas si mal…

— Elle est passée au bureau à la pause du déjeuner pendant que nous étions au restaurant et Bree lui a dit que je déjeunais avec ma petite amie, figure-toi !

Il me jette cela à la figure comme un reproche.

— À t’écouter, c’est un problème !

— Je n’ai pas dit ça ! Mais qu’est-ce tu imagines ? Je n’ai rien vu venir ! Je ne m’attendais pas à ce qu’elle réapparaisse au moment précis où je retrouve un peu de normalité dans ma vie.

C’était pourtant si prévisible… Même moi, je me suis laissé emporter par la magie du moment et j’ai oublié que cette menace pesait sur nous.

— Je suppose qu’elle n’a pas été heureuse d’apprendre que tu étais avec quelqu’un…

— Effectivement, mais ce n’est pas surprenant. Elle en souffre.

Je doute qu’elle se soit sentie coupable d’avoir fait souffrir Milo lorsqu’elle a choisi la rupture plutôt que Miami. Mais c’est assez typique quand on la connaît. June est capricieuse et elle s’attendait certainement à ce que Milo se plie à sa volonté.

Les bras fermés sur ma poitrine comme pour me protéger du désastre qui s’annonce, je me risque à lui demander :

— Elle veut que tu lui accordes une seconde chance, mais que lui as-tu répondu ?

Milo devient fuyant et je n’aime pas cela. Adossé près de l’évier, il observe par la fenêtre qui se trouve au-dessus.

— Milo, réponds-moi. Que lui as-tu dit ?

— Que j’avais besoin de temps pour réfléchir !

Mon cœur manque un battement quand je reçois cette douche froide sur la tête.

— Ce qui veut dire ?

— Je n’en sais rien, Avy ! J’ai été pris au dépourvu et je ne savais pas quoi lui dire.

— Tu aurais pu commencer par lui expliquer que tu es bien dans ta vie et que ses regrets t’importent peu par exemple ! Sauf si ce n’est plus le cas. 

— J’ai partagé six ans de ma vie avec elle, je lui dois bien ça !

— Et à moi, Milo, qu’est-ce que tu me dois ? Je fais partie de ta vie maintenant et j’aurais voulu que tu penses davantage à moi.

— Sache que je pense à toi chaque seconde, Avery ! Je pense aux conséquences que notre comportement aura sur les personnes de notre entourage. Je pense à nos parents. Comment suis-je supposé regarder ton père dans les yeux et lui avouer que j’ai couché avec toi ?

Les bras m’en tombent.

— Alors, on en est là ? constaté-je le cœur au bord des lèvres. June revient et je suis soudainement LE problème !

— Tu racontes n’importe quoi !

— Et tu réagis comme un con, Milo ! me rebellé-je, blessée.

— Tu ne peux pas comprendre ce que je ressens, car tu n’as jamais vécu une vraie relation ou fourni les efforts nécessaires pour qu’un couple fonctionne.

Cette fois, c’est le coup de grâce.

— C’est là ce que tu penses, Milo ? Pendant que toi, tu vivais ta grande histoire, moi, je ne faisais que baiser donc je ne sais rien !

— Ce n’est pas ce que je…

Je refuse de l’écouter. Je poursuis :

— Nous ne sommes visiblement pas sur la même longueur d’onde, car je pensais bêtement que nous étions en train de vivre quelque chose de sérieux tous les deux.

Milo semble réaliser qu’il va trop loin. Il fait un pas vers moi, mais je recule.

— Avy ?

Je n’ai pas envie de le laisser s’en tirer aussi facilement. Oui, le retour de June a dû le déstabiliser et je peux me mettre à sa place. Ce n’est pas une raison pour s’en prendre à moi. Je n’ai rien fait pour le séduire et j’ai pourtant l’impression que Milo pense que c’est ma faute.

Milo revient à la charge et je tends le bras entre nous pour lui intimer de me laisser cet espace. Il y a quelques instants d’un silence pesant au cours duquel j’ose à peine le regarder.

Je sens mes larmes rouler sur mon visage et tout va si vite dans ma tête. En quelques secondes, je suis passée d’une soirée romantique avec l’homme que j’aime à cette situation bancale où tout ce que je croyais bâtir doucement avec lui est en train de s’effondrer.

— Tu as raison, Milo, j’ignore totalement ce qu’être en couple peut impliquer. J’ignore les compromis et les sacrifices qui sont nécessaires pour faire qu’une histoire avance. Je pense que je suis sur le point de le découvrir.

— Avy, ce n’est pas…

— Mais je sais ce qu’aimer veut dire, le coupé-je avant de sécher mes larmes.

Je prends une profonde inspiration avant de poursuivre. C’est décidé, ce soir je me libère du poids que je porte en moi depuis des années. Qu’importe que mon aveu change la donne ou pas, je ne vivrais plus une seconde de plus en gardant mon secret, car même si Milo est ma plus grande faiblesse, mon amour pour lui me rend plus forte.

— Tu voulais connaître la vérité pour comprendre qui je suis. Eh bien ! voilà, tu es ma vérité, Milo.

Milo fronce les sourcils pour exprimer son incompréhension.

— À l’époque où toutes mes copines avaient le béguin pour toi, moi je tombais éperdument amoureuse de toi. Pour elles, ce n’était qu’une passade ; le fantasme du garçon plus âgé. Mais en ce qui me concerne, mes sentiments sont restés et ils ont grandi avec moi.

Milo, abasourdi par mes confidences, fait courir ses mains le long de ses joues, comme s’il ne parvenait pas à croire ce qu’il entend.

— Pendant trop longtemps, je me suis sentie minable, sale et monstrueuse de ressentir ces sentiments pour toi. C’était devenu si insupportable que j’ai commencé à boire et à fumer pour les oublier. Jusqu’au jour où je n’ai plus eu la force de porter ça toute seule. Un soir, j’ai parlé à Arizona et tout a changé. C’est elle qui m’a fait comprendre que je n’avais rien fait de mal, que ce n’était pas ma faute. Il m’a fallu du temps pour accepter que t’aimer n’avait rien d’immoral. J’y suis parvenue, mais j’ai dû affronter une autre réalité : à tes yeux, j’étais et je resterais ta sœur. Cet amour était voué à être à sens unique. Et puis il y a eu June et ç’a été le coup de grâce. Ma vie entière n’avait absolument aucun sens. J’ai essayé d’accepter mon sort le plus dignement possible. Tu te demandais ce que je recherchais auprès de tous les mecs avec qui j’ai couché. La réponse est simple : je voulais seulement me sentir vivante.

Milo, blême, plonge son visage dans ses mains.

— Je… Peut-être que… bégayé-je, troublée par son silence. Ce n’est peut-être pas le moment idéal pour t’avouer mes sentiments… Ou, au contraire, il n’y a pas de meilleur moment que celui-ci.

Milo relève la tête en reniflant. Il frotte grossièrement ses yeux pour chasser des larmes naissantes.

— Qu’est-ce que je suis supposé faire maintenant ?

— La réponse à cette question est évidente, Milo. Tu dois prendre le temps de réfléchir à la situation.

— Alors, tu m’abandonnes ! dit-il en se tournant vivement vers moi. À la première difficulté, tu me laisses tomber.

— Je ne t’abandonne pas ! Je trouve simplement le courage de te rendre ta liberté pour t’offrir une chance de songer à ton avenir sans rien me devoir. Je te donne le temps de remettre de l’ordre dans tes sentiments.

— C’est ça la solution selon toi ?

Il y a toujours cette colère latente qui voile ses propos lorsqu’il s’adresse à moi et je doute qu’elle me soit réellement destinée.

Milo est seulement désappointé par le retour de June et par tout ce qu’il implique. Même si cela me blesse, il ne peut pas la repousser aussi facilement. Peut-être qu’il n’est pas prêt à le faire ou qu’il est simplement amoureux d’elle, je l’ignore et lui aussi, je pense. D’où mon besoin de prendre de la distance. Il ne trouvera pas la réponse à cette question entre mes cuisses, c’est évident. En ce qui me concerne, je ne suis pas du genre à m’enfoncer la tête dans le sable pour fuir les problèmes. Ma douleur a beau être immense, je ne parviens pas à lui en vouloir. Avec le temps, je me suis forgé une carapace à propos de Milo. Heureusement, j’ai eu l’intelligence de ne pas baisser ma garde trop vite.

Même si j’ai mal, je refuse d’être en colère après lui et je ne veux pas qu’il me déteste non plus. Il doit comprendre que j’agis pour lui avant tout. Je m’approche et prends son visage entre mes mains.

— Je suis désolée, dis-je, la voix brisée. Désolée que tout ça nous arrive. Tu ne peux pas t’imaginer combien ça me fait mal de te dire qu’il faut que l’on se sépare, Milo.

Milo hoquette et ses mains se joignent aux miennes alors qu’il vient doucement poser son front contre le mien. Mon cœur se déchire de chagrin en l’entendant retenir un sanglot.

— Je n’aurais jamais songé à faire une telle chose si je sentais que tu en as fini avec June. C’est de là que te vient ta colère. Tu pensais que tout ça a été derrière toi et la revoir t’a prouvé que ce n’est pas le cas. Votre histoire est toujours très présente en toi. En ce qui me concerne, je ne peux plus taire mes sentiments pour toi et…

Dans un gémissement à m’en fendre l’âme, Milo prend ma main pour la porter à ses lèvres. Il y dépose un baiser humide.

— Pardon Milo, mais l’équilibre n’est pas bon.

— Je n’ai pas envie de renoncer à ce que nous vivons, Avy.

— Tout comme moi, mais je dois me rendre à l’évidence : si, à tes yeux, notre histoire était plus qu’une passade, plus qu’une aventure, revoir June n’aurait rien signifié pour toi.

— Tu n’es pas une vulgaire passade, Avy, dit-il en me serrant contre lui.

Ses mains vont et viennent le long de mes bras.

— Et, comme tu viens de le dire, il t’a fallu des années pour réussir à assumer tes sentiments pour moi. De mon côté, je commence à peine à changer ma façon de te voir, chérie. Pourquoi n’es-tu pas plus indulgente envers moi ?

— Je le suis, crois-moi. Je te laisse justement le temps de mettre de l’ordre dans ce bazar. Tout a été très intense entre nous depuis le premier jour. Il est normal que tu te sentes dépassé.

Je prends ses mains dans les miennes et fais retomber nos bras le long de nos corps sans jamais le lâcher. Doucement, je viens me blottir contre lui.

— Il y a quelques semaines, tu as choisi de revenir à Miami. Tu savais avec certitude ce que tu voulais. Aujourd’hui, tu dois découvrir avec la même certitude si June fait encore partie de ton histoire et quel rôle je peux jouer dans ta vie. Si je fais le choix de prendre du recul, c’est seulement parce que je te respecte.

Milo presse ses lèvres contre mon front.

— Je ne souhaitais pas tout ça, Avy. 

— Je n’en doute pas une seconde.

— Que fait-on maintenant ?

Le menton planté dans son torse, j’adopte un ton plus léger, moins dramatique.

— Eh bien, il y a un bon repas qui t’attend dans le four.

Milo grimace.

— J’ai l’impression d’avoir tout foutu parterre.

— Tu as un peu gâché l’ambiance, c’est sûr, le taquiné-je en me détachant de lui.

Milo a un rire discret et encore un peu nerveux.

— Comment vais-je savoir si tu vas bien, Avy ? L’idée que tu souffres est insupportable.

— Tu vas devoir me faire confiance et te concentrer sur toi.

Je m’éloigne, prête à quitter la pièce.

— Tu ne veux pas rester ? Tu t’es donné du mal pour nous préparer ce repas et ça nous ferait peut-être du bien de discuter de tout ça plus calmement.

Une partie de moi rêverait d’accepter sa proposition, mais je fais de mon mieux pour contenir mes émotions et j’ai besoin d’être seule pour absorber tout cela. Je réponds non de la tête.

— Il me faut du temps, Milo. Un peu de solitude nous permettra de méditer tout ce que nous nous sommes dit ce soir.

— Tu as sûrement raison, capitule-t-il la mine triste.

Je veux m’en aller, mais Milo me ramène dans ses bras d’un geste vif. Je m’écrase contre son torse et je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit, sa bouche se presse fermement contre la mienne. Je voudrais m’abandonner dans ce fougueux baiser, mais le cœur n’y est pas. La douleur me vole ce moment.

— Dis-le-moi, Avy, me supplie-t-il en laissant ses lèvres traînées sur les miennes. Dis-moi que tu m’aimes.

Un frisson me parcourt quand il me fait cette requête. Pour la première fois de ma vie, je peux couler mes yeux dans les siens pour lui ouvrir mon cœur.

— Plus que la vie, mon amour, je t’aime plus que la vie.

 

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